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© perrine dorin 2009

Ce soir, c’était chaud, mes poussins. Un métro couveuse où couvait un rentre-dedans entre une femme enceinte très conne-à cran et un coupé en brosse ultra phallo. Deux à bout qui ont encore fait une parfaite démonstration de l’incapacité à raisonner et à s’entendre dans notre jolie société. Savent plus causer nos compatriotes. Savent plus s’écouter; c’est illico du « fais gaffe p’tain, vois pas qu’j’suis enceinte, faut pas bousculer, et faut dire pardon… ». Bon, nous n’ironiserons pas sur cette syntaxe édifiante mais nous marquerons l’arrêt sur un détail: si la dame porte une doudoune qu’il est difficile de passer en échographie, elle dit ceci avec un mp3 à fond sur les oreilles. Improbablement enceinte mais mélomane.

Le type jouisseur de l’occase s’engouffre direct et lui gouaille du « j’en ai rien à foute, on s’est excusé, mais t’as rien entendu. On va pas r’commencer. Et je te préviens, tu m’parles pas comme ça, enceinte ou pas ».

Une dame distinguée et digne se dévoue pour la médiation, quand je décide de faire l’autiste après le coup que je viens de me prendre dans les reins. Stoïque. Donc, nous avons Marie-Thérèse-de-la-Martinique-ou-de-la-Gouadeloupe-d’origine qui se poste avec son très beau turban entre nos deux excités : « Madame, comprenez qu’il s’agit d’un malentendu (tu m’étonnes !). Calmez-vous, dans votre état il ne faut pas bousculer, il faut se reposer, asseyez-vous donc ! ».

« C’est ça, dit le type, qu’elle nous foute la paix ! ». Là, j’ai envie d’enfoncer mon talon dans la grolle de ce connard qui transpire la violence conjugale ou la castration maison, bref le mec mal réglé.

Les portes s’ouvrent et l’Enceinte tente un plongé-coulé sur la banquette façon phacochère du rugby et c’est raté. Un petit monsieur, un avorton de Monsieur qui sort d’on ne sait où, prend le siège et sourit béatement. « Bravo ! Génial ! c’est bien fait pour elle ! », bave le frustré de service. « Restez assis, surtout gardez-vous la place, elle l’a bien cherché… ». « Té-Té-Té, tempère notre Sainte-Ligne-13-de-St-Denis, soyez poli Monsieur, vous êtes comme tous les hommes ici présents, vous devez tout aux femmes, et vous Cher Monsieur soyez assez aimable de laisser votre place à cette dame qui est fatiguée… ». « C’est la meilleure, rétorque le charlot, les fous sont lâchés ! ». « Je n’ suis pas folle, Monsieur, et je vois très bien à quel point vous manquez d’amour, je le vois, je le sais… ».

Là, c’est le mot magique. C’est dit. Notre phallo nationale est pétrifié. Il jette l’éponge et quitte le ring  à Pleyel aux sourires de tous. Le minuscule voleur de siège se lève fissa et l’Enceinte s’assied sans un merci. On entend un « Bravo Madame ! ».

Je me retourne et notre Sainte a disparu comme elle est apparue.

N’oubliez pas : le mot A-M-O-U-R c’est l’arme fatale.MCFD12032009100

P.D.

Métro – Boulot – Métro

P. S : Demain je ne prendrai pas le métro, je vous embrasse et à lundi.

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