{"id":8351,"date":"2015-04-01T10:26:11","date_gmt":"2015-04-01T08:26:11","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=8351"},"modified":"2017-01-10T13:58:01","modified_gmt":"2017-01-10T12:58:01","slug":"les-belles-lectures-de-francine-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2015\/04\/les-belles-lectures-de-francine-11\/","title":{"rendered":"Les belles lectures de Francine &#8211; 11 &#8211;"},"content":{"rendered":"<p><strong>En mars 2015 Francine Pampuzac a lu\u00a0P Besson, V Tong Cuong, H Mingarelli, C Ngosi Adichie, F Mitterand, C Evariste, A Sylvestre, R Montera, R jauffret, P Jacques, H Bauchau et\u2026c\u2019est tout.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vivre vite<\/strong> \u2013 Philippe Besson ( Julliard &#8211; janvier 2015)<\/p>\n<p>A sa mani\u00e8re, avec son \u00e9criture si souple, si facile, si sensible, Philippe Tesson a eu envie de nous faire revivre la courte existence de James Dean. Tour \u00e0 tour, il donne la parole \u00e0 la m\u00e8re, au p\u00e8re, \u00e0 un r\u00e9alisateur, \u00e0 une amie, \u00e0 un amant, etc.. et \u00e0 James Dean lui-m\u00eame. Sans \u00eatre ce qu\u2019on appelle un grand livre, cet ouvrage, tr\u00e8s court, met en relief ce qui semble avoir imprim\u00e9 le destin de ce jeune ( \u00e9ternellement jeune) homme\u00a0: il a perdu sa merveilleuse m\u00e8re quand il avait 9 ans. <em>\u00ab\u00a0 les m\u00e8res devraient s\u2019efforcer de ne pas mourir quand leurs enfants sont si jeunes<\/em>\u00a0\u00ab\u00a0 dit joliment l\u2019auteur. Et saviez-vous que James Dean ne voyait absolument rien sans ses lunettes\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Pardonnable, impardonnable. <\/strong>Val\u00e9rie Tong Cuong ( Lattes janvier 2015)<\/p>\n<p>D\u00e8s la premi\u00e8re page, on sait que Milo, 12 ans, se tue en faisant du v\u00e9lo. Et comme dans le livre dont je viens de parler, l\u2019auteur fait participer tous les membres de la famille. Car Milo, faisait la course avec sa jeune tante alors qu\u2019ils auraient d\u00fb travailler tous les deux aux devoir de l\u2019enfant. Cette catastrophe am\u00e8ne chacun \u00e0 revoir sa vie, ses positions, ses faux-pas. Ainsi, le fond de l\u2019histoire tient debout, mais h\u00e9las l\u2019\u00e9criture manque terriblement de subtilit\u00e9. C\u2019est en gros sabots que l\u2019auteure d\u00e9crit tous les tenants et les aboutissants de cette histoire de famille .Avec des phrases du style \u00ab\u00a0 <em>j\u2019ai organis\u00e9 ma souillure<\/em>\u00a0\u00bb\u2026\u00a0Pas mal, mais pas tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p><strong>La route de Beit Zera<\/strong> \u2013 Hubert Mingarelli ( Stock janvier 2015)<\/p>\n<p>Enfin je retrouve le Mingarelli que j\u2019aime, et j\u2019oublie ma d\u00e9ception avec \u00ab\u00a0Incendie\u00a0\u00bb . St\u00e9pan est un vieux monsieur qui vit en Isra\u00ebl, avec sa vieille chienne, dans une maison isol\u00e9e pr\u00e8s d\u2019un bois. Tous les jours, il \u00e9crit \u00e0 son fils qui s\u2019est exil\u00e9 en Nouvelle Z\u00e9lande. Bien s\u00fbr, je pourrais r\u00e9sumer cette histoire, mais tout est sugg\u00e9r\u00e9 et le talent de cet auteur est de nous faire comprendre que St\u00e9pan est un r\u00e9sum\u00e9 des probl\u00e8mes d\u2019Isra\u00ebl et de la Palestine. Tout jeune il devait fouiller les arabes aux postes fronti\u00e8res\u00a0: peur, haine et compassion\u00a0! Un jour, un jeune gar\u00e7on sort du bois, ne dit rien.. Un tr\u00e8s grand livre, de 150 pages seulement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Am\u00e9ricanah <\/strong>\u2013 Chimamanda Ngozi Adichie (Gallimard f\u00e9vrier 2015)<\/p>\n<p>L\u2019auteure est une jeune Nig\u00e9riane et les mille et un d\u00e9tails de la vie de son h\u00e9ro\u00efne sont de ceux qu\u2019on n\u2019invente pas. Ifemlu a grandi \u00e0 Lagos, mais elle va venir aux Etats Unis pour terminer ses \u00e9tudes. Et l\u00e0, elle va se rendre compte qu\u2019elle est noire\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai d\u00e9couvert ce qu\u2019\u00e9tait la race en Am\u00e9rique et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e.\u00a0<\/em>\u00bb.Faisant fi du politiquement correct, l\u2019auteur suit la vie d\u2019Ifemlu, ses difficult\u00e9s d\u2019\u00e9tudiante sans le sou, les rencontres, sa remont\u00e9e, et la cr\u00e9ation d\u2019un blog o\u00f9 elle prend de front le probl\u00e8me du racisme que d\u2019aucuns pr\u00e9tendent d\u00e9pass\u00e9. Au bout de 13 ans, elle veut revenir au Nig\u00e9ria. Ce gros roman (520 pages en petits caract\u00e8res) men\u00e9 tambour battant, est un monument d\u2019intelligence et de subtilit\u00e9. Il m\u2019a litt\u00e9ralement emball\u00e9e, et en le refermant, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019en effet, Mich\u00e8le Obama se lissait les cheveux et que cela voulait vraiment dire quelque chose\u2026<\/p>\n<p><strong>Une adolescence<\/strong> \u2013 Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand \u2013 ( Robert Laffont mars 2015)<\/p>\n<p>Un chapitre par ann\u00e9e, de 1958 \u00e0 1969. L\u2019auteur \u00e9crit d\u2019abord comme le petit gar\u00e7on qu\u2019il \u00e9tait \u00e010 ans. Il revit l\u2019amour familial pour tonton Fran\u00e7ois, mais aussi son admiration personnelle et clandestine pour le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle .Et puis les choses \u00e9voluent. On revisite l\u2019histoire de notre pays, et c\u2019est savoureux d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Certains passages font \u00e9clater de rire ( la visite du G\u00e9n\u00e9ral dans les provinces fran\u00e7aises en costumes folkloriques..) Et parfois on sourit devant la sinc\u00e9rit\u00e9 des r\u00e9cits\u00a0:\u00a0\u00bb <em>Charonne, je ne l\u2019ai pas vu passer On \u00e9tait aux sports d\u2019hiver \u00e0 Meg\u00e8ve avec mon ami Henry<\/em>\u00a0\u00bb. Un tr\u00e8s joli livre, \u00e0 la fois intime et politique. Un petit gar\u00e7on devient un homme.<\/p>\n<p><strong>L\u2019histoire Poncia<\/strong> \u2013 Concei\u00e7ao Evaristo \u2013 ( Anacaona \u2013 2015)<\/p>\n<p>Poncia n\u2019est pas une petite br\u00e9silienne comme les autres. Petite fille et fille d\u2019esclaves noirs, elle est tr\u00e8s intelligente et apprendra m\u00eame \u00e0 lire, quasiment toute seule. Pour raconter sa vie de mis\u00e8re et d\u2019humiliation, l\u2019auteure n\u2019a qu\u2019\u00e0 puiser dans ses souvenirs, qu\u2019elle livre dans un avant-propos magnifique. L\u00a0\u00a0\u00a0 a r\u00e9alit\u00e9 se m\u00eale \u00e0 la magie dans ce petit livre tr\u00e8s touchant, tr\u00e8s po\u00e9tique. Et bravo pour la pr\u00e9sentation graphique tr\u00e8s r\u00e9ussie.<\/p>\n<p><strong>Coquelico<\/strong>t \u2013 Anne Sylvestre \u2013 ( Points Octobre 2014)<\/p>\n<p>Avec le talent que vous pouvez imaginer, Anne Sylvestre commente <em>.Les mots que j\u2019aime\u00a0\u00bb. <\/em>, Frangipane, horions, pluie, rutabaga, etc, plus de 80\u00a0! Et toujours des surprises, de l\u2019\u00e9motion, et une femme qui se r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu.<\/p>\n<p><strong>L\u2019id\u00e9e ridicule de ne plus jamais te revoir<\/strong>. Rosa Montera-(M\u00e9taili\u00e9 Janv 2015)<\/p>\n<p>L\u2019auteure, \u00e9crivaine espagnole, est en panne d\u2019\u00e9criture. On lui demande de faire une pr\u00e9face pour l\u2019\u00e9dition du Journal que Marie Curie a tenu \u00e0 la mort accidentelle de son mari. A la lecture de ce document, Rosa Montera d\u00e9couvre la vie de cette Polonaise, g\u00e9nie scientifique. Quant au deuil de Marie, elle s\u2019y reconna\u00eet\u00a0: son mari est mort il y a 3 ans. Ainsi le livre va et vient entre la vie si mal connue de Marie Curie , la vie de l\u2019auteure, et la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Toutes les pens\u00e9es, les commentaires sont si simples, si \u00e9vidents qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre moins b\u00eate au fur et \u00e0 mesure de la lecture. Le style est simple, proche. Il respire l\u2019intelligence. Excellent livre, vraiment.( A noter, le signe # qui ponctue plein de phrases.)<\/p>\n<p><strong>Bravo<\/strong> \u2013 R\u00e9gis Jauffrey ( Seuil \u2013 mars 2015)<\/p>\n<p>16 nouvelles, et leur lien, c\u2019est qu\u2019elles sont toutes racont\u00e9es par un personnage tr\u00e8s \u00e2g\u00e9. Hommes, femmes, gentils, m\u00e9chants ( oui, plus souvent m\u00e9chants) racontent leur vie. Et l\u2019on va de surprise en surprise. Que dire de \u00ab\u00a0la femme tomb\u00e9e du ciel\u00a0\u00bb, amput\u00e9e des deux jambes, de ce couple qui pr\u00e9parent No\u00ebl pour leur famille et sont pris d\u2019une d\u00e9mence qui va finir quasiment en carnage. Chaque nouvelle fait ouvrir de grands yeux. On est horrifi\u00e9 ou on jubile. Et puis \u00e0 la derni\u00e8re histoire, on pourrait presque sentir monter les larmes. Cet auteur est fou, cynique, g\u00e9nial.<\/p>\n<p><strong>Au moins il ne pleut pas<\/strong> \u2013 Paula Jacques ( Stock \u2013 mars 2015)<\/p>\n<p>Un livre de Paula Jacques\u00a0? je me pr\u00e9cipite. Je fais la connaissance de Solly, 14 ans et de sa s\u0153ur 15 ans, d\u00e9barquant en 1959 \u00e0 Ha\u00cffa. Orphelins, ils viennent du Caire et c\u2019est l\u2019Agence Juive qui s\u2019occupe de leur arriv\u00e9e en Isra\u00ebl. Mis dans un camp, ils s\u2019en \u00e9chapperont pour d\u00e9marrer une curieuse vie dans un vieux quartier d\u2019Ha\u00effa, chez deux rescap\u00e9es de Ravensbr\u00fcck. L\u2019auteur a \u00e9crit cette histoire en se basant sur des faits historiques. Mais je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 croire aux personnages. Grosse d\u00e9ception.<\/p>\n<p><strong>Dernier Journal<\/strong> \u2013 Henry Bauchau ( Actes Sud \u2013 Fev.2015)<\/p>\n<p>Quel homme merveilleux c\u2019\u00e9tait\u00a0! il raconte les visites qu\u2019on lui fait, ses r\u00eaves, les livres qu\u2019il lit, les po\u00e8mes qu\u2019il travaille, et les livres qu\u2019il \u00e9crit. Il est oblig\u00e9 de dicter car il n\u2019y voit plus gu\u00e8re. Il est mort en 2012 \u00e0 quelques mois d\u2019\u00eatre centenaire. Je n\u2019ai pas termin\u00e9 ce texte car, en fait, je ne veux pas le terminer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mars 2015 Francine Pampuzac a lu\u00a0P Besson, V Tong Cuong, H Mingarelli, C Ngosi Adichie, F Mitterand, C Evariste, A Sylvestre, R Montera, R jauffret, P Jacques, H Bauchau et\u2026c\u2019est tout. \u00a0 Vivre vite \u2013 Philippe Besson ( Julliard &#8211; janvier 2015) A sa mani\u00e8re, avec son \u00e9criture si souple, si facile, si sensible, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8352,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[718,698],"tags":[629,486,487,479,628],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8351"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8351"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8351\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8353,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8351\/revisions\/8353"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8352"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8351"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8351"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8351"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}