Il existe. Il s’appelle très officiellement IgNobel et se déroule à Harvard depuis 1991. Ce prix récompense des articles publiés dans des revues sérieuses sur des travaux scientifiques à l’énoncé hautement improbable et concerne tous les champs du savoir : neurologie, physique, chimie, biologie, etc.

 Tous les mardis, Pierre Barthélémy s’en fait l’écho dans le supplément Science du Monde où il signe sa délectable rubrique d’Improbabologie. Il publie aujourd’hui d’indispensables Chroniques de science improbable.

 Il a compris que sous les énoncés loufoques et les questions saugrenues « il y a avant tout l’envie profonde de faire avancer la science ». Et que tout est science. Ainsi, si votre café se renverse de sa tasse, c’est de la dynamique des fluides. L’incertitude est intolérable pour le savant. Alors il s’intéresse à tout : au bâillement des tortues (est-ce du mimétisme ou de l’empathie ?) au mystère des vaches magnétiques, où des chercheurs tchèques ont eu une fameuse controverse qui les a opposés à des chercheurs allemands, à la façon de jouer au foot sur Mars qu’il faudra adapter dans un avenir peut-être proche, question d’atmosphère.

 De très intéressantes questions nous concernent tous, plus ou moins. Ainsi, deux psychologues australiens et un confrère italien se sont demandé si on pouvait racheter ses péchés par la souffrance physique et ont publié leur étude en janvier 2011 dans la revue Psychological Science. Et dès 1905 un médecin légiste roumain se penchait sur la très interpellante souffrance des pendus en réalisant sur lui-même une série d’expériences. C’est ce qu’on appelle donner son corps à la science.

 Inventions farfelues, enquêtes croustillantes, questions iconoclastes, nos savants Cosinus ne manquent pas d’imagination. Il vont parfois empiéter sur le territoire des Castors Juniors quand ils se demandent quelle est la meilleure manière de faire exploser une vache congelée. Pierre Barthélémy préconise la méthode Raoul des Tontons Flingueurs : « … Moi quand on m’en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! » Il faut préciser que ce procédé n’a pas été récompensé par un Ig Nobel.

 Mais pour en finir avec sérieux, il faut citer cette étude médicale australienne sur un sujet de santé publique, publiée en décembre 2011 dans le British Medical Journal : à quelle vitesse la Mort avance-t-elle vers nous ? La vitesse de marche est une mesure objective des capacités physiques des personnes âgées et a servi comme base de méthodologie. Sur 1600 participant, 266 n’ont pas survécu à un terme de 5 ans . Ils marchaient à moins de 2,95 km/h et se sont vite fait faucher.  Ceux qui marchaient à plus de 4,9 km/h avaient une bien meilleure espérance de vie. On espère qu’ils courent encore.

 Marie Hélène Massé

 

 

Chroniques de science improbable ( à paraitre le 2 Avril)

 Pierre Barthélémy

 Dunod

 

Tous les mardis, supplément Science du Monde

 

Et aussi http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/.

 

 

 

 

 

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