A quoi rêve la jeunesse sinon à pousser les vieux caciques dehors !
A quoi rêvent les vieux féodaux ? Sans doute à rien. Dans notre cher pays,ils se contentent de garder leur place au chaud, en expliquant à qui voudra les entendre que tous ces petits cons sans cervelle ni tripes sont des incapables à qui on ne peut pas faire confiance. Il convient donc de les écraser, de les piétiner sans vergogne, jusqu’à qu’ils soient en état d’admettre qu’ils doivent obéissance à leurs valeureux ainés.

Bizute-t-on ainsi la jeunesse dans tous les pays du monde ?
Sans doute pas. Mais en France oui. Bon nombre de vieillards ventripotents versent plus facilement une larme face à la violence faite à la race taurine, qu’ils ne compatissent à la souffrance d’une jeunesse opprimée par leur soins.
La France ne fait pas confiance à ses jeunes, chaque fois que l’un d’eux est dans l’erreur ou subit un échec, les personnes en responsabilité se gargarisent : on vous l’avait bien dit ! On ne peut pas leur faire confiance ! (pas plus qu’aux africains, aux arabes,aux gitans, aux habitants de la banlieue, aux musulmans, aux juifs, aux étrangers, aux femmes, aux communistes, aux pauvres et j’en passe…)

1ère conclusion
S’il existe sur notre territoire, un pays,une province qui fait confiance à la jeunesse… c’est que ce territoire soit est saisi de folie collective soit qu’il va, d’un jour à l’autre faire sécession.
Ainsi les Monts du Forez et en particulier les pays d’Astrée.
Pire que cela, ici la jeunesse active collabore volontiers avec le personnel politique.
Les premiers estiment les seconds et réciproquement.(au secours ce n’est pas du tout ce que l’on nous raconte à longueur de journée !)

Baptiste Delhomme a 21 ans, il est étudiant en sciences politiques et président de l’Apij, association pour l’intercommunalité des jeunes, dont le siège est à Boën sur Lignon. L’Apij est une association pour les jeunes par les jeunes. Il faut avoir 11ans pour en faire partie. A 25 ans, on est poussé vers la sortie. Il faut avoir 16 ans pour faire partie du conseil d’administration. La raison d’être de l’APij est d’aider les jeunes à concrétiser leur projets quels qu’ils soient. L’association les accompagne dans leurs démarches et formalités. En aucun cas elle ne se substitue à eux.
Contrairement à beaucoup, l’Apij estime qu’il n’y a pas d’âge pour apporter un savoir à la société. Il suffit de trouver un environnement favorable qui aidera l’individu concerné à prendre conscience de ses possibilités et lui apportera les motivations nécessaires.
L’expérience montre que faire confiance aux jeunes est jouer gagnant à 100%. Ce qui ne signifie nullement que le parcours suivi ne connaitra aucun échec. Bien au contraire. Ici on considère que l’échec est inhérent à toute prise de risque. Dans toute action humaine il y a matière à expérience. Ne pas stigmatiser l’échec permet d’avancer, de surmonter un handicap en ayant assez de recul pour rebondir ailleurs ou plus loin. En France trop souvent celui qui subit un échec est considéré comme nul. Mais la perte de confiance en soi suite à un ou des échecs répétés dans un contexte malveillant, peut in fine donner raison à tous les censeurs, ce qui est dramatique. L’Apij dit Marie Debeaux 23 ans ex présidente de l’association, est la maison des erreurs. Ici comme presque nulle part en France, les zigzags, les erreurs les échecs sont à porter au crédit d’une expérience ouverte à tout mode d’enrichissement. L’Apij qui se trouve à la tête d’une sorte de service public de la jeunesse bénéficie d’un environnement politique favorable, notamment au niveau de la communauté de communes. En retour l’association de se contente pas d’accueillir qui la sollicite, ses responsables vont régulièrement dans les espaces jeunes de plusieurs villages, tant pour informer, répondre aux questions que susciter d’éventuels projets.
Celui ou celle qui est ainsi responsabilisé se sent pousser des ailes. Un adolescent qui s’estimait très peu brillant en histoire, participe à un voyage documenté en Pologne, il s’émeut, se passionne. Quelques mois plus tard il passe un examen le sujet porte sur la 2ème guerre mondiale. Il obtient la note maximum. D’élève plus ou moins concentré, il est devenu acteur. Il, est donc totalement impliqué. Marie Debeaux a participé à un projet solidaire au Maroc portant sur l’adduction d’eau. Les circonstances font que le premier séjour sur place, s’il n’a permis pas de faire le travail prévu, a par contre fait prendre conscience de sa nécessité. La mission doit être remplie Marie retournera au Maroc une deuxième fois avec un groupe. Là ils prendront enfin la pioche pour creuser les canalisations nécessaires.
L’Apij a été aidée, quasi portée par les responsables politiques de la communauté de communes (regroupant18 entités ) des pays d’Astrée. Pour cette institution l’Apij est devenu une sorte de service public dédié à la mise en valeur des jeunes et de leurs projets de développement du territoire. Marie, Baptiste, Clément Gaumont sont unanimes. L’APIJ leur a permis de grandir, d’assumer des responsabilités inhabituelles. Grâce à l’association ils ont fait partie de quelque chose, ils ont pu avancer ensemble Ainsi Clément a conscience  » d’appartenir à ce territoire, il nous a nourri, il faut à notre tour le nourrir » Ainsi, Marie qui chargée de projet dans une association de prestation audiovisuelle assume de ne jamais avoir passé un entretien d’embauche, alors qu’elle a engagé 3 salariés. Baptiste Delhomme d’après ses camarades, gère sans problème des salariés beaucoup plus âgés que lui, certes l’association a un mode de fonctionnement un peu moins rock and roll que par le passé, mais ses salariés sont toujours en première ligne pour absorber des comportements où la dynamique impulsée n’a pas toujours la cohérence voulue.

Qui essaime à tout vent ?
L’APIJ est-elle l’enfant naturel du Château de Goutelas ?
qui a son toujours aurait engendré le Foreztival ?
Ce dernier porté par l’association a adopté une structure autonome en 2014 et déplace chaque année au mois d’aout 20 000 amoureux des musiques jeunes d’aujourd’hui et également bon nombre de personnes qui viennent là peut être pour découvrir quelque chose mais aussi pour être ensemble pour passer un bon moment. La force de l’exemple est un véritable levier. La jeunesse active des Monts du Forez à travers ces premiers événements, parmi lesquels il ne fait pas oublier Sail sous Couzan, a reçu un appui autant réel que symbolique lui signifiant que ceux qui développent une forte envie de faire, trouvent les moyens de réaliser leurs rêves en intégrant une instance associative mais également en musclant leurs initiatives grâce à une mutualisation des taches inter- associations.

L’Esperluette est située à Gumières dans une ancienne colonie de vacances au centre de la commune. Elle est une association loi 1901 crée en juin 2012.
Elle a pour objet de faire vivre un lieu d’échange culturel et de partage en favorisant les rencontres et les transmissions dans le respect de l’environnement et des valeurs de l’Education Populaire. Dans son lieu, l’association a accueilli en résidence des gens de toutes opinions et parcours en se préoccupant plus de créer une chimie des envies que d’une sélection par affinité d’opinion. Ici,  » on prend les gens comme ils sont » Francois Gaynon fondateur et David Gay Arnaud dit Dadou président ont conscience que l’on amène pas les gens à la culture.En toute lucidité, ils cherchent plutôt à les prendre en otage. Un jeune couple vient sur place pour que leur fils ou leur fille participe à une activité. Il convient alors de les exposer à une prestation qui pourra leur plaire, alors qu’à priori ‘ils ne l’imaginaient pas dans leur cordes. A l’Esperluette on est convaincu qu’il est essentiel d’aider chacun à développer l’estime de soi plutôt que de s’escrimer à élever le niveau culturel. Hors du cercle des nantis, les non privilégiés peuvent se sentir écrasés par une approche verticale où l’exposition à différents modes de savoir ne fait que leur confirmer qu’ils ne font pas partie des élus.
Véritable acteur de l’éducation populaire L’Esperluette est à la fois très active dans son village et à travers un festival annuel le Fouilla fest » co-porté par un collectif d’associations et de citoyens. L’initiative est très appréciée dans la région.
« Parce que demain sera beau !!
Fouilla, c’est sûr… ! Autant nous y préparer !
en réunissant les agitatrices et agitateurs de nouvelles idées, celles et ceux qui combattent et militent, le temps d’une journée festive, le Fouilla Fest entend botter le cul à la sinistrose.
Parce que demain est à inventer aujourd’hui
Le Fouilla Fest tente de réunir le plus grand nombre d’acteurs locaux, de militantes et de militants, d’associations en lutte, de porteurs de nouvelles initiatives… tout celles et ceux qui osent penser et faire le pas de côté…
Parce qu’il faut réarmer la « polis », la cité, le débat citoyen.
Venez nous rejoindre et faire chauffer vos ciboulots, aiguiser votre sens critique et votre curiosité. Tenons-nous debout pour que demain nous appartienne !
Le Fouilla Fest vous offrira une après-midi agrémentée de débats, de conférences et de rencontres.
Parce que nous ne sommes pas des « con_sommateurs » mais des « consom-acteurs »
Les productrices et producteurs du village artisanal du Fouilla Fest vous expliqueront comment elles et ils travaillent à inventer de nouvelles relations avec la terre, avec leur produits et avec celles et ceux qui les consomment.
Parce que nous sommes joyeux et festifs
Nous danserons, chanterons, lirons, écouterons des concerts, des contes, des spectacles jeune public…
Parce que nous n’envisageons pas d’autres options que la liberté le Fouilla Fest c’est zéro mot d’ordre.
Alors viens poser tes fesses dans l’herbe du château de Goutelas, lieu civique et de faire-ensemble né de la rencontre entre intellectuels, ouvriers et paysans pour partager, au moins le temps d’une journée la conviction qu’ensemble nous sommes capables de rêver, de nous renouveler et d’irriguer… »

Tout au long de l’année le collectif d’associations organise des « bafouilles » , évènements, animations, concerts d’un soir visant à multiplier les occasions de rencontres avec son public dans différents villages du territoire et également à se constituer un minimum de trésorerie.
Le Festival est co-construit avec d’autres associations partenaires. Mais est-ce si banal de se sentit plus fort à plusieurs que tout seul?

Stop Gaspille association située à Boën et animée par Mathieu Rogue travaille à prolonger la vie des objets et par voie de conséquence à ne pas raccourcir la notre à coups d’achats compulsifs. Hors des circuits de communication et de commercialisation classiques, les objets qui vivent plus longtemps nous donnent et l’occasion de mieux partager la planète et de dépenser moins d’argent inutilement. L’échange entre deux personnes qui se font face est aussi occasion de rencontre, de faire quelque chose ensemble.

Les troupes de théâtre amateur sont très nombreuses hors du péri-urbain . il y en a au moins 4O pour une centaine de villages. Il est vrai que dans une région où la religion catholique est encore très forte, il y avait dans chaque paroisse des activités théâtrales de patronage animées par le curé du village, Il est vrai aussi que Jean Dasté, créateur de la comédie de Saint Etienne(ex centre dramatique de la cité des mineurs) fut un véritable apôtre de la décentralisation. Sillonnant sa région en camionnette,lui et sa troupe permirent à un vaste public populaire de se confronter au répertoire classique et moderne.
Pascal Le Roy habite le village de Verrières en Forez. Il est depuis 15 ans à la tête du festival des Monts de la balle dédié au théâtre de rues » On est à la campagne, il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs pour avoir de la culture et des spectacles de qualité, on fait ça chez nous, pour nos enfants, notre village et ceux d’à côté. En milieu rural, ça va de soi qu’il faut que l’on se prenne en main »
Le festival a été gratuit pendant 15ans. Aujourd’hui on paye 9€ par jour pour avoir accès à 9 scènes qui fonctionnent en simultané. Avant les gens venaient un peu par hasard, ils s’exposaient à des surprises. Aujourd’hui c’est différent, l’exigence est plus forte. Mais l’aléa principal reste la météo. Ici tout se passe en plein air. On prône la simplicité, la convivialité, le partage.  » Il faut avoir aujourd’hui une démarche autre que culturelle pour mettre de la culture quelque part… Tout ne fout pas le camp , il y a plein d’émergences, et c’est ça qui peut empêcher l’autre de gagner en 2017… »

Alors qui est donc l’enfant de qui ?
Fort heureusement la vie de l’esprit est ouverte à tous vents à toutes influences. Un individu peut se construire avec plusieurs pères et mères spirituelles. En L’occurence on devrait plutôt parler de  » passeurs ». Leur action, ainsi celle de Paul Bouchet à Goutelas, celle de Michel Houzet à Sail sous Couzan suscitèrent des vocations multiples. La vertu de l’exemple vaut légitimité. Il ne suffit pas d’avoir l’envie le talent, l’énergie, il faut se sentir  » autorisé, par les autres, par soi même à faire les choses, à avancer. Miche l Houzet disait dans les années 60 qu’il avait « du bouillon » ( énergie + confiance en soi)
Le mérite des grands passeurs est bien sûr de susciter des émules. Non pas de répondre à des questions essentielles, mais plutôt de susciter un questionnement, de l’accompagner, de l’acter.

François Bernheim

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Un territoire rural qui pose les bonnes questions c’est possible !

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Dans les Monts du Forez une ville qui accueille volontiers les migrants, c’est possible.
( Boën sur Lignon)

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Ouvriers, paysans, intellectuels unis pour reconstruire,dans les Monts du Forez, c’est possible
( le Château de Goutelas)

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