{"id":7443,"date":"2014-07-07T00:07:46","date_gmt":"2014-07-06T22:07:46","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=7443"},"modified":"2017-08-02T16:09:38","modified_gmt":"2017-08-02T14:09:38","slug":"formidable-kenza-sefrioui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2014\/07\/formidable-kenza-sefrioui\/","title":{"rendered":"Formidable Kenza S\u00e9frioui"},"content":{"rendered":"<p>Kenza Sefrioui, la veilleuse&#8230;<br \/>\npar Sylvie Crossman directrice des \u00e9ditions Indig\u00e8ne<\/p>\n<p>J&rsquo;ai rencontr\u00e9 Kenza Sefrioui en f\u00e9vrier 2014, \u00e0 Casablanca, dans le cadre du salon du livre international o\u00f9 elle pr\u00e9sentait le premier titre de la maison d&rsquo;\u00e9dition \u00ab En toutes lettres \u00bb qu&rsquo;elle a cr\u00e9\u00e9e en 2012 avec son compagnon Hicham Houda\u00effa : Le m\u00e9tier d&rsquo;intellectuel. J&rsquo;ai tout de suite \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par sa densit\u00e9, sa gravit\u00e9 incarn\u00e9es dans son beau profil aigu, inquiet. Par son courage et la n\u00e9cessit\u00e9 qui l&rsquo;habite. Elev\u00e9e \u00e0 Paris par une m\u00e8re fran\u00e7aise et un p\u00e8re juriste, elle aurait pu se contenter d&rsquo;une vie acquise de jeune intellectuelle dou\u00e9e, versatile, cosmopolite. Non ! Son p\u00e8re, form\u00e9 en France, engag\u00e9 dans la dans la d\u00e9fense des Droits de l&rsquo;homme, a fait un bref retour au Maroc, puis jur\u00e9 qu&rsquo;il ne remettrait plus les pieds dans un pays qu&rsquo;il juge corrompu. Kenza aurait pu se satisfaire de cette renonciation paternelle, de ce confort d&rsquo;\u00eatre la fille d&rsquo;un homme qui a dit non. En v\u00e9rit\u00e9, elle choisit de conqu\u00e9rir ses origines. Elle s&rsquo;inscrit \u00e0 l&rsquo;Institut des Langues orientales \u00e0 Paris apprend l&rsquo;arabe, et part reprendre le travail l\u00e0 o\u00f9 son p\u00e8re l&rsquo;a interrompu. Journaliste d&rsquo;investigation, elle interroge des sujets qui f\u00e2chent la royaut\u00e9, et notamment la libert\u00e9 d&rsquo;expression dans un pays o\u00f9 les mosqu\u00e9es se construisent, face aux bidonvilles les plus sordides, avec les milliards du groupe Bouygues, o\u00f9 les femmes soupirent sous leurs tchadors. Critique litt\u00e9raire, passionn\u00e9e de fiction, elle attire dans son \u00ab caf\u00e9 \u00bb \u00e0 Rabat un public chaque jour plus s\u00e9duit par ses lectures au scalpel, jamais complaisantes. Editrice dans un pays o\u00f9 les librairies se comptent sur les doigts de la main, elle lance, pour premier titre, ces dialogues avec quinze penseurs \u00e9clair\u00e9s du Maroc dans le but de r\u00e9veiller leur responsabilit\u00e9 d&rsquo;intellectuels et annonce le sujet du suivant : quinze salafistes seront appel\u00e9s \u00e0 faire de m\u00eame, \u00e0 dessiner avec des mots la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;ils entendent proposer aux Marocains. Verra bien qui pleurera le dernier&#8230;<br \/>\nBref, Kenza est une veilleuse, et c&rsquo;est pour \u00e7a que je trouve cette jeune personne \u00ab formidable \u00bb.<\/p>\n<p>Formidable Kenza Sefrioui<\/p>\n<p>Par Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p>Est-ce bien utile d\u2019\u00e9lever des enfants de fa\u00e7on raisonnable dans un monde d\u00e9raisonnable ?<br \/>\nNe vaudrait-il pas mieux les \u00e9duquer dans le pr\u00e9jug\u00e9, leur apprendre \u00e0 fermer leur esprit, \u00e0 \u00e9viter de regarder tout ce qui pourrait les amener \u00e0 douter ?<br \/>\nNe vaudrait il pas mieux leur \u00e9viter la souffrance de se sentir diff\u00e9rents, d\u00e9cal\u00e9s, en col\u00e8re ?<br \/>\nNe vaudrait il pas mieux leur \u00e9viter d\u2019avoir les boules ?<\/p>\n<p>Kenza S\u00e9frioui n\u00e9e \u00e0 Paris en 1979 a souvent les boules et \u00e0 bien la regarder, ce refus de faire la moindre concession \u00e0 tout ce qui avilit l\u2019esp\u00e8ce humaine, n\u2019a rien d\u2019une maladie. Pire la col\u00e8re de Kenza est joyeuse, sans l\u2019ombre de l\u2019affectation d\u2019une posture. Kenza aime trop la vie pour accepter qu\u2019elle soit m\u00e9diocre.<br \/>\nElle rit, rit comme un enfant incapable de renoncer.<br \/>\nLe p\u00e8re de Kenza aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9 est n\u00e9 au Maroc, il \u00e9tait arabe et avocat de profession. Sa m\u00e8re fran\u00e7aise est avocate \u00e9galement, aujourd\u2019hui associ\u00e9e \u00e0 son fils.<br \/>\nJournaliste, critique litt\u00e9raire, elle est la seule de la famille \u00e0 ne pas \u00eatre juriste. Certes. Au-del\u00e0 de leurs m\u00e9tiers, les parents de Kenza ont \u00e9t\u00e9 les d\u00e9fenseurs des pays du tiers-monde. Kenza a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e par des adultes mettant en accord leur \u00e9thique et leurs actes. Et que faisait son p\u00e8re en m\u00eame temps que ses \u00e9tudes de droit ? Une \u00e9cole de journalisme !<br \/>\nL\u2019un &#8211; flamboyant et militant sans appartenance partisane &#8211; a toujours remis \u00e0 leur place tous ceux qui voulaient bien croire que sa femme ne pouvait \u00eatre que son assistante. L\u2019autre, femme remarquable a appris \u00e0 ses enfants la valeur de l\u2019\u00e9coute et \u00e0 d\u00e9crypter la complexit\u00e9 du monde. Tous deux pourfendaient l\u2019injustice comme toute atteinte aux droits humains. Ils voyageaient avec leurs enfants, les emmenaient partout o\u00f9 la beaut\u00e9 et la vision d\u2019autres civilisations, d\u2019autres cultures pouvait leur ouvrir l\u2019esprit, leur apprendre \u00e0 dialoguer avec l\u2019autre. Avancer.<br \/>\nFaut-il \u00eatre fou ou inconscient pour pratiquer une telle ouverture, pour rendre ses enfants fiers d\u2019\u00eatre arabe, dans un monde o\u00f9 le racisme \u00e9tale ses pr\u00e9jug\u00e9s sans la moindre vergogne ?<\/p>\n<p>&#8211; Tu es a-r-a-b-e toi ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui je les connais ces gens l\u00e0<\/p>\n<p>&#8211; Tu as la peau bien claire pour une arabe !<\/p>\n<p>&#8211; Alors tu es musulmane ?<\/p>\n<p>Tu fais le ramadan ?<\/p>\n<p>Au lyc\u00e9e Henry IV, une \u00e9l\u00e8ve franco-ukrainienne suit des cours de russe.<br \/>\nAh la Russie quelle culture remarquable disent ses camarades<br \/>\nKenza elle suit des cours d\u2019arabe.<br \/>\n&#8211; \u00e9videmment c\u2019est identitaire, c\u2019est rapport \u00e0 ton p\u00e8re !<br \/>\n&#8211; Tu as la pr\u00e9tention de passer l\u2019agr\u00e9gation de lettres, si par miracle tu r\u00e9ussis, tu \u00e9pouses un fran\u00e7ais, ce sera plus facile pour toi !<br \/>\n&#8211; Je te recommande de passer le Capes, au moins tu pourras enseigner le fran\u00e7ais \u00e0 tes compatriotes (c\u2019est une agr\u00e9g\u00e9e de lettres qui parle).<br \/>\nUne autre \u00e9tudiante demande \u00e0 Kenza de lui faire une s\u00e9lection de livres \u00e9crits par des auteurs arabes. Cette derni\u00e8re veut savoir si sa camarade a une motivation particuli\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Ben oui mon copain m\u2019a promis de m\u2019offrir un voyage \u00e0 Istanbul si je r\u00e9ussissais le concours ( apr\u00e8s 10 ans d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures classiques).<\/p>\n<p>En classe de 6\u00e8me le professeur de g\u00e9ographie a \u00e9tal\u00e9 une carte du monde au tableau. Il explique que les pays du sud sont pauvres, sous-d\u00e9velopp\u00e9s, sans moyens de s\u2019en sortir, alors que les pays du nord sont riches et tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s. C\u2019est dans leur nature. D\u00e9j\u00e0 Kenza a les boules. Que de violence contenue dans cet expos\u00e9 condescendant. Tout ce qu\u2019elle a appris en voyageant et en dialoguant avec ses parents lui dit que ce discours est mensonger. Il fige pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 transitoire. Mais ce que la petite fille de 11 ans sent tr\u00e8s fort, elle n\u2019a pas les mots pour le dire. Alors quand le professeur lui demande de citer un pays du sud, elle r\u00e9pond, l\u2019Australie. Elle n\u2019a pas trouv\u00e9 d\u2019autre moyen pour exprimer son d\u00e9saccord que de r\u00e9pondre \u00e0 c\u00f4t\u00e9.<br \/>\nDe longues ann\u00e9es plus tard Kenza lit L\u2019orientalisme d\u2019Edward Said. C\u2019est une v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation. Elle a enfin trouv\u00e9 la bo\u00eete \u00e0 outils qui d\u00e9construit point par point le regard essentialiste que les occidentaux et en particulier les am\u00e9ricains portent sur l\u2019orient. Au plus profond d\u2019elle m\u00eame la jeune femme accueille une pens\u00e9e de haut vol en accord avec ses intuitions. Cela fait un bien fou.<\/p>\n<p>Quand elle doit choisir son sujet de th\u00e8se Kenza d\u00e9cide de travailler sur la revue \u00ab Souffles \u00bb cr\u00e9e en 1966 par Abdellatif La\u00e2bi. Autour de lui de jeunes po\u00e8tes d\u2019expression fran\u00e7aise veulent d\u00e9velopper une vision engag\u00e9e de la culture, d\u00e9barrass\u00e9e de ses oripeaux colonialistes. Tortures, r\u00e9pression s\u2019abattent sur la revue. Apr\u00e8s 70, Souffles qui porte un regard critique et non \u00e9litiste sur la po\u00e9sie, les arts plastiques, le cin\u00e9ma et le th\u00e9\u00e2tre, privil\u00e9gie les analyses politiques. Deux courants s\u2019affrontent. La revue va devenir le support privil\u00e9gi\u00e9 des courants marxistes l\u00e9ninistes. A travers elle la conscience d\u00e9mocratique li\u00e9e \u00e0 l\u2019importance de la culture dans la construction de l\u2019individu a fait un \u00e9norme pas en avant. La revue a aussi \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative des comit\u00e9s de soutien aux prisonniers politiques. Cette action a ensuite permis la reconnaissance officielle de leur statut. Elle a \u00e9galement suscit\u00e9 l\u2019engagement politique de nombreux \u00e9tudiants. Kenza obtient une bourse de 3 mois pour aller consulter sur place les documents qui lui manquent. Un de ses cousins, travaille au \u00ab Journal hebdomadaire \u00bb \u00e0 Casablanca. Elle fait connaissance de l\u2019\u00e9quipe. Ils sont jeunes, enthousiastes, tous dot\u00e9s d\u2019une conscience politique aigue. Ils ont le sens de la f\u00eate. Ils ont du plaisir \u00e0 travailler ensemble et savent au del\u00e0 de l\u2019expertise de chacun tenir compte du point de vue de l\u2019autre. Le Journal hebdomadaire est un lieu de d\u00e9bat sans \u00e9gal. Kenza demande \u00e0 y faire un stage tant elle trouve l\u2019\u00e9quipe formidablement \u00ab cortiqu\u00e9e \u00bb. L\u2019exp\u00e9rience est si probante qu\u2019elle sera engag\u00e9e. Elle remplacera donc la critique litt\u00e9raire sur le d\u00e9part et d\u00e9couvrira des auteurs importants et aussi l\u2019homme qui partage aujourd\u2019hui sa vie, son mari Hicham Houdaifa. Le journal hebdomadaire cr\u00e9\u00e9 en 1997 sera ferm\u00e9 par d\u00e9cision de justice en 2010, \u00ab aboutissement d\u2019un processus d\u2019asphyxie financi\u00e8re men\u00e9 par le r\u00e9gime \u00bb. Il a \u00e9t\u00e9 le symbole de ce pouvait apporter une presse ind\u00e9pendante dans un pays livr\u00e9 \u00e0 l\u2019arbitraire royal.<br \/>\nDe fait Kenza mettra 7 ans \u00e0 terminer sa th\u00e8se. Le dialogue avec les journalistes de l\u2019\u00e9quipe sera aussi \u00e0 ce niveau l\u00e0, stimulant. Habitant d\u00e9sormais Casablanca, Paris deviendra son second port d\u2019attache.<br \/>\nTu es a-r-a-b-e toi ? Oui et en est fi\u00e8re. Elle vit dans un pays qui est loin d\u2019\u00eatre un mod\u00e8le de d\u00e9mocratie. Les bourreaux qui ont tortur\u00e9 les gauchistes sont toujours au pouvoir. D\u00e9sormais ils font la chasse aux islamistes. Malgr\u00e9 tout, il y a un espoir pour la jeunesse, dans une soci\u00e9t\u00e9 en mouvement. Alors que la France qui a incarn\u00e9 la d\u00e9mocratie aux yeux du monde entier assume de moins en moins ses valeurs.<br \/>\nApr\u00e8s voir subi la dictature d\u2019Hassan II et v\u00e9cu le r\u00e9gime autoritaire mais plus ouvert sur le monde de Mohamed VI, les citoyens savent pourquoi et contre quoi ils se battent. Selon les clivages en vigueur Kenza n\u2019est pas une journaliste politique, mais son regard, son mental sont profond\u00e9ment politiques. Elle a chevill\u00e9e au corps et \u00e0 l\u2019\u00e2me une exigence lui interdisant de contribuer au statu quo emprisonnant les individus et les peuples. M\u00eame si elle refuse que l\u2019on parle d\u2019elle comme une combattante, elle est engag\u00e9e. La b\u00eatise, le m\u00e9pris, le non respect de la personne humaine, comme le refus du mouvement sont ses principaux ennemis.<\/p>\n<p>Parler d\u2019Hicham son mari pourrait bien la faire s\u2019\u00e9trangler d\u2019\u00e9motion. Il est pour elle un v\u00e9ritable journaliste d\u2019investigation dot\u00e9 d\u2019une haute vision de son m\u00e9tier. De formation scientifique, Hicham est aussi un passionn\u00e9 de litt\u00e9rature. \u00ab Je n\u2019aurais jamais pu vivre avec un type qui ne lit pas (ni d\u2019ailleurs avoir des amis qui ne lisent pas). Hicham est un grand journaliste. Ils viennent ensemble de monter une maison d\u2019\u00e9dition. Leur volont\u00e9 est de donner la parole \u00e0 la pens\u00e9e progressiste comme \u00e0 ses ennemis. Donner la parole \u00e0 l\u2019autre est essentiel \u00e0 condition de contextualiser le propos, de donner au lecteur tous les outils n\u00e9cessaires pour construire son propre point de vue. Kenza ne pouvait pas se contenter d\u2019\u00e9crire des papiers ne d\u00e9passant pas 1700 signes. La litt\u00e9rature n\u2019est pas un gadget \u00e0 avaler en une seule bouch\u00e9e. Certains disent : tu devrais penser \u00e0 des gens comme nous qui travaillent toute la journ\u00e9e .Tu devrais nous faire lire de bons romans. Pas des livres prise de t\u00eate. Mais le chemin de Kenza ne passe pas par Marc Levy, mais plut\u00f4t par des auteurs comme Mohamed Leftah qui a attendu 30 ans avant d\u2019\u00eatre reconnu comme un immense \u00e9crivain.<br \/>\nConcern\u00e9e au plus au point par son \u0153uvre elle \u00e9crit \u00ab \u2026Qu\u2019une voix d\u2019une si profonde maturit\u00e9, d\u2019une ampleur passionnelle qui vous tra\u00eene vers le sublime \u00e0 travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, \u00e9merge des ann\u00e9es de silence et de surcroit en fran\u00e7ais, venant du Caire via un \u00e9diteur les lecteurs parisien ( la Diff\u00e9rence) n\u2019a pu que sid\u00e9rer les lecteurs en \u00e9tat de choc.<br \/>\n\u2026. Une fresque somptueuse, cosmique et visionnaire et \u00e0 la limite du mysticisme. La langue regorge d\u2019un suc incantatoire, n\u00e9 de la familiarit\u00e9 intime avec le sacr\u00e9, qu\u2019il soit de l\u2019ordre du tabou ou de la transcendance. \u2026 \u00bb.<br \/>\nD\u2019autres \u00e9crivains de culture arabe comme Mohamed Hmoudane, Zaghloul Morsy , Abdallah Zrika ou de Mohamed al-Fakharany, r\u00e9cemment d\u00e9couvert, lui sont chers. Cette ouverture d\u2019esprit elle la doit aussi \u00e0 son directeur de th\u00e8se, Jean Louis Back\u00e8s, un homme de haute culture et ind\u00e9pendance d\u2019esprit, parlant le russe, l\u2019arabe et depuis peu le persan.<br \/>\nHaut les c\u0153urs, haut l\u2019esprit, l\u2019exigence est l\u00e0, complice de nombreux \u00e9crivains porte-parole d\u2019une humanit\u00e9 aussi belle que d\u00e9chir\u00e9e \u2026.<\/p>\n<p>Mais attention le rire de Kenza est toujours l\u00e0, joyeux, cristallin, l\u2019espace o\u00f9 elle se meut est chaleureux empreint de spontan\u00e9it\u00e9, d\u2019une curiosit\u00e9 infinie et d\u2019une modestie sans doute aussi forte que son \u00e9thique. Elle n\u2019est pas la derni\u00e8re \u00e0 appr\u00e9cier la bonne ch\u00e8re en compagnie d\u2019amis, dans les bars comme le Don Quichotte de Casablanca. Ces lieux n\u2019ont jamais reni\u00e9 leur pass\u00e9, complices des paroles que s\u2019\u00e9changent le jour et la nuit.<\/p>\n<p>Si elle d\u00e9teste les adeptes du sport qui n\u2019ont de cesse de s\u2019oublier au sein d\u2019un groupe, elle a la plus haute estime pour tout ce qui contribue \u00e0 construire un collectif privil\u00e9giant le d\u00e9bat et l\u2019expression de valeurs communes. Ainsi le collectif Babel Med (voir site www.babelmed.net). Des journalistes du bassin m\u00e9diterran\u00e9en enqu\u00eatent en profondeur sur un th\u00e8me commun, dans le pays o\u00f9 ils vivent avant que le collectif n\u2019op\u00e8re une synth\u00e8se. L\u2019exp\u00e9rience collective la plus stimulante est celle qu\u2019elle a connue avec le Journal hebdomadaire. Kenza aime alterner le tempo du collectif avec celui de la solitude. Les deux se compl\u00e8tent \u00e0 merveille. Ils permettent sans doute de dialoguer avec soi comme avec les autres, en toute harmonie, m\u00eame si la col\u00e8re, \u00ables boules\u00bb lui rappellent opportun\u00e9ment qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une seule fa\u00e7on d\u2019\u00eatre vivant. Ecoutez Kenza rire, ensuite la plan\u00e8te ira beaucoup mieux.<\/p>\n<p>&#8211;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kenza Sefrioui, la veilleuse&#8230; par Sylvie Crossman directrice des \u00e9ditions Indig\u00e8ne J&rsquo;ai rencontr\u00e9 Kenza Sefrioui en f\u00e9vrier 2014, \u00e0 Casablanca, dans le cadre du salon du livre international o\u00f9 elle pr\u00e9sentait le premier titre de la maison d&rsquo;\u00e9dition \u00ab En toutes lettres \u00bb qu&rsquo;elle a cr\u00e9\u00e9e en 2012 avec son compagnon Hicham Houda\u00effa : Le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7444,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7443"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7443"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7443\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7502,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7443\/revisions\/7502"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7444"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7443"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7443"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7443"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}