{"id":11039,"date":"2019-10-30T18:52:50","date_gmt":"2019-10-30T17:52:50","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=11039"},"modified":"2019-11-01T18:42:58","modified_gmt":"2019-11-01T17:42:58","slug":"fusees-des-editions-pierre-mainard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2019\/10\/fusees-des-editions-pierre-mainard\/","title":{"rendered":"Fus\u00e9es po\u00e9tiques &#8211; les Editions Pierre Mainard"},"content":{"rendered":"<p>Les 8, 9, 10, 11 Novembre se tient \u00e0 Paris, Halle des Blancs Manteaux\u00a0 \u00ab\u00a0le salon de l&rsquo;autre livre\u00a0\u00bb. Vous pouvez avoir mille et une raisons de vous y rendre, mais je ne peux r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;envie de vous en donner au moins une et pas des moindres : rencontrer les Editions Pierre Mainard.( 1)<\/p>\n<p>Cr\u00e9es en 1999 par St\u00e9phane Archambeau ces \u00e9ditions sises \u00e0 N\u00e9rac peuvent sans contestation possible \u00eatre qualifi\u00e9es de po\u00e9tiques au sens o\u00f9 la<\/p>\n<p>po\u00e9sie est d&rsquo;abord incandescence, fus\u00e9e, r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;intime avant d&rsquo;\u00eatre un genre, un territoire cern\u00e9 par des codes et des rituels.<\/p>\n<p>Pourquoi Pierre Mainard ? A l&rsquo;\u00e9vidence en hommage \u00e0 Borg\u00e9s. Une des nouvelles de\u00a0\u00a0\u00bb Fictions\u00a0\u00bb porte le titre suivant\u00a0\u00bb Pierre Mainard auteur de<\/p>\n<p>Don Quichotte. Le lecteur passionn\u00e9 de Cervant\u00e8s pourrait -il\u00a0 s&#8217;emparer de Don Quichotte pour, sans le moindre plagiat lui donner une<\/p>\n<p>nouvelle vie ? Il semble bien que oui. Ainsi St\u00e9phane Archambeau qui a \u00ab\u00a0le go\u00fbt des autres dans la bouche\u00a0\u00bb pourrait bien \u00e0 travers ses auteurs<\/p>\n<p>\u00eatre \u00a0\u00bb l&rsquo;homme \u00e9carlate qui parle dans le s\u00e9isme\u00a0\u00bb d\u00e9crit par Thierry Metz.<\/p>\n<p>Des auteurs de cette maison d&rsquo;\u00e9dition on dit qu&rsquo;ils sont d&rsquo;inspiration diverse, mais ce qui les rassemble est une commune exigence.<\/p>\n<p>L&rsquo;oeuvre ne doit pas seulement \u00eatre belle, elle doit fracasser, p\u00e9n\u00e9trer au plus profond. Ainsi la mise \u00e0 nu\u00a0 ne peut que r\u00e9v\u00e9ler son impossibilit\u00e9,<\/p>\n<p>celle de d\u00e9voiler le myst\u00e8re de la cr\u00e9ation. Si l&rsquo;art est fulgurance le travail d&rsquo;une maison d&rsquo;\u00e9dition \u00a0\u00bb habit\u00e9e \u00a0\u00bb tient tant du funambulisme que<\/p>\n<p>d&rsquo;une obstination furieuse et quotidienne \u00e0 s&rsquo;inscrire dans la dur\u00e9e. St\u00e9phane Archambeau est un artisan, sans doute un art disant au long<\/p>\n<p>cours, mais certainement pas un chaman solitaire. A l&rsquo;exigence litt\u00e9raire s&rsquo;ajoute une qualit\u00e9 fabuleuse : l&rsquo;amiti\u00e9. A travers elle, s&rsquo;est construit<\/p>\n<p>un r\u00e9seau o\u00f9 l&rsquo;\u00e9motion partag\u00e9e, la comp\u00e9tence et le go\u00fbt de la d\u00e9couverte vivent en harmonie.<\/p>\n<p>FB<\/p>\n<p><strong>Quelques fus\u00e9es extraites d&rsquo;un catalogue somptueux<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jorge Camacho<\/strong> \u00a0&#8211; Semi -Contra<\/p>\n<p>grand explorateur surr\u00e9aliste n\u00e9 \u00e0 Cuba. Sa patrie pourrait bien \u00eatre nulle part.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le niveau Rouge<\/p>\n<p>D&rsquo;amour<\/p>\n<p>Creuse la montagne<\/p>\n<p>Invisible&#8230;.<\/p>\n<p>Ailleurs un coeur<\/p>\n<p>Bat ses plumes<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>Dans les bois du ciel<\/p>\n<p>Une bougie se suicide<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pierre Peuchmaurd <\/strong>&#8211; Girofl\u00e9es<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Paris, il fr\u00e9quente la librairie d&rsquo;Eric Losfeld, terrain vague o\u00f9 quelques unes des plus belles fleurs du surr\u00e9alisme ont \u00e9clos.<\/p>\n<p>Je vois Rimbaud. Il est avec Delahaye. Il cueille des<\/p>\n<p>girofl\u00e9es sur le vieux rempart. C&rsquo;est prouv\u00e9 la mer est<\/p>\n<p>noire, le sang compt\u00e9.<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Juillet, les morts s\u00e8chent au soleil. Il fait meilleur sous<\/p>\n<p>l&rsquo;arbre o\u00f9 tu perds tes dentelles.<\/p>\n<p>Juillet au ventre d&rsquo;or,aux brasiers d&rsquo;hu\u00eetres et de<\/p>\n<p>pavots. Juillet lointain par l&rsquo;Equateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Alexandre Pierrepont<\/strong>. Fronti\u00e8res du monde habit\u00e9<\/p>\n<p>De lui Jean Yves B\u00e9riou \u00e9crit: Il est de ceux qui jouent le tout pour le tout en pariant sur les pouvoirs du langage: sa langue prend feu dans la bouche du monde&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je tourne ma langue dans la bouche du squelette du ciel<\/p>\n<p>et dans la bouche du squelette de la terre<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>Je tourne ma langue dans la bouche de la plan\u00e8te<\/p>\n<p>Je tourne ma langue dans la bouche du monde<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>Et sous le seuil de la conscience<\/p>\n<p>Sommes-nous<\/p>\n<p>Courtisans de l&rsquo;inachevable afflig\u00e9s de tics<\/p>\n<p>Boxant<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Anne-Marie Beeckman<\/strong> &#8211; Le ciel &amp; autres contes<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Tout mon bien est dans le temps qui passe\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>elle fait voler en \u00e9clats tout ce qui cloisonne, r\u00e9tr\u00e9cit<\/p>\n<p>amoindrit la vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&rsquo;avais des oreilles, Inde et Afrique. Une anguille<\/p>\n<p>devant la bouche. Sur la t\u00eate, une fleur de peau. Mais,<\/p>\n<p>d\u00e9fense de sortir, d\u00e9fense de partir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n<p>On rompt les reines.<\/p>\n<p>Quand elles sont alanguies, on les d\u00e9roule dans le lit<\/p>\n<p>du torrent<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Laurent Albarracin<\/strong> &#8211; Plein vent<\/p>\n<p>111 ha\u00efku en hommage au chien s\u00e9dentaire de Pierre Peuchmard publi\u00e9 chez Pierre Mainard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le th\u00e9 dans le bol<\/p>\n<p>pas plus autre chose<\/p>\n<p>que la lune dans la lune<\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n<p>La lune avec son doig<\/p>\n<p>montre<\/p>\n<p>tous les idiots<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Thierry Metz<\/strong>&#8211; Le grainetier<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb L&rsquo;homme qui ne s&rsquo;interroge plus sur l&rsquo;Enjeu, se retrouve derri\u00e8re une porte<\/p>\n<p>qu&rsquo;il tient \u00e0 bout de bras, qui avance avec lui et qui ne s&rsquo;ouvre pas\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8230; Je ne compte plus en moi les yeux qui choisissent la meilleure orange sur l&rsquo;arbre.<\/p>\n<p>Le prends la premi\u00e8re venue et m&rsquo;\u00e9change avec elle. Je go\u00fbte son langage sur sa branche, trouvant \u00e0 ma taille sa place infinie, lui transf\u00e9rant la mienne. Car dans le psaume chaque mot est graine. Il est mon acte devant toi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jo\u00ebl Cornuault- <\/strong>Souvent nous cheminons<\/p>\n<p>auteur d&rsquo;essais sur Ts&rsquo;ing- tchao, Elis\u00e9e Reclus, il est aussi traducteur, \u00e9diteur et po\u00e8te aimant \u00e0 vagabonder au gr\u00e9 de sa fantaisie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est un morceau de mon coeur, justement, que j&rsquo;ai laiss\u00e9 \u00e0 trois cents kilom\u00e8tres d&rsquo;ici derri\u00e8re le village de Llo, on loin de Saillagouse, en Cerdagne fran\u00e7aise. Il est rest\u00e9, parmi les pins et rochers, dans une passe taill\u00e9e\u00a0 par le Segre. qui sinue, de temps \u00e0 autre pav\u00e9 de marbre blanc, entre parois roussies.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>Voir l&rsquo;interview de St\u00e9phane Archambeau <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb les \u00e9ditions Pierre Mainard la passion du toucher\u00a0\u00bb par Laurine Rousselet -Revue l&rsquo;actualit\u00e9 Nouvelle Aquitaine . Octobre 2018 <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>(1) <\/em>Stand B22 partag\u00e9 avec Le Cadran lign\u00e9 et Le Grand os<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Illustration de Pierre Sabatelli<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les 8, 9, 10, 11 Novembre se tient \u00e0 Paris, Halle des Blancs Manteaux\u00a0 \u00ab\u00a0le salon de l&rsquo;autre livre\u00a0\u00bb. 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