{"id":6593,"date":"2014-04-26T21:08:45","date_gmt":"2014-04-26T19:08:45","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=6593"},"modified":"2014-06-02T18:08:54","modified_gmt":"2014-06-02T16:08:54","slug":"racines-africainesconscience-de-luniversel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2014\/04\/racines-africainesconscience-de-luniversel\/","title":{"rendered":"Racines africaines,conscience de l&rsquo;universel"},"content":{"rendered":"<p><strong>D\u00e9couvrez Africultures. Un site, un magazine, une revue qui vous offrent un autre regard sur la culture<\/strong><\/p>\n<p>Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre a \u00a0vocation \u00e0 \u00eatre un blog critique et po\u00e9tique, c\u2019est \u00e0 dire ouvert sur le monde, ses questionnements et ses imaginaires. Est-ce bien raisonnable de vouloir assumer cet objectif avec une \u00e9quipe de 5 \u00e0 6 b\u00e9n\u00e9voles\u00a0? A l\u2019\u00e9vidence non. Alors \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre raisonnables nous avons obligation de devenir intelligents. C\u2019est dans cette optique que allons multiplier les partenariats avec des associations, groupes, sites qui \u00e9largissent notre regard, d\u00e9centrent nos interrogations. Le monde a vocation \u00e0 \u00eatre multiple. R\u00e9sister face \u00e0 la banalisation culturelle, la m\u00e9diocrit\u00e9, implique le respect et le d\u00e9veloppement d\u2019une diversit\u00e9 de pens\u00e9es qui d\u00e9range les march\u00e9s. Petits en nombre nous devons avoir la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0grands\u00a0\u00bb dans la vision et dans nos relations.<\/p>\n<p>Africultures est le site des cultures Africaines en France. Il est tout autant information sur les \u00e9v\u00e8nements, spectacles, personnalit\u00e9s, que sur la musique, la litt\u00e9rature, la pens\u00e9e. Africultures c\u2019est aussi une revue trimestrielle publi\u00e9e par l\u2019Harmattan. Le dernier num\u00e9ro est consacr\u00e9 \u00e0 la marche pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et contre le racisme. Africultures c\u2019est aussi un mag bi-mensuel Le num\u00e9ro de Mars Avril est consacr\u00e9 au Rwanda. Les m\u00e9dias ont comm\u00e9mor\u00e9 le 20<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire du g\u00e9nocide subi par les Tutsi. Trop souvent il nous a sembl\u00e9 que la langue de bois officielle visait \u00e0 r\u00e9\u00e9crire l\u2019histoire dans une optique o\u00f9 l\u2019ex puissance coloniale pouvait se draper dans une posture d\u2019impartialit\u00e9 qui est pour le moins \u00e9loign\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. Au del\u00e0 de notre int\u00e9r\u00eat pour la culture africaine, il \u00e9tait donc essentiel pour nous de donner la parole aux int\u00e9ress\u00e9s. C\u2019est dans cet esprit que nous reproduisons un des articles majeurs du num\u00e9ro Mars Avril d\u2019Afriscope sur le g\u00e9nocide rwandais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Rwanda\u00a0: \u00e9crire le g\u00e9nocide et l&rsquo;exil Entretien avec Benjamin Sehene et Ga\u00ebl Faye<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ils ne sont pas de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration. Pourtant, vingt ans apr\u00e8s, le g\u00e9nocide des Tutsi continue d&rsquo;alimenter leurs \u00e9crits. Benjamin Sehene, journaliste rwandais, et Ga\u00ebl Faye, slameur franco-rwandais, ont \u00e9voqu\u00e9 leur Rwanda, leur besoin de l&rsquo;\u00e9crire et de le partager. L&rsquo;\u00e9motion \u00e9tait palpable lorsque les deux hommes se sont rencontr\u00e9s en r\u00e9gion parisienne chez cet autre artiste engag\u00e9 pour la m\u00e9moire du g\u00e9nocide qu&rsquo;est Bruce Clarke.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quel est votre lien avec le Rwanda ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ga\u00ebl Faye (G.F.)<\/strong> : J&rsquo;ai une vision id\u00e9alis\u00e9e du Rwanda o\u00f9 je n&rsquo;ai jamais v\u00e9cu. J&rsquo;ai grandi au Burundi avec ma m\u00e8re, r\u00e9fugi\u00e9e rwandaise, et mon p\u00e8re fran\u00e7ais. Je savais que le Rwanda \u00e9tait, quelque part, mon pays. Je me disais qu&rsquo;un jour, moi aussi, je rentrerai au pays. Apr\u00e8s le g\u00e9nocide, une partie de ma famille de Bujumbura (n.d.l.r. : capitale du Burundi) est rentr\u00e9e au Rwanda. J&rsquo;allais les voir chaque \u00e9t\u00e9 et c&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai d\u00e9couvert le pays.<\/p>\n<p><strong>Benjamin Sehene (B. S.)<\/strong> : En 1990, au d\u00e9but de la guerre, je vivais au Canada et j&rsquo;\u00e9tais engag\u00e9 au Front patriotique rwandais (1), dans des associations. Cette diaspora esp\u00e9rait revenir au Rwanda. En 1994, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Paris. Je me suis dit que c&rsquo;\u00e9tait mon devoir d&rsquo;aller au Rwanda. Y aller et tout raconter. Je suis parti sur un coup de t\u00eate, avec simplement des cahiers. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois depuis plus de 20 ans que je revenais en Afrique. J&rsquo;ai revu les paysages de mon enfance, les collines\u2026 et l&rsquo;horreur ! Partout o\u00f9 on passait il y avait une odeur que je n&rsquo;oublierai jamais. Je d\u00e9couvrais un pays vide. Nous avions quitt\u00e9 le Rwanda quand j&rsquo;avais quatre ans. Nous \u00e9tions apatrides. Je n&rsquo;avais pas de nationalit\u00e9, ni en Ouganda, ni au Kenya o\u00f9 j&rsquo;avais v\u00e9cu. Pour beaucoup de gens, la seule solution \u00e9tait donc de retourner au Rwanda par les armes. Par l\u00e2chet\u00e9 mais aussi par passion, j&rsquo;ai choisi l&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n<p><strong>Comment le g\u00e9nocide des Tutsi alimente-t-il vos \u00e9crits ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G.F. <\/strong>: Je suis pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du g\u00e9nocide de 1994. C&rsquo;est le concept que je n&rsquo;avais pas compris. Je n&rsquo;avais pas de recul. C&rsquo;\u00e9tait la guerre \u00e0 la fois au Burundi et au Rwanda depuis 1990. Ma famille a \u00e9t\u00e9 tellement habitu\u00e9e \u00e0 ce que tous les Tutsi soient marginalis\u00e9s, rejet\u00e9s. On ne se posait m\u00eame pas la question des m\u00e9canismes id\u00e9ologiques et politiques. En plus au Burundi le conflit \u00e9tait diff\u00e9rent. J&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;il y avait une guerre \u00e0 jeu \u00e9gal. C&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;on me l&rsquo;expliquait. Des Tutsi qui tuent des Hutu d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et des Hutu qui tuent des Tutsi de l&rsquo;autre. C&rsquo;est ce que disent encore aujourd&rsquo;hui les th\u00e8ses n\u00e9gationnistes. Plus tard, en France, j&rsquo;ai eu un premier choc avec la pi\u00e8ce : <em>Rwanda 1994<\/em>(2). Ensuite, j&rsquo;ai lu le r\u00e9cit de Yolande Mukagasana <em>La mort ne veut pas de moi<\/em> (1999) et <em>Le pi\u00e8ge ethnique<\/em> (1999) de Benjamin Sehene. Mes textes parlent beaucoup du g\u00e9nocide de 1994 mais aussi de l&rsquo;aspiration au retour au pays.<\/p>\n<p><strong>B. S. <\/strong>: Je suis flatt\u00e9 que ce soit <em>Le pi\u00e8ge ethnique<\/em> qui t&rsquo;ait ouvert au Rwanda ! Pour ma part, l&rsquo;\u00e9criture a \u00e9t\u00e9 une fa\u00e7on de pousser un coup de gueule. Dans ce qui \u00e9tait \u00e9crit sur le Rwanda je ne me retrouvais pas, je me suis dit : \u00ab\u00a0Personne n&rsquo;a rien compris. Moi, je suis l\u00e0. J&rsquo;y vais.\u00a0\u00bb Je me suis donn\u00e9 ce but dans la vie : me consacrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture sur le Rwanda. \u00c0 cette \u00e9poque il y avait tr\u00e8s peu de livres francophones sur le Rwanda.<\/p>\n<p><strong>N&rsquo;avez-vous pas peur de vous enfermer dans cette th\u00e9matique ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G.F. <\/strong>: Ne pas en parler c&rsquo;est prendre le risque que \u00e7a recommence. Quand j&rsquo;ai fait un concert au mois de juin dernier \u00e0 Kigali, une jeune fille de 18 ans est venue me voir. Elle m&rsquo;a dit : <em>\u00ab\u00a0Pourquoi, quand tu parles de nous dans tes chansons tu parles toujours du g\u00e9nocide ? \u00c7a m&rsquo;agace. Pour Bujumbura, tu parles de la f\u00eate, du quartier, des petites choses\u2026\u00a0\u00bb<\/em> Effectivement, je pense que j&rsquo;ai un regard biais\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 rwandaise parce que pour moi le g\u00e9nocide est la plus grosse catastrophe et le plus grand \u00e9v\u00e9nement qui est arriv\u00e9 dans ma vie d&rsquo;homme. Quand je prends une feuille pour \u00e9crire sur le Rwanda je me sens tiraill\u00e9 entre l&rsquo;envie d&rsquo;\u00e9crire sur autre chose et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire sur le g\u00e9nocide. Il faut donner la voix \u00e0 ceux qui ont disparu pour rien.<\/p>\n<p><strong>B. S.<\/strong> : C&rsquo;est paradoxal. Les Nations Unies viennent de d\u00e9cr\u00e9ter le g\u00e9nocide comme g\u00e9nocide des Tutsi. Comment peut-on se d\u00e9faire de ces termes ? On a tu\u00e9 des Tutsis mais qui les a tu\u00e9s ? On ne peut pas ne pas parler des identit\u00e9s. Il y a toujours des coupables qui se cachent un peu partout. Il faut continuer ne f\u00fbt-ce que pour la m\u00e9moire de ceux qui sont morts. Il faut continuer \u00e0 parler d&rsquo;eux. Aussi pour se reconstruire et \u00e9viter que les tensions rejaillissent.<\/p>\n<p><strong>Justement, comment peut-on se reconstruire ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>B. S. <\/strong>: On id\u00e9alise souvent l&rsquo;exil mais partout o\u00f9 nous avons v\u00e9cu nous \u00e9tions consid\u00e9r\u00e9s comme ind\u00e9sirables. Cela a contribu\u00e9 \u00e0 mon identit\u00e9 : je suis rest\u00e9 dans l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre issue que d&rsquo;\u00e9migrer. Berc\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t par la litt\u00e9rature anglaise, mon imaginaire c&rsquo;\u00e9tait le Londres du XIXe si\u00e8cle. Alors, quand je r\u00eavais d&rsquo;un monde meilleur, je r\u00eavais d&rsquo;une Europe id\u00e9alis\u00e9e. Je voulais partir d&rsquo;un endroit o\u00f9 l&rsquo;on me rejetait, o\u00f9 je ne me sentais pas chez moi. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas partir pour le plaisir. La g\u00e9n\u00e9ration qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e suite \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance du Rwanda a tra\u00een\u00e9 dans tous les coins de l&rsquo;Afrique sans avoir de possibilit\u00e9 pour trouver une issue \u00e0 son sort.<\/p>\n<p><strong>G.F. <\/strong>: Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9racin\u00e9. Ma m\u00e8re l&rsquo;a \u00e9t\u00e9. Elle est n\u00e9e en 1959 \u00e0 Kigali. Ensuite elle a \u00e9t\u00e9 parqu\u00e9e dans le Bugesera, (n.d.l.r : r\u00e9gion au sud-est du Rwanda o\u00f9 eu lieu un important massacre en mars 1992) dans des camps pour Tutsi o\u00f9 l&rsquo;on attendait qu&rsquo;ils p\u00e9rissent, victimes de la malaria, de la mouche ts\u00e9 ts\u00e9. Elle a eu sa premi\u00e8re nationalit\u00e9, la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, en se mariant avec mon p\u00e8re. Avant elle n&rsquo;avait que les papiers du Haut-commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Mais vous avez connu l&rsquo;exil\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>G. F.<\/strong> : Je n&rsquo;ai pas v\u00e9cu la m\u00eame chose. Au moment de la guerre au Burundi, j&rsquo;avais 13 ans et je suis arriv\u00e9 en France avec des papiers fran\u00e7ais. Je suis arriv\u00e9 en milieu d&rsquo;ann\u00e9e scolaire. C&rsquo;\u00e9tait un environnement compl\u00e8tement diff\u00e9rent. J&rsquo;ai eu du mal \u00e0 m&rsquo;int\u00e9grer, \u00e0 trouver mes rep\u00e8res, me faire des amis. L&rsquo;\u00e9criture s&rsquo;est impos\u00e9e \u00e0 moi comme un refuge. \u00c7a m&rsquo;a toujours apais\u00e9. Dans mon texte \u00ab\u00a0Hope anthem\u00a0\u00bb, je parle de la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00eatre franco-rwandais. Dans une phrase je dis : \u00ab\u00a0Une partie de moi-m\u00eame a tu\u00e9 l&rsquo;autre sans me le demander\u00a0\u00bb. Je me faisais r\u00e9guli\u00e8rement insulter \u00e0 Bujumbura par de jeunes Tutsi qui disaient que j&rsquo;\u00e9tais un sale fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0Regarde ce que ton pays a fait au Rwanda\u00a0\u00bb, me disaient-ils. Mais ma m\u00e8re est rwandaise et j&rsquo;y ai perdu de la famille. J&rsquo;avais ce probl\u00e8me identitaire.<\/p>\n<p><strong>Quel regard portez-vous sur le Rwanda aujourd&rsquo;hui ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G.F.<\/strong> : Je suis optimiste. Quand je vais \u00e0 Kigali, je rencontre des jeunes de la diaspora. Ils ont grandi \u00e0 Bruxelles, \u00e0 Paris. Le Rwanda n&rsquo;est plus du tout celui que j&rsquo;ai vu quand ma famille y allait avant ou juste apr\u00e8s le g\u00e9nocide. Il y avait un c\u00f4t\u00e9 provincial. C&rsquo;est incroyable comme Kigali est devenu une capitale moderne de l&rsquo;Afrique. Je n&rsquo;ai qu&rsquo;un regard partiel parce que je ne connais pas le Rwanda rural.<\/p>\n<p><strong>B. S. <\/strong>: Je suis d&rsquo;accord. Ces jeunes qui sont, pour beaucoup, venus d&rsquo;Occident, ont connu d&rsquo;autres pays et ont un apport tr\u00e8s enrichissant. Je suis \u00e9merveill\u00e9 par ceux qui laissent tout derri\u00e8re eux pour repartir l\u00e0-bas. Je ne pourrais pas vivre en Afrique, que ce soit \u00e0 Kigali ou Nairobi. Je suis quelqu&rsquo;un de contestataire et je crois que j&rsquo;aurais des ennuis dans n&rsquo;importe quel pays d&rsquo;Afrique. Je suis tranquille \u00e0 Paris. Il manque aussi de maisons d&rsquo;\u00e9dition\u2026<\/p>\n<p><strong>G.F. <\/strong>: Il y a de grands auteurs et de grands artistes en Afrique. C&rsquo;est un combat auquel il faut s&rsquo;atteler ! Ma m\u00e8re ne se revoit pas non plus vivre en Afrique. Vous \u00eates une g\u00e9n\u00e9ration \u00e9trange ! Moi j&rsquo;y retournerais pour y vivre. Je n&rsquo;ai toujours pas trouv\u00e9 ma place m\u00eame si j&rsquo;ai cru un moment qu&rsquo;elle \u00e9tait en France. Je recherche l&rsquo;endroit o\u00f9 je pourrais dire que je suis chez moi. C&rsquo;est peut-\u00eatre vain. Pendant longtemps, cet endroit a \u00e9t\u00e9 Bujumbura. Malheureusement, je n&rsquo;ai plus personne qui m&rsquo;y attend. Quand j&rsquo;y retourne, je suis avec des fant\u00f4mes, et m\u00eame si ce sont les lieux de mon enfance j&rsquo;ai du mal \u00e0 dire que je suis chez moi. J&rsquo;ai une phrase dans une chanson : \u00ab\u00a0L&rsquo;exil d&rsquo;un jour c&rsquo;est l&rsquo;exil de toujours.\u00a0\u00bb \u00c0 partir du moment o\u00f9 on est exil\u00e9 quelque part on ne retrouve jamais ce qu&rsquo;on a laiss\u00e9. C&rsquo;est un peu comme l&rsquo;enfance. On est tous exil\u00e9s de son enfance et on n&rsquo;y redeviendra jamais.<\/p>\n<p><strong>B. S. <\/strong>: Tout \u00e0 fait. Moi non plus je n&rsquo;ai pas retrouv\u00e9 le Rwanda de mon enfance. Le paradoxe de l&rsquo;exil\u00e9 c&rsquo;est qu&rsquo;on se retrouve toujours coinc\u00e9. On finit par se sentir \u00e9tranger partout.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(1)C&rsquo;est un mouvement de gu\u00e9rilla, puis un parti politique, qui appara\u00eet officiellement en d\u00e9cembre 1987.<br \/>\n(2)Rwanda 1994 est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre cr\u00e9\u00e9e par le collectif belge du Groupov, pr\u00e9sent\u00e9e au festival d&rsquo;Avignon 1999<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Propos recueillis par Carole Dieterich et Julien Le Gros.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Pour en savoir plus: http:\/\/www.africultures.com\/php\/index.php?nav=article&amp;no=12103#sthash.NEW7eaEy.dpuf<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Africulture a r\u00e9alis\u00e9 une lettre d&rsquo;info sp\u00e9ciale Rwanda\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.sudplanete.net\/_uploads\/lettre_info\/lettre_africultures_spe\/01\/africultures_speciale_rwanda.html\">www.sudplanete.net\/_uploads\/lettre_info\/lettre_africultures_spe\/01\/africultures_speciale_rwanda.html<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vous pouvez sur le site vous abonner \u00e0 5 num\u00e9ros d\u2019Afriscope pour la modique somme de 26\u20ac ( France m\u00e9tropolitaine \/ Outremer,Europe) ou 32\u20ac ( Afrique, Am\u00e9riques )<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019adresse postale est\u00a0: Africultures \u2013Grand Rue -26110 Pilles France<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez Africultures. 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