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© perrine dorin 2009

Courtes, larges, noueuses, plates, imberbes, gercées, blanchies, les mains de mon voisins. Sûrement un chantier; du plâtre dépasse des ongles. Deux battoirs à linge qui  se reposent d’une journée de labeur. Deux pognes qui trônent sur chaque genoux. Mon voisin a la tête renversée, la bouche grande ouverte. Sa casquette est tombée. Je la ramasse et la coince entre son bras et son ventre.

Après Pleyel, arrêt en tunnel. Le conducteur s’excuse et encourage notre patience.

Les monstres se referment, s’étirent. Je pense à deux bouledogues. Les mains de mon voisin se réveillent. L’une d’entre elles monte gratter un coin de crâne et ne comprend pas la disparition de la casquette. L’homme regarde son ventre, surpris. Il me sourit et soupire comme une excuse à sa fatigue. Je lui sourie.

– « Je n’ai pas raté ma station, merci pour la casquette ».

Je me lève, moi aussi je sors.

P.D.

Métro – Boulot – Métro

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