de Ruth Abbagha, René Remy,Etienne Sandevoir,Karelle B, Ali Merghache Sylvain Dubowski, Jean Teulé, Charlélie Couture, Fatoumata Diallo,  Hélène Tremblay,Nathalie Litvine, Alain Jugnon, Claire Zen, Michel Dréano, (à suivre )

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Jean François Crance

Cher François, la question que tu me poses : « comment se faire du bien », m’embarrasse au plus haut point car vois-tu, « comment se faire du bien » est au fond une question qui fait du mal.

Plus on se la pose et plus on comprend combien la notion de bien est vaste et difficile à assouvir. On trouve évidemment des solutions pour se faire : des « petits biens » (façon 1ère gorgée de bière insipide) comme : un petit verre de blanc, une petite promenade, un petit rayon de soleil, un petit pétard, un petit coup, un – ou plusieurs – petit(s) meurtre(s) entre amis, une petite révolution, une petite guerre… Mais tout cela reste minable, on y gagne que des petites vies, non ? Alors on peut opter aussi pour des solutions qui à coup sûr font « grand bien » telles que : un grand verre de rouge, un grand voyage, un grand bain de soleil, un gros pétard, une grande claque… J’en passe. Mais je trouve qu’au bout du compte, là aussi on n’est pas complètement satisfait.

Peut-être alors que : pour se faire du bien, le mieux que l’on puisse faire c’est de ne plus s’occuper de soi-même. La solution réside donc, je crois, dans l’oubli de soi et le don de sa vie aux autres. Comment y parvenir ?

Petite recette facile à réaliser (pour une personne) :

Choisissez un 25 décembre pour venir au monde.

Passez une enfance heureuse entre un père menuisier autiste et une mère illuminée.

Réunissez quelques copains (12 de préférence) et épatez-les fréquemment : marchez sur l’eau, ressuscitez les morts, épatez, épatez, sans faire de grumeaux, c’est très important.

Faites-vous pendant quelques heures fouetter et cracher dessus abondamment, jusqu’à ce que tous vous haïssent.

Prenez ensuite trois clous (pas de la girofle), une grande croix et demandez à quelques centurions de vous y fixer.

Laissez mariner plusieurs bonnes heures, puis faites-vous empaler sur une lance et expirez sous un ciel d’orage en pardonnant au monde entier.

Après… vous devriez vous sentir beaucoup mieux.

N.B. Pour ceux qui n’ont pas de ciel d’orage (trop cher), on peut aussi remplacer par le mur d’en face et si vous êtes allergiques aux coups de fouets, vous pouvez prendre à la place quelques coups de barres de fer.

Voilà, cher François, pourquoi ta question m’embarrasse et j’espère que tu l’auras compris, moi ce qui me fait du bien dans la vie : c’est de raconter des conneries.

Jean-François Crance est publicitaire, écrivain, auteur de chansons, scénariste

François Teyssandier

NE SOUS X

Je suis né sous X. Mon géniteur présumé, un honorable savant, est un homme assez distrait. Au point de ne m’avoir même pas donné un nom. Tout chamboulé par ma venue au monde, à laquelle il ne s’attendait pas, comme s’il m’avait conçu par hasard – mais sans doute était-ce le cas – il a fêté ma naissance en poussant des cris stridents dans son laboratoire, au grand dam de ses collaborateurs. Puis il a divulgué, presque en temps réel, par l’entremise de tous les réseaux satellitaires qui existent dans le monde, ma brutale irruption dans la galaxie des nombres nouveaux.

Bien que très jeune, à peine quelques jours, je me sens déjà fort honorablement constitué. Ma précocité, évidente même aux yeux des profanes, m’enchante et me ravit. Sans doute, allez-vous trouver que je manque de modestie, mais dans le milieu parental qui est le mien, celui des sciences abstraites, ce défaut peut devenir très vite une qualité. Je n’ai donc aucune raison de rabaisser mes mérites, d’autant que je vais révolutionner de fond en comble le domaine des mathématiques. Voilà, le grand mot est lâché, et vous allez certainement comme moi vous extasier sur mes propriétés et qualités intrinsèques. Car je ne suis pas un nombre ordinaire, de ceux qu’une main plus ou moins malhabile peut tracer sur une feuille blanche ou un tableau noir. Je n’ai pas d’apparence charnelle, si j’ose dire. Pas la moindre forme qui ressemble à quoi que ce soit d’existant. Je suis un nombre totalement irrationnel, aléatoire, non quantifiable et d’essence intemporelle. Je ne peux donc m’insérer dans aucun ensemble connu, voué jusqu’à la fin des temps à une solitude irrémédiable. Mais peu me chaut ! Je n’aime pas vivre en groupe. Dépendre des autres, très peu pour moi ! Et je refuse qu’un lien, aussi ténu soit-il, me rattache à qui ou quoi que ce soit. Par chance, mon géniteur présumé a eu la délicatesse de faire en sorte que je sois un nombre unique. Je n’aurais donc pas la moindre descendance, ne pouvant me reproduire par quelque moyen que ce soit (ni par coït algébrique ni par scissiparité structurelle). Unique, vous dis-je, forcément unique ! Ma venue au monde a déclenché de nombreux cataclysmes intellectuels dans le monde très fermé des mathématiques. Mais je peux affirmer, sans forfanterie, que j’ai contribué à changer la face de l’Univers. Jusqu’alors, vous en conviendrez, il était d’une décevante simplicité dans ses rouages les plus internes, n’est-ce pas ? Et je préfère ne pas m’attarder sur ses rouages externes aussi peu complexes que ceux d’une pendule à balancier ! Mon glorieux géniteur, récompensé par un prix Nobel de mathématiques spécialement crée pour lui, est parvenu, à la suite d’un labeur intense à m’introduire au cœur même de l’Univers, comme un ver s’introduit dans une pomme pour la grignoter de l’intérieur sans que personne ne s’en aperçoive. Oui, je pense que l’image est exacte. J’ai grignoté, jour après jour, l’Univers jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une coque vide. Certains scientifiques ont affirmé que je n’étais, somme toute, qu’un virus de la pire espèce, mais ils se sont trompés du tout au tout, aveuglés par le dépit de ne pas m’avoir conçu. Je ne suis pas un virus parasitaire, de ceux qui pullulent dans tous les réseaux informatiques du globe. Allons donc, je suis d’une plus noble espèce, vous pouvez m’en croire ! Un véritable VIP dans le monde corseté des nombres. Mon géniteur a même affirmé, sur tous les continents, que j’étais LE NOMBRE, celui qui résume l’Univers tout entier et qui, en fin de compte, finira par le remplacer. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire. J’élimine, avec une détermination peu commune, les autres nombres, trop pauvres en défenses naturelles pour résister à mon pouvoir de destruction. J’ai déjà réussi à supprimer tous les nombres premiers qui ne servaient plus à rien. Je m’attaque à présent aux nombres décimaux, rationnels, réels et complexes. Du passé mathématique, faisons table rase ! D’ici quelques mois, je serai parvenu à mes fins. Rien ne résiste à ma voracité. Même la loi des grands nombres sera réduite en poussière. Une fois le travail accompli, je me retrouverai enfin seul. L’Univers m’appartiendra puisque je serai à moi seul l’Univers. Les enfants n’auront plus à apprendre les tables de multiplication, et les savants à mémoriser des théorèmes abscons. Mon génie aura soulagé les humains de tout ce qui encombrait inutilement leur esprit. D’ailleurs, je compte aussi m’attaquer aux humains. En fin de compte, ils ne servent pas à grand-chose. Sans eux, plus de tueries sanglantes ni de désastres écologiques. Alors, attendez-vous à disparaître un jour, mes amis ! Je ne vous dirai pas quand, bien sûr, mais inutile dès à présent de faire des projets d’avenir ! LE NOMBRE absolu et irrationnel que je suis va s’occuper de vous. Même si vous cherchez à vous barricader dans des abris anti-algébriques, vous n’échapperez pas à ma vengeance. Elle sera terrible, n’en doutez pas ! Car il s’agit bien de vengeance. Je vais détruire l’Univers simplement parce que je suis un nombre né sous X. Je me retourne contre mon géniteur. Il faut bien tuer le père ! Ce jour est arrivé. C’est bête comme chou, n’est-ce pas ? Surtout pour vos misérables existences, mais c’est ainsi ! Même un nombre, aussi complexe et abstrait soit-il, peut avoir ses petites joies, n’est-ce pas ?

François TEYSSANDIER est poète, écrivain

Ruth Abbagha sans profession

Un homme en rut étendu sur moi, ce serait un pléonasme. Je préfère prendre par la main Bossuet, le divin marquis, Marcel…. Pas celui qui porte des tricots de corps sous sa chemise et je leur demande de se coucher par terre, surtout sans enlever le moindre habit….

Ensuite , c’est moi qui me couche sur eux en leur demandant de se faire la guerre sans merci. Je m’enivre de leur conversation…je digresse, je régresse, la vie est délicieuse .

René Remy instituteur

Cela me ferait du bien de leur apprendre à désapprendre, de laisser passer le temps sans rien faire , cela me ferait du bien de ne pas former des idiots conformes,des courges molles comme des sous préfets qui écouteraient les chansons de Carla pour se distraire .Cela me ferait du bien de tout casser…. Sauf toi mon amour

Etienne Sandevoir  éditeur

Se faire du bien, 2 000 signes, voyons voir… :

VIE, SANTÉ, BONHEUR, FEMME, AMIS, FAMILLE, RIRE, JOIE, RESPECT, PARTAGE, (TRÈS) BONNE BOUFFE, VOYAGES, PETITS (ET GRANDS) PLAISIRS MATÉRIELS, PETITS ET GRANDS MOMENTS DE LA VIE, …

Voilà personnellement, spontanément et dans l’ordre tout ce que je vois à dire, et c’est déjà beaucoup, peut être trop ?

Un dessin ?

Si je savais dessiner, ça se saurait !

Grosses bises à tous.

Karelle B  journaliste

L’art et la manière de se faire du bien. Prendre le temps de s’offrir des grains de sable dans le désert de nos existences qui apportent chaleur et légèreté. Revivre ses souvenirs d’enfance. Humer, goûter, se délecter. Bref, se sentir vivante. Au gré des saisons, différentes saveurs, différents bonheurs. Printemps, je croque dans une demi-tomate arrosée de fleur de sel. Je flâne au marché, goûte de tout, et ne reviens qu’avec un bouquet de fleurs. Je mélange les couleurs, m’enivre de leur parfum. Les journées s’allongent. Je prends le temps de lancer aux canards le pain de la veille. L’activité est simple mais le plaisir si grand, devenant suprême au cœur des Buttes-Chaumont. L’été, aussi. Enfoncer ses pieds nus dans le sable avant qu’il ne soit brûlant, se laisser rouler du haut d’une pente aux herbes denses. La dévaler, jusqu’en bas. Se relever vert de bonheur, ivre de joie d’un plaisir enfantin trop longtemps refoulé. Eté, encore. S’accorder une sieste à l’ombre des pins. Sentir l’odeur sèche de leurs épines et les cris d’enfants au loin. A l’automne, tout se colore. La forêt s’anime et mes balades y durent des heures. Mes chiens courent dans les feuilles mortes, tourbillonnent. Je coure aussi. Ramasse des châtaignes pour le délice d’un feu de cheminée, pour le souvenir aussi. Transition de l’hiver. Un croissant plongé dans un café fumant, je savoure ces petites bouchées de pâte feuilletée fondante et caféinée. J’avance doucement dans les rues enneigées pour entendre la neige crisser sous mes bottes fourrées. Je dévalise le libraire de dizaines de magazines de décoration. Je rentre au chaud, m’enroule dans une couverture et dévore chacun d’entre eux. J’y passe des heures. Corne les pages, vole des idées. Et toute l’année je recommence. J’échappe au quotidien, je retrouve ma liberté. Surtout, ne pas s’oublier, accumuler ces petits riens et finalement bâtir des dunes.

Ali Merghache

Comment se faire du bien : Adam

Ne pas avoir de belle mère

Comment se faire du bien : Eve

Manger 5 fruits et légumes par jour

Comment se faire du bien : Dieu

Etre à la hauteur

Comment se faire du bien : le diable

Faire des trucs d’enfer

Comment se faire du bien : le croyant

Louer Dieu

Comment se faire du bien : le gourmand

Marcher sur des œufs, c’est pas du gâteau !

Comment se faire du bien : le fumeur

Un bon bol d’air

Comment se faire du bien : le névrosé

Coucher avec sa mère et tuer son père

Comment se faire du bien : le timide

S’affirmer !!!!!!!!!!!!

Comment se faire du bien : l’obsessionnel

sefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubiencommentsefairedubien

Comment se faire du bien : le malade

2 comprimés trois fois par jour

Comment se faire du bien : le narcissique

eS redrager snad el riorim

Comment se faire du bien : le mégalo

Voir les choses en grand

Comment se faire du bien : le sadomaso

Se donner du mal

Comment se faire du bien : le lacanien

Commence enfer du bien ?

Comment se faire du bien : le nihiliste

Chier sur ta question

Comment se faire du bien : le politicien

Un projet de loi est à l’étude

Comment se faire du bien : la droite

S’assumer

Comment se faire du bien : la gauche

Essayer de s’assumer

Comment se faire du bien : le pauvre

Du beurre dans les épinards

Comment se faire du bien : le riche

La cerise sur le gâteau

Comment se faire du bien : l’étranger

Etre dans ses petits papiers

Comment se faire du bien : le raciste

Rester chez soi

Comment se faire du bien : le voyeuriste

Se rincer l’œil

Comment se faire du bien : l’exhibitionniste

Ne rien cacher

Comment se faire du bien : le piéton

Faire le trottoir

Comment se faire du bien : l’automobiliste

Monter sur ses grands chevaux

Comment se faire du bien : le prisonnier

S’évader

Comment se faire du bien : le maniaque

Ne rien laisser au hasard

Comment se faire du bien : le joueur

Se dire que rien ne va plus

Comment se faire du bien : le terroriste

S’éclater

Comment se faire du bien : le soldat

Etre armé pour affronter la vie

Comment se faire du bien : le pacifiste

Garder la fleur, jeter le fusil

Comment se faire du bien : la terre entière

Faire des plans sur la comète

Ali Merghache est conteur, musicien, acteur et membre de Mardi ça fait désordre



Physique et poésie, ou comment Stephen Hawking me fait du bien

L’Univers…..enfin….celui dans lequel nous vivons….semble bien être  EN EXPANSIONS

A l’évidence, mes chers Watsons……..nous avons là une preuve concrète que le continuum

d’énergies et de conscience, que nous émettons depuis notre première division  cellulaire

dispose d’un espace….en expansion au sein de notre Univers « local ».

Ouais, bon, je concède :….un continuum jusqu’à notre passage vers un ailleurS, qui lui coupe

le réacteur et passe à ….à… à quoi ???. (étrange qu’en français « un » ailleurs soit pluriel )….

Mais, pourquoi cette expansion  » ?

Mais oui, mais c’est….bien sûr….! C’est pour que Chaque-Un(e) ayant passé l’arme à gauche

depuis la nuit des temps, puisse se loger à  l’aise dans un espace confortable, auto-adaptant,

au fur et à mesure de l’accroissement exponentiel du nombre ds ses occupants, isssus des

infinités de mondes supposés que nous considérons comme « vivants ».

Cet espace permet ainsi de socialiser avec Chaque-Un(e), issu de tous les temps.

…………Quelle autre explication……….dirait Monsieur Nespresso????……..

Le « présumé » Créateur a-t-il utilisé le même modèle fondamental pour créer tous les Univers, de

1 à 11 ou 13 dimensions et plus, issus d’une infinité évidente de big-bangs….

L’enfer serait il un Univers décélérant vers un big-crunch?

Et le paradis : tiens, tiens,…. c’est, nécessairement, un Univers en expansion, cher Watson, afin

qu’il puisse accueillir tout le monde, de tous les temps……

Mais alors, mes ZAMIS…..nous serions donc au Paradis….i.c.i. !?…

Enfin…. ne sautez pas de suite dans le champagne…..ce n’est pas absolument certain…..mais …oui !,

presqu’à coup sûr….:

Nous sommes sans doutes, dans l’antichambre formatant ce que nous émettons, afin de nous convertir

en plasma convenable et conforme aux lois de la physique et de la  relig….. euh….pensée????

Ainsi, je comprends mieux mes mécanismes naturels qui me font aimer infiniment…….euh….beaucoup

de gens…..enfin…je veux dire, …..(en toute transparence pré-plasmatique et encore charnelle et entre nous)…

..ma femme, mes enfants et petits enfants, mon Frère, ma Soeur…et vous mes Zamis…..

Cependant, compte tenu de mon manque d’amour intégral et néanmoins infini, ce qui est un menu défaut,

(mais dont je m’accuse), je me demande si, en fait, nous sommes « presque »,  mais pas tout à fait, au Paradis?

Nous serions donc, plus que très probablement, dans un vestibule purgatoirien, une espèce d’anti chambre

du Paradis, puisque nous avons la preuve que nous sommes dans cet Univers-ci et qu’il est bel et bien en

expansion.

C’est déja pas mal!….

Car, indéniablement, j’avoue…..que j’ai un peu de mal,….malgré mes efforts louables….à aimer tout le monde !

Allez….encore un p’tit effort de quelques années…..puisqu’à l’évidence nous sommes déja des préséléctionnés ..

….. et….ce sera l ‘ a c c e s s i o n   !!

Nous avons donc, déja échappé à l’enfer !!

Rassurant !?!?

Ouf !!!!

…………..

……………

Béatitude…..

Mais….et, au fait…..Où donc étions nous AVANT d’être I.C.I. ????

Plasmatiques????

Tiens, tiens!!?!?

Et si nous étions, présentement, non pas dans l’antichambre, dans cet Univers en expansion…., mais en

Salle d’Embarquement pour :

–  a) – Un autre Univers, en expansion  =  résurection ???  Mission sanitaire ou salutaire  !?

–  b) – Un Univers en contraction vers le big-crunch ???? Oulala ! L’enfer !

Rassurons nous, quand même : notre Univers est en expansion!

Encore que ?….

– c – Ah! oui…MAIS…. il ya maintenant cette expansion qui s’accélère et déchirera un jour jusqu’aux plus petits

éléments fondamentaux…

Y compris les plasma ?

Ah ! j’me fais du bien ! Champagne !!!

Sylvain Dubowski voyageur

Jean Teulé

romancier

«  C’est quoi déjà ton truc…j’ai pas eu le temps d’y penser….  Peut être quand j’aurai fini mon bouquin sur Charles IX  et la Saint Barthélemy.

Là , je suis complètement abruti. Dès qu’il y a un truc qui perturbe une journée,c’est fichu, j’arrive plus à retrouver le livre.

L’écriture,ça ne fait pas que du bien , la preuve ,aujourd’hui ….3 lignes

C’est fragile. Faut être monomaniaque. L’amour ? heureusement qu’il y a ça , c’est un privilège incroyable. Quel pied,rencontrer quelqu’un qui est comme une amie »

Charlélie Couture


Le Bonheur, c’est une conjonction, à la croisée du chemin du Vouloir et de celui du Pouvoir.

Le Bonheur est un faux-plat  au somment d’un col qu’on a choisi d’escalader.

Un mélange d’exaltation et de fatigue,

le cul dans la neige à regarder les nuages en bas dans la vallée.
Il n’y a pas de Bonheur sans effort,

Plus un défi est ambitieux, difficile à atteindre,

plus il procure une sorte de liesse qui vous fait décoller le bonheur est une montgolfière, qui transporte l’âme au gré des courants, et portée par le  dépassement de soi.

Le Bonheur c’est avoir le sentiment d’avoir franchi une étape , ou atteint un palier.

Personnel, spirituel ou matériel, il n’y a pas de Bonheur sans aboutissement, (qu’on appelle aussi « Réussite »)

Certains challenges sont à l’échelle d’une journée, d’autres sont la conséquence d’efforts constants et n’arrivent qu’après des années de recommencement.

Le bonheur pourrait se définir comme la beauté, comme un instant d’équilibre

Mais par définition l’équilibre est fragile et menace de s’effondrer à tout moment,

Parce qu’on est en mouvement,

Le Bonheur dure parfois seulement quelques instant.

En fait je crois que le Bonheur c’est juste un instant.

J’avais écris une chanson sur le sujet,

je me permets de joindre ici :

Juste un instant

Juste un instant en dehors du temps

Juste un instant

C’est l’odeur de l’herbe coupée

ou la douceur d’un parfum sucré

C’est la lumière d’un matin d’été

ou la brume dans le fond d’une vallée

refrain

C’est se balader seul le long du fleuve

Ou sur un scooter au pt’it bonheur

Aller au hasard, juste comme ça,

Sans presser le pas

Refrain

C’est un coup de téléphone qui  te remet la pêche

C’est manger des fruits dans le jardin ou boire une bière bien fraîche

C’est un murmure à l’oreille assis à une terrasse

Ou ce regard amoureux croisé dans une glace

Un baiser sous ton ventre, quand on voudrait que ça dure

Que cet instant doux dure toujours

Mais c’est juste un instant

Refrain

En dehors des guerres, en dehors des souffrances

En dehors des trucs noirs, qui vous soûlent à outrance

En dehors des salauds et de tous les pourris

En dehors de toutes ces merdes

C’est juste un instant de paradis

Juste un instant en dehors du temps

Au paradis sur terre.

Charlélie Couture est chanteur,compositeur, peintre. Il vit à New York

Fatoumata Diallo

Se faire du bien c’est DONNER

Donner de l’amour, cela rend heureux

Etre heureux, ça fait du bien!

Pour son corps et son esprit.

Donner en faisant preuve de générosité

Quand on est généreux, on rend heureux une personne

Et quel plaisir de la voir heureuse!

Ca fait du bien!

Donner de son temps pour aider

Ecouter, conseiller, orienter,

Un frère, une soeur, un ami

Cela va mieux! On est content!

On a parler, il est heureux, je suis heureuse!

Ca fait du bien!

Fatoumata Diallo est membre de l’équipe de Reporters Citoyens et de Mardi ça fait désordre

Hélène Tremblay


Tais-toi peanut !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je vais me faire du bien, je vais prendre une pause et aller marcher le chien du voisin dans les bois et sous la pluie. Je vais en profiter pour sentir, regarder et faire le silence intérieur.
J’ai trouvé un truc pour me faire du bien. Cette partie du cerveau qui ne cesse de discuter: la commère ou autre nom que l’on donne à cette voix qui est capable de nous détruire. Et bien j’ai trouvé un truc pour la faire taire.
Cet endroit dans le cerveau ais-je appris n’est pas plus gros qu’une «peanut» (arachide). Alors quand soudain j’entends la commère je lui dis: «tais-toi peanu!t». Alors comme un chien bien dressé, elle écoute et se tait. C’est immédiat. Au début je devais lui dire 20 fois lors d’une marche. Maintenant, souvent je la cherche. Se peut-il qu’elle soit disparue?
Le silence intérieur est ce que je préfère pratiquer pour me faire du bien. Et une pensée pour vous. Cela aussi fait beaucoup de bien. Aimer c’est un autre truc qui marche bien!

Hélène Tremblay a été ethnologue, productrice publicitaire. Depuis 1981, elle fait le tour du monde afin de permettre à l’humanité, à travers une  famille sélectionnée dans chaque pays, de mieux comprendre comment vivent les autres .Quand elle ne voyage pas ( plus de 100 pays visités) elle vit au Québec.  » Familles du monde » est l’association qu’elle a créé pour soutenir son projet.

Nathalie Litvine

Comment se faire du bien ?

« regarder les autres, voir en eux les petits miroirs magiques qu’ils sont et garder précieusement toutes les petites photos qu’ils produisent »

« chercher le cadeau de chaque situation, toujours il y en a un »

« anticiper, certes, peut-être, mais suivre surtout les vents de son âme : ce dont on a envie est toujours tellement meilleur, tellement enthousiasmant, tellement revigorant … au moment T  »

Nathalie Litvine est directrice de communication et du développement de l’agence Cinquième gauche

Deleuzite aiguë par Alain Jugnon


– Aux roms autrement dit les hommes –

pour se faire du bien,

d’abord,

il faut se désembrayer de ce qui fait mal

au trou

à dire avec la voix d’Antonin Artaud en 1947

(insister sur ce qui coince et couine)  :

« Réprimer le désir, non seulement pour les autres, mais en soi-même, être le flic des autres et de soi-même, voilà ce qui fait bander, et ce n’est pas de l’idéologie, c’est de l’économie.

Le capitalisme recueille et possède la puissance du but et de l’intérêt, mais il éprouve un amour désintéressé pour la puissance absurde et non possédée de la machine.

Oh, certes, ce n’est pas pour lui ni pour ses enfants que le capitaliste travaille, mais pour l’immortalité du système. Violence sans but, joie, pure joie de se sentir un rouage de la machine, traversé par les flux, coupé par les schizes.

Se mettre dans la position où l’on est ainsi traversé, coupé, enculé par le socius, chercher la bonne place où, d’après les buts et les intérêts qui nous sont assignés, l’on sent passer quelque chose qui n’a ni intérêt ni but. Une sorte d’art pour l’art dans la libido, un goût du travail bien fait, chacun à sa place, le banquier, le flic, le soldat, le technocrate, le bureaucrate, et pourquoi pas l’ouvrier, le syndicaliste.

Le désir bée »

le désir bée bée bée

laisse le passer passer passer

Alain Jugnon est professeur de philosophie,écrivain ,directeur de la revue Contre-attaques ( Al Dante )

Claire Zen

Quand je veux me faire du bien, je pars. J’achète un ticket de métro pour Bastille ou Goncourt, un billet de train pour Marseille ou Cherbourg, et je pars pour le seul plaisir du départ, pour la pulsation, pour le regard, pour la ncontre, pour me trouver, pour marcher, pour me déposséder, pour traverser, pour la méditation et surtout pour perdre mon temps. Perdre dans cette société de gagnants, c’est mon kif, ma résistance à moi, ma toilette des yeux et du cœur. Avez-vous remarqué tous ces gens qui s’agitent avec des mines graves et affairées? Ils m’assomment. Toujours quelque chose à faire, toujours la course… Or plus on court, plus le temps s’amenuise. Eh ! Secouez-vous ! Lorsqu’ on sait prendre son temps, tout vous est offert.

Je pars, je n’ai jamais rien vu, rien senti, je respire pour la première fois. Je prends un bateau mouche au milieu d’un essaim de japonais pour entendre la sonorité de la langue ; je grimpe les 1665 marches  de la Tour Eiffel pour la seule joie d’être essoufflée ; j’écoute du jazz en plein air, je regarde les gens, tiens, cette silhouette tumultueuse qui se détache de la foule compacte, que peut-elle bien faire dans la vie ? Et ce couple à l’air sévère, lui, chapeau mou, elle chignon bas ? Je leur invente sur le champ un destin, notaire, médecin, non, croque-mort, tiens ! Je troque mon regard de parisienne contre mon regard d’enfant, de touriste, dans cette ville où je vis depuis plus de trente ans. Ou alors je m’assoie au bord de la mer, j’apprécie la beauté d’une vague qui ne reviendra jamais plus, je grimpe l’un des petits sentiers de l’île se Sercq en mangeant des framboises, j’entends battre mon cœur et celui de tous les autres, je me dis alors que la vie ne passe pas sans moi, tout cela dans l’ordre, le désordre, je m’en fous, je parle à des inconnus, tends la main à des clochards, rentre dans des librairies et des bars, j’ouvre des pages, j’hume des livres, et je regarde. Et j’écoute. A l’Olympic, deux types discutent du temps qu’il fait devant leur demi de bière : exceptionnellement beau pour la saison, grand soleil sur Brest, et l’un d’eux dit, pour conclure : Bah ! Le réchauffement de la planète, faut bien que ça profite à quelqu’un ! Pour me faire du bien, je prends aux mots les poètes. Je m’étonne. Je m’enchante. Je pratique « l’ouverture de l’être » cher à Alain Jouffroy, je me dépossède de mon CV et du fric de mon portefeuille et je rythme ma marche avec les auteurs que j’aime, par exemple celui-ci, qui touche à la perfection, écrit vers l’an 700 par un moine japonais du nom de Manzei :

« A quoi comparer
Notre vie en ce bas monde?
A la barque partie
De bon matin
Et qui ne laisse pas de sillage. »

Claire Zen est journaliste, réalisatrice, elle anime aussi des stages en presse écrite et en télé ainsi que des ateliers d’écriture créative, notamment au Centre de de Formation et de Perfectionnement des Journalistes à Paris, et à France université. Elle aime: la littérature, le jazz, la nage en eau vive et la poésie.

Michel Dréano

Mineur troubadour (Chanson d’amour)

…Je m’en allais les poings dans mes poches recousues

Vers les grandes cités et les cantons perdus

Chanter les partageux du feu des cheminées

Quand il gèle à pierre fendre aux vitres des troquets

J’ai voulu me noyer dans le vin de l’oubli

Plonger dans le canal de la mélancolie

Une belle éclusière au chemin de halage

M’a sauvé de l’enfer et redonné courage…

Dans le ciel de faïence de ses yeux bleus immenses

Là je me suis senti heureux comme Dieu en France

Alors j’ai pris la plume pour la remercier

Mais mon inspiration venait de s’envoler…

…J’aurais voulu t’écrire une chanson d’amour

Aller au charbon comme un mineur troubadour

Un baladin qui gratte aux gangues des ratures

L’or pur enfoui au plus profond des grottes obscures

Puis gravir le décor du bon pas des poètes

Prendre de l’altitude comme le gypaète

Respirer les sapins, encore boire au torrent

Avec la tramontane m’envoler loin devant…

M’en aller vers les Hauts vers les schistes et les grès

Survoler les troupeaux transhumant à l’adret

Toucher le granit rose et sa peau de salpêtre

Et graver ton prénom sur l’écorce d’un hêtre…

J’aurais voulu t’écrire une chanson d’amour

Aller au charbon comme un mineur troubadour

Michel Dréano est professeur, poète, slameur

et membre de Mardi ça fait désordre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Site web