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J’écris cet article le Dimanche 27 Novembre avant 17h. Avant de savoir qui sera le champion de la droite dure en 2017.L’abime qui se creuse sous nos pas est trop profond pour que l’on se risque à faire semblant de se hâter à le combler. L’urgence est telle qu’il convient certes d’agir mais également de réfléchir hors de nos sentiers battus. Surprise, surprise, c’est à ce quoi nous invite un livre de poche de moins de 200 pages paru chez Folio.
Que faire ? d’Alain Badiou et Marcel Gauchet. Débat animé par Martin Duru et Martin Legros (vive les Martins qui chantent!)
Alain Badiou est sans doute l’un des derniers grands philosophes vivants dont notre pays puisse s’énorgueillir.Dommage qu’il persiste à défendre le bien fondé d’un communisme à venir, diront les mauvais esprits.

Marcel Gauchet , philosophe également, occupe une place de premier plan sur l’avant scène de l’intelligentsia française. Il dirige la célèbre revue le Débat. Il est profondément réformiste et adversaire de l’idée communiste.
Que faire ? hommage narquois en forme de clin d’œil à Lénine est réjouissant à plus d’un titre.

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il s’agit d’un véritable débat entre deux hommes, deux idéologies qui à priori ont tout ce qu’il faut pour camper sur leurs positions. Hors les deux champions s’écoutent et ne rejettent pas systématiquement les arguments de l’autre.
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Chacun semble conscient que les idées qu’il défend méritent approfondissement,remise en cause;l’histoire depuis le début du 20ème siècle s’étant chargée de couvrir de sang les hypothèses les plus généreuses ou mettre en avant les impasses du réformisme social démocrate.

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Avant de savoir que faire, il est essentiel de savoir où nous en sommes.
Même si les deux hommes dressent un état des lieux en partie contradictoire, ils nous livrent chacun une analyse argumentée et de l’échec du communisme historique et des ravages de la mondialisation capitaliste.

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Hommes de conviction, ils sont d’accord pour nous encourager à travailler à une refondation de la société. La critique qu’ils font chacun et de l’autre et de soi autorise à penser que le politique est amené à renaitre non sous une forme idyllique mais bordé par les échecs et intolérances du passé.
Le communisme d’état ne pouvant être que la confiscation de l’idée première par un groupe de prédateurs autorisés.

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A les entendre et en particulier Alain Badiou,on comprend que le communisme même s’il n’est pas une religion a pu se structurer comme une église dont la grandeur était à la mesure du sacrifice consenti ou non par le peuple.
Si l’idée communiste doit revivre, elle doit se tourner vers la modernité, se situer du côté du désir et non du sacrifice.
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La politique ne peut être fondée que sur la reconnaissance de l’autre. Le drame que vit la social démocratie aujourd’hui c’est que le principal adversaire du capitalisme s’est auto-dissous. Sans adversaire déclaré,le capitalisme vire de plus en plus à droite. Ainsi Alain Fillon,ainsi Marine Le Pen.
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A minima l’idée communiste doit être défendue sans complaisance comme une utopie nécessaire à la refondation d’un réformisme,pourquoi pas révolutionnaire.
« Même les adversaires les plus acharnés peuvent se retrouver s’ils savent identifier ceci : qu’au final,chacun de leur côté et avec leurs armes propres, ils combattent le même ennemi » Alain Badiou
Soyons lucides, échangeons, débattons, agissons en toute modestie, mais évitons de pleurer, la tristesse n’étant que le signe avant coureur des défaites à venir. Aucun destin ne voue personne à la soumission ou à la résignation.
Réjouissons nous le chemin sera long.
François Bernheim

Que faire ?
Alain Badiou Marcel Gauchet
éditions Gallimard collection Folio

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