Depuis qu’il existe Le blog de Mardi ça fait désordre s’intéresse de très près aux êtres vivants. A partir d’aujourd’hui nous donnons la parole à ceux qui ont exprimé la volonté de mettre leur vie quotidienne en harmonie avec leur éthique. Cohérents ou presque, inventifs, résistants, modestes ou mégalo, ils nous intéressent. Avec le temps, toutes ces démarches confrontées les unes aux autres devraient permettre à ceux qui en envie, de se situer et …pourquoi pas de se mettre en mouvement. Les suggestions, propositions de nos lecteurs nous intéressent. N’hésitez pas à entrer en contact avec nous soit par l’intermédiaire du blog soit par mail : bernheimconseil@wanadoo.fr. Merci.

 

Portrait N°1 : Claire Seban et Serge Haguenauer

 

 

Photo Arielle Bernheim

1/Pour les situer

 

Claire Seban  et Serge Haguenauer sont  mari et femme. Pendant 20 ans ils ont travaillé ensemble dans l’agence de communication qu’ils ont créé. Très complémentaires jamais concurrents, ils ont su faire appel à des talents, graphistes, photographes, rédacteurs, qui leur ont beaucoup apporté. Il y a un peu plus de 5 ans ils ont vendu leur agence et ouvert un restaurant « La Table de Claire » dans le 11ème arrondissement de Paris. Claire qui avait déjà du goût pour la cuisine a suivi une formation et Serge par amour pour elle s’est occupé du reste. Des idées de com, ils ont continué à en avoir. Ainsi, ils ont  fait appel à leurs copains puis à d’autres cuisiniers amateurs, qui sont devenus « chef d’un soir » du restaurant. Un livre fort appétissant en est sorti aux éditions du Chêne. Aujourd’hui, ils ont vendu le restaurant et ont acheté une  ferme à Brunas sur le plateau du Larzac. Elle est assez grande pour accueillir les amis et toute personne intéressée par les débats organisés autour du festival « Clair de luttes » dont la première édition a eu lieu cet été.

2/ Leur choix de vie

Ils ont gagné de l’argent, ils ne s’en cachent pas et aujourd’hui grâce à leurs économies ils peuvent mener une vie qui leur convient. Ils en avaient assez de faire un travail à but lucratif, marre de bosser. Ils ont estimé  qu’ils avaient assez  et pouvaient avec ce qu’ils avaient, faire face jusqu’à l’âge de la retraite. Ils sont entrés avec bonheur dans un cycle nouveau de décélération, voire de rupture avec leurs habitudes de consommation. L’installation récente dans une ferme sur le plateau du Larzac va dans ce sens. Que faire d’une immense maison, sinon en faire profiter les autres. Disposant d’un lieu, ils ont réfléchi à ce qu’ils pouvaient en faire et ils ont créé le festival «  Clair de luttes » . Cet évènement qui rassemble des expressions de créateurs, d’ artistes autour des luttes populaires, sociales,politiques, leur permet d’être en résonance avec les luttes des paysans du plateau et aussi d’être  en relation avec  les réseaux qui développent une vision critique de la société. Serge et Claire pratiquent l’ouverture, affectionnent la rencontre.. Ils existent tels qu’ils sont et s’en voudraient de se présenter comme des militants de toujours. Sans doute estiment-ils que le système de plus en plus dévoreur, oblige chacun à se situer de façon plus radicale. Choisir la vie que l’on veut vivre est un privilège, Serge en a conscience. Claire  dont les débuts de vie ont été difficiles et qui a travaillé  dans une agence de publicité américaine avec des gens ne pensant qu’au fric,  en est partie alors qu’elle n’avait nullement assuré ses arrières. Elle sait donc par expérience que choisir sa liberté est loin d’être toujours un luxe. Elle a toujours aimé passionnément lire, elle a aussi travaillé dans l’édition et dans une librairie, assumant de pas avoir été formée au départ pour exercer un métier précis. Aujourd’hui elle est libre de son temps et de son espace et c’est incroyablement bon. Avant de le vivre, elle ne savait pas à quel point cela pouvait être important.

Serge lui adore faire autrement de ce qu’il est convenu de faire, surtout quand c’est son entourage immédiat qui craint qu’il puisse échouer. Lui il n’a pas peur. Au contraire sortir des sentiers battus le titille. Quitter le circuit n’est pas vraiment dangereux, sauf qu’il faut assumer de perdre sa fonction sociale.

–  Qu’est-ce que vous faites ?

–  On vit, on fait un festival

–  Vous vivez comment ?

–         …

Ils sont privilégiés, ils en ont parfaitement conscience. Mieux ils y prennent du plaisir. Depuis 10 ans ils sont sur une pente qui leur va bien. Maintenant, loin de la grande ville et de la spirale de consommation vorace qu’elle développe c’est sans doute moins compliqué de résister.

3/ Les évènements, les rencontres, les idées qui les ont nourris

Claire

–  Un démarrage difficile dans une famille explosée. Beaucoup de douleur, beaucoup de souffrance.

–  Un premier mari  apportant la conviction que l’on peut construire sa vie sans se laisser imposer un cheminement  par les autres. Comment ?

par l’ouverture, le combat .

–  L’amour fou

avec Serge. Accepter de changer, de courir des risques, de se mettre en péril, de se confronter à de vraies difficultés et de réussir à retrouver un certain calme, une harmonie.

Serge

1/ Ses études d’architecture aux beaux arts ont beaucoup compté dans sa formation politique et intellectuelle.

2/ Les 4 ou 5 personnes qui ont été au cœur de sa vie professionnelle dont Laurence Madrelle graphiste qui fut sa 1ère femme, Jean Pierre Grunfeld ( créateur de l’agence Topologies ) ,Claude  Braunstein, designer. Trente ans plus tard Serge tue le cochon avec lui en Bourgogne. Claude fut aussile 1er chef d’un soir à la Table de Claire. Sans ces rencontres déclare Serge en toute simplicité,  « on peut craindre que je n’ai été un peu con »

3/ Claire

C’est elle qui a fait stop. Elle avait horreur de cette spirale de consommation qui excitait assez Serge. Elle lui a permis d’arrêter ça.

4/ Demain

Serge

Le problème serait de vivre seul sans l’autre. Sinon  c’est la volonté d’avancer et les idées qui sont les plus importants.

Claire

Elle n’a pas eu encore la possibilité de prendre la mesure de ce qui se passe aujourd’hui. Elle ne se sent pas encore installée, elle n’a pas encore passé un hiver sur le plateau.

5/ La ou  les personnes dont ils admirent la démarche

–   La sœur de Claire qui a connu les mêmes difficultés qu’elle et qui mène une vie libre, équilibrée et généreuse avec très peu de moyens.

–   Les gens qui vivent sur le plateau. Ils ne cherchent plus autre chose, ils ont trouvé leur équilibre, ils sont heureux. Ils ont découvert que leur vie,comme ils la vivaient valait    la  peine d’être vécue.

Une réflexion au sujet de « On dirait qu’ils sont vivants »

  1. C,est par hasard que sur internet je tombe sur ce site.
    J’ai connu Claire et Serge à Topologies.ils n’étaient que collègues C’est étrange mais cela ne me surprends pas que c’est deux là se soient mariés
    Ils allaient tellement bien ensemble. Claire et si douce et était très ouverte sur les autres, attentive.Serge aussi
    Je suis heureuse pour eux deux. Je leur souhaite de réussir et de garder les valeurs qui sont les leurs. Je leur tire mon chapeau ! Ce sont de belles personnes !
    Amitiés
    Jamila Abdessemed (née Rabhi)

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