{"id":7397,"date":"2014-07-19T15:00:25","date_gmt":"2014-07-19T13:00:25","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=7397"},"modified":"2014-09-11T18:58:32","modified_gmt":"2014-09-11T16:58:32","slug":"il-trompait-sa-parole-avec-une-image-du-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2014\/07\/il-trompait-sa-parole-avec-une-image-du-silence\/","title":{"rendered":"Sa pens\u00e9e \u00e9tait mise en musique"},"content":{"rendered":"<p>Aphorisme, po\u00e9sie, chausse &#8211; trappe tendu aux mots et au sens, ainsi s\u2019insinue en nous \u00ab Courants blancs<br \/>\nDe Philippe Jaffeux. C\u2019est le deuxi\u00e8me livre de l\u2019auteur \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Atelier de l\u2019agneau. Il nous a autoris\u00e9 \u00e0 en reproduire trois pages. Pour en savoir plus voir sur le net les sites : www.philippejaffeux.com &#8211; www.atelierdelagneau.com<\/p>\n<p>L\u2019alphabet dit la v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019\u00e9criture alors que les ordinateurs mentent aux nombres.<br \/>\nSa voix \u00e9touffait son ego d\u00e8s qu\u2019il respirait avec de l\u2019air qui appartenait \u00e0 tout le monde.<br \/>\nSa sant\u00e9 l\u2019ignora lorsqu\u2019il comprit qu\u2019une maladie soignait le savoir de ses doutes.<br \/>\nLes yeux des animaux nous apaisent car ils refl\u00e8tent notre angoisse de savoir parler.<br \/>\nIl \u00e9tait l&rsquo;artisan de son corps depuis que sa marche \u00e9tait prise en main par la danse.<br \/>\nNous sommes des erreurs parce que la v\u00e9rit\u00e9 de la parole r\u00e9side dans un silence parfait.<br \/>\nSon travail \u00e9tait son seul plaisir lorsqu\u2019il faisait l\u2019effort d\u2019\u00eatre paresseux.<br \/>\nLes lettres sont des traces qui nous suivent si elles perdent la piste de la parole.<br \/>\nSa philosophie de l\u2019alphabet \u00e9tait la seule mystique capable de conceptualiser chaque religion.<br \/>\nSes cris \u00e9taient au service des animaux depuis que sa parole \u00e9tait inutile aux hommes.<br \/>\nL\u2019alphabet trahissait sa voix tandis qu\u2019il lisait pour traduire la fid\u00e9lit\u00e9 de son silence.<br \/>\nIl croyait \u00eatre un tigre en papier lorsqu\u2019il s\u2019habillait en blanc dans l\u2019espoir d\u2019effrayer sa page.<br \/>\nLes lettres s\u2019\u00e9crivent en silence parce qu\u2019un cri a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 notre naissance d\u2019analphab\u00e8te.<br \/>\nLa source in\u00e9puisable du temps abreuve un alphabet qui court-circuite des nombres machinaux.<br \/>\nLa parole se situe devant ce qu&rsquo;elle cache \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 elle r\u00e9v\u00e8le un secret qui nous devance.<br \/>\nLe point d\u2019interrogation \u00e9tait une r\u00e9ponse s\u2019il questionnait une ponctuation avec sa respiration.<br \/>\nSa page blanche l&rsquo;angoissait parce qu&rsquo;elle refl\u00e9tait son absence d&rsquo;inqui\u00e9tude.<br \/>\nSa b\u00eatise \u00e9tait d\u2019autant plus inutile qu\u2019il s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 l\u2019intelligence de ses muscles.<br \/>\nL\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est en paix lorsque l\u2019alphabet est mis sous tension par un ordinateur en crise.<br \/>\nIl d\u00e9visageait la sauvagerie de la mer en pleurant pour raffiner le sel de sa tristesse.<br \/>\nUn vide s\u00e9pare les mots parce que le rebond est l&rsquo;unique ressort de l&rsquo;alphabet.<br \/>\nIl apprenait \u00e0 s\u2019ennuyer depuis qu\u2019il savait s\u2019amuser avec son \u00e9tude de l\u2019ignorance.<br \/>\nLes mots sont moins dr\u00f4les que les lettres parce que nous devons respecter leur orthographe.<br \/>\nIl encha\u00eenait la civilit\u00e9 de son silence \u00e0 l\u2019alphabet pour se d\u00e9tacher d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 babillarde.<br \/>\nLettres ou ne pas l\u2019\u00eatre \u00e9tait la seule r\u00e9ponse qui questionnait son existence d\u2019analphab\u00e8te ind\u00e9cis.<br \/>\nL\u2019amoralit\u00e9 divine des nombres cautionne la science d\u2019\u00e9crire avec un alphabet magique.<\/p>\n<p>Les lettres sont toujours \u00e0 leur place lorsqu\u2019elles localisent l\u2019ubiquit\u00e9 d\u2019un vide intempestif.<br \/>\nLa parole l\u2019ennuyait \u00e0 mourir depuis que le silence exprimait son seul plaisir.<br \/>\nIl perdit la boussole d\u00e8s qu\u2019il s\u2019avan\u00e7a d&rsquo;un seul coup vers tous les points cardinaux.<br \/>\nNous resterons indispensables les uns aux autres tant que l\u2019art se limitera \u00e0 \u00eatre inutile.<br \/>\nIl s\u2019attachait \u00e0 sa folie afin de croire qu\u2019il \u00e9tait plus proche de son chien que des hommes.<br \/>\nSa r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait myst\u00e9rieuse parce qu\u2019elle \u00e9tait aussi vraie que ses r\u00eaves ind\u00e9chiffrables.<br \/>\nSes yeux \u00e9coutaient une image s\u2019il couvrait ses oreilles pour voir sa parole avec sa bouche.<br \/>\nLa chasse lib\u00e8re notre bestialit\u00e9 depuis que l\u2019\u00e9levage pi\u00e8ge l\u2019histoire de notre nature.<br \/>\nSes questions l\u2019interrogeaient d\u00e8s qu\u2019il trouvait de vraies solutions \u00e0 de faux probl\u00e8mes.<br \/>\nIl parlait pour se regarder vivre avec les yeux de ceux qui n\u2019\u00e9coutaient pas son silence.<br \/>\nDe l\u2019air gliss\u00e9 entre son marteau et son enclume forgeait le mart\u00e8lement d\u2019un vide miraculeux.<br \/>\nChacune de ses renaissances lui prouvait qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 pour rebondir sur une terre incr\u00e9\u00e9e.<br \/>\nL&rsquo;alphabet est grand s\u2019il nous aide \u00e0 raccourcir la distance avec la force de notre enfance.<br \/>\nSon ombre devan\u00e7a son corps lorsqu\u2019il prit du retard sur des nuits impatientes.<br \/>\nLes animaux ont le privil\u00e8ge de savoir crier car tous les hommes sont \u00e9gaux devant la parole.<br \/>\nIl parlait sans arr\u00eat afin de ne plus mordre des hommes dangereux.<br \/>\nToutes les v\u00e9rit\u00e9s sont des erreurs parce qu\u2019elles essayent d\u2019interpr\u00e9ter la perfection.<br \/>\nIl oubliait son image lorsqu\u2019il se souvenait des photographies qu\u2019il avait perdues.<br \/>\nSes mains imaginaient la marche de sa pens\u00e9e d\u00e8s qu\u2019il tenait sa t\u00eate entre ses pieds.<br \/>\nIl voyait ce qu\u2019il ignorait depuis qu\u2019il croyait au pouvoir d\u2019un savoir aveuglant.<br \/>\nSa r\u00e9alit\u00e9 fut mise en doute lorsqu\u2019il fut certain de se cacher derri\u00e8re des paroles fictives.<br \/>\nLes religions resteront un myst\u00e8re tant qu\u2019elles ne seront pas pratiqu\u00e9es par une humanit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.<br \/>\nIl se risqua \u00e0 \u00eatre un autre sans avenir \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il renon\u00e7a \u00e0 devenir lui-m\u00eame.<br \/>\nLes r\u00eaves nous ont invent\u00e9s parce que le sommeil est l&rsquo;unique progr\u00e8s de l&rsquo;humanit\u00e9.<br \/>\nSa solitude s\u2019enflammait s\u2019il parlait dans le but de r\u00e9chauffer celle de ses semblables.<br \/>\nNous dormons dans le noir afin que nos ombres puissent continuer \u00e0 nous poursuivre.<\/p>\n<p>Seul notre premier pas compte parce que c&rsquo;\u00e9tait celui d&rsquo;un enfant audacieux.<br \/>\nL\u2019\u00e9quilibre du temps se renversa lorsqu\u2019il fut surpris par le contraire d\u2019une attente.<br \/>\nIl devint \u00e9tranger \u00e0 son pays afin de d\u00e9finir une langue avec les fronti\u00e8res de son identit\u00e9.<br \/>\nIl ob\u00e9issait \u00e0 la logique de ses peurs pour \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 par le non-sens de sa r\u00e9volte.<br \/>\nSes pages refl\u00e9taient la caricature d\u2019un manque d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 magnifier l\u2019exactitude de son absence.<br \/>\nParler \u00e9tait un supplice depuis qu\u2019il punissait le silence avec un alphabet exalt\u00e9.<br \/>\nSon c\u0153ur battait au rythme de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 tandis qu\u2019un vide dansait entre chaque lettre.<br \/>\nIl parlait de ses illusions avec ses tripes dans l\u2019espoir de devenir un ventriloque passionn\u00e9.<br \/>\nL\u2019air \u00e9tait souill\u00e9 par sa parole lorsque son silence innocentait une respiration de ses visions.<br \/>\nIl n\u2019y a pas d\u2019\u00e2ge pour mourir depuis que les nombres mesurent un temps \u00e9ternel.<br \/>\nIl passait d\u2019une lettre \u00e0 l\u2019autre pour immobiliser sa travers\u00e9e vers un autre monde.<br \/>\nLes cercles nous donnent la bonne direction lorsqu\u2019ils trouvent un temps qui tourne en rond.<br \/>\nSa pens\u00e9e \u00e9tait mise en musique depuis que sa parole battait au rythme d\u2019un silence cr\u00e9ateur.<br \/>\nSes r\u00e9ponses l\u2019interrogeaient \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il questionnait l\u2019\u00e9lan de ses demandes irrecevables.<br \/>\nIl s\u2019amusait avec une kyrielle de temps impatients pendant qu\u2019il attendait de s\u2019ennuyer.<br \/>\nIl r\u00e9citait des noms d\u2019aliments pour d\u00e9vorer la gratuit\u00e9 d\u2019une parole consommable.<br \/>\nSon attente arrivait toujours \u00e0 point depuis qu\u2019il prenait partout du retard sur ce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9.<br \/>\nLa parole l\u2019oubliait parce qu\u2019il pensait \u00e0 la place des autres en vue d\u2019ignorer ses souvenirs.<br \/>\nIl d\u00e9sob\u00e9issait au pouvoir de l\u2019\u00e9criture s\u2019il se soumettait \u00e0 la puissance de son enfance.<br \/>\nSon intuition prit une direction oppos\u00e9e \u00e0 son but pour orienter la signification de ses sens.<br \/>\nSeul l\u2019alphabet peut apprivoiser notre mort depuis que la parole effarouche nos vies.<br \/>\nIl \u00e9teignait le feu de ses pages blanches avec de l\u2019encre afin d\u2019attiser une \u00e9criture absurde.<br \/>\nL\u2019air le blessa \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il se risqua \u00e0 parler pour aiguiser la transparence de son corps.<br \/>\nLe poids de sa voix diffamait un silence qui glorifiait la chute d\u2019un alphabet innocent.<br \/>\nNos voix br\u00fblent de l\u2019air afin d\u2019animer l\u2019obscurit\u00e9 de l\u2019alphabet avec les cendres du silence.<br \/>\nLe vide \u00e9tait trop l\u00e9ger pour \u00eatre mesur\u00e9 par un nombre qui alourdissait ses pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aphorisme, po\u00e9sie, chausse &#8211; trappe tendu aux mots et au sens, ainsi s\u2019insinue en nous \u00ab Courants blancs De Philippe Jaffeux. 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