{"id":2045,"date":"2010-03-26T22:28:25","date_gmt":"2010-03-26T21:28:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=2045"},"modified":"2010-03-26T22:28:25","modified_gmt":"2010-03-26T21:28:25","slug":"pour-notre-amie-marie-dominique-arrighi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2010\/03\/pour-notre-amie-marie-dominique-arrighi\/","title":{"rendered":"Pour notre amie Marie-Dominique Arrighi"},"content":{"rendered":"<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Marie -Dominique survenu le 19 mars, deux de ses amis de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre, Erik Blondin et Fran\u00e7ois Bernheim ont tenu \u00e0 apporter leur t\u00e9moignage. Le prochain\u00a0 num\u00e9ro du magazine vivant nous donnera une autre occasion de reparler d&rsquo;elle.<\/strong><\/p>\n<p><strong>ORPHELIN DE MARIE-DO ARRIGHI<\/strong><\/p>\n<p>Le velours du son de ta voix,<\/p>\n<p>La douceur de tes intonations,<\/p>\n<p>La fra\u00eecheur de tes mots,<\/p>\n<p>La pertinence de tes phrases&#8230;<\/p>\n<p>Tu \u00e9tais l\u00e0 pour m&rsquo;apprendre \u00e0 \u00e9crire,<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pu qu&rsquo;apprendre \u00e0 t&rsquo;aimer.<\/p>\n<p>Etait-ce moins utile ?<\/p>\n<p>Etait-ce moins grand ?<\/p>\n<p>Ton visage rond, ta bouille d&rsquo;enfant malicieux, ton regard p\u00e9tillant semblant toujours jubiler, ta main sur ma joue en signe d&rsquo;affection, puis tes inqui\u00e9tudes pour mon quotidien professionnel, mais ton d\u00e9sir pourtant de me d\u00e9couvrir le courage de \u00ab\u00a0balancer \u00bb sur les d\u00e9rives polici\u00e8res, et enfin nos \u00e9clats de rire, comme des projectiles contre tous les tordus qui auraient voulu nous faire taire&#8230; Ainsi pouvaient se r\u00e9sumer nos rendez-vous hebdomadaires durant lesquels tu m&rsquo;apprenais \u00e0 \u00e9crire&#8230;.<\/p>\n<p>La mort te va si mal&#8230;.<\/p>\n<p>Toi, la passionn\u00e9e qui refusais la mis\u00e8re intellectuelle qui conduit les \u00eatres dans les bas-fonds de l&rsquo;humanit\u00e9 et les fait sombrer dans la haine de l&rsquo;autre, le racisme, l&rsquo;intol\u00e9rance et l&rsquo;\u00e9go\u00efsme. Tu la combattais \u00e0 ta mani\u00e8re, un peu comme une M\u00e8re Ter\u00e9sa. Une ann\u00e9e durant, j&rsquo;ai eu ce privil\u00e8ge de t&rsquo;avoir pour moi tout seul, deux heures par semaine. C&rsquo;est un privil\u00e8ge, oui, et aussi un grand honneur que tant d&rsquo;\u00e9minents personnages auraient aim\u00e9 me voler. Et pourtant une ann\u00e9e durant, tu n&rsquo;as cess\u00e9 d&rsquo;essayer de me faire croire que les r\u00f4les \u00e9taient invers\u00e9s,\u00a0 et que l&rsquo;honneur \u00e9tait pour toi. Ton humilit\u00e9 sans fronti\u00e8re et sans borne s&rsquo;en allait gambader, sans jamais perdre de sa dignit\u00e9, jusque dans des territoires o\u00f9 le ridicule c\u00f4toyait l&rsquo;\u00e9mouvant. Je n&rsquo;oublierai jamais que c&rsquo;est en croisant ton chemin que j&rsquo;ai appris \u00e0 marcher, d\u00e9termin\u00e9 et t\u00eate haute, sans me pr\u00e9occuper des gesticulations et du vacarme de mes opposants. Gr\u00e2ce \u00e0 toi j&rsquo;ai su imaginer que les cris hostiles et les d\u00e9ferlements de haine, qui rythmaient mon chemin vers une cause que nous savions juste, \u00e9taient des manifestations de liesse et des encouragements \u00e0 mon adresse&#8230;. Tu m&rsquo;as tant donn\u00e9, et je t&rsquo;ai rendu si peu&#8230; Mais tu \u00e9tais si riche, et moi si pauvre&#8230; C&rsquo;est en affection et en amour que je te rembourse, et je sais que ce sont tes devises pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es.Tu vas me manquer, Marie-Do, et tu vas manquer aussi \u00e0 tellement de monde !!<\/p>\n<p>Erik BLONDIN<\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai rencontr\u00e9 Marie-do en 1995 pour un interview dans Lib\u00e9 sur les cons\u00e9quences du plan Vigie-pirate vues du c\u00f4t\u00e9 policiers. Elle avait h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 citer ma requalification du terme en \u00ab\u00a0VICHY-PIRATE\u00a0\u00bb de peur des cons\u00e9quences disciplinaires encourues, mais mon insistance avait eu raison de sa molle r\u00e9sistance. Et puis l&rsquo;IGS ne m&rsquo;avait pas trop ab\u00eem\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n<p><em>Nous ne nous sommes plus perdus de vue depuis et lorsque,\u00a0en 2000, Eric HAZAN me proposait l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un livre sur mon quotidien professionnel\u00a0sous la forme d&rsquo;un journal, j&rsquo;ai accept\u00e9 \u00e0 condition que Marie-Do soit mon guide et ma professeure. Nos rendez-vous hebdomadaires \u00e9taient des moments de bonheur\u00a0pour moi. Marie-Do aussi \u00e9tait heureuse, mais je crois bien que l&rsquo;origine de son bonheur, \u00e9tait surtout de constater qu&rsquo;elle me rendait heureux.<\/em><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>UNE VIE EN FORME DE CADEAU<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019un dictateur sauvage, cynique, corrompu,\u00a0 capable de r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant des milliers de vies humaines\u2026 un monstre\u00a0? ou un membre plus ou moins normal de notre tribu\u00a0? Tous les jours, nous devons faire face \u00e0 ce cruel paradoxe\u00a0: ce qui en nous nie plus ou moins\u00a0 radicalement l\u2019homme est encore humain.<\/p>\n<p>Lessiv\u00e9s, \u00e9quarris ou juste pris dans la nasse des habitudes, nous dormons, nous nous r\u00e9veillons pr\u00eats \u00e0 continuer, pr\u00eats \u00e0 subir\u2026. Parce que c\u2019est comme \u00e7a et que \u00e7a ne peut \u00eatre autrement.<\/p>\n<p><strong>Et bien non, cela peut \u00eatre autrement.<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas la th\u00e9orie qui l\u2019affirme, c\u2019est juste un \u00eatre humain qui le dit avec autant de douceur, de force que de passion violente. Ainsi est, ainsi fut Marie-Dominique Arrighi, Marido, pour ses amis, sa famille, ses camarades. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, nous savons qu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019un \u00eatre humain assume g\u00e9n\u00e9reusement sa vie, c\u2019est l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re qui devient respectable. Elle fut, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 une excellente professionnelle. Mais au-del\u00e0 du journalisme, sa v\u00e9ritable profession \u00e9tait de rendre l\u2019humanit\u00e9 fr\u00e9quentable. Alice ou lutin, l\u00e9g\u00e8re pour les autres plus sans doute que pour elle-m\u00eame, elle avait cette \u00e9l\u00e9gance supr\u00eame d\u2019\u00eatre attentive aux\u00a0 \u00eatres, joueuse,joyeuse, malgr\u00e9 le crabe. Parfois les gens g\u00e9n\u00e9reux, gentils sont r\u00e9put\u00e9s ennuyeux ou carr\u00e9ment pas tr\u00e8s malins. Gr\u00e2ce \u00e0 Marido,on sait que ce n\u2019est pas vrai. Donner plus d\u2019amour, d\u2019affection, de gentillesse que de fiel est un choix. Celui de cultiver le meilleur, plut\u00f4t que le pire, celui de l\u2019exigence, de la r\u00e9volte, de la passion et de l\u2019optimisme cons\u00e9quent. Il n\u2019y a pas \u00e0 opposer une humanit\u00e9 d\u2019inspiration saint sulpicienne \u00e0 une humanit\u00e9 corrompue, il y a \u00eatre clair dans ses choix, ses volont\u00e9s, ses engagements. Aucun \u00eatre de lumi\u00e8re n\u2019est que lumi\u00e8re, Pas plus Marido que quelqu\u2019un d\u2019autre, mais laisser dans l\u2019ombre la souffrance, le doute est aussi un choix. A l\u2019heure o\u00f9 tout ce qui est gris, ennuyeux et compass\u00e9 pourrait passer pour le comble du chic, je te suis extr\u00eamement reconnaissant Marido de m\u2019avoir donn\u00e9 la possibilit\u00e9 de te rencontrer. Merci et tendresses \u00e0 tous les tiens. Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai rencontr\u00e9 Marido en 1994. Journaliste m\u00e9dia \u00e0 Lib\u00e9 elle \u00e9tait venue voir \u00e0 quoi ressemblait la 1<sup>\u00e8re<\/sup> mouture du magazine vivant \u00ab<\/em><em> <\/em><em>Lundi \u00e7a fait d\u00e9sordre<\/em><em> <\/em><em>\u00bb Elle ne s\u2019est pas content\u00e9 de \u00ab<\/em><em> <\/em><em>couvrir<\/em><em> <\/em><em>\u00bb elle a donn\u00e9, elle s\u2019est engag\u00e9 sans jamais s\u2019immiscer. <\/em><em>Je me rends compte aujourd\u2019hui que pendant ces 5 derni\u00e8res ann\u00e9es o\u00f9 rien ne fut facile, elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente \u00e0 tous les rendez- vous que la maladie lui a permis d\u2019honorer. Ainsi aux deux premiers num\u00e9ros de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre. Cette fid\u00e9lit\u00e9 naturelle, simple, malgr\u00e9 toutes les complications, fait chaud au c\u0153ur. Gr\u00e2ce \u00e0 elle j\u2019ai connu des gens formidables, dont un policier vraiment pas comme les autres<\/em><em> <\/em><em>: Erik Blondin. Il fait partie aujourd\u2019hui de l\u2019\u00e9quipe du magazine vivant.<\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><strong><em>A consulter sur le net<\/em><\/strong><strong><em> <\/em><\/strong><strong><em>:<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>-Blog MDA, \u00ab<\/em><em> <\/em><em>K\u00bb histoire de crabe. Une \u00e9dition papier sortira en mai<\/em><\/p>\n<p><em>Les 9 vies de Marido par Pierre Marcelle Lib\u00e9 du 20 Mars 2010 <\/em><\/p>\n<p><em>Un blog pour tenir debout par Odile Benyahia-Kouider lib<\/em><em>\u00e9 20 Mars<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Marie -Dominique survenu le 19 mars, deux de ses amis de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre, Erik Blondin et Fran\u00e7ois Bernheim ont tenu \u00e0 apporter leur t\u00e9moignage. Le prochain\u00a0 num\u00e9ro du magazine vivant nous donnera une autre occasion de reparler d&rsquo;elle. 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