{"id":4562,"date":"2012-08-01T10:30:21","date_gmt":"2012-08-01T09:30:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=4562"},"modified":"2012-08-01T10:30:21","modified_gmt":"2012-08-01T09:30:21","slug":"les-pas-du-conteur-hamed-bouzzine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2012\/08\/les-pas-du-conteur-hamed-bouzzine\/","title":{"rendered":"Sur les pas du conteur Hamed Bouzzine"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les Pas<\/strong><\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas savoir ce que veulent nos pas ni o\u00f9 ils nous m\u00e8nent.<\/p>\n<p>&#8211; Nous ne savons pas tr\u00e8s bien o\u00f9 commence l\u2019aventure et o\u00f9 elle se finit.<\/p>\n<p>&#8211; Elle commence en un certain lieu et finit quelque part<\/p>\n<p>&#8211; Plus loin \u00e0 un endroit pr\u00e9cis, \u00e0 une certaine heure, un certain jour.<\/p>\n<p>&#8211; Pourtant j\u2019ai essay\u00e9 de lire l\u2019avenir, de donner aux miens \u00e0 lire l\u2019avenir<\/p>\n<p>&#8211; Mais je me dis que hier je n\u2019\u00e9tais pas et demain je ne serai plus<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai choisi\u00a0! Et maintenant je suis \u00e0 la merci de mon choix<\/p>\n<p>&#8211; Quelle diff\u00e9rence y \u2013 a &#8211; t-il entre choisir et \u00eatre choisi lorsque nous ne pouvons faire autrement que nous soumettre au choix<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9chapp\u00e9 a la chasse \u00e0 l\u2019homme et jusqu\u2019au jour o\u00f9 je fut captur\u00e9, les mailles \u00e9taient trop serr\u00e9s<\/p>\n<p>&#8211; Emmen\u00e9 par les chasseurs de cette contr\u00e9e pour \u00eatre livr\u00e9 et vendu aux receleurs de la libert\u00e9. Aux trancheurs de mes pieds l\u00e9gers et de mes bras tendus.<\/p>\n<p>&#8211; Cette absurde et fertile qu\u00eate de dignit\u00e9 que nous payons de notre sueur, de nos larmes et de notre sang. La prise de conscience d\u2019un cri<\/p>\n<p>&#8211; Comment aurais-je pu m\u2019exprimer, quand j\u2019ouvre la bouche c\u2019est pour prolonger le cri des affam\u00e9s<\/p>\n<p>&#8211; Il n\u2019y a pas de marche dans la mer comme de degr\u00e9 dans la douleur<\/p>\n<p>&#8211; Le chemin que j\u2019ai pris fut par moment glorieux, il a eu ses heurts et ses douleurs, ses sommets et ses raz de mar\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; Sans savoir o\u00f9 j\u2019allais, un jour je serai l\u00e0, un jour ailleurs. Un jour comme tous les jours o\u00f9 je suis l\u00e0. Ce ne sera plus demain.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai pourtant suivi pour atteindre mon but des routes am\u00e8res ou le sable de mes pieds brisait la pierre<\/p>\n<p>&#8211; Je l\u2019ai suivi pour atteindre d\u2019autres jours, d\u2019autres rives, d\u2019autres vies<\/p>\n<p>&#8211; Le chemin qui me rapprochait de ce pays n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 s\u00fbr m\u00eame quand il d\u00e9bouchait sur un oc\u00e9an<\/p>\n<p>&#8211; Mais je ne suis qu\u2019un galet sur une plage, un caillou dans la rivi\u00e8re. J\u2019ai travers\u00e9 tant de de villes inconnues de jour comme de nuit<\/p>\n<p>&#8211; \u00c9tais-ce hier, \u00e9tais-ce aujourd\u2019hui, \u00e9tais-ce jamais. Loin de ma demeure, j\u2019ai crois\u00e9 des couples enlac\u00e9s semblables \u00e0 des arbrisseaux qui prennent racines dans les nuages. J\u2019ai rencontr\u00e9 des enfants aux yeux charg\u00e9s d\u2019\u00e9toiles.<\/p>\n<p>&#8211; Au bout j\u2019esp\u00e9rais sentir l\u2019odeur de la d\u00e9livrance. Mais au bout je suis arriv\u00e9 au pays des Vainqueurs avec leur arrogance, leur \u00e9loquence, leur suffisance.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai endoss\u00e9 le manteau des vaincus, sans paroles, regard toujours baiss\u00e9<\/p>\n<p>&#8211; Ils ne savent pas\u00a0: la race des vaincus est tenace. La patience du cri est sans limite.<\/p>\n<p>&#8211; Ici qui est ailleurs, un ailleurs qui a enchain\u00e9 nos chevilles.<\/p>\n<p>&#8211; Ce n\u2019est pas un pays que le d\u00e9sespoir remet en cause, ni un continent mais le monde. Ce n\u2019est pas un homme mais tous les hommes. Le salut pour l\u2019homme c\u2019est ce qui comme lui a un commencement et une fin. C\u2019est l\u2019espoir qui recommence. C\u2019est l\u2019eau qui \u00e9tanche sa soif pour \u00eatre \u00e0 nouveau r\u00e9clam\u00e9e. C\u2019est le pain qui fait oublier la faim et pourtant l\u2019entretient. Le d\u00e9sespoir n\u2019est que r\u00eave de futur espoir<\/p>\n<p>&#8211; \u00catre clandestin c\u2019est avoir \u00e0 justifier de l\u2019existence. C\u2019est avoir en commun ces nuits sans sommeils, ces jours sur le qui-vive. C\u2019est aussi avoir cherch\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9rement la m\u00eame bou\u00e9e, la m\u00eame main secourable. C\u2019est avoir march\u00e9 pour ne pas tomber. C\u2019est avoir nag\u00e9 pour ne pas couler. Beaucoup de ruses employ\u00e9es pour survivre. Une ing\u00e9niosit\u00e9 de tous les instants. C\u2019est s\u2019adapter, tracer.<\/p>\n<p>&#8211; On peut s\u2019acharner sur nous, on ne r\u00e9ussira pas \u00e0 nous d\u00e9truire. De m\u00e9tamorphoses permanentes pour \u00e9chapper \u00e0 nos bourreaux. Mais aussi l\u2019histoire de solitudes. La solitude ne se transmet pas, elle n\u2019est pas g\u00e9n\u00e9tique. Un jour elle engendre la vie, un autre jour elle engendre la mort.<\/p>\n<p>&#8211; Qui a voulu partager mon ombre, l\u2019ombre n\u2019est qu\u2019une tache que l\u2019\u0153il per\u00e7oit. Mais invisible avons nous une ombre\u00a0?L\u2019ombre est un lien de la lumi\u00e8re et mon enveloppe celle de la nuit.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai cru vivre mais j\u2019ai appel\u00e9 la mort. J\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 regarder les gens d\u2019ici avec sympathie. D\u00e9sormais l\u2019agonie d\u2019un beau regard nous s\u00e9pare.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Pas Nous ne pouvons pas savoir ce que veulent nos pas ni o\u00f9 ils nous m\u00e8nent. &#8211; Nous ne savons pas tr\u00e8s bien o\u00f9 commence l\u2019aventure et o\u00f9 elle se finit. &#8211; Elle commence en un certain lieu et finit quelque part &#8211; Plus loin \u00e0 un endroit pr\u00e9cis, \u00e0 une certaine heure, un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4562"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4562"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4562\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}