Conte de fées, Mystification ou hallucination collective ?

La commune de Marcoux, moins de 8OO habitants située dans le département de la Loire (pays d’Astrée), possède un atout touristique majeur : Le château de Goutelas datant de la Renaissance.
Problème : en 1961 l’édifice est en ruine.

Cinq ans plus tard, en 1966, Duke Ellington donne un concert de jazz dans le château en partie reconstruit, Armand Gatti, puis Marcel Maréchal, des représentations théâtrales. L’été de la même année, une grande exposition des lithographies de Chagall, Picasso, Matisse, Braque, Villon a lieu dans la grande salle en partie restaurée. La télévision française peu prolixe en information sur les Pays du Forez consacre deux émissions majeures à la restauration de Goutelas : Cinq colonnes à la une puis Chefs d’œuvre en péril.

A l’évidence un riche mécène, un Bernard Arnault ou un Pierre Bergé ont volé au secours du château.

Et bien non !

La reconstruction s’est faite sans apport de capital, hors les économies peu substantielles de quelques passionnés et l’acceptation de plusieurs propriétaires paysans de gager leurs biens afin d’obtenir des crédits bancaires nécessaires.

Alors que s’est-il passé ?

En 1961 un avocat lyonnais originaire du pays, Paul Bouchet, revient y passer des vacances. La vision du château en ruine le trouble profondément. L’état des lieux est hélas à l’image d’une région que l’industrie, l’emploi et la croissance abandonnent chaque jour un peu plus à son triste sort. Il rend visite au curé puis au propriétaire des lieux. Ils ne le prennent pas vraiment au sérieux mais la sincérité la conviction de l’avocat sont telles que ses interlocuteurs sont tout de même d’accord pour le suivre dans son utopie.

Paul Bouchet en parle à ses amis artistes, intellectuels, avocats. Ces derniers se mobilisent en parlent aussi autour d’eux. Avec l’accord du propriétaire les premiers travaux de débroussaillage se font dès l’été 1961. Bientôt « les intellectruelles » seront rejoints par les paysans du coin puis par des ouvriers de la région lyonnaise. Pendant plusieurs années, ce femmes et ces hommes consacrent leurs week-end et leurs vacances à la reconstruction. Au-delà de dons ponctuels d’œuvres et d’argent plus de 150 000 heures de travail bénévole ont été offertes par des travailleurs amateurs et professionnels réunis.

La reconstruction de Goutelas ne tient pas du miracle …

Elle doit beaucoup à la personnalité de Paul Bouchet. Il est avocat à Lyon, il a été un résistant actif, il est profondément chrétien, il a également milité au sein du syndicat étudiant UNEF. A Lyon, il a ouvert le premier cabinet d’avocats de groupe, l’équivalent dans ce domaine d’une coopérative ouvrière. il est spécialisé dans le droit du travail et à ce titre il est fréquemment en contact avec les syndicalistes ouvriers qu’il défend comme il défend les militants du FLN. Il est conscient que la foi peut aider à soulever des montagnes, mais il affirme en même temps que toute chose doit faire l’objet d’un examen critique. La foi et l’humanisme sans œillères doivent se rencontrer et travailler ensemble. Paul Bouchet n’est pas un homme de tribu mais d’engagement. Pour Goutelas il est capable de mobiliser des artistes comme Bernard Cathelin, des musiciens, des hommes de théâtre, des intellectuels comme Jean Marie Domenach directeur de la revue Esprit qui viendra débattre dès 1961 au café du village, des ouvriers , des paysans, des militants chrétiens. Pour lui la reconstruction de Goutelas est « un défi contre le désespoir »

On pourrait le prendre pour un doux rêveur. Mais là justement réside sa force. Il est capable de mettre « une utopie en marche ». « Je crois que les idées ne s’incarnent que lorsque les gens peuvent les accoucher ensemble ». Il croit au brassage des cultures, à la fierté de ceux qui se sentent grandir quand ils ne travaillent ni pour un patron ni pour de l’argent mais pour la culture. C’est à dire « ce qui met en mouvement nos sensibilités, intelligences volontés, savoirs –faire de toutes sortes . L’objectif est de « devenir plus fort en humanité. » (1)

Le refus de hiérarchiser savoirs et contributions diverses s’avère des plus fécond. Il va dans le sens de l’ouverture, réjouissant tous ceux qui ont conscience que l’efficacité sera d’autant plus forte que la bienveillance, l’amitié et la confiance donnent envie d’apporter le meilleur. Beaucoup comme Chantal Sartorio comprennent qu’il peut être utile « de se frotter la cervelle avec des gens que socialement on aurait jamais socialement rencontrés ailleurs « La performance est autant collective, qu’individuelle. (2)

Et si pour penser l’avenir, il fallait déjà retrousser les manches, faire ensemble ?

Paul Bouchet croit beaucoup à la vertu de l’exemple. On constate cependant qu’il existe au quotidien une répartition des tâches qui fait que les uns sont censés exécuter des taches matérielles et les autres concevoir, réfléchir, voire penser et en conséquence se trouver en capacité de donner des ordres. Dans une vision tout aussi schématique on notera également que les habitants des villes sont censés représenter le progrès, hors des préjugés et conservatismes qui sont l’apanage des paysans, cultivateurs toujours ancrés dans leur ruralité.

Cette vision pour sommaire qu’elle soit est malheureusement dominante. Les préjugés, méfiances, voire rejets qu’elle entraîne nous appauvrissent, nous isolent les uns des autres sans même que nous en rendions compte. Dans un tel contexte comment ceux qui savent, ceux qui détiennent les clés de notre capital culturel pourraient-ils être entendus par les ignorants qui ne possèdent ni les outils ni les codes pour entrer dans le cénacle des privilégiés ?

C’est cette conception étriquée, égocentrique de la culture et de la vie que l’expérience de Goutelas fait voler en éclat. Avant d’être une aventure culturelle donc chargée de références, la reconstruction du château est d’abord une aventure de vie. La priorité est donnée au faire, faire ensemble. Si ouvriers, paysans, intellectuels, artistes ont pu apprendre à se connaître et à se respecter avant même de s’apprécier, c’est qu’ils ont eu les uns comme les autres conscience d’une nécessité, d’une urgence. la tâche selon les schémas habituels était impossible. Face au défi du désespoir, ils ne pouvaient que répondre présents. Faire ensemble, c’était aussi donner la priorité à ce que l’on a en commun. C’est se donner la possibilité de grandir ensemble en réduisant à néant une division du travail stérile. Certains maniaient plus facilement la pioche et d’autres le langage, mais le climat de confiance instauré était propice à l’enrichissement commun, au développement d’une intelligence collective. Il devenait ainsi possible que le savoir des uns profite aux autres, sans que l’effet de domination habituel soit au rendez-vous.

Si reconstruire un château ensemble sans argent est possible, c’est que tout est possible !

Assez rapidement l’aventure de Goutelas est devenu un mythe.

Certains diront une façon d’enjoliver la réalité au delà de ce que le réalisme commande. Mais à considérer que l’aventure a été celle de doux rêveurs, poètes, on risque de se tromper lourdement. Ici le mythe est ni plus ni moins qu’un véhicule mu par l’envie, la passion de faire, de changer la vie concrètement. Ainsi il devient un réservoir d’énergie collective capable de briser les pseudo-fatalités qui empêchent l’individu comme le corps social de redresser la tête et de se mettre en mouvement. Si on a sous les yeux au moins une preuve concrète d’un passage de l’impossible au possible, alors les individus comme la collectivité comprennent qu’ils ont l’adrénaline nécessaire pour prendre le risque d’un changement conforme à leurs aspirations. Le pire n’est pas l’échec qui peut être riche en enseignement, mais la résignation aussi subie que médiocre.

Plus encore qu’un lieu de rencontres, Goutelas est un laboratoire d’idées, un fer de lance de tous les possibles. Désormais le lieu n’est plus seulement un château mais l’épicentre d’un changement de mentalité. Ce que nous voulons nous pouvons le faire ensemble.

« … le contact avec ces intellectuels nous apportait beaucoup. Les connaissances et la culture d’un Paul Bouchet nous séduisaient. Nous ne faisions pas de complexes… Le longues discussions d’après corvées nous faisaient sortir du ghetto agricole dans lequel nous étions enfermés » (2)

« L’important est que se mêlent des gens aux origines diverses ». Un système de répartition du travail selon les compétences a pour objet que tout le monde puisse participer et finalement chacun a apporté sa pierre…. l’avocat se fait ouvrier, l’ouvrier se fait maître. C’est la voix de l’égalité » (3)

Une autre agriculture est possible

Dès la fin de l’année 1961 des échanges sur le développement local ont lieu entre les agriculteurs de la région et les amis lyonnais de Paul Bouchet. D’ailleurs comme le souligne Maeva Lecordier dans son mémoire, (4) tous ceux qui viennent travailler bénévolement à Goutelas doivent remplir une fiche indiquant à quelles commissions de réflexion ils souhaitent participer : tourisme, produits du terroir, artisanat, habitat, hébergement, hôtellerie. En 1966 , un séminaire de 5 jours sur l’avenir de l’agriculture à l’initiative de la Jac se tient à Goutelas. Robert Duclos dans son livre « de la pioche à l’internet »(2) illustre bien la sensibilité du moment « je découvris que des milliers de jeunes comme moi voulaient être fiers d’être paysans, voulaient moderniser leur métier, voulaient changer le monde, le rendre plus juste, plus fraternel, que rien ne pourrait les arrêter… »

Il est vrai que la région qui a connu un exode rural fracassant dans les années 50 / 60 et dont la grande majorité des exploitations n’ont d’une part pas la taille requise et sont, par ailleurs, dirigées par des exploitants âgés de plus de cinquante ans, a besoin de repenser son agriculture.

La dynamique mise en place a permis de créer des outils (2 et 3) tant opérationnels qu’ouverts à la réflexion, ainsi :

Le CDJA

Les jeunes agriculteurs sont syndiqués à la FDJSA, pour avoir plus de poids, parfaire leur formation et faire évoluer leur métier en accord avec leurs aspirations, avec des équipes de la JAC, ils créent le CNJA, un jeune syndicat associé à la FNSEA « …motivés nous sommes prêts à tous les sacrifices, tant nous sommes portés par un courant qui veut moderniser l’agriculture »

Le Giraf

En Avril 69 , il s’agit de lancer des activités coup de poing ,ainsi l’ensilage. Les machines sont à la disposition des agriculteurs s’ils passent par une CUMA locale.

La première Cuma a été crée en 47 Un regroupement d’agriculteurs ont acheté batteuse, tracteur,etc en partageant leur usage

le Gaec

Pour favoriser le regroupement d’exploitations une loi instituant les Gaec est votée.Tous les moyens de production sont mis en commun, mais chaque membre garde son statut d’exploitant individuel face au fisc ou à la mutualité sociale. Ainsi beaucoup d’associations de fait sont légalisées et les jeunes paysans qui travaillent sur des fermes trop exiguës rationalisent leurs efforts.

Les Ceta

permettent à des groupes de jeunes agriculteurs d’un même canton, 15 maximum de mettre en commun leurs expériences personnelles pour améliorer la gestion de leurs exploitations

Le Guépar

L’idée est celle d’organiser les artisans du bâtiment, pour leur permettre d’accéder à des chantiers plus importants. Ce ne sera pas un succès

Le Cerf.

L’idée était de populariser l’activité équestre, les comités d’entreprise de la région lyonnaise sont intéressés. On entrevoit également d’en faire un argument touristique

Semafor

Il s’agisssait d’insuffler un véritable développement touristique à la région en ayant une action concerté avec les collectivités territoriales et les acteurs de terrain.

Tous ces outils, ont permis d’optimiser considérablement la production agricole. Une véritable révolution fourragère a été initiée. Plus de surface consacrée à l’herbe, autorisait un accroissement décisif de la production laitière, une amélioration conséquente de la productivité, et une ouverture possible à la diversification des productions.A l’exemple de ce qui a été expérimenté à Goutelas, priorité est donnée à la réflexion collective, suivie d’une participation du plus grand nombre aux actions en cours. La dynamique de Goutelas a également entraîné la création de coopératives réunissant agriculteurs et vétérinaires( COPAV). les premières auberges paysannes comme la Césarde ont été crées dans les pays du Forez . C’est aussi ici qu’ont été conçus les labels mettant en avant les produits du terroir.

Sail de sous Couzan, frère de Goutelas

Dans les années 60, le village de Sail sous Couzan compte environ 15OO habitants et mille emplois industriels. C’est donc sur une terre paysanne un vrai village ouvrier. L’équipe municipale qui vient d’être élue en 1965 porte les couleurs de l’union de la gauche. le maire Michel Houzet a 26 ans. Il se rend pour la première fois de sa vie avec des membres de son équipe au château de Goutelas, à l’invitation de Paul Bouchet qui souhaite que les élus du voisinage profitent de l’expérience vécue. Michel Houzet est séduit » C’est exactement ce qu’il faut faire à Sail » .Le Samedi suivant il invite Paul Bouchet à venir parler devant son conseil municipal. Désormais une partie de l’équipe de Sail viendra prêter main forte aux travailleurs bénévoles du château. Malgré quelques préjugés de départ, il découvrent que ces intellectuels qu’ils croyaient compliqués sont des gens aussi simples que formidables. Des relations fraternelles, de vraies amitié se noueront. Pour la fameuse grande exposition Chagall, Miro,Picasso, Paul Bouchet demandera à Michel Houzet et à un de ses amis d’en être les guides. Aujourd’hui quand il en parle Michel Houzet pouffe encore de rire . « On n’y connaissait rien ! » Mais l’ambiance de confiance et d’amitié qui s’était instaurée à Goutelas comme à Sail faisait que rien ne paraissait impossible. La culture était portée par des gens sympathiques intelligents et soucieux avant tout de partager et de grandir. En 1967, Marcel Maréchal donne Tamerlan au château de Goutelas. Michel Houzet l’invite à venir à Sail. Le village possède lui aussi un magnifique château qui a besoin d’être restauré, mais surtout qui se trouve sur les hauteurs sans qu’aucune route ne permette d’y accéder. Marcel Maréchal est conquis il crée à Sail « Les Estivales » un festival consacré principalement au théâtre ,sa troupe comme celles de la comédie de Saint Etienne et du théâtre de Bourgogne donneront à l’événement une pérennité d’au moins 20 ans.

Mais comment ces représentations ont-elles pu se tenir ?

Maeva Lecordier dans son mémoire(4) donne la réponse « Ce ne sont pas moins de trente tonnes de matériel qui sont acheminées en trois mois, à dos d’hommes et de mulets, avant que la route ne soit aménagée. Les élus s’engagent personnellement et relèvent le défi qu’ils s’étaient lancés. Au mois de juillet 1967 tout est prêt pour accueillir Marcel Maréchal.

A Sail sous Couzan, on retrouve ce même mélange de fraîcheur, d’enthousiasme, de curiosité, d’envie de repousser ensemble les limites du possible pour vivre plus harmonieusement, plus créativement . Il s’agit d’être « plus forts en humanité », ainsi que le souhaitait Paul Bouchet. Un festival de rock sera organisé, des plasticiens qui travailleront avec les enfants du pays créeront sur place des sculptures qui sont toujours en place. Les habitants du village construiront eux même leur centre culturel. Encore une fois il semble bien que « faire ensemble » soit à la fois porteur d’un supplément de lien social, d’ouverture sur le monde tel qu’il est et aussi tel qu’il pourrait être. Didier Chaut comédien metteur en scène, créateur de la Cie Kaïros ne cache pas son étonnement et son admiration.

« A quelques kilomètres de Goutelas voilà des gens qui ont baigné dans cette tradition humaniste en donnant leur confiance à la jeunesse.

Ici sont venus des punks, des gens de Paris, Lyon et d’ailleurs qui ont mobilisé leurs réseaux pour faire venir d’autres gens. A quelques kms de distance on voit des villages où la tradition de la nappe à carreaux, du petit bal du samedi soir, avec bagarres à la clé ,fête paroissiale sont intactes. Ce village de Sail a effacé 15 ans de retard de la province. C’est là où l’on voit les gens, leur volonté, ce qu’ils ont envie de faire ensemble pour faire vivre leur territoire… »

De siècle en siècle un château toujours en mouvement…

Jean Papon a fait construire la maison forte qui a précédé l’édification du château en 1558. Jurisconsulte, il qui a contribué à unifier le droit en France, nous informe Marie- Claude Mioche présidente de l’association du château de Goutelas et Irène Guillot fortement investie depuis de nombreuses années dans l’aventure . Jean Papon avait organisé à Goutelas un cénacle réunissant régulièrement poètes, historiens, savants, humanistes ! Il s’agissait déjà de voir plus loin…

l’Astrée d’Honoré d’Urfé écrit entre 1580 et 1626

Ce « roman des romans » (5 parties de 12 livres chacune, 5 000 pages, 293 personnages et 40 histoires), a tellement marqué les esprits, que dans le Forez, autour de Boën, s’est créée la Communauté de communes du Pays d’Astrée. Aujourd’hui nos contemporains peuvent revenir sur les chemins de l’Astrée. 5 itinéraires ont été retracés à leur intention. Accompagnés de comédiens et autres gens du spectacle ils ont ainsi le loisir à travers L’Astrée de revisiter de façon ludique l’imaginaire de leur territoire…

En 1961 pour la première fois les syndicalistes ouvriers défilent avec les paysans à Saint Etienne.

En 1966 Duke Ellington à la fin de son récital de Goutelas s’écrie :

« Je suis fier et heureux d’être ici dans une maison bâtie et rebâtie par des gens de bien, pour une bonne cause. Je vous salue frères »

L’électricité ne fonctionnant pas encore, une haie d’enfants portant des torches avait accueilli le musicien. Duke était arrivé sur une charrette tirée par un cheval.

C’est le grand père de Marie Debeaux, ancienne présidente de l’Apij ( 5)qui conduisait l’attelage. Elle a aujourd’hui 23 ans.

En 1972 le syndicat de la magistrature organise son premier stage à Goutelas.

Aujourd’hui, le château de Goutelas accueille et organise de nombreux séminaires, spectacles et animations. Il est toujours au centre des réflexions initiées par les acteurs locaux . Le château fait partie des centres culturels de rencontre. Leur association ( ACCR) présidée par Yves Dauge, travaille à donner une nouvelle vie à ses 43 membres .

www.chateaudegoutelas.fr

ça mériterait peut être d’y réfléchir !

Goutelas comme Sail sous Couzan ne font pas partie de la France dont on parle tous les jours. Aucune autorité instituée ne leur a conféré un label avant- gardiste.D’autres plus crument diraient c’est la France campagnarde, la France des ploucs. une sorte d’arrière pays en retard de plusieurs générations.Pourtant, il suffit d’avoir été sur place, de s’être promené d’avoir échangé avec l’une, l’un ou l’autre, pour comprendre qu’ici il y a une force d’humanité incroyable, quelque chose qui pourrait aider à vivre mieux, à faire mieux avant même de le conceptualiser Ici il y a un ferment susceptible de faire lever la pate.

A regarder le fossé qu’il y a entre cette réalité là porteuse de volonté, de joie et de changement et la vision sclérosée que la plupart d’entre nous en avons, on pourrait désespérer. Sans doute tout est fait pour cela. Raison de plus pour résister, raison de plus d’informer, c’est le minimum que l’on puisse faire. D’autant que l’histoire ne manque pas d’humour. A Goutelas comme à Sail sous Couzan la Bastille a été prise en reconstruisant, en restaurant des châteaux d’ancien régime ! Preuve supplémentaire, s’il en était besoin, qu’il est urgent de jeter nos œillères aux orties. Les pays du Forez sont loin de vivre une situation idyllique, leur réalité est contrastée. Ils pourraient cependant apporter beaucoup à tous ceux qui veulent avancer. Ici, oh scandale, les responsables politiques locaux sont appréciés par la population, on dit même qu’ils sont au service du public. Pire ces gens là font confiance à leur jeunesse. Est-on vraiment en France dans les pays du Forez ? Si oui, il est temps d’en savoir plus. Il est encore plus temps de découvrir et actionner tous nos possibles.

Prochain article à paraître le 9 Novembre ( au plus tard ) sur les blogs de Mardi ça fait désordre et de Médiapart.

Faire confiance à la jeunesse, c’est possible. C’est même formidable !

Précédent article en ligne sur ces deux mêmes blogs :

Une ville qui accueille volontiers les demandeurs d’asile c’est possible

(1) Paul Bouchet.Mes 7 utopies, éditions de l’Atelier

2) Robert Duclos « de la pioche à Internet » Village de Forez- Centre culturel de Goutelas

(3) Maurice Damon « Goutelas par lui –même –Mémoire intime d’une renaissance- Publications de l’Université de Saint –Etienne

(4) Maeva Lecordier- Le centre culturel de Goutelas du mythe à la réalité- histoire critique d’une utopie – Université Jean Moulin Lyon3

(5) Apij – association pour l’intercommunalité des jeunes- Boën sur Lignon. voir détails dans le prochain article.

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