Sarah Kéryna, Dominique Cerf, Christian Désagulier, Liliane Giraudon

 

Sarah Kéryna

Auteur

 

Lorsque j’ai appris que la subvention de la Région avait été supprimée pour les éditions Fidel Anthelme X, je suis restée sans voix.

Je suis le travail de Fidel Anthelme X. J’ai vu les enthousiasmes de Frédérique Guétat- Liviani qui les dirige, enthousiasmes nourris d’une vraie curiosité pour des écritures inédites et pour  d’autres plus connues, qu’elle a donné à lire, à partager.

Car elle sait dénicher des voix.

Elle sait aussi les mettre en valeur.

Frédérique est artiste et les livres qu’elle publie ont tous des objets, beaux et inventifs.

Dos carré collé, ou agrafé,, ils sont un objet en soi où forme et fond dialoguent avec finesse et intelligence.

Et il y a aussi sa singularité : le livre « qui se délivre » indépendant de sa couverture qui le contient comme un écrin.

A chaque fois qu’un livre sort de chez l’imprimeur, c’est un événement. Et les envois par la poste un rituel incontournable.

Cette aventure éditoriale est un combat. Un combat de plusieurs années, mené sans relâche, avec une vitalité à toute épreuve.

Car l’espace se réduit de plus en plus.

Précarisés, marginalisés, les artistes, les éditeurs, les auteurs sont de plus en plus dans ce que je nommerai une stratégie de survie, avec bouts de ficelle.

Cette précarité nous étreint, nous empêche, elle nous réduit à la solitude et à l’isolement.

Ne laissons pas Frédérique seule avec cette décision. Faisons du combat pour maintenir les éditions Fidel Anthelme X le combat de tous ceux qui oeuvrent, à travers les ateliers d’écriture, via des petites structures, à faire circuler les mots, à rendre vivante la poésie.

 

Dominique Cerf

Fidel Anthelme X, association défendue par Frédérique Guétat-Liviani, poétesse et artiste qui se bat depuis tant d’années a produit 10 ouvrages de poésie seulement pour l’an dernier. L’Association fonctionne sans salarié et sans aucune aide pour les locaux. Tout est consacré aux seules publications avec des lectures organisées dans des endroits solidaires.Avec une ligne éditoriale singulière et riche, un catalogue désormais impressionnant, une régularité, les ouvrages sont précieux, abordent aussi le champ social, il y a des poètes reconnus et en creux les méconnus, les oubliés, tous issus de différentes cultures, intelligences. Frédérique mène son combat contre les inégalités les discriminations depuis les années 80, à travers la langue, la sienne et celle des autres. J’aime ses choix, ses engagements, ses fragilités.C’est avec sidération que j’ai appris le refus de financement de Fidel Anthelme X par la Région.La subvention qui était déjà ridicule avait été réduite de 70 ° l’an dernier, il avait été demandé de plus de reverser des sommes sur les exercices précédents avec pour justification que le budget prévisionnel avait été plus important que le budget réel…La somme allouée précédemment était de 3000 euros, une subvention donc à minima.J’ai honte d’habiter cette ville. Cette ville où la culture se résume à de l’esbroufe. Ou on piétine les petites mains de l’ombre, la richesse de la réflexion. Où on ne protège pas le passé, où on construit simplement des hôtels de grands luxe tel l’Hotel Intercontinental, qui aurait du être une bibliothèque à vocation régionale….ou des nouveaux temples dédiées à la consommation comme le Centre- Prado…. Combien coute le stade Vélodrome rebaptisé pour des raisons commerciales Orange-Vélodrome? On abêtit, on écrase, on formate ici, circulez il n’y a rien à voir.
Vous avez dit Poésie?

Quel mot indécent.

Que savent-ils de la Poésie d’ailleurs, ils se sont arrêtés en quel siècle ?

Cette année pour preuve de leur retard, 50 ans après ils ont découverts le street- art, il était bien temps. Alors là ils subventionnent à tout va. Il ne s’agit pas d’opposer des pratiques artistiques les unes contre les autres, on ne va pas devenir comme eux. Mais cette politique soit- disant culturelle qui s’acharne désormais à la faire disparaître me mets dans une colère folle.

Cette Région fait ses choix et elle est avant tout Inique.

J’espère qu’on va pouvoir se lever.

Frédérique Guétat-Liviani et sa petite maison d’édition fait partie des Justes.

Nous sommes encore quelques- uns à défendre les Justes, l’Humanité.

D’y penser, qu’elle existe cela me fait du bien.

En dépit de leur désir de meurtre, elle ne s’arrêtera pas.

 

Christian Désagulier

R       le      .

 

i = 9

 

qu’       est       ce        que                  la         m

d          t’          elle      toujours

le         m         r

tout     ce        qui       est       n          tout     ce        qui       est       c

tous     les       é          de        la         n

sont                 i           et         u          entre   eux

tout     ce        qui       est       c          sera     d

tout     r           à          ses       r

la         m         r          aux      o          de        la         m

que      ce        qui       a          des      o          pour     e          e

p          lui        d          p          tu        te        f           l’          i

des      é          et        des      é          du        m         d          nous

qu’       est       ce        que      le         p          du        m

le         m         d

il          n’         y          a          pas      de        p

c’est    vous     qui       f           le         p

quand  vous     a          c          aux      h

de        votre    n          a

là         est       le         p

voilà    p          le         b          est       v          parmi  vous

il          a          p          aux      é          de        votre    n

pour    l’          u          de        n          à          ses       r

il          c          et        d

voici    p          vous    êtes     m

et        p          vous    m

c’         est       la         c          de        vos      a

vous    f           ce        qui       vous    é

c          qui       p

Liliane Giraudon

 

Ce que je viens d’apprendre concernant Fidel Anthelm X me consterne.
Plus qu’une structure éditoriale cette maison, dirigée par une poétesse est un lieu vivant où se tisse une littérature ouverte et non réservée.
Pour moi elle demeure un espace de création (hors institution) nécessaire à une ville comme Marseille et à sa région.
Son existence, son catalogue comme ses actions (ateliers d’écriture, lectures et rencontres) sont justement sa « pertinence » et lui supprimer cette aide me semble le symptôme inquiétant relevant de l’ordinaire censure visant à supprimer toute poésie vivante.
Alors sonnons le tocsin et trouvons des outils pour que Fidel Anthelm X puisse continuer à exister !
Commençons par exemple par demander au CIPM (dont la direction vient de changer) de programmer cet automne une soirée anniversaire Fidel Anthelm X totalement effacé par cette institution ces vingt dernières années.

 

 

 

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