{"id":8011,"date":"2015-01-01T12:53:24","date_gmt":"2015-01-01T11:53:24","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=8011"},"modified":"2015-03-03T18:01:15","modified_gmt":"2015-03-03T17:01:15","slug":"les-belles-lectures-de-francine-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2015\/01\/les-belles-lectures-de-francine-8\/","title":{"rendered":"Les belles lectures de Francine &#8211;  8-"},"content":{"rendered":"<p>Bon an, mal an ( plut\u00f4t tr\u00e8s bon an en l&rsquo; occurrence ) Francine Pampuzac envoie chaque mois \u00e0 ses amis ses notes de lecture. Aussi passionn\u00e9e que g\u00e9n\u00e9reuse elle a l&rsquo;amiti\u00e9 d&rsquo;en faire profiter les lecteurs de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre. Merci beaucoup<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Lectures de d\u00e9cembre 2014<\/strong> \u2013 Francine Pampuzac<\/p>\n<p><strong>Hokusa\u00ef<\/strong> \u2013 Sh\u00f6taro Ishinomori-( Ed Kana \u2013 r\u00e9\u00e9dition en 2014)<\/p>\n<p>Ce manga, est r\u00e9\u00e9dit\u00e9, probablement \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition Hokusa\u00ef au Grand Palais. Le livre de pr\u00e8s de 600 pages, petit format, se lit bien s\u00fbr en commen\u00e7ant par ce que nous consid\u00e9rons comme la fin. Et plut\u00f4t que de raconter une vie de mani\u00e8re lin\u00e9aire, l\u2019auteur livre des \u00e9pisodes de la vie du ma\u00eetre, sautant d\u2019un \u00e2ge \u00e0 l\u2019autre. Ainsi on d\u00e9marre alors qu\u2019Hokusai, 42 ans, veut changer de nom ( il le fera plusieurs fois) pour d\u00e9marrer une nouvelle vie, un nouveau style. Il a un fichu caract\u00e8re et aime beaucoup les jolies japonaises. Le livre pr\u00e9cise \u00ab\u00a0 pour public averti\u00a0\u00bb car il y a pas mal de dessins tr\u00e8s chauds. Tr\u00e8s agr\u00e9able approche de la vie de ce \u00a0\u00bb <em>vieux fou de dessin<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Nous sommes l\u2019eau<\/strong> \u2013 Wally Lamb \u2013 ( Belfond Aout 2014)<\/p>\n<p>Dans un monologue, Annie, la cinquantaine, newyorkaise, raconte son angoisse. Elle va se remarier, avec.. avec\u2026 Viveca, la gali\u00e9riste qui vend ses c\u00e9l\u00e8bres installations. Au chapitre suivant, c\u2019est son ex-mari qui soliloque \u00e0 son tour. Et ainsi, sur 658 pages, une histoire familiale se d\u00e9roule avec les divers points de vue de tous les personnages. Car Annie et son ex-mari ont 3 grands enfants qui r\u00e9agissent selon leur caract\u00e8re. Ah\u00a0! si seulement l\u2019auteur avait concentr\u00e9 son r\u00e9cit sur 350 pages, il aurait \u00e9t\u00e9 bien plus int\u00e9ressant. Il y a tellement de longueurs que la motivation du lecteur s\u2019effrite. Dommage, car c\u2019est une peinture int\u00e9ressante d\u2019une certaine Am\u00e9rique contemporaine.<\/p>\n<p><strong>Constellation <\/strong>\u2013 Adrien Bosc \u2013(Stock novembre)<\/p>\n<p>On se souvient Marcel Cerdan et aussi la violoniste Ginette Neveu sont mort dans un accident d\u2019avion. C\u2019\u00e9tait un Constellation \u00e0 destination de New York. L\u2019auteur va se pencher en d\u00e9tail sur ce drame. Que s\u2019est-il pass\u00e9, ce 27 octobre 49, qui \u00e9tait \u00e0 bord, passagers, pilote, et m\u00eame qui a \u00e9vit\u00e9 la mort\u00a0: 3 personnes oblig\u00e9es de donner leur place \u00e0 Cerdan, prioritaire de derni\u00e8re minute. La construction du livre, en allers-retours, la rapidit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, la quantit\u00e9 de d\u00e9tails surprenants ( le mausol\u00e9e du passager inconnu\u00a0!) l\u2019implication personnelle de l\u2019auteur,donnent un livre palpitant, vrai bonheur de lecture. Un premier roman couronn\u00e9 par le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019oubli<\/strong> \u2013 Frederika Amalia Finkelstein \u2013 ( L\u2019Arpenteur- sept 2014)<\/p>\n<p>Ce que veut oublier la narratrice de ce livre, elle le dit d\u00e8s les premiers mots\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0 <em>L\u2019extermination des juifs, je ne vais pas entrer dans les d\u00e9tails.. je le dis sans honte, je veux oublier, an\u00e9antir cette inf\u00e2me shoah dans ma m\u00e9moire\u00a0\u00bb<\/em>. Une insomnie la met dehors dans la nuit parisienne. Elle marche, pense, raisonne, dit avoir 23 ans, aimer les jeux vid\u00e9o, le coca cola, les Mc Do, son grand chien Edgar qui vient de mourir, son grand fr\u00e8re, mais tout le temps Hitler, les nazis, le grand p\u00e8re d\u00e9port\u00e9 reviennent la mettre en rage.. Et pour comble, on vient de lui pr\u00e9senter la petite fille d\u2019Eischmann, tr\u00e8s guillerette\u00a0 elle\u00a0! Je n\u2019ai pas saut\u00e9 une ligne de ce r\u00e9cit fascinant superbement \u00e9crit, pas du tout morbide. C\u2019est la preuve que la toute jeune g\u00e9n\u00e9ration est pr\u00e9sente dans la m\u00e9moire collective. Oublier\u00a0? pas question\u00a0! Un premier roman, 23 ans. Ecrivain \u00e0 suivre.<\/p>\n<p><strong>Le secret de Samuel Liberman<\/strong> \u2013 G\u00e9rard Netter (Ed. Complicit\u00e9s 2014)<\/p>\n<p>Une grande lectrice me signale ce livre. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une dame qui, \u00e0 la suite du d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re \u2013 Samuel Liberman- va vider son appartement et d\u00e9couvrant des lettres, des documents, sera conduite, comme dans un jeu de piste \u00e0 d\u00e9couvrir un gros secret qui la concerne. J\u2019\u00e9cris ( mail) \u00e0 l\u2019amie\u00a0: Je rame beaucoup dans ce livre touffu, \u00e0 cause des agents doubles ou m\u00eame triples, \u00e0 cause des invraisemblances, des hasards tir\u00e9s pas les cheveux, \u00e0 cause de l\u2019idylle entre l\u2019h\u00e9ro\u00efne et son copain dont les \u00e9pisodes \u00e9rotiques m\u2019ont fait lever les yeux au ciel. Et l\u2019amie me r\u00e9pond\u00a0: Les invraisemblances et les hasards tir\u00e9s par les cheveux arrivent peut-\u00eatre dans la vie au moins autant que dans les romans, la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passant souvent la fiction. Les agents doubles ou triples sont li\u00e9s aux p\u00e9riodes troubl\u00e9s et \u00e0 l\u2019action clandestine. L\u2019amour de Prune et de Philippe participe au mouvement de la vie ordinaire. Conclusion\u00a0: voil\u00e0 un livre qui sait bien diviser les opinions\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Musique, ma vie<\/strong> \u2013 Jean Pierre Rampal \u2013 ( Calmann-Levy \u2013 1991)<\/p>\n<p>J.P. Rampal, fl\u00fbtiste virtuose, a racont\u00e9 sa vie \u00e0 une Anglaise en 89. Le livre a \u00e9t\u00e9 ensuite traduit en Fran\u00e7ais. Tous les souvenirs de l\u2019artiste d\u00e9filent, tr\u00e8s simplement\u00a0: le parcours, les rencontres, ses succ\u00e8s, ses voyages. J.P.Rampal a r\u00e9ussi \u00e0 faire de la fl\u00fbte un instrument de soliste, au m\u00eame titre que le violon et le piano. C\u2019\u00e9tait un personnage \u00e9minemment sympathique, bon vivant ( Il faisait partie du\u00a0 \u00ab\u00a0 <em>Quintette \u00e0 vin<\/em>\u00a0\u00bb disait-il. Ce voyage, au pays de la musique a ravi la bien m\u00e9diocre flutiste que je fus pendant des ann\u00e9es.\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Ce qui reste de nos vies<\/strong> \u2013 Zeruya Shalev ( Gallimard \u2013 juin 2014)<\/p>\n<p>Hemda est une tr\u00e8s vieille dame. Elle est \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, \u00e0 J\u00e9rusalem, et revit son enfance dans un kibboutz. Ses deux enfants viennent la voir\u00a0: Dina, maman d\u2019une ado difficile et Avner, avocat ( surtout des arabes), deux enfants. Le livre d\u00e9veloppe, en d\u00e9tails , la vie de ces 3 personnages principaux, au moment o\u00f9 Dina va souhaiter une chose assez originale\u00a0: \u00e0 cinquante ans, adopter un enfant. Le lecteur est constamment dans la t\u00eate des gens, toutes leurs pens\u00e9es, leurs probl\u00e8mes, leurs espoirs, toutes les relations entre eux sont v\u00e9cues avec une v\u00e9rit\u00e9 attentive. 400 pages, pratiquement sans interligne, d\u2019une \u00e9criture puissante font de ce livre un excellent roman, tr\u00e8s prenant, avec la vie quotidienne en Isra\u00ebl en toile de fond. Il a eu le Femina \u00e9tranger 2014.<\/p>\n<p><strong>Rien que la vie<\/strong> \u2013 Alice Munro \u2013 ( L\u2019Olivier Oct 2014)<\/p>\n<p>Ce livre r\u00e9unit 10 nouvelles et 4 textes autobiographiques. C\u2019est dans l\u2019un de ces deniers qu\u2019elle \u00e9crit\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>ce n\u2019est pas un conte que j\u2019\u00e9cris, c\u2019est rien que la<\/em> <em>vie<\/em>\u00a0\u00bb &#8211; titre du livre. Parmi les 10 nouvelles, certaines s\u2019imposent plus que les autres. Moi je repense tout le temps \u00e0 ce soldat sautant du train qui ralentit, ou \u00e0 cet homme qui raconte son amiti\u00e9 un peu distante avec une \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole, et on apprendra bien plus tard qu\u2019il a un bec de li\u00e8vre, tr\u00e8s mal r\u00e9par\u00e9, etc..Alice Munro n\u2019explique jamais rien. Elle dit les faits, de l\u2019ext\u00e9rieur, au lecteur de sentir, de comprendre, de cogiter. Surtout quand elle arr\u00eate une histoire tout \u00e0 coup sans pr\u00e9venir. C\u2019est superbe, intelligent, fascinant. ( Prix Nobel de Litt\u00e9rature l\u2019an dernier)<\/p>\n<p><strong>Au-dessous du volcan<\/strong> \u2013 Malcolm Lowry ( Folio \u2013 Paru en Fran\u00e7ais en 1959)<\/p>\n<p>Pour finir une belle ann\u00e9e de lecture, je rouvre ce livre-monument, d\u00e9couvert lors de sa parution. Revoil\u00e0 le Mexique, Le Consul imbib\u00e9 d\u2019alcool, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par le d\u00e9part de sa femme un an plus t\u00f4t, mais revoil\u00e0 Yvonne qui revient le chercher avec l\u2019espoir de l\u2019emmener au Canada vivre tranquillement. Je me souvenais tr\u00e8s bien \u2013 et surtout -de cette histoire d\u2019amour. En revanche, je ne me souvenais pas du fr\u00e8re du Consul, ni de Laruelle, ni que le Consul buvait de la strychnine avec ses alcools\u00a0! J\u2019ai retrouv\u00e9 cette \u00e9criture foisonnante, capable de raconter trois histoires \u00e0 la fois, qui demande du temps et de la concentration. Moyennant quoi la r\u00e9compense est l\u00e0\u00a0: une \u00e9norme et magnifique \u00e9motion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lectures de d\u00e9cembre 2014<\/strong> \u2013 Francine Pampuzac<\/p>\n<p><strong>Hokusa\u00ef<\/strong> \u2013 Sh\u00f6taro Ishinomori-( Ed Kana \u2013 r\u00e9\u00e9dition en 2014)<\/p>\n<p>Ce manga, est r\u00e9\u00e9dit\u00e9, probablement \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition Hokusa\u00ef au Grand Palais. Le livre de pr\u00e8s de 600 pages, petit format, se lit bien s\u00fbr en commen\u00e7ant par ce que nous consid\u00e9rons comme la fin. Et plut\u00f4t que de raconter une vie de mani\u00e8re lin\u00e9aire, l\u2019auteur livre des \u00e9pisodes de la vie du ma\u00eetre, sautant d\u2019un \u00e2ge \u00e0 l\u2019autre. Ainsi on d\u00e9marre alors qu\u2019Hokusai, 42 ans, veut changer de nom ( il le fera plusieurs fois) pour d\u00e9marrer une nouvelle vie, un nouveau style. Il a un fichu caract\u00e8re et aime beaucoup les jolies japonaises. Le livre pr\u00e9cise \u00ab\u00a0 pour public averti\u00a0\u00bb car il y a pas mal de dessins tr\u00e8s chauds. Tr\u00e8s agr\u00e9able approche de la vie de ce \u00a0\u00bb <em>vieux fou de dessin<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Nous sommes l\u2019eau<\/strong> \u2013 Wally Lamb \u2013 ( Belfond Aout 2014)<\/p>\n<p>Dans un monologue, Annie, la cinquantaine, newyorkaise, raconte son angoisse. Elle va se remarier, avec.. avec\u2026 Viveca, la gali\u00e9riste qui vend ses c\u00e9l\u00e8bres installations. Au chapitre suivant, c\u2019est son ex-mari qui soliloque \u00e0 son tour. Et ainsi, sur 658 pages, une histoire familiale se d\u00e9roule avec les divers points de vue de tous les personnages. Car Annie et son ex-mari ont 3 grands enfants qui r\u00e9agissent selon leur caract\u00e8re. Ah\u00a0! si seulement l\u2019auteur avait concentr\u00e9 son r\u00e9cit sur 350 pages, il aurait \u00e9t\u00e9 bien plus int\u00e9ressant. Il y a tellement de longueurs que la motivation du lecteur s\u2019effrite. Dommage, car c\u2019est une peinture int\u00e9ressante d\u2019une certaine Am\u00e9rique contemporaine.<\/p>\n<p><strong>Constellation <\/strong>\u2013 Adrien Bosc \u2013(Stock novembre)<\/p>\n<p>On se souvient Marcel Cerdan et aussi la violoniste Ginette Neveu sont mort dans un accident d\u2019avion. C\u2019\u00e9tait un Constellation \u00e0 destination de New York. L\u2019auteur va se pencher en d\u00e9tail sur ce drame. Que s\u2019est-il pass\u00e9, ce 27 octobre 49, qui \u00e9tait \u00e0 bord, passagers, pilote, et m\u00eame qui a \u00e9vit\u00e9 la mort\u00a0: 3 personnes oblig\u00e9es de donner leur place \u00e0 Cerdan, prioritaire de derni\u00e8re minute. La construction du livre, en allers-retours, la rapidit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, la quantit\u00e9 de d\u00e9tails surprenants ( le mausol\u00e9e du passager inconnu\u00a0!) l\u2019implication personnelle de l\u2019auteur,donnent un livre palpitant, vrai bonheur de lecture. Un premier roman couronn\u00e9 par le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019oubli<\/strong> \u2013 Frederika Amalia Finkelstein \u2013 ( L\u2019Arpenteur- sept 2014)<\/p>\n<p>Ce que veut oublier la narratrice de ce livre, elle le dit d\u00e8s les premiers mots\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0 <em>L\u2019extermination des juifs, je ne vais pas entrer dans les d\u00e9tails.. je le dis sans honte, je veux oublier, an\u00e9antir cette inf\u00e2me shoah dans ma m\u00e9moire\u00a0\u00bb<\/em>. Une insomnie la met dehors dans la nuit parisienne. Elle marche, pense, raisonne, dit avoir 23 ans, aimer les jeux vid\u00e9o, le coca cola, les Mc Do, son grand chien Edgar qui vient de mourir, son grand fr\u00e8re, mais tout le temps Hitler, les nazis, le grand p\u00e8re d\u00e9port\u00e9 reviennent la mettre en rage.. Et pour comble, on vient de lui pr\u00e9senter la petite fille d\u2019Eischmann, tr\u00e8s guillerette\u00a0 elle\u00a0! Je n\u2019ai pas saut\u00e9 une ligne de ce r\u00e9cit fascinant superbement \u00e9crit, pas du tout morbide. C\u2019est la preuve que la toute jeune g\u00e9n\u00e9ration est pr\u00e9sente dans la m\u00e9moire collective. Oublier\u00a0? pas question\u00a0! Un premier roman, 23 ans. Ecrivain \u00e0 suivre.<\/p>\n<p><strong>Le secret de Samuel Liberman<\/strong> \u2013 G\u00e9rard Netter (Ed. Complicit\u00e9s 2014)<\/p>\n<p>Une grande lectrice me signale ce livre. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une dame qui, \u00e0 la suite du d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re \u2013 Samuel Liberman- va vider son appartement et d\u00e9couvrant des lettres, des documents, sera conduite, comme dans un jeu de piste \u00e0 d\u00e9couvrir un gros secret qui la concerne. J\u2019\u00e9cris ( mail) \u00e0 l\u2019amie\u00a0: Je rame beaucoup dans ce livre touffu, \u00e0 cause des agents doubles ou m\u00eame triples, \u00e0 cause des invraisemblances, des hasards tir\u00e9s pas les cheveux, \u00e0 cause de l\u2019idylle entre l\u2019h\u00e9ro\u00efne et son copain dont les \u00e9pisodes \u00e9rotiques m\u2019ont fait lever les yeux au ciel. Et l\u2019amie me r\u00e9pond\u00a0: Les invraisemblances et les hasards tir\u00e9s par les cheveux arrivent peut-\u00eatre dans la vie au moins autant que dans les romans, la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passant souvent la fiction. Les agents doubles ou triples sont li\u00e9s aux p\u00e9riodes troubl\u00e9s et \u00e0 l\u2019action clandestine. L\u2019amour de Prune et de Philippe participe au mouvement de la vie ordinaire. Conclusion\u00a0: voil\u00e0 un livre qui sait bien diviser les opinions\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Musique, ma vie<\/strong> \u2013 Jean Pierre Rampal \u2013 ( Calmann-Levy \u2013 1991)<\/p>\n<p>J.P. Rampal, fl\u00fbtiste virtuose, a racont\u00e9 sa vie \u00e0 une Anglaise en 89. Le livre a \u00e9t\u00e9 ensuite traduit en Fran\u00e7ais. Tous les souvenirs de l\u2019artiste d\u00e9filent, tr\u00e8s simplement\u00a0: le parcours, les rencontres, ses succ\u00e8s, ses voyages. J.P.Rampal a r\u00e9ussi \u00e0 faire de la fl\u00fbte un instrument de soliste, au m\u00eame titre que le violon et le piano. C\u2019\u00e9tait un personnage \u00e9minemment sympathique, bon vivant ( Il faisait partie du\u00a0 \u00ab\u00a0 <em>Quintette \u00e0 vin<\/em>\u00a0\u00bb disait-il. Ce voyage, au pays de la musique a ravi la bien m\u00e9diocre flutiste que je fus pendant des ann\u00e9es.\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Ce qui reste de nos vies<\/strong> \u2013 Zeruya Shalev ( Gallimard \u2013 juin 2014)<\/p>\n<p>Hemda est une tr\u00e8s vieille dame. Elle est \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, \u00e0 J\u00e9rusalem, et revit son enfance dans un kibboutz. Ses deux enfants viennent la voir\u00a0: Dina, maman d\u2019une ado difficile et Avner, avocat ( surtout des arabes), deux enfants. Le livre d\u00e9veloppe, en d\u00e9tails , la vie de ces 3 personnages principaux, au moment o\u00f9 Dina va souhaiter une chose assez originale\u00a0: \u00e0 cinquante ans, adopter un enfant. Le lecteur est constamment dans la t\u00eate des gens, toutes leurs pens\u00e9es, leurs probl\u00e8mes, leurs espoirs, toutes les relations entre eux sont v\u00e9cues avec une v\u00e9rit\u00e9 attentive. 400 pages, pratiquement sans interligne, d\u2019une \u00e9criture puissante font de ce livre un excellent roman, tr\u00e8s prenant, avec la vie quotidienne en Isra\u00ebl en toile de fond. Il a eu le Femina \u00e9tranger 2014.<\/p>\n<p><strong>Rien que la vie<\/strong> \u2013 Alice Munro \u2013 ( L\u2019Olivier Oct 2014)<\/p>\n<p>Ce livre r\u00e9unit 10 nouvelles et 4 textes autobiographiques. C\u2019est dans l\u2019un de ces deniers qu\u2019elle \u00e9crit\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>ce n\u2019est pas un conte que j\u2019\u00e9cris, c\u2019est rien que la<\/em> <em>vie<\/em>\u00a0\u00bb &#8211; titre du livre. Parmi les 10 nouvelles, certaines s\u2019imposent plus que les autres. Moi je repense tout le temps \u00e0 ce soldat sautant du train qui ralentit, ou \u00e0 cet homme qui raconte son amiti\u00e9 un peu distante avec une \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole, et on apprendra bien plus tard qu\u2019il a un bec de li\u00e8vre, tr\u00e8s mal r\u00e9par\u00e9, etc..Alice Munro n\u2019explique jamais rien. Elle dit les faits, de l\u2019ext\u00e9rieur, au lecteur de sentir, de comprendre, de cogiter. Surtout quand elle arr\u00eate une histoire tout \u00e0 coup sans pr\u00e9venir. C\u2019est superbe, intelligent, fascinant. ( Prix Nobel de Litt\u00e9rature l\u2019an dernier)<\/p>\n<p><strong>Au-dessous du volcan<\/strong> \u2013 Malcolm Lowry ( Folio \u2013 Paru en Fran\u00e7ais en 1959)<\/p>\n<p>Pour finir une belle ann\u00e9e de lecture, je rouvre ce livre-monument, d\u00e9couvert lors de sa parution. Revoil\u00e0 le Mexique, Le Consul imbib\u00e9 d\u2019alcool, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par le d\u00e9part de sa femme un an plus t\u00f4t, mais revoil\u00e0 Yvonne qui revient le chercher avec l\u2019espoir de l\u2019emmener au Canada vivre tranquillement. Je me souvenais tr\u00e8s bien \u2013 et surtout -de cette histoire d\u2019amour. En revanche, je ne me souvenais pas du fr\u00e8re du Consul, ni de Laruelle, ni que le Consul buvait de la strychnine avec ses alcools\u00a0! J\u2019ai retrouv\u00e9 cette \u00e9criture foisonnante, capable de raconter trois histoires \u00e0 la fois, qui demande du temps et de la concentration. Moyennant quoi la r\u00e9compense est l\u00e0\u00a0: une \u00e9norme et magnifique \u00e9motion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bon an, mal an ( plut\u00f4t tr\u00e8s bon an en l&rsquo; occurrence ) Francine Pampuzac envoie chaque mois \u00e0 ses amis ses notes de lecture. Aussi passionn\u00e9e que g\u00e9n\u00e9reuse elle a l&rsquo;amiti\u00e9 d&rsquo;en faire profiter les lecteurs de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre. Merci beaucoup &nbsp; Lectures de d\u00e9cembre 2014 \u2013 Francine Pampuzac Hokusa\u00ef \u2013 Sh\u00f6taro [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8012,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[486,587,479],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8011"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8011"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8011\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8013,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8011\/revisions\/8013"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8011"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8011"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8011"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}