{"id":4183,"date":"2011-11-24T12:01:43","date_gmt":"2011-11-24T12:01:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=4183"},"modified":"2011-11-24T12:01:43","modified_gmt":"2011-11-24T12:01:43","slug":"sylvie-crossman-lexperience-de-la-vie-fait-penser-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2011\/11\/sylvie-crossman-lexperience-de-la-vie-fait-penser-3\/","title":{"rendered":"Sylvie Crossman. Sa t\u00eate \u00e9coute ses pieds et son coeur."},"content":{"rendered":"<p><strong>Apr\u00e8s <\/strong><strong>Claire Seban, Serge Haguenauer, Nicolas Rom\u00e9as, Philippe Dauchez, voici le portrait de Sylvie Crossman. Notre s\u00e9rie \u00ab\u00a0On dirait qu&rsquo;ils sont vivants\u00a0\u00bb continue.Les personnes que nous rencontrons, ont\u00a0 chacune un parcours de vie qui\u00a0 leur appartient. Elles ont cependant en commun une exigence qui fait qu&rsquo;en permanence leur \u00e9thique interroge leurs actes.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_4185\" style=\"width: 674px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/ASB00824.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4185\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-4185\" title=\"_ASB0082\" src=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/ASB00824-664x991.jpg\" alt=\"\" width=\"664\" height=\"991\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4185\" class=\"wp-caption-text\">Photo Arielle Bernheim<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1959. Sylvie a 5 ans et entre dans une boulangerie de Rabat en compagnie d\u2019un petit camarade. Le gar\u00e7on tutoie le vieux boulanger arabe et Sylvie en est choqu\u00e9e. Ses parents viennent de quitter\u00a0 Argenteuil, ville communiste. Ils sont engag\u00e9s et regrettent une \u00e9volution syndicale qui\u00a0 donne de plus en plus place aux revendications mat\u00e9rielles. Partir enseigner au Maroc va leur permettre de respirer. Grandes vir\u00e9es sur les plages de Rabat, Sylvie a le sentiment que son corps entre en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>1963,\u00a0 retour en Europe o\u00f9 ils passeront 2 ans \u00e0 Vienne en Autriche. Le contraste est brutal. Des gens les arr\u00eatent dans la rue\u00a0\u00ab\u00a0Vous n\u2019auriez pas \u00e9t\u00e9 si fiers au temps de l\u2019occupation\u00a0\u00bb. La concierge de l\u2019immeuble les d\u00e9nonce \u00e0 la police. Leur crime\u00a0? leur chien a fait pipi dans l\u2019escalier et surtout ils ont fait 3 enfants, ce qui par les temps qui courent, d\u00e9montre bien leur irresponsabilit\u00e9. Le week \u2013end , ils vont respirer l\u2019air de la montagne au Tyrol. Dans les auberges qu\u2019ils fr\u00e9quentent les r\u00e9flexions d\u00e9sagr\u00e9ables ne manquent pas. Malaise.<\/p>\n<p>Ils repartent pour deux ans en Tunisie. 1965, c\u2019est le grand d\u00e9part pour l\u2019\u00eele sacr\u00e9e de Raiatea, \u00eele mythique, berceau du peuple et de la culture polyn\u00e9sienne, o\u00f9 les premiers maoris auraient d\u00e9barqu\u00e9, il y a plus de mille ans sur d&rsquo;immenses pirogues.<\/p>\n<p>Pour Sylvie, ces ann\u00e9es l\u00e0, entre 11 et 15 ans, sont fondatrices. Elle vit en parall\u00e8le deux fa\u00e7ons totalement diff\u00e9rentes d\u2019appr\u00e9hender le savoir. Pendant la semaine, sur les bancs de l\u2019\u00e9cole, c\u2019est le latin et le grec qui sont \u00e0 l\u2019honneur. D\u2019un\u00a0 c\u00f4t\u00e9 le savoir occidental, de l\u2019autre les enseignements oraux, entendus dans les temples sacr\u00e9s. Elle ne comprend pas grand-chose, sauf que ce qui se passe l\u00e0 est important, li\u00e9 \u00e0 la g\u00e9ographie du pays, \u00e0 la proximit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an susceptible de se d\u00e9verser dans les vall\u00e9es \u00e0 travers les passes. Il ya l\u00e0 une source de tension, d\u2019inqui\u00e9tude physique. Les orages peuvent \u00e9clater \u00e0 tout moment. Les couleurs sont fortes. La violence n\u2019est pas loin. Tr\u00e8s vite Sylvie comprend que le savoir polyn\u00e9sien, li\u00e9 \u00e0 une exp\u00e9rience de vie trouve l\u00e0 sa sup\u00e9riorit\u00e9. Elle est \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de Paris quand \u00e9clatent les \u00e9v\u00e8nements de 1968. Pour elle c\u2019est horrible de ne pas pouvoir les vivre sur place.<\/p>\n<p>1969, la famille organise son retour \u00e0\u00a0 travers un tour du monde passant\u00a0 par les \u00eeles. Ils subissent une terrible temp\u00eate entre Perth (Australie) et le Cap (Afrique du sud). Ils s\u2019y arr\u00eatent. Sur la porte d\u2019un bar, une pancarte\u00a0o\u00f9 l\u2019on peut lire \u00ab\u00a0No black\u00a0\u00bb. Effroi.<\/p>\n<p>Retour en France,\u00a0 la vie reprend son cours. Sylvie passe son bac, int\u00e8gre la pr\u00e9pa de Normale Sup \u00e0 Aix, choisit\u00a0 la langue anglaise pour passer le concours, r\u00e9ussit l\u2019\u00e9crit et va passer l\u2019oral \u00e0 Paris. Nouveau choc de\u00a0 voir que les gar\u00e7ons\u00a0 font Normale \u00e0 Paris et les filles \u00e0 Fontenay aux Roses. Apr\u00e8s une nuit agit\u00e9e, elle passe l\u2019oral. Son sentiment\u00a0 est que ce cursus est tr\u00e8s d\u00e9cal\u00e9 par rapport \u00e0 ce qu\u2019elle veut vivre. Ses parents tentent de l\u2019influencer car elle n\u2019est pas loin d\u2019int\u00e9grer ce que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme l\u2019\u00e9lite intellectuelle fran\u00e7aise. Les anglicistes, dont elle fait partie font en g\u00e9n\u00e9ral une 2 \u00e8me ann\u00e9e \u00e0 Oxford. Elle formule une demande pour aller \u00e9tudier \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019UCLA, Californie,\u00a0 pour l\u2019\u00e9nergie\u00a0 qui s\u2019y d\u00e9ploie\u00a0 et surtout\u00a0 y rencontrer Henry Miller, pour lequel\u00a0 elle a une \u00e9norme admiration. C\u2019est accept\u00e9. A peine arriv\u00e9e, elle se renseigne. Miller n\u2019habite plus Big Sur mais Pacific Palissades. Le biblioth\u00e9caire de l\u2019universit\u00e9 a justement rendez-vous avec lui le lendemain. . Elle lui remet un petit mot\u00a0 demandant \u00e0 Henry Miller de la recevoi. Miller r\u00e9pond \u00ab\u00a0formidable, venez me voir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De 1974 \u00e0 1980, ils se verront une fois par\u00a0 semaine. Miller est \u00e0 la fois un sage p\u00e9tri de culture orientale et une v\u00e9ritable explosion de vie. Chez lui la vie et l\u2019\u00e9criture sont \u00e9troitement m\u00eal\u00e9es.\u00a0\u00ab\u00a0A quoi servent les livres, s\u2019ils ne ram\u00e8nent pas vers la vie, s\u2019ils ne parviennent pas \u00e0 nous y faire boire avec plus d\u2019avidit\u00e9\u00a0\u00bb. Miller est tr\u00e8s physique. Il lui parle de son amour de la litt\u00e9rature et de l\u2019\u00e9criture. De Paris o\u00f9 il a v\u00e9cu. A cette \u00e9poque, il est amoureux d\u2019une jeune femme qui deviendra sa secr\u00e9taire. Sylvie arrive en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s midi,la porte est ouverte car souvent il somnole, traverse\u00a0 la salle \u00e0 manger o\u00f9 tr\u00f4ne une grande table de ping pong. Miller aime y voir jouer des jeunes filles toutes nues.\u00a0..Il r\u00eave d\u2019\u00e9crire un livre\u00a0 en langue fran\u00e7aise. Sylvie l\u2019encourage. Ce sera \u00ab\u00a0 je suis pas plus con qu\u2019un autre\u00a0\u00bb, \u00e9dit\u00e9 comme la plupart de ses livres chez\u00a0 Buchet Chastel. Miller est un \u00eatre pour qui la transmission est importante, c\u2019est vivre qui permet d\u2019\u00e9crire. Il a commenc\u00e9 \u00e0 vivre, le jour o\u00f9 il a r\u00e9ussi \u00e0 l\u00e2cher prise(1).<\/p>\n<p>A la fin de l\u2019ann\u00e9e, Sylvie \u00e9crit \u00e0 la directrice de l\u2019Ecole Normale ce qu\u2019elle vit dans une Californie d\u00e9bordante d\u2019\u00e9nergie et de cr\u00e9ativit\u00e9, sa rencontre fabuleuse avec Miller\u00a0 qui l\u2019incitent \u00e0 ne pas rentrer tout de suite. Miller l\u2019appuie. Il \u00e9crit une lettre \u00e0 l\u2019intention de \u00ab\u00a0Madame la maitresse de l\u2019\u00e9cole Normale\u00a0\u00bb. La jeune femme partage la vie d\u2019un avocat qui d\u00e9fend\u00a0 les droits civiques des indiens, des noirs et des mexicains. On d\u00e9couvre, on exp\u00e9rimente,\u00a0 Sylvie \u00e9crit des articles sur la soci\u00e9t\u00e9 californienne pour le journal Le Monde. La directrice de l\u2019\u00e9cole lui r\u00e9pond de revenir passer l\u2019agr\u00e9gation. Elle refuse. Ses parents ne comprennent pas son choix lui disant\u00a0\u00ab\u00a0tu vas le regretter toute ta vie\u00a0\u00bb.\u00a0 Elle sait que ce qu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 est en accord avec ses convictions. Sinon, elle aurait l\u2019impression de se trahir. En 1979, elle participe \u00e0 une op\u00e9ration en faveur des r\u00e9fugi\u00e9s Vietnamiens et Cambodgiens.\u00a0 Au Seuil, Jean-Pierre Barou qui a remarqu\u00e9 ses articles du Monde lui propose d\u2019\u00e9crire un livre sur la soci\u00e9t\u00e9 californienne. Elle reviendra en France pour finaliser son travail. Elle en a assez de la Californie. Elle y a pass\u00e9 7 ans et l\u2019Europe\u00a0 lui manque. Certes elle\u00a0 y a trouv\u00e9 une aptitude \u00e0 prendre en compte la diversit\u00e9 du monde et une grande facilit\u00e9 \u00e0 rencontrer des gens aussi surprenants que diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Le retour en France sera difficile. Elle n\u2019y a plus d\u2019existence sociale. Elle va travailler \u00e0 Lib\u00e9ration, repart, en Inde, \u00e0 Manille, aux Philippines enqu\u00eater sur le travail des enfants. R\u00e9dige\u00a0 un sujet sur le tourisme sexuel que Lib\u00e9 censure.\u2026.malaise\u00a0!<\/p>\n<p>Jean Pierre Barou est devenu son compagnon et leur premier enfant na\u00eet en 1963\u00a0: Benjamin. Ils ont envie de prendre le large. Sylvie propose \u00e0 Jacques Amalric, journaliste au service \u00e9tranger du Monde, une s\u00e9rie d\u2019articles sur la Nouvelle Z\u00e9lande et l\u2019Australie mais le financement pose probl\u00e8me.JP Barou est en train d\u2019\u00e9diter les m\u00e9moires d\u2019Andre\u00ef Sakharov.\u00a0 Ils partiront tout de m\u00eame. Ils s\u2019installent \u00e0 Sydney, veulent rencontrer les aborig\u00e8nes au centre de l\u2019Australie. Quand un terrible accident de voiture va de fa\u00e7on assez myst\u00e9rieuse les mettre sur le bon chemin. Ils sont admis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019Alice Spring o\u00f9 les patients sont aborig\u00e8nes et les m\u00e9decins, indiens. L\u2019exp\u00e9rience est incroyable, les aborig\u00e8nes se d\u00e9barrassent la nuit de tout ce qui pourrait les emp\u00eacher de se retrouver entre eux, en toute libert\u00e9. Ainsi, incidemment, ils sont amen\u00e9s\u00a0 \u00e0 voir au plus pr\u00e8s comment fonctionne ce peuple. Ce sont de grands seigneurs qui r\u00e9sistent de toutes leurs forces pour ne pas perdre leur culture et leurs valeurs, rejetant purement et simplement notre monde.<\/p>\n<p>Dans\u00a0 Savoirs Indig\u00e8nes,\u00a0 Jean Pierre Barou et Sylvie Crossman \u00e9crivent\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Nous sommes bien entr\u00e9s dans cette aventure, car c\u2019en fut une, totale, bouleversante\u00a0 comme on entre dans une enqu\u00eate sans en conna\u00eetre \u00e0 priori l\u2019issue ni sans toujours bien en ma\u00eetriser les r\u00e8gles, le cours, guid\u00e9s seulement par la conviction que la vie, tout ce qui\u00a0 la compose et notamment la conscience, est d\u2019abord une pratique, un acte et que le premier devoir qu\u2019elle exige est le devoir de cr\u00e9ation\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026.. Pour l\u2019aborig\u00e8ne, une soci\u00e9t\u00e9 sans art est une soci\u00e9t\u00e9\u00a0 condamn\u00e9e. \u2026. L\u2019art est la cl\u00e9 de la vraie vie non l\u2019industrieuse\u2026..\u00a0\u00bb <em>Enqu\u00eate sur les savoirs indig\u00e8nes. Folio Actuel 2009 <\/em><\/p>\n<p>3 ans plus tard, ils reviennent en France, veulent faire d\u00e9couvrir la peinture de ce peuple. Ils\u00a0 ach\u00e8tent une petite maison \u00e0 Montpellier,\u00a0 y entreposent\u00a0 les \u0153uvres. Georges Fr\u00e8che\u00a0 qui les y a vues, est emball\u00e9. Il leur propose de les exposer au mus\u00e9e Fabre. L\u2019enjeu \u00e9tant pour eux de faire comprendre qu\u2019\u00e0 travers cet art, c\u2019est un choix de soci\u00e9t\u00e9 qui est en cause.La proposition de Sylvie et de Jean-Pierre sort des cadres \u00e9tablis. Ils ne sont ni ethnologues, ni purs esth\u00e8tes, juste novateurs,\u00a0 passeurs de beaut\u00e9 vivante, d\u2019une r\u00e9flexion en acte. Entre\u00a0 1993 et 1997, ils piloteront trois grandes expositions\u00a0: Tibet\u00a0: la Roue du temps, Peintures de sable des indiens navajo et Peintres aborig\u00e8nes d\u2019Australie. C\u2019est en concevant les ouvrages comme mode d\u2019emploi de leurs expositions que leur vient l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er leur propre maison d\u2019\u00e9dition.<\/p>\n<p>Indig\u00e8ne\u00a0nait en 1996. Elle est d\u00e9di\u00e9e\u00a0aux savoirs et aux arts des cultures non industrielles des Premi\u00e8res nations \u2026 sans oublier les indig\u00e8nes de nos propres soci\u00e9t\u00e9s, ces pionniers qui entendent rompre avec les logiques du mercantilisme, de destruction, d\u2019uniformatisation, tout en d\u00e9gageant des p\u00f4les d\u2019autorit\u00e9 intellectuelle et de viabilit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>Le projet<\/strong><\/p>\n<p>Il est de vivre une aventure intellectuelle engag\u00e9e. Cette ambition n\u00e9e d\u2019une aspiration \u00e9mergeant d\u00e8s l\u2019enfance \u00abd\u2019une\u00a0 volont\u00e9 de vivre comme je pense\u00bb dit Sylvie Crossman. L\u2019id\u00e9e aussi que le courage doit passer avant le confort. Il serait \u00e9pouvantable de vivre sans engager sa chair. On vit et on transmet ce que l\u2019on a v\u00e9cu.\u00a0 L\u2019empathie est forte avec des populations comme celle des aborig\u00e8nes, d\u00e9chus socialement mais pr\u00eats \u00e0 se laisser\u00a0 mourir plut\u00f4t que de renoncer \u00e0 leurs valeurs.<\/p>\n<p>Je veux penser comme je vis dit-elle aussi. Etre des passeurs investis de leur responsabilit\u00e9 de chercheurs de vie. Avoir une vie anim\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e9criture puisse y puiser sa force. Une vie o\u00f9 l\u2019on l\u00e2che prise\u2026Elle cite aussi Andr\u00e9 Breton \u00ab\u00a0aimer d\u2019abord, le reste viendra apr\u00e8s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9crivains qui l\u2019accompagnent<\/strong><\/p>\n<p>Camus et L\u2019\u00e9tranger, Miller et Tropique du Cancer, Le cauchemar climatis\u00e9, Big Sur et les oranges de J\u00e9r\u00f4me Bosh. Ren\u00e9 Char pour la po\u00e9sie, des \u00e9crivains voyageurs comme Bruce Chatwin\u2026<\/p>\n<p><strong>Des belles personnes \u00e0 rencontrer<\/strong><\/p>\n<p>St\u00e9phane Hessel, Doris Lessing, Tony Gatlif<\/p>\n<p>(1)<strong>Pour Arnaud Desjardins<\/strong><strong> <\/strong><strong>l<\/strong><strong>e l\u00e2cher-prise<\/strong> est un geste int\u00e9rieur qui interf\u00e8re avec notre mani\u00e8re habituelle de r\u00e9agir. Certains l\u00e2cher-prise n\u00e9cessitent une grande force de conviction, d\u2019autres sont plus ais\u00e9s \u00e0 op\u00e9rer. Puis vient un jour o\u00f9 nous constatons que le fait de l\u00e2cher est devenu permanent. On pourrait m\u00eame dire que le l\u00e2cher-prise est devenu inutile car il n\u2019y a plus de prise, plus d\u2019appropriation de la r\u00e9alit\u00e9. <em>Extrait d\u2019un entretien d\u2019Arnaud Desjardins avec Marc de Smedt lors de la publication de Bienvenue sur la voie aux \u00e9ditions de la Table Ronde 2007<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s Claire Seban, Serge Haguenauer, Nicolas Rom\u00e9as, Philippe Dauchez, voici le portrait de Sylvie Crossman. Notre s\u00e9rie \u00ab\u00a0On dirait qu&rsquo;ils sont vivants\u00a0\u00bb continue.Les personnes que nous rencontrons, ont\u00a0 chacune un parcours de vie qui\u00a0 leur appartient. 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