de Maryse Vannier,François Bernheim ,Céline Vuillet, Catherine Malaval, Fabrice Midal, Michèle Fontaine, Jérôme Saglier, Minteh N’Fanteh,  Belinda Cannone, Nicolas Roméas, Daniel Kupferstein,Tata Milouda, Janine Bharucha, Nathalie Krafft

Voir plus bas les autres contributions ( comment se faire du bien ( 1 )

Ian Bintner

Se faire du bien, par écrit ou par dessin.

On commence déjà par ne pas faire trop de mal aux autres : à la corbeille donc, cette tentative de dessiner le bien, attaquée avec l’indéfectible optimisme d’un lotophile, mais qui se finit (t’appelles ça fini ?) avec le relief urticant d’un apprenti-Pollock. Ça risquerait de barbouiller le mur de notre bien joli désordre. Même la corbeille semble avoir du mal à digérer un bien si mauvais.

Se faire du bien. C’est quoi ce truc ? Il y a une application pour ça ? Quelqu’un a-t-il vérifié s’il y a bien l’estampille « Bon Français » cousue dessus ? Est-ce vraiment licite dans un pays où l’interdit semble gagner la manche, dans un monde dont on aplatit sans cesse les rondeurs au point de se demander si sa prochaine rotation ne sera pas un retournement ?

La réflexion part de sous la ceinture. De très en dessous même. On ne peut pas faire plus bas. Du gros orteil du pied gauche. Celui qui, en catimini, joue et rejoue du robinet d’eau chaude, alors qu’on ferait MIEUX de se sortir de cette baignoire. Pensée bien judéo-chrétienno-culpabilisante (merci Papa, merci Maman). Rien que pour tenter de le noyer le Jiminy Cricket, vas-y le gros orteil, réchauffe nous de quelques décilitres !

Oui mais… Quel est donc ce MIEUX aux côtés duquel le bien de rester dans son bain parait tout à coup minable et qui pousse inexorablement mon bras vers la serviette ? Le monde dehors a-t-il tant besoin de moi, l’action est-elle à ce point indispensable ? Bien sur que non. C’est l’inverse. Le Mieux, plus fort que le bien, plus fort que le bain, c’est vous, c’est l’autre. C’est le partage.

Et avec un grand A, c’est encore mieux que mieux, bien mieux.

A mardi,

Ian Bintner Business’Rom

Micheline Mattar Nouneh

« comment se faire du bien, bêtement , intelligement ,sans faire mal ,intensément ,avec délicatesse ,poésie ,tartufferie ? »

Jean Paul Berthet

Comment se faire du bien.

S’attacher aux petits gestes quotidiens pour bien commencer la journée :

Se regarder dans la glace le matin au lever, les yeux encore embrumés et le cheveu décoiffé, et se dire bonjour ;

Se glisser sous la douche –attention ! C’est froid !- et se laisser masser par le jet d’eau brûlante ;

Faire glisser sue sa peau le savon mousseux au parfum fleuri et ensuite, une fois rincé, se frictionner avec la grande serviette épaisse qui sent bon l’adoucissant ;

Tiens ! L’estomac gargouille: lui aussi est réveillé.

Se rendre à la cuisine pour mettre la bouilloire électrique en marche jusqu’à entendre son chant aigu ;

Ebouillanter la théière et y déposer deux pincées de thé de Ceylan récolté là-haut, dans les champs d’altitude, près de Candi ;

Faire griller des tranches de pain et attendre l’odeur de brûlé pour les retirer en essayant de ne pas se brûler le bout des doigts ;

Y déposer une noix de beurre et de la confiture que ma mère continue à me donner en grande quantité : nèfles, brugnons, abricots, rhubarbes, figues ;

Penser à elle et sourire ;

S’asseoir à table à côté de ma femme et la trouver belle dans son peignoir, les cheveux encore humides ;

L’observer amoureusement sans qu’elle s’en rende compte et être bouleversé par son visage doux et calme ;

S’étonner de ne pas s’en lasser : 25 ans déjà !;

Sans réfléchir, se pencher vers sa bouche pour y recueillir son souffle tiède et odorant ;

Ressourcer mon âme dans son regard surpris et écouter mon cœur battre plus fort :

Voilà ma recette pour me sentir bien, plus fort, heureux, prêt pour une nouvelle journée à 200 à l’heure.

Jean Pierre Berthet atelier d’écriture de Claire Erzen – CFPJ

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Maryse Vannier

BIENVENUE

NAISSANCE : l’air s’engouffre dans les poumons, déplie les fines alvéoles, viole la soie fragile, pousse brutalement les côtes vers l’avant, étire les muscles du thorax jusqu’à leur point de rupture. Brûlure soudaine dans un crépitement de papier froissé. Le cri de douleur.

Toute la vie pour oublier cet instant fulgurant et retrouver le bien-être  feutré du bercement aquatique. Se faire du bien.

La BOUCHE d’abord : la douce caresse de la pointe du sein maternel, la succion de la langue et des lèvres, la première goutte épaisse de lait tiède, la sensation nouvelle d’un goût inconnu dans la bouche, la contraction du palais et de la gorge pour avaler, l’angoisse de l’étouffement avant la disparition mystérieuse du liquide dans l’intérieur de ce corps inexploré.

Toute la vie pour exploiter cette découverte. Se remplir, manger, boire, mâcher, mordre à pleines dents, broyer, déchiqueter, goûter, déguster. Sucré, salé, acide, amer, art culinaire, vins, alcools, gastronomie. Devenir un gourmet.

La PEAU : Toucher, triturer le sein maternel, serrer le doigt tendu dans le petit poing fermé, étendre les orteils sous la caresse de la plante du pied. Dans l’eau du bain, retrouver la sensation de la vie aquatique, le flottement et la tiédeur, l’angoisse d’un retour en arrière vers la rupture douloureuse. La caresse de la main maternelle sur la peau, le massage, la douceur des crèmes et des huiles.

Toute la vie pour découvrir la géographie de sa peau et de celle de l’autre.

L’OREILLE : endormie au début. Bruits assourdis dans du coton. Criez, hurlez, laissez tomber vos objets, je dors, insensible au monde sonore. Peu à peu, la voix tout contre mon cou, la berceuse murmurée, les mots d’amour, sucrés et veloutés.

Toute la vie pour entendre les mots chuchotés à l’oreille, les sons de la musique. Chanter, effleurer les touches du piano, souffler dans l’anche de l’instrument à vent, pincer les cordes de la guitare, faire résonner la peau tendue du tambour. Accorder sa musique et son rythme à ceux des musiciens de l’orchestre. Accorder son corps à son oreille : danser.

Les YEUX captent d’abord les images à l’envers. Il faut toucher pour comprendre ce qu’ils voient et apprendre à redresser les apparences.

Toute la vie pour s’éblouir dans le dernier rayon du soleil plongeant dans la mer d’Iroise, pour caresser du regard la surface moelleuse de la neige, pour apprécier la plasticité des dunes rousses du désert, pour plonger dans l’iris de l’autre et y découvrir la flamme de l’amitié qu’il vous porte.

Il faut longtemps au NEZ pour percevoir les odeurs et les reconnaître. Le parfum de maman, l’odeur cendrée de la cigarette, la bouffée des pots d’échappement quand je suis dans mon landau.

Toute la vie pour reconnaître le parfum suave de la vanille, celui plus subtil des roses, celui, entêtant, du lys et du tiaré. Plus tard, l’odeur humide du sous-bois, le parfum melliflu de l’acacia, celui des épices, piquant, poivré, sucré, caramélisé. Pour le nez du vin, il faut du temps, de l’expérience, de la comparaison.

Et le cerveau ? Ah, celui-là, il faut tout lui apprendre ! Pour lui faire du bien, pas de retraite, faites-le fonctionner. Plus il travaille et plus il devient intelligent. Il vous rendra au centuple vos efforts tout au long de la vie.

Se faire du bien : il faut apprendre, il faut s’entraîner, persévérer et ça en vaut la peine !

Maryse Vannier enseignante et  écrivain. Dernier ouvrage,   » manipulations  » des nouvelles parues aux Editions de Janus.

François Bernheim

1ère tentation très vite refoulée …

Administrer une fessée déculottée à tous les parents, qui sous des prétextes divers et bien pensant, enseignent la haine de soi à leurs rejetons. Sans doute sont-ils trop nombreux, sans doute n’avons-nous pas assez de mains et surtout à quoi bon  ? Inutile de perpétuer le grand maso-show.

Réflexion faite, créons plutôt une école où l’on apprendrait à se caresser, à se toucher dans un esprit  en affinité avec les propos de Janine Bharucha. ( voir son texte sur le blog )

C’est nul de vouloir se faire du bien

Dont acte. Si on interroge Internet la réponse se trouve systématiquement en dessous de la ceinture. Mais dans le refus de se faire du bien

Il y a autre chose qui mérite d’être identifié :

–           L’oppression et la misère sont trop fortes pour qu’il soit décemment possible de penser à autre chose.

–           Et puis se faire du bien  fait partie des petits plaisirs hédonistes et égoïstes d’une minorité de privilégiés….

–           C’est donc sans intérêt.

Il est vrai que l’on vit une époque assez noire. L’angoisse et la douleur sont telles que la tentation est  grande de vouloir débrancher le cordon qui nous relie à la planète. Ce n’est pas de se faire du bien que nous proposent les marchands du temple mais une gigantesque anesthésie, comme si l’absence de douleur pouvait constituer le nec plus ultra d’une existence inexistante. Nous sommes des être de mélange ; la douleur et la joie dansent collées l’une à l’autre  à l’intérieur de nos âmes et de nos corps. Tuer l’une c’est assassiner l’autre. Avant  le formol, on nous propose chloroforme, tranquillisants d’un côté et de l’autre haine de l’autre et panique sociale. Est-ce même raisonnable d’être solidaires pour pleurer ou ne pas exister ? Comment serait-il possible de se faire vraiment du bien sans en faire aux autres. Sauf pour les cons,  qui pensent que  seul leur discours est légitime parce que c’est le leur, il n’y a pas de différence entre moi et l’autre.

Cela fait aussi du bien de hurler.

Il y a trop de possibilités de se faire du bien

Il y a tellement de possibilités que cela en devient difficile de choisir : j’aime d’amour, j’aime la liberté, mes filles, mes amis ,les individus à fortes personnalité, la justice la musique, la poésie, rire, défendre des causes justes, le chocolat, le vin, les fromages, les massages, les surprises….etc,etc

Faut –il introduire une hiérarchie à l’intérieur de tout cela. Par exemple 4 parts d’un excellent fondant au chocolat pourraient-elles remplacer une parole d’amour ?

Non. Alors comment faire ? Peut être essayer de lâcher prise, d’écouter la vie et surtout de ne jamais compenser. Je dis oui au fondant au chocolat à l’amour et l’un ne remplacera pas l’autre. je dis non à ce qui me révolte et je suis heureux de partager mes choix avec mes amis connus ou inconnus. A l’intérieur de chacun de nous il y a une multiplicité d’individus possibles. Pourquoi les tuer ? parce que gérer les étrangers même de l’intérieur est difficile ?  parce que le débat peut être violent ?

Tant mieux. Les émotions fortes ne sont pas des gadgets et puis nous sommes en mouvement , soyons dépassés, dépassons nous dans un grand éclat de rire.

Merci pour la belle aventure

Mardi ça fait désordre exprime une volonté de dire, de faire, de danser, de penser et de rêver en partageant .Tous ceux qui se sont donné le mal de s’exprimer sur notre blog, dans l’idée de se faire,de nous faire du bien ont droit à notre gratitude. Ce grand texte collectif  dit que beaucoup d’individus connus ou inconnus ont quelque chose à dire et à partager. Pas seulement des idées mais aussi des sentiments, des émotions.

C’est  tout simplement formidable et émouvant. On pourrait presque croire que nous allons devenir des êtres humains

François Bernheim consultant, ordonnateur du désordre

Céline Vuillet

Le bonheur,

Vaste sujet !

Sympa de la part de François de nous faire retomber en jeunesse, retour à la case philo.

Une chose est sûre, à 60 an et des poussières, la notion de bonheur n’est pas la même qu’à 18 ans.

Aujourd’hui, je sais que LE BONHEUR n’existe pas, trop d’emmerdes, trop de nuits blanches sont passées par là. Ce qui n’empêche pas l’éclosion de plein de petits bonheurs. Petits ? Non, disons plutôt furtifs, mais intenses. Pour moi, le bonheur, ce n’est pas la sérénité devant le plus beau des couchés de soleil. Le bonheur naît de l’action. Souvent de toutes petites actions. Prenons, ce matin, une mamie qui fait la queue au supermarché, avec un pot de confiture à la main, derrière une jeune femme au caddie rempli pour nourrir une colonie. Le bonheur, c’est le sourire de la mamie qui n’aurait pas osé, toute seule, quand je suggère à la jeune femme de la laisser passer. Finalement, le bonheur, c’est souvent le fruit d’une B.A. Ou d’une action menée à bien, quand personne n’y croit. Quand j’ai organisé avec succès un festival sur le cinéma et le journalisme, à Bordeaux en 1995, J’ai eu de vrais moments de bonheur. Le bonheur, c’est quand le « Yes, we can » se réalise. Même s’il s’agit d’aider une mouche à sortir du bol de lait ! Alors, bonheur et fierté, même combat ? Il y a un peu de ça aussi. Cocardière, je verse une larme quand la Marseillaise retentit après la victoire d’un sportif français. Bonheur par procuration, certes, mais très fort. Le bonheur, c’est aussi voir les autres heureux, sans ressentir de jalousie. Cela fait un bien fou, encore plus si on y est pour quelque chose, ce qui est rare. Finalement, le bonheur, c’est un fruit de la sagesse qu’on se fabrique soi-même, à ne surtout pas attendre des autres ! Mais impossible sans les autres, ce sont les vecteurs. Pas seulement ceux qu’on aime, mais aussi ceux qui savent créer l’occasion, à nous de la saisir. Les bonheurs du quotidien demandent de l’attention, je ne suis pas sûre que l’égoïsme y conduise. Encore que … ? Pour certains, se fermer au malheur des autres est peut-être une façon d’accéder au bonheur, mais quelle tristesse !

Céline Vuillet est journaliste à Bordeaux,auteur du Joker, une biographie d’Alain Juppé éditions du Seuil

Catherine Malaval

En moins de 2000 signes ? 2000 signes, du bien, comme ce faire ? Faire-part. Partager. Génération. Scions du bois. Oisiveté. Tête en l’air. L’air du temps. Temps perdu. Dubitatif.  If I were. Ere nouvelle. Vélocité. Thé. Taie d’oreiller. Eveiller. Yéyé. Yellow submarine. In the mood for love. Ovation. Onirique. Hic et nunc. Uncle Boomee.  Miam-Miam. Amitié. Tiercé. Sésame ouvre toi. Atlas. As de cœur. Heureux qui comme Ulysse. Istanbul. Bulles de savon. On s’est connu, on s’est reconnu. Nuit.  Iles grecques. Eclectique. Tic toc. Tocade.  A deux c’est plus facile. Lilicub voyage en Italie. Lire. Irrésistible. Bleu tyrien. Rien du tout. Touriste à Paris. Paris stupides. Idées futures. Turbo. Bob Dylan. Années qui passent. Passe passera la dernière restera. Radio. Eau de fleurs. Fleurs des champs. Champagne rosé.  Ecrire. Rire. Relire Maupassant.  Sans souci. Si et si et si. Cigale ou fourmi. Mi-figue mi-raisin. Un pour tous, tous pour un. Internautes. Nautilus. Lussi in the sky. Caipirinha. Ah? Avoir un bon copain voilà ce qu’il y a de meilleur au monde. Deux temps trois mouvements.  Manger bouger. Géographie. Fiesta. A quand ? Campanella. La vie est belle. Bellaciao. Tchao Pantin. Un café, l’addition. On avance, on avance, c’est une évidence on n’a pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens? Sens critique. Ticket gagnant. En 2010, comment se faire du bien ? Du bien, ça fait désordre ?  Dream. Rime en a, rime en e, rime en i. Idée cadeau. Do, or do not, there is no try!

Catherine Malaval est historienne, essayiste co-auteur avec R. Zarader de la bêtise économique.

www.labetiseeconomique.wordpress.com

Fabrice Midal

Comment se faire du bien

Se poser sur la terre, se redresser, toucher le ciel.

Alors on touche un état d’être, bon, bien — sans histoire.

Tel est le sens véritable de la méditation. Le terme désigne pourtant aujourd’hui, en Occident, une chose et son contraire. Le plus souvent un édulcorant pour être cool et relax.

Mais au fond dès que l’on veut se faire du bien, cela ne marche pas.

On prépare un bon repas, un rendez-vous qui à l’air idéal, des vacances géniales — et les grains de sables arrivent, voire des

catastrophes. Ou simplement, nous ne ressentons pas ce que nous devrions éprouver. Un sentiment de lassitude, de

solitude nous étreint sans raison… On essaie de faire semblant que non pour garder notre rêve. Cela rend les choses encore pire.

On cherche le plaisir, mais cela nous appauvrit douloureusement.

C’est tout à fait désespéré.

Il faut mieux arrêter.

Voilà — comment se faire du bien !

Fabrice Midal docteur en philosophie,essayiste enseigne la méditation

http://www.prajna-philia.com/

Michèle Fontaine

Claire, notre animatrice d’atelier à l’Académie d’écriture du CFPJ, nous a proposé de répondre à la question :    => Comment se faire du bien ?

Voici ma contribution :

En vivant…

Certains jours je m’emmènerais

comme on prend un enfant par la main

et je serais dans les choses douces.

Certains jours j’irais au bord de la mer attendre

que mes larmes cessent d’en être l’eau.

D’autres jours je m’enfoncerais dans d’infinies lectures

et d’autres jours encore je me laisserais cueillir

par la grâce d’une aquarelle ou d’une écriture.

Tous les autres jours je me confierais

à la joie de la marche ou au jeu de la danse.

Et, j’aimerais.

Mon homme, mes enfants,

mes amis, ma famille.

Chaque jour.

Michèle Fontaine – apprentie écrivain

Minteh N’ Fanteh

Comment se faire du bien ?

Une question si commune à nous tous. Mais elle revêt un caractère personnel propre à chacun.   Tout  est une question d’éthique.

Je me fais du bien en déconnectant de ce monde qui m’entoure. A l’assaut de la nature, du vide et du silence.

Tu te fais du bien en te défonçant au sport. Pour être bien crevé, et  être sure de passer une bonne nuit.

Elle se fait du bien en mangeant des raisins juteux et goûteux, à cette période de l’année. Une bonne diète pour faire le plein d’énergie avant l’hiver.

Nous nous faisons du bien en passant une bonne soirée entre amis.

Vous vous faites du bien en vous moquant des gens qui passent dans la rue.

Ils se font du bien en ce remémorant ces souvenirs d’enfance à tout jamais gravés dans leurs mémoires.

A toutes ces choses banales, certains se font du bien, hélas, en dépit du mal des autres… C’est bien dommage, mais il ne faut pas le négliger.

Une chose est sure, moi je me fais du bien chaque jour en posant des mots sur ce qui m’entoure. Toujours dans le but de partager mes lignes qui portent une histoire, et n’attendent qu’une seule chose que des yeux les transpercent. Et oui, je me fais du bien avec vous cher lecteur, cher ami.

Minteh N’ Fanteh membre de reporter citoyen et de Mardi ça fait désordre

Jérôme Saglier

Se faire du bien est une philosophie de vie. C’est  aussi un acte volontaire.

Voilà pourquoi après un peu plus de 20 ans en tant que salarié j’ai fait bouger les choses en créant ma petite entreprise.  Non pas pour figurer en tête du top ten des patrons les mieux payés de France mais pour créer animer et être en phase avec les valeurs que je défends. J’ai préféré la liberté du loup à la servitude du chien dans « le Loup et le chien » de Jean de La Fontaine même si l’écuelle est nettement moins bien remplie.

« Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.  »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. »

Et cela me fait beaucoup de bien et dure depuis maintenant plus de 3 ans.

Jérôme Saglier fondateur d’Appétits & Associés entreprise de services à la personne


Belinda Cannone

Deux bonnes leçons pour le corps-esprit

Une des meilleures façons de se faire du bien ? Penser à son corps, penser que son corps est un corps-esprit (c’est-à-dire un corps indissociablement mêlé à un esprit), penser que posséder un corps-esprit est une chose merveilleuse et penser à l’entretenir dans sa nature même. Par exemple ? Par exemple en dansant le tango (aussi en faisant l’amour mais cela, tout le monde le sait).

Qu’apprend le corps-esprit d’une femme dans le tango ? D’abord  à déjouer une habitude très installée : celle d’anticiper. Notre esprit, parce qu’il est intelligent, qu’il veut gagner du temps, se tient en alerte et passe son temps à anticiper, c’est-à-dire à prévoir ce qui va suivre et à en amorcer le mouvement (on comprend que tout ce que je dis est valable à la fois pour le corps, pour l’esprit, et pour le corps-esprit). Dans cette danse, il faut à chaque instant (à chaque instant, vraiment) savoir qu’on ne sait pas ce qui va suivre, quel mouvement, quelle volte, quelle direction seront demandés, ce qui exige d’être parfaitement stable à chaque pas (être à la fois stable et en mouvement – pas facile, je vous assure), pour pouvoir repartir au suivant dans n’importe quelle direction (n’importe laquelle, vraiment), et être en état de grande vigilance – en somme, assumer la surprise sans cesse renouvelée.

D’où la deuxième grande exigence du tango : être entièrement à l’écoute des indications minuscules du partenaire (un geste d’épaule, une pression du bras, des choses plus imperceptibles encore) pour y répondre. Ici est la merveille, dans cette attention à l’autre, dans cette communication des corps-esprits dont seule l’étreinte amoureuse offre un équivalent.

Disponibilité corporelle et attention extrême doivent donc devenir naturelles pour qu’on éprouve la joie intense de danser. Alors, seulement, parvient-on à danser « avec sentiment » : événement délicieux pour le corps-esprit.

Belinda Cannone est romancière,essayiste. Dernier livre paru : La Tentation de Pénélope chez Stock

Nicolas Roméas

«  Comment se faire du bien ? »

Je ne suis pas d’accord avec cette formulation . Elle n’a pas d’intérêt. La vraie question qui se pose est de retrouver  du sens

Ce qui nous ferait le plus de bien ,c’est collectivement de ,créer des choses différentes, c’est un combat.

C’est une expression valise du côté hédoniste  de la consommation laxiste.

J’entends, comment se faire plaisir ?  Moi je fais partie de la secte des masos . Ce qui m’intéresse ,c’est l’émotion qui se rapporte à la joie, au dépassement du plaisir personnel et qui intègre une dimension spirituelle ,donc collective.

Nicolas Roméas est directeur de la rédaction de revue Cassandre Hors champ vendue dans les bonnes librairies et mieux par abonnement . Cassandre ne cesse d’interroger le fait culturel dans ses dimensions populaire éthique et spirituelle. Ceux pour qui la culture est l’essence même de l’homme doivent s’abonner sans tarder. Cassandre Hors Champ est une véritable tête chercheuse. Le numéro de printemps sur  « l’autre sans qui je meurs » était essentiel et les articles consacrés aux Rroms stupéfiants d’intelligence . Le numéro d’été titrait sur l’art en procès. Le 15 Octobre sort le prochain numéro.  Il fait état des réseaux de résistance en Europe, des pratiques liberticides des états. Comment cela se passe à l’étranger, notamment en Italie.

Le 28  Juin 2011, Cassandre et le magazine vivant Mardi ça fait désordre concevront  un numéro  en commun consacré à la puissance  de l’imaginaire et aux dangers qui le guette.

Daniel Kupferstein

.

Arte devait diffuser le 31 août dernier un documentaire choc montrant les propos ultra-machistes et ultra-violents tenus à l’égard des femmes par des jeunes de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, là où avait été brûlée vive en 2002 Sohane Benziane, 17 ans. Mais Arte décide de déprogrammer le film à quelques minutes de son passage à l’antenne. Motif officiel : une « fixeuse » aurait fait part à la production puis à la chaîne de menaces pesant sur sa personne en cas de diffusion. Nous avons interviewé ladite « fixeuse », Nabila Laïb, en fait embauchée par Doc en Stock, la société de production de Daniel Leconte, en tant que journaliste sur ce film. Et c’est peu dire que sa version des faits diffère de celle du producteur et de la chaîne…

Extraits interview de Nabila Laïb

« Au mois de février, Doc en Stock m’a contactée pour me proposer de faire un reportage qui partirait de Sohane, sur la violence faite aux femmes dans les cités. Estimant que ce débat est obsolète et stérile, je refuse. Finalement, j’accepte d’être co-auteure avec Cathy Sanchez, en étant associée entièrement, de la réalisation au montage, et sur l’angle des rapports entre les filles et les garçons dans les cités.

J’ai fait toute l’enquête pour Cathy Sanchez, qui n’était là que pour le tournage. Elle, elle avait déjà un script, avec des personnages qu’elle avait déjà écrit ! Mais ces personnages n’existent pas. Donc, elle les a fait coller au maximum avec son film.

Dans le reportage, tous les personnages sont consentants, sauf un jeune homme qui est filmé à son insu et qui vient pour casser la caméra. C’est moi qui l’arrête, et il me dit : « OK, pas de souci. »  Mais je ne suis pas au courant que la scène a été tournée, on ne me le dit pas. Ils le floutent à peine – son visage est reconnaissable par tous ses amis – et ils le mettent dans les 5 premières minutes du film ! Ils ont rien à foutre de ce que je peux encourir, par rapport à ma crédibilité, à ma sécurité personnelle.

C’est une instrumentalisation. On a tourné avec une quarantaine de personnes, il n’y a que les discours un peu tendancieux, sortis de leur contexte, qui apparaissent. C’est hyper caricatural. »

Daniel Leconte, le producteur, a refusé de répondre à nos questions, tout comme la réalisatrice, Cathy Sanchez. Pour sa part, Arte maintient peu ou prou sa version des faits, que nous vous avions livrée la semaine dernière. Son directeur de la programmation, Emmanuel Suard, nous a même confié que le documentaire sera reprogrammé le 29 septembre, moyennant quelques « dispositions juridiques » (en fait le floutage de certains intervenants, et quelques coupes, notamment de propos estimés diffamatoires à l’encontre de Fadela Amara). « Maintenant, il n’y a qu’un juge qui pourra empêcher la diffusion de La Cité du mâle », lance Emmanuel Suard. Nabila Laïb s’y emploie…

Arte : la « fixeuse » dément les « menaces »

lefigaro.fr
06/09/2010 |

La polémique s’amplifie autour de la Cité du mâle, le documentaire sur les rapports hommes/femmes qu’Arte a déprogrammé in extremis mardi dernier. Officiellement la société de production a expliqué avoir été contactée par la «fixeuse» du documentaire. Cette personne qui défriche le terrain avant et pendant le reportage, qui peut aider par exemple à trouver des témoins (ndlr) craignait être victime de représailles s’il était diffusé en l’état. Une version des faits que dément l’intéressée, qui a demandé au figaro.fr un droit de réponse. «Il y a eu zéro menace mais un désaccord éditorial», assure Nabila Laïb. La Cité du mâle est un reportage instrumentalisé et bidonné», dénonce la journaliste, qui collabore notamment à TF1 et au Point.

«Après un premier contact infructueux en février, Doc en stock m’a proposé en mars de travailler sur un autre angle : les rapports hommes-femmes. J’ai accepté», déclare Nabila Laïb. Pendant deux mois, la journaliste rassemble des témoins pour Cathy Sanchez. «Elle a choisi parmi les témoins ceux qui collait à l’histoire qu’elle avait écrite au préalable», assure Nabila Laïb.

«C’était de très longues interviews pour des jeunes qui ne sont pas rôdés aux journalistes. Elle voulait leur faire dire des choses. Elle voulait un jeune qui frappe les filles alors elle lui a posé des questions provocantes comme ‘que se passerait-il si tu trouvais ta copine au lit avec un mec ?’, alors oui il a répondu qu’il lui mettrait une baffe». «A un moment, on a été encerclé à la cité Balzac. Un de ces jeunes que je connais apparaît le visage à peine flouté alors qu’on lui avait promis qu’on ne le verrait pas. Ce jeune homme connaît ma famille…». Affirmant avoir été écartée du montage, Nabila Laïb assure avoir failli avoir un malaise en visionnant le documentaire, quelques heures avant sa diffusion sur Arte, le 31 août.

Nabila Laïb a donc contacté la chaîne franco-allemande pour se plaindre de ce «manque de déontologie». «Arte m’a entendue, je leur ai donné les contacts de familles qui se sont plaintes du comportement de Cathy Sanchez». La semaine dernière, Arte disait vouloir reprogrammer la Cité du mâle à une date ultérieure, une fois les modifications nécessaires faites. Mais Nabila Laïb a déposé ce matin un référé contre Doc en Stock demandant que le documentaire ne soit pas diffusé. «Cathy Sanchez voulait du sensationnel, elle ne l’a pas trouvé».

Documentaire déprogrammé sur Arte: la fixeuse contredit la production
A une heure de la diffusion, le 31 août, Arte avait déprogrammé le documentaire. «La Cité du mâle» devait être diffusé dans le cadre d’une soirée consacrée aux violences faites aux femmes. Une série d’interviews choc de jeunes d’une cité de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui parlent de leur vision des relations hommes-femmes.

La chaîne expliquait que des «protagonistes» se sentaient «en danger». La production et la réalisatrice évoquaient l’intervention d’une fixeuse (intermédiaire entre le terrain, dont il est originaire, et les journalistes qui enquêtent, ndlr). «Elle a demandé à voir le film en milieu d’après-midi. Après 5 mn de diffusion, elle a été prise de panique. Elle nous a dit qu’elle avait des enfants, une famille, qu’elle avait peur», rapportait Daniel Leconte, président de la société Doc en Stock, co-productrice de la soirée Théma.
«Désaccord éditorial»

«Cette fixeuse s’est dite menacée de mort par la seule et unique personne dont nous n’avions pas obtenu l’autorisation de diffusion à visage découvert. Pour les autres, nous avons toutes les autorisations de diffusion. La fixeuse les connaissait tous, c’est elle qui nous les a présentés. Elle était là quand ils ont tenu les propos qu’on entend dans le film», ajoutait Cathy Sanchez, la réalisatrice.

La fixeuse en question donne une tout autre version. Nabila Laïb, journaliste et collaboratrice du Point et de TF1, nie avoir fait l’objet de menaces. Elle parle, sur lefigaro.fr, d’un «désaccord éditorial». «La Cité du mâle est un reportage instrumentalisé et bidonné», affirme-t-elle au figaro.fr.
«Questions provocantes»

«Elle a choisi parmi les témoins ceux qui collait à l’histoire qu’elle avait écrite au préalable, poursuit-elle sur le site. C’était de très longues interviews pour des jeunes qui ne sont pas rôdés aux journalistes. Elle voulait leur faire dire des choses. Elle voulait un jeune qui frappe les filles alors elle lui a posé des questions provocantes comme « que se passerait-il si tu trouvais ta copine au lit avec un mec? », alors oui il a répondu qu’il lui mettrait une baffe».

Sur telerama.fr, Nabila Laïb affirme avoir signé pour être «co-auteure avec Cathy Sanchez, en étant associée entièrement, de la réalisation au montage». Elle se plaint d’avoir été écartée lors de cette dernière étape. «Nous ne l’avons pas associée, mais rien ne nous y obligeait», affirmait Cathy Sanchez le 2 septembre à liberation.fr. Dans un communiqué, ce mercredi, la réalisatrice juge l’accusation de Nabila Laïb «grave et inadmissible». La réalisatrice se réserve «le droit de poursuites dans le but de rétablir la vérité».
Arte a annoncé dès le début son intention de reprogrammer le documentaire. Ce sera le 29 septembre «après avoir procédé aux modifications permettant en particulier d’assurer de manière plus effective l’anonymat de certains protagonistes du film, et d’éviter tout risque de diffamation», indique la chaîne.
Mais d’après lefigaro.fr, Nabila Laïb a déposé lundi m atin un référé contre Doc en Stock, pour empêcher la diffusion.
2/ Le point de vue de Daniel  Kupferstein

« Je n’ai pas vu le film proposé par Arte et je ne pensais pas répondre à ce courrier de lecteur mais comme j’ai été cité dans votre article et qu’un grand nombre de réactions remettent en cause mon métier de réalisateur de films documentaristes j’aimerais préciser deux ou trois choses.

Il y a deux types de réactions à votre courrier de lecteurs.

Tout d’abord ceux qui ont un jugement expéditif sur les cités. Pour eux, tout est négatif dans les cités et ils trouvent cela scandaleux que de petits voyous terrorisent des gens et poussent la chaîne à déprogrammer ce documentaire. Je crois que ce point de vue est largement réducteur de la vie dans les cités et correspond bien souvent à une méconnaissance de la « banlieue ». Pour ma part, je pense que si la chaîne a reculé c’est avant tout parce qu’elle avait peur de perdre dans un procès. Dans tous les cas, il faudrait en savoir un peu plus juridiquement avant de lancer des anathèmes. Cela dit, ce qui devrait nous intéresser dans cette histoire (et pour mieux comprendre les retraits du dernier moment) c’est de revenir à la source et de savoir comment et pourquoi les gens ont accepté d’être filmés ? En effet, je trouve cela important de savoir ce que la réalisatrice ou la production leur ont dit ou promis lors des premières rencontres. Et puis, ensuite, est-ce que les gens filmés ont pu voir le film avant une acceptation finale, est-ce qu’ils se sont retrouvés dans leur propos au moment du montage final ? Bref, autant de questions qui tissent des liens forts et donnent une complicité entre les personnes qui filment et ceux qui sont filmés ?

Pour nous,  documentaristes, le rapport filmeur/filmé est une question centrale et bien entendu éthique. Il est hors de question d’être des voleurs d’image et nous pensons que notre désir de faire un film doit rencontrer nécessairement le désir des personnes filmées.

Cela m’amène tout naturellement à l’autre type de réaction qui me paraît plus déterminante car elle synthétise la manière dont certaines personnes nous perçoivent comme des manipulateurs du réel.

Tout d’abord, le film que j’ai réalisé sur la cité Balzac (et qu’Arte n’a pas voulu) s’appelle « Dans le regard de l’autre » et ce n’est pas un hasard. Je pense que tout est question de regard et je pense que la réalisatrice a probablement une vision prédéterminée sur les mecs en banlieue et qu’elle reproduit « sa » vision dans son film. D’après ce que j’ai lu (et non vu) les mecs en banlieue sont des gros machos et que depuis Sohane rien a avancé. Or, à ma connaissance, cette vision n’est pas réelle et sûrement pas partagée dans la cité (et même par les filles) Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de machisme dans cette cité, loin de là, mais malheureusement il existe partout en France, dans les maisons individuelles comme dans les appartements. Une autre question peut se poser, est-ce qu’il se développe plus dans les cités qu’ailleurs ? Je ne le crois pas mais c’est possible. En tous les cas, il faudrait une étude sociologique poussée et ne pas s’arrêter à quelques témoignages plus ou moins fiables.

Tout cela pour vous dire que si j’ai appelé ce film « Dans le regard de l’autre » c’est justement parce que je voyais des propos stigmatisés et généralisés autour de cette cité comme par exemple celle qui affirmait que le meurtrier de Sohane était «un brin soumis au déterminisme social et culturel de la cité ». Je pense que le fait d’avoir vécu dans une cité à Vitry-sur-Seine a probablement « orienté » ma vision du monde En tous cas, à l’inverse de ce regard, j’ai fait un film pour que les habitants (et pas seulement les jeunes) s’expriment sur leur vie, leurs espoirs et leurs problèmes et qu’ils répondent aux regards terribles et discriminants que les autres portent sur eux.

Dernier point, je voudrais dire aussi que les réalisateurs de documentaires sont des gens comme les autres. Il y en a des intègres, d’autres non. Il y a aussi ceux qui sont « obligés » de faire un film de commande ou qui suivent une ligne éditoriale déterminée par la chaîne ou par la production. Je ne fais pas parti de ces gens et je reste persuadé que cette démarche aboutit à un film formaté si ce n’est pas bâclé ou pire dévoyé.

Et pour ceux qui pensent que les réalisateurs de films documentaires sont forcément du côté des puissants et de la propagande, je répondrais simplement que j’ai été content de partager un grand moment d’émotion lorsque mon film sur la cité Balzac a été projeté l’année dernière au cœur même de cette cité tant décriée et qu’il a même été applaudit.

Excusez-moi si ce courrier est un peu long mais quand je filme dans Balzac (car je continue ce travail) je me sens à l’aise et j’aimerais pouvoir continuer de le faire… C’est pour moi une question d’éthique.

Daniel Kupferstein (réalisateur du film sur la cité Balzac « Dans le regard de l’autre »)


Milouda Chaqiq

«  Tata Milouda » pour les slameurs

……………………………………

« Je vous écris ces quelques mots qui viennent du cœur, je les écris avec des fautes, certes, mais de bon cœur,

grâce aux cours d’alphabétisation.

Pour être bien,

Lorsque vous vous réveillez le matin, souriez devant votre miroir, même si vos idées sont noires, en pensant que

la vie n’est que problèmes,sans voir le bout du tunnel.

Pour être bien,

Soyez bien avec vous-même,ça aide pour les problèmes, même si on a parfois du mal à répondre à toutes les questions.

Pour être bien,

Respirez c’est l’été !… Non, on va bientôt être en hiver ! Et alors ce n’est pas l’enfer !

Pour être bien,

Il faut aimer face à la joie, mais ne pas fuir face au malheur, le partage ça soulage.

Pour être bien,il faut aider son prochain,

Ne pas être indifférent au malheur des autres, et donc apprécier la vie qui parfois nous rend morose.

L’argent ne mène parfois à rien, même si on en a toujours besoin, à quoi sert d’amasser sans aider son prochain.

Du berceau clair, au noir tombeau,vivre longtemps ou mourir bientôt.

Il faut faire bien pour être bien.

Respecter la fragilité de la victime.

Mon père qui a plus de 100 ans, regrette les erreurs qu’il a fait dans sa jeunesse.

Notamment «  tu n’iras pas à l’école car tu es une fille »

On pleure, on ne refait pas le monde, et cela ne change rien, sinon réfléchir aux fautes passées, pour nous, ne plus recommencer.

Pour être bien,

Partager, participer, frapper à la bonne porte, cliquer sur le b on bouton, chercher la chance… et peut être la trouver.

Pour être bien,

Il faut RIRE, au moins 20mn par jour, pour trouver la sérénité chaque jour.

Tata Milouda votre amie de cœur,de partage,et la bénévole du rire. »

Milouda Chaqiq

artiste de la vie. www.myspace.com/milouda / chaqiq.milouda@laposte.net

Venue au slam à l’âge de 57 ans, Milouda Chaqiq s’est emparée de la scène pour en faire une tribune d’expression et transmettre un message : son combat pour la liberté des femmes. Elle nous embarque alors avec une bonne dose d’humour dans l’histoire de sa vie.Quand elle arrive en France en 1989, elle ne sait ni lire ni écrire, encore moins parler français. Elle travaille comme femme de ménage, laissant ses six enfants et son ex-mari au Maroc. C’est après dix années passées clandestinement, sans papiers et la peur au ventre qu’elle fera venir ses trois filles en France auprès d’elle. Divorcée d’un époux violent, un titre de séjour en poche et ses enfants « rangés », Milouda fait enfin sa vie. À cinquante ans, « elle, la petite marocaine analphabète venue du village » décide de suivre des cours d’alphabétisation. Puis elle fait ses premiers pas en tant que slameuse aux scènes ouvertes du Café Culturel à Saint-Denis et participe à La Fabrique du Macadam. ( texte présentation pour une rencontre publique à Saint Denis le 15 Septembre 2010 )

Janine Bharucha

Comment exprimer reconnaissance et gratitude pour tout ce que nous offre la vie ?

Cela passe déjà par une capacité à identifier nos besoins et à utiliser le bon vocabulaire.

Par exemple je sensibilise mon petit-fils qui a 3 ans à mettre les mots justes sur ses impressions gustatives : ‘comme c’est délicieux… c’est exquis… je savoure!’

Je pratique l’ouverture et suis en permanence  reconnaissante vis-à-vis de tout ce qui

nous permet de jouir de la vie.

Tous nos sens peuvent être sollicités par cette ouverture.

Je m’autorise à pousser  de grands soupirs!

Tout ce qui concerne la tête et l’âme passe par le corps, par les sens.

On passe sans arrêt à côté de merveilles : l’odeur de la pluie sur l’herbe ou le bitume, un coucher de soleil, la forme d’un nuage, le chant d’un oiseau, le timbre d’une cloche, la lumière sur un mur de briques.

Zut, quelle manque de gratitude, il n’ y a pas besoin de croire en un être supérieur  pour avoir

de la reconnaissance, c’est une question de conscience, nous sommes des ingrats. Nous pourrions être moins myopes, moins sourds, moins handicapés des sens vis-à-vis de tout ce qui nous est offert.  Je ressens une sorte de ferveur au quotidien pour tous ces cadeaux qui nous sont faits.

C’est  un émerveillement qui inspire une sorte de gravité ( ‘awe’ en anglais, une émotion de l’ordre de l’émerveillement un peu bouche bée). Certains parlent  de Dieu, moi simplement de la vie. Je dis merci.

Se faire du bien, c’est s’accorder cette ouverture. On choisit les lentilles que l’on porte, les miennes sont dorées ! L’important c’est de mettre de la conscience dans tous nos sens, y compris le toucher.

Le toucher est le seul sens dont l’organe, la peau, recouvre tout le corps. C’est quelque chose, non ? C’est le seul sens qui est forcément réciproque. Dans toutes les langues toucher a un double sens : toucher tactile et toucher émotion. Ex : ‘je suis touché par l’intérêt que vous portez à ce sujet.’ D’où la magie du massage, il y a un échange, une sorte de conversation sans mots, aussi intime que profonde, quand le massage est réussi bien sûr.

Nous sommes des sous massés, des sous câlinés, des sous touchés, des sous baisés aussi, non?

Dans mon enfance, on se massait en famille, avec mes cousins, cousines, on massait les jambes de ma grand-mère pendant qu’elle lisait une Série Noire. On faisait cela naturellement. Il y a aussi un vocabulaire du massage :

Le Guili : on effleure du bout des doigts  la face interne de l’avant bras … un délice

Le Tchampi : on exerce une pression à pleine mains le long des jambes  à un rythme régulier.

leThatt Thatt se pratique avec la face externe de la main, les doigts détendus, cela fait un bruit de bois que l’on coupe.

L’important c’est de s’autoriser à faire ces gestes et à les recevoir. C’est plus simple qu’on ne le croit. Il s’agit d’un lâcher prise. De se sentir un avec la planète, les autres.

«Alakazam » c’est une poignée de main iroquoise, un petit ballet de mains qui prend quelques secondes et qui signifie: «  on est tous reliés, connectés. »

Namasté veut dire je salue le divin qui est en toi.

Je préfère parler du sacré ( l’émerveillement dans sa gravité ) plutôt que de spiritualité qui recouvre des notions plus galvaudées, notamment dans l’usage que les sectes en font.

Janine Bharucha, d’origine indienne, est formatrice en toucher-massage, après avoir été script girl, professeur d’anglais, traductrice de bd, danseuse, professeur de claquettes.

Elle a écrit « Un peu Parsi un peu par là » (Ed. L’embarcadère/collection Ancrages )

Elle a passé son enfance à Poona en Inde. Elle a parcouru le monde et vit en région parisienne. Son témoignage dit Jean Vautrin est  « étonnant, détonnant, d’une gourmandise de vie contagieuse et bienvenue dans le cynisme ambiant de notre société »

Nathalie Krafft

Là, pour le moment, ce qui va me faire du bien, c’est d’éluder la question : y répondre directement, c’est tomber dans le panneau. Si je fais la maligne : mais qui c’est cette gourde qu’a l’air de vouloir avoir l’air d’être intelligente ?  Si je suis spontanée : mais qui c’est cette gourde qu’a vraiment pas l’air d’avoir l’air d’avoir inventé la poudre ?

Donc, là, pour le moment, ce qui va me faire du bien, c’est de prendre la tangente. En me servant par exemple de la contribution d’Ali Merghache et en y ajoutant, genre la fille qu’a tout l’air de ne pas se prendre pour ce qu’elle n’est pas, mon propre écot,  modeste, discret, humble même, irais-je jusqu’à dire pour me faire du bien, l’air de rien.

Comment se faire du bien : le parano

…… (mieux vaut se taire)

Comment se faire du bien : le banquier

en ouvant un compte épargne-logement

Comment se faire du bien : le maso

qui aime bien châtie bien

Comment se faire du bien : le poli

bien à vous

Comment se faire du bien : le sportif

bien joué

Comment se faire du bien : le besogneux

tant bien que mal

Comment se faire du bien : le latiniste

nota bene

comment se faire du bien : le sexologue

avec la main

comment se faire du bien : le pécheur

dans le confessionnal

comment se faire du bien : le pêcheur

en mordant à l’hameçon

comment se faire du bien : l’idéaliste

en faisant le bien

comment se faire du bien : le pervers

en faisant le mal

comment se faire du bien : Saint Exupery

dessine moi un mouton

comment se faire du bien : Marcel Proust

Sodome et Gomorrhe

comment se faire du bien : Jean-Jacques Rousseau

une bonne fessée

comment se faire du bien : Lamartine

dans le Lac

comme se faire du bien : Nietzsche

Par delà le bien et le mal

comment se faire du bien : l’amoureux platonique

en tout bien tout honneur

comment se faire du bien : le corbeau

un ami qui vous veut du bien

comment se faire du bien : l’ironique

grand bien vous fasse !

Comment se faire du bien : le naufragé

corps et biens

Comment se faire du bien : la paresseuse

en m’arrêtant, là, tout de suite

Et ça, ça me fait du bien.

Nathalie Krafft , journaliste. Pendant quinze ans directrice du Monde de la Musique. Depuis deux ans, freelance, tient un blog sur rue89.com, dont voici le lien : www.rue89.com/droles-de-gammes. Signe particulier : n’a pas écrit de livre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Site web