Du grand romancier turc Yachar Kemal qui vient de disparaître à Istanbul, le dernier titre paru en français, Pêcheurs d’éponges (Bleu autour, 2011), est une anthologie de ses grands reportages (1950-1975) parus dans le quotidien Cumhuriyet (La République). Il les considérait comme faisant partie intégrante de son œuvre littéraire. En 1975 (« Sur le reportage », en annexe), il déclarait : « Le reportage, tout littéraire soit-il, n’est pas promis chez nous – euphémisme – à un grand avenir puisqu’on ne cesse de vouloir masquer la réalité [et que] la plupart du temps nos journaux sont asservis. » Quarante ans plus tard, c’est au moins aussi vrai…

 

Et, en France, la liberté de la presse est la cible d’extrémistes qui prennent leurs ordres dans des contrées voisines de la Turquie. Avant, c’est à craindre, que d’autres extrémistes, quant à eux régulièrement élus aux élections départementales de dimanche prochain et du suivant, n’attentent à nos libertés. Aussi ai-je pris soin, avant de prendre demain la route pour le Salon du Livre de Paris, de donner procuration à un ami inscrit comme moi sur la liste électorale de Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier). Je lui ai demandé de voter pour un binôme de candidats républicains, aussi imparfaites qu’aient été les politiques menées ces dernières années. J’aimerais d’ailleurs publier un Éloge de l’imperfection en politique (avis aux amateurs !) puisqu’aussi bien la revendication de pureté, en la matière, conduit au pire.

 

Le 18 mars 2015

Patrice Rötig (éditions Bleu autour)

 

 

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