{"id":7874,"date":"2014-11-21T15:57:03","date_gmt":"2014-11-21T14:57:03","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=7874"},"modified":"2017-08-01T11:04:44","modified_gmt":"2017-08-01T09:04:44","slug":"formidable-gilles-tiberghien-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2014\/11\/formidable-gilles-tiberghien-2\/","title":{"rendered":"Formidable Gilles Tiberghien"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/DSC0394.jpeg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-7873\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/DSC0394-300x199.jpeg\" alt=\"_DSC0394\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/DSC0394-300x199.jpeg 300w, https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/DSC0394.jpeg 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Il n\u2019est pas<\/strong><\/p>\n<p>Un homme tronc<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas toujours l\u00e0 o\u00f9 il semble pr\u00e9sent<\/p>\n<p>Il ne se m\u00e9fie pas de ses \u00e9motions<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas intelligent pour que les autres soient des cons<\/p>\n<p>Il n\u2019a forc\u00e9ment bon go\u00fbt<\/p>\n<p>Il n\u2019aime ni le pouvoir, ni ceux qui l\u2019exercent<\/p>\n<p>Il n\u2019aime pas, ne pas se mettre en danger<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas \u00e0 priori une femme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Alors qui est-il\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Un champ de bl\u00e9 m\u00fbr ondoyant sous une l\u00e9g\u00e8re brise au lever du soleil<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Un crat\u00e8re de volcan transitoirement assagi afin que lui et ses amis puissent y passer la nuit avant d\u2019assister au lever du soleil.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Un grand canyon o\u00f9 il chevaucherait aux c\u00f4t\u00e9s des indiens en r\u00e9volte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Un grec ancien, citoyen d\u2019Europe, d\u2019Am\u00e9rique et d\u2019autres continents connus ou inconnus<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Un homme sachant que ceux qui ne sont jamais ailleurs ont fort peu de chances d\u2019\u00eatre ici.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Un fr\u00e8re par la pens\u00e9e de Rabbi Nahman qui a \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ne demandes jamais ton chemin \u00e0 personne, sinon tu ne pourras jamais t\u2019\u00e9garer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2013 Un visage d\u2019homme parmi d\u2019autres visages d\u2019hommes et de femmes ayant un pr\u00e9nom, un nom, des exp\u00e9riences de vie \u00e0 partager.<\/p>\n<p>\u2013 Une passerelle pos\u00e9e entre les r\u00eaveurs, artistes, aventuriers qui l\u2019habitent et les hommes de raison, intellectuels qui ont aussi plant\u00e9 leur tente dans ses entrailles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&#8211; Il est aussi Gilles Tiberghien.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Amorce succincte d\u2019\u00e9tat civil<\/strong><\/p>\n<p>(d\u2019apr\u00e8s Wikip\u00e9dia)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est n\u00e9 en 1953. Philosophe et professeur d\u2019esth\u00e9tique, Gilles A. Tiberghien enseigne \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Paris Panth\u00e9on-Sorbonne et d l\u2019Institut d\u2019architecture de Gen\u00e8ve. Il est membre du comit\u00e9 de r\u00e9daction des Cahiers du Mus\u00e9e d\u2019Art Moderne et des Carnets du Paysage. Il a dirig\u00e9 la collection Arts et esth\u00e9tique aux \u00e9ditions Carr\u00e9, Ho\u00ebbeke et Descl\u00e9e de Brouwer.Il est l\u2019auteur de divers ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019art dans le paysage, parmi lesquels Land Art (\u00c9ditions Carr\u00e9, 1993), Nature, art, paysage (Actes Sud\/\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure du paysage, 2001) et Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses (\u00c9ditions Le F\u00e9lin, 2005)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0Il est d\u2019abord un cancre<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019un cancre\u00a0?<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Celui qui s\u2019assied au fond de la classe bien au chaud contre le radiateur\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013 Celui que les autres (parents, \u00e9l\u00e8ves, professeurs ) jugent nul\u00a0?<\/p>\n<p>-Celui qui accepte parce qu\u2019il ne peut pas faire autrement le jugement des autres\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013 Celui qui redouble deux classes et presque une troisi\u00e8me.<\/p>\n<p>\u2013 Un r\u00eaveur imp\u00e9nitent, un distrait, assez malin pour se dissimuler au regard des autres,dans une cabane aussi r\u00e9elle qu\u2019imaginaire?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Et en plus il doute\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Fils d\u2019un industriel du textile. Il vit les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie dans une grande maison proche de la for\u00eat aux Etats Unis. Ses parents ne sont gu\u00e8re abordables, mais il a une complice de jeux, sa soeur. La for\u00eat le fascine. A six ans, \u00e0 son grand regret il revient en France. Adolescent il \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re et \u00e0 sa grand-m\u00e8re des lettres pleines de po\u00e9sie. Dans l\u2019une d\u2019elle il parle des couleurs scarlatine du couchant.<\/p>\n<p>Les deux femmes se moquent de lui. Il affirme qu\u2019il a emprunt\u00e9 l\u2019expression \u00e0 Chateaubriand. Impossible la Scarlatine est une maladie pas une couleur, jamais un auteur qui se respecte ne commettrait une erreur aussi grossi\u00e8re. Une fois de plus on le renvoie \u00e0 son statut de cancre. Une dizaine d\u2019ann\u00e9es plus tard il retrouve par hasard la citation de Chateaubriand. Il croit pouvoir sortir du purgatoire. Il t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 sa m\u00e8re. Elle ne souvient pas. Elle n\u2019avait pas accord\u00e9 la moindre importance \u00e0 l\u2019\u00e9pisode. Incompr\u00e9hension, d\u00e9sespoir. Il lui faudra encore un certain temps avant de comprendre qu\u2019on ne refait pas plus ses parents qu\u2019on ne refait l\u2019histoire. Depuis il est convaincu que l\u2019on peut choisir ses parents. Ainsi, son professeur de fran\u00e7ais et philosophie, Francis Lafosse qui acceptera de dialoguer avec lui, heureux d\u2019\u00e9changer avec un esprit aussi vif. Il l\u2019accouchera . Gilles prendra confiance en lui et osera enfin s\u2019affirmer tel qu\u2019il est.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Un funambule dans tous les sens<\/strong><\/p>\n<p>Il est d\u2019accord pour faire entrer Karl Marx dans sa maison, \u00e0 condition qu\u2019il soit accompagn\u00e9 de Novalis. La sp\u00e9culation intellectuelle le motive fortement mais il rejette la formalisation conceptuelle enfermant le r\u00e9el dans un sch\u00e9ma simplificateur. Il pr\u00e9f\u00e8re partir de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue, des sensations \u00e9prouv\u00e9es pour aboutir \u00e0 l\u2019id\u00e9e.<\/p>\n<p>La curiosit\u00e9 insatiable qu\u2019il manifeste vis \u00e0 vis des gens, de la plan\u00e8te, du sport, du bricolage, de l\u2019art, des id\u00e9es, risque-t-elle de le mener \u00e0 la dispersion\u00a0? Oui. Et c\u2019est dans ce risque, cette tension qu\u2019il trouve son chemin. Il ne part pas en voyage pour fuir ou v\u00e9rifier que le monde est bien conforme \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il s\u2019en fait. Quand il part il sait ce qu\u2019il emm\u00e8ne dans ses bagages et accepte de confronter ce qu\u2019il a, ce qu\u2019il est \u00e0 ce qu\u2019il rencontre.\u00ab\u00a0Le voyage c\u2019est aussi \u00e7a, comme s\u2019il y avait des \u00e9l\u00e9ments en nous qui \u00e9taient lyophilis\u00e9s et qui s\u2019ouvraient avec beaucoup de lumi\u00e8re et de soleil\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pire, il organise sciemment sa propre distraction\u00a0: lire un livre qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec le lieu qu\u2019il explore, aller voir un film de s\u00e9rie C qui lui procure une grande \u00e9motion. Cette fa\u00e7on de faire lui permet de revisiter l\u2019objet de son \u00e9tude avec d\u2019autres yeux, d\u2019ajouter la part de r\u00eave n\u00e9cessaire pour que la r\u00e9alit\u00e9 prenne toute sa dimension. Son mouvement lui permet de p\u00e9n\u00e9trer dans les entre-deux, d\u2019\u00eatre dans la bordure, la marge inexplor\u00e9e et de tirer avec bonheur dans les coins. Ainsi il d\u00e9couvre que le polar loin d\u2019\u00eatre une litt\u00e9rature de gare d\u00e9veloppe une intelligence du r\u00e9el avec une libert\u00e9 que n\u2019a pas la litt\u00e9rature reconnue comme telle\u00a0; surveill\u00e9e \u00e9troitement par les gardiens du temple. Si la route est aussi un lieu, Le Land Art est pour Gilles au c\u0153ur de sa d\u00e9marche esth\u00e9tique. \u00ab\u00a0J\u2019ai trouv\u00e9 dans le Land art tout ce qui m\u2019int\u00e9ressait , \u00e0 la fois la g\u00e9ographie, la carte, la litt\u00e9rature, l\u2019art, les voyages, les paysages, tout\u00a0\u00bb Il est \u00e9galement un retour \u00ab\u00a0au vert paradis de son enfance\u00a0\u00bb toute investie de l\u2019imaginaire de l\u2019ouest am\u00e9ricain. Il vit l\u2019art comme une aventure, une exp\u00e9rience o\u00f9 l\u2019on prend \u00ab\u00a0le risque d\u2019interroger son propre gouffre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Amiti\u00e9 <\/strong><strong>(1)<\/strong><strong> communaut\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Etre amis aujourd\u2019hui, rel\u00e8ve de l\u2019ordre priv\u00e9. Il en allait tout autrement dans la Gr\u00e8ce antique. L\u2019amiti\u00e9 est alors le ciment qui donne sa force \u00e0 la communaut\u00e9. Il ne peut donc y avoir d\u2019action politique que dans le respect de chacun et de tous\u00a0\u00ab\u00a0La joie est la fin de toute communaut\u00e9 amicale, la joie partag\u00e9e qui nous donne le d\u00e9sir de nous surpasser. Pour \u00eatre bien avec soi m\u00eame, il faut vivre heureux avec les autres. Tout comme le partage avec eux suppose l\u2019exp\u00e9rience profonde et radicale de notre insurmontable solitude\u00a0\u00bb. Dans la soci\u00e9t\u00e9 moderne quand un homme prend le pouvoir, trop souvent l\u2019action publique qu\u2019il m\u00e8ne devient secondaire par rapport aux b\u00e9n\u00e9fices symboliques qu\u2019il en retire.<\/p>\n<p>Gilles r\u00eave d\u2019une communaut\u00e9 politique o\u00f9 l\u2019engagement de chacun contribue \u00e0 la puissance de tous. Sans doute \u00ab\u00a0les m\u00e9chants\u00a0\u00bb sont-ils incapables d\u2019amiti\u00e9.\u00a0Ils pr\u00e9f\u00e8rent les choses aux amis, qu\u2019ils traitent comme des choses.<\/p>\n<p>Il en a assez d\u2019\u00eatre au balcon en position d\u2019observateur. Peut \u00eatre faut-il avant tout rester modeste, se r\u00e9unir localement entre gens qui se connaissent et s\u2019estiment.<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Vivre dans un quartier de Paris<\/strong><\/p>\n<p>Gilles habite avec sa compagne et ses enfants le Marais depuis plus de vingt ans. Ici il conna\u00eet, parle avec tout le monde, d\u00e9veloppe une intimit\u00e9 avec des individus dont il est loin de tout savoir. Il a bien connu les vieux juifs ashk\u00e9nazes du quartier. Cette culture a quasiment disparu comme s\u2019est petit \u00e0 petit \u00e9vanoui, le Paris populaire. Ici le bling bling, la marchandise ont de plus en plus pignon sur rue, alors Gilles encore une fois se d\u00e9place. Il habite toujours au m\u00eame endroit mais rejoint sa cabane \u2013 bureau dans le XVIII , l\u00e0 o\u00f9 l\u2019Afrique redonne du sang neuf \u00e0 la ville. Il n\u2019y va pas souvent, mais il sait qu\u2019il peut y trouver refuge.<\/p>\n<p><strong>Des rencontres<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019a pas eu l\u2019occasion de prendre un verre avec Hegel Leibnitz mais il les a connu dans la profondeur de leur pens\u00e9e. Il aurait pu rencontrer Sartre, Deleuze mais la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 rend l\u2019approche des individus plus compliqu\u00e9e. Pour lui aucune activit\u00e9 n\u2019est sup\u00e9rieure \u00e0 une autre. Ce qui compte c\u2019est la vie et les histoires qu\u2019elle tisse. Un individu qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 quelque chose, chaussures, plomberie ou n\u2019importe quoi d\u2019autre est un individu int\u00e9ressant. Ainsi un \u00e9ducateur qu\u2019il a connu il y a trente ans, collectionneur de voitures, g\u00e9nial en m\u00e9canique. Il avait un charisme, une vitalit\u00e9 incroyables et un grand respect des gamins dont il s\u2019occupait. Ou encore Alexandre Von Wuthenau un aristocrate prussien connu au Mexique \u00ab\u00a0Il avait \u00e9t\u00e9 li\u00e9 au Bauhaus et a tout abandonn\u00e9 quand les nazis ont pris le pouvoir. Architecte il a construit des maisons extraordinaires. Il travaillai<strong>t <\/strong>beaucoup avec les indiens\u2026 Il \u00e9tait dr\u00f4le, imaginatif \u2026 \u00e0 la fois populaire et aristocrate, tr\u00e8s engag\u00e9 pour l\u2019\u00e9cologie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il se souvient aussi avec \u00e9motion d\u2019un homme ami de son p\u00e8re qui plantait des arbres.<\/p>\n<p>A travers les livres il s\u2019est trouv\u00e9 des h\u00e9ros qui l\u2019enchantent, ainsi l\u2019explorateur du XIX si\u00e8cle Richard Burton, Georges Orwell, Bernard Traven, Ambrose Bierce, etc\u00a0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019autre Gilles <\/strong><\/p>\n<p>Gille Tiberghien aime beaucoup Gilles Cl\u00e9ment. Ils sont amis.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9couvert quelqu\u2019un qui a une grande libert\u00e9 vis \u00e0 vis du regard social, des contraintes, vis \u00e0 vis de beaucoup de conditionnements dans lesquels beaucoup de gens de notre m\u00e9tier sont pris. Il a une v\u00e9ritable sinc\u00e9rit\u00e9. Rare. Une justesse, un engagement. J\u2019envie cet engagement qui est bas\u00e9 sur une comp\u00e9tence et qu\u2019il a \u00e9tendu au monde de l\u2019humain. Il a une prise\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>De l\u2019autre \u00e0 l\u2019un<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Gilles Cl\u00e9ment (voir le jardinier plan\u00e9taire sur ce m\u00eame blog) de me donner le nom d\u2019une personne formidable dont je pourrais faire le portrait. Il a r\u00e9pondu\u00a0: Gilles Tiberghien.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Gilles est un philosophe, ce qui n\u2019est pas une mince affaire. Il aborde les probl\u00e8mes dans leur \u00e9tendue et leur profondeur mais il est aussi capable de les placer dans l\u2019 espace d\u00e9licat de la d\u00e9rision\u00a0: il a de l\u2019humour .Gilles est un ami , ce qui n\u2019est pas une mince affaire .Les amis sont rares . Ils n\u2019ont pas besoin de comprendre pour compatir, par avance ils sont complices, cela leur donne le pouvoir de dire sans blesser ce qui va et ce qui ne va pas.<\/p>\n<p>Gilles est un ami de l\u2019art et l\u00e0 il s\u2019agit d\u2019un machin \u00e9norme qui me d\u00e9passe un peu. Mais j\u2019attache une importance extr\u00eame \u00e0 l\u2019art dans la mesure o\u00f9 j\u2019attribue \u00e0 cette fonction magique de la soci\u00e9t\u00e9 humaine le pouvoir de faire changer les choses . Alors \u00e9videment ceux qui savent parler de l\u2019art, le comprendre et le donner \u00e0 comprendre ont droit \u00e0 tout mon respect et mon admiration\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Gilles Cl\u00e9ment<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0Sur une route voyageuse<\/strong><\/p>\n<p>Gilles Tiberghien est en mouvement, \u00e0 l\u2019\u00e9coute des sensations d\u2019un monde qui ne cesse d\u2019\u00e9voluer. Plut\u00f4t que de nier l\u2019al\u00e9atoire, la fragilit\u00e9 des relations humaines, il ouvre grand les portes \u00ab\u00a0 Tant que l\u2019on est en vie, on cherche le sens que l\u2019on produit en m\u00eame temps\u2026\u2026J\u2019ai envie que les gens imaginent le monde, j\u2019ai envie de l\u2019imaginer avec eux. On ne peut pas imaginer le monde tout seul\u2026 avec des artistes, d\u2019autres personnes, n\u2019importe qui, \u00e0 n\u2019importe quel niveau, pourvu qu\u2019il y ait la joie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur la ligne de cr\u00eate des savoirs et des sensations, les artistes philosophes, parmi d\u2019autres humains, cr\u00e9ent \u00ab\u00a0des ressources pour le futur\u00a0\u00bb de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Utile.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Photos Arielle Bernheim<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Sous la plume de G T l\u2019amiti\u00e9 devient \u00ab\u00a0amitier\u00a0\u00bb acte entendu comme un engagement, une \u00e9preuve, un \u00e9change et une perte. Editions Descl\u00e9e de Brouwer. 2002<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px\/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c  no-repeat scroll 3px 50% \/ 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer;\">Enregistrer<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; \u00a0 &nbsp; &nbsp; &nbsp; Il n\u2019est pas Un homme tronc Il n\u2019est pas toujours l\u00e0 o\u00f9 il semble pr\u00e9sent Il ne se m\u00e9fie pas de ses \u00e9motions Il n\u2019est pas intelligent pour que les autres soient des cons Il n\u2019a forc\u00e9ment bon go\u00fbt Il n\u2019aime ni le pouvoir, ni ceux qui l\u2019exercent Il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7710,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7874"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7874"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7874\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10172,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7874\/revisions\/10172"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7874"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7874"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7874"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}