MARSEILLE C’EST MIEUX QUE LE MONDE ENTIER SI T’ES PAS CONSCIENT DE SA C’EST QUE TA PAS DE VIE  »

Je viens,ou plutôt je reviens de Marseille, ébloui, porté par toutes les belles personnes rencontrées, par la lumière,  l’ombre  voire la nuit rodant à chaque coin de rue. Une ville gourmande, mais pas facile à mettre à table. Ici on voit les larmes qui coulent dans la mer, on devine que la froide minéralité des rochers n’est pas exempte de tendresse. Alors le vertige,la joie ! Le besoin de prendre son temps pour dire la vie, la générosité , la beauté de tous ces gens, militants politiques, associatifs, artistes, poètes, responsables de centres sociaux,théâtres, musiciens, amoureux de la nature ,de la marche et du partage, défenseurs du peuple , dans le refus des expulsions, le refus du laisser faire. Ils sont nombreux et minoritaires.Ils imaginent, avancent solidairement,esthétiquement et ils font avancer. Je vais prendre le temps d’écouter ce qu’ils m’ont dit, confronter, essayer de mettre les choses et les êtres ensemble en exigeant d’être dans la justesse, la vérité d’une ville pas plus française que cela. L’Italie, la Grèce, l’Algérie, L’Afrique, les Comorres, La Tunisie, le Maroc, L’Europe de l’est se sont donné rendez-vous dans la cité phocéenne.   Fin Janvier ou peut être en Février, je mettrai en ligne mon reportage. Mais en attendant permettez moi de semaine en semaine de saluer au passage quelques initiatives, individus, projets rencontrés à Marseille.

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« Le pari de l’intelligence collective face à la bêtise et à l’obscurantisme »

Dans les quartiers Nord de Marseille le théâtre du Merlan (1), fait un travail esthétique, culturel et de lien social remarquable. Le Samedi 14 novembre  avant que ne soit jouée » Dehors » , Antoine Laubin  coauteur de la pièce avec Thomas Depryck a  pris la parole:

« Dehors » est un spectacle qui tente d’interroger le lien social.
La dernière fois que j’ai parlé aux spectateurs avant un spectacle, c’était le mercredi 7 janvier.
Ce soir-là, alors que nous étions nous mêmes sidérés d’horreur, je me souviens avoir été ému par ces femmes et ces hommes qui, malgré leur tristesse et leur colère soudaines, même s’ils se sentaient démunis et ne le cachaient pas, n’avaient pas annulé leur soirée au théâtre. Ils semblaient, du seul fait de leur présence, du seul fait de s’être réunis pour assister à un spectacle de création, formuler un début de réponse à l’effroi ressenti ce jour-là.
C’est peut-être dérisoire mais nous avons le sentiment ce soir, vous et nous, ensemble, par notre présence, de proposer un début de réponse à l’effroi d’hier. D’afficher que nous souhaitons faire le pari de l’intelligence collective face à la bêtise de l’obscurantisme. D’afficher que nous préférons la beauté de l’émotion à la laideur de la peur. Que nous préférons la force du vivant aux logiques mortifères. Que notre désir de rencontre et d’ouverture s’oppose au dogmatisme et à la terreur. Vous et nous, ensemble, affichons par notre présence ce soir notre besoin de lien social.
Nous vous remercions très chaleureusement d’être présents.

Antoine Laubin

 

(1) Cet exemple est loin d’être isolé. de nombreuses associations et centres sociaux, centres culturels font  un énorme travail. Nous en reparlerons .

 

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