?A quoi sert le journalisme en 2021 ?
Est-il toujours un outil au service de la démocratie visant à informer, donner les clés de compréhension du monde à des citoyens qui ainsi éclairés sont capables de réfléchir, prendre position ?  S’il fallait répondre de façon lapidaire : on dirait non. Il faut tourner la page.

« Journalisme « le livre d’Olivier Villepreux est heureusement là pour nous inciter à aller plus loin. Le piège serait d’attribuer en totalité la métamorphose en cours à l’évolution technologique. Ainsi  Nous serions face à une fatalité. Avant le numérique l’imprimerie a bouleversé le monde, tous ceux qui ont refusé cette évolution  ont mené un combat d’arrière-garde voué à l’échec. Cette façon de voir fait fi de la volonté humaine dans sa diversité, des forces de résistance et d’innovation qui n’ont pas obligatoirement vocation

à se coucher devant les puissants de ce monde. Si l’outll journalistique est devenu une arme permettant de préserver l’ordre existant, c’est bien parce jusqu’à présent nous n’avons pas été capables   d’expliquer aux citoyens les enjeux en cours.

Aujourd’hui pourquoi envoyer des journalistes confirmés sur le terrain, ce qui est considéré non comme une plus-value, mais comme un coût alors qu’en restant visés à leur siège ils peuvent faire une synthèse quasi immédiate en partant de qui a déjà été dit ou écrit

Peut importe alors la nature du contenu du moment qu’il est en place au moment où il  doit l’être. L’objectif est moins d’intéresser le destinataire  en créant une différence que de lui imposer l’intangibilité de l’ordre existant. Existe-t-il alors une différence de nature entre la communication publicitaire et une information cadrée par des rubriques réductrices visant à maximiser l’audience. ? Hélas non. Cette information peut être faussement gratuite, ce sont les annonceurs qui la financent. Il y a bien longtemps que les propriétaires de ces groupes multi-médias  sont complétement étrangers aux métiers qu’ils sont censés défendre.

Cette évolution, les citoyens la subissent, entre un média insipide et un autre média insipide à quoi bon choisir !  Les élites trouvent souvent ces contenus peu motivants, c’est à dire ne valorisant par leur niveau culturel, les classes populaires ne sont pas plus accrochées, car aucun effort pédagogique n’est fait pour relier l’info en question à un contexte social et à leurs préoccupations.

Fatalité ? non il suffit de voir comment  se sont comporté quelques grands quotidiens américains face à la propagande trumpiste. Ici Médiapart est bien là pour prouver qu’une presse courageuse qui va investiguer plus loin, trouve ses lecteurs. Ils ont compris que le prix à payer n’était rien face à toutes les tentatives de décervelage des citoyens.  Si Médiapart est dangereux ce n’est pas seulement qu’il prend le temps de chercher l’info soigneusement dissimulée, c’est ainsi que ce média en pleine santé est aussi contagieux. Olivier Villepreux cite: « les jours » , Disclose,Thinkerview, et ce ne sont pas les seuls.

On aura compris à travers ce livre de 100 pages que l’enjeu majeur de la mobilisation des citoyens est prImordial. Le risque majeur est de laisser les plus puissants imposer une réalité qu’ils auront fabriqué de toutes pièces, au mépris des faits et de la démocratie. A chacun de nous de choisir.

François Bernheim

Journalisme

d’Olivier Villepreux éditions Anamosa

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