{"id":10864,"date":"2019-04-26T18:12:13","date_gmt":"2019-04-26T16:12:13","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=10864"},"modified":"2019-10-09T14:55:12","modified_gmt":"2019-10-09T12:55:12","slug":"si-tu-timagines-grenoble-reportage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2019\/04\/si-tu-timagines-grenoble-reportage\/","title":{"rendered":"Si tu t&rsquo;imagines Grenoble &#8211; reportage"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>&#8211; \u00ab <strong>R<\/strong>\u00e9siste, prouve que tu existes \/ Cherche ton bonheur \/ Va, refuse ce monde \u00e9go\u00efste \/ R\u00e9siste, suis ton coeur qui insiste \/ Ce monde n&rsquo;est pas le tien \/ Bats-toi, signe et persiste \/ R\u00e9siste \u00bb.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Michel Berger &#8211; France Gall<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u00a0\u00bb On ne peut obtenir la libert\u00e9 par des moyens autoritaires; en fait , on doit soi- m\u00eame, autant que possible, dans ses relations avec ses amis et alli\u00e9s, incarner la soci\u00e9t\u00e9 que l&rsquo;on souhaite cr\u00e9er\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>David Graeber- Pour une anthropologie anarchiste<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le monde social est repr\u00e9sentation et volont\u00e9, comme le rappelle si souvent Bourdieu, et ce sont les volont\u00e9s et repr\u00e9sentations qui font la r\u00e9alit\u00e9, comme elles font la politique\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Didier Eribon &#8211; Principes d&rsquo;une pens\u00e9e critique<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>A quoi \u00e7a sert qu&rsquo;on pense, \u00e0 part nous torturer, \u00e0 part nous donner l&rsquo;impression qu&rsquo;on y peut rien, tellement rien qu&rsquo;il vaut mieux oublier non, oublier et prendre. Prendre ce qu&rsquo;il y a \u00e0 prendre, suffirait de viser ce qui nous fait plaisir et pour le reste oublier, oublier tout ce qui n&rsquo;est pas l\u00e0 pour que nous soyons heureux.<\/p>\n<p><strong>Pascale Henry- Le cochon est-il une s\u00e9rie de tranches de jambon?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas la technique qui nous asservit , c&rsquo;est le sacr\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la technique.<\/p>\n<p><strong>Jacques Ellul<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les pauvres \u00e7a pue et \u00e7a pollue\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le Postillon, journal de Grenoble et sa cuvette. D\u00e9cembre 2018\/ Janvier 2019<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>\u00a0\u00bb Le grand combat intellectuel de notre si\u00e8cle a commenc\u00e9. Mesdames et messieurs ,cette Maison y convie chacun de vous, parce que la culture est devenue l&rsquo;autod\u00e9fense de la collectivit\u00e9, la base de la cr\u00e9ation et l&rsquo;h\u00e9ritage de la noblesse du monde\u00a0\u00bb \u00a0<strong>Andr\u00e9 Malraux 13 F\u00e9vrier 1968\u00a0 \u00e0 l&rsquo;inauguration de la maison de la culture de Grenoble. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10865\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-23.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><u>\u00a0<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><u>\u00a0<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><u>\u00a0<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><u>Sommaire <\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>1\/ Premi\u00e8res approches de la ville<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>2\/ Un voyage o\u00f9 les plus beaux paysages sont les \u00eatres humains<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>3\/ Fondations Grenobloises<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>4\/ Des questions sur Grenoble<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>5\/ On dirait une ville de gauche !<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>6\/ Une ville qui prend le risque de se tromper&#8230;donc de r\u00e9ussir<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>7\/ Conclusion ouverte<\/em><\/strong><\/p>\n<p>____________________________________________________________________<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><span style=\"color: #ff0000;\">1\/<strong> Premi\u00e8res approches de la ville&#8230;<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10868\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-9.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8230;Une ville plut\u00f4t\u00a0 debout que couch\u00e9e !<\/strong><\/p>\n<p>On pourrait dire que cette ville situ\u00e9e au fond d&rsquo;une cuvette, cern\u00e9e par les montagnes et la pollution n&rsquo;est pour le moins pas tr\u00e8s chanceuse&#8230;<\/p>\n<p><strong>&#8230; <\/strong>qu&rsquo;ici les dynasties bourgeoises ont disparu corps et biens&#8230;qu&rsquo;une ville qui abrite autant d&rsquo;\u00e9trangers\u00a0 a forc\u00e9ment une morale douteuse. N&rsquo;oublions pas qu&rsquo;\u00e0 Grenoble la mafia a droit de cit\u00e9. On pourrait dire \u00a0beaucoup de b\u00eatises, de contre-v\u00e9rit\u00e9s et passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une ville qui a un coeur aussi \u00e9norme que la t\u00eate. Une cit\u00e9 o\u00f9 le conflit est consid\u00e9r\u00e9 comme un moteur, la volont\u00e9 comme le plus puissant des acteurs. Une ville qui a l&rsquo;audace d&rsquo;exp\u00e9rimenter, donc de se tromper pour mieux rebondir. On pourrait aussi dire \u00a0comme le g\u00e9ographe Raoul Blanchard (1) que si \u00a0Grenoble aujourd&rsquo;hui existe tr\u00e8s fort, c&rsquo;est parce qu&rsquo;au d\u00e9part son seul \u00a0atout \u00e9tait la prise de conscience de ce d\u00e9nuement et surtout la volont\u00e9 farouche d&rsquo;y faire face. Ainsi, au- del\u00e0 d&rsquo;une pseudo fatalit\u00e9, l &lsquo;histoire humaine pourrait bien \u00eatre faite par des femmes et des hommes d\u00e9gag\u00e9s de toute fatalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00a0Plut\u00f4t ensemble que chacun dans son coin<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong><u>Une comm\u00e9moration du 11 novembre h\u00e9ro\u00efque<\/u><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Entre le 8 et le 9 Septembre 1943 les troupes allemandes\u00a0 se substituent aux militaires Italiens. L&rsquo;occupation et la r\u00e9pression deviennent beaucoup plus violentes. Le 11 novembre malgr\u00e9 les interdictions du gouvernement de Vichy pr\u00e8s de 2000 personnes se rassemblent pour comm\u00e9morer l&rsquo;armistice de 1918. 600 seront arr\u00eat\u00e9es, 369 envoy\u00e9es en camp de concentration.<\/p>\n<p>(source Mus\u00e9e de la R\u00e9sistance)<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><span style=\"color: #993300;\"><strong>Neyrpic:\u00a0 Qui ne soutient pas la classe ouvri\u00e8re \u00e0 Grenoble?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Au d\u00e9but du xx si\u00e8cle deux entreprises \u00e9mergent du tissu industriel grenoblois: Merlin-G\u00e9rin, sp\u00e9cialiste de la distribution \u00e9lectrique et Neyrpic qui deviendra un leader des grands \u00e9quipements hydrauliques. L&rsquo;entreprise est dirig\u00e9e depuis plus de 40 ans par deux catholiques fervents qui entendent mettre en accord leurs actes avec leurs convictions. Ils sont fermes, mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, respectueux des options syndicales de leurs ouvriers et vont m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 engager des agitateurs, refoul\u00e9s partout ailleurs. Sur cette lanc\u00e9e ils acceptent la mise en place fin 1962 de la section syndicale d&rsquo;entreprise, qui \u00a0ne deviendra l\u00e9gale sur tout le territoire qu&rsquo;en 1968. Scandale. Le ministre des finances de l&rsquo;\u00e9poque Willy Baumgartner\u00a0 convoque le patron du CNPF. Il lui demande de faire entendre raison \u00e0 ce patron non conforme. L&rsquo;entreprise est absorb\u00e9e par le groupe Alsthom, Georges Glazer son PDG devint le N\u00b01 de Neyrpic.\u00a0 Il revient sur les avantages acquis, proc\u00e8de \u00e0 de nombreux licenciements et&#8230; d\u00e9clenche une gr\u00e8ve historique de 9 mois. Geo Boulloud( 1) militant CGT, issu de la Joc qui devint en 1965 la cheville ouvri\u00e8re de l&rsquo;\u00e9quipe Dubedout(2) \u00e9tait charg\u00e9 des relations ext\u00e9rieures au sein de l&rsquo;intersyndicale. Ses liens avec les professeurs chr\u00e9tiens progressistes et leur soutien au pr\u00eatre sanctionn\u00e9 par sa hi\u00e9rarchie pour son engagement aupr\u00e8s des ouvriers furent d\u00e9cisifs face \u00e0 un milieu universitaire qui s&rsquo;\u00e9tait mobilis\u00e9 contre la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie et les conditions de travail pr\u00e9caires des nouveaux assistants.<\/p>\n<p>Le 29 Mars 1963 les grenoblois \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 un meeting de soutien aux travailleurs de Neyrpic pr\u00e9sid\u00e9 par le doyen Gor\u00e9 de la facult\u00e9 de droit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute la population est convi\u00e9e \u00e0 venir s&rsquo;informer et prouver par sa pr\u00e9sence sa solidarit\u00e9 avec les travailleurs de la grande firme grenobloise\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1968 Les ouvriers repr\u00e9sentaient 36,2% de la population de la ville et 43,1% de l&rsquo;agglom\u00e9ration.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter qu&rsquo;ici la porosit\u00e9 entre le milieu industriel, l&rsquo;universit\u00e9 et les chercheurs s&rsquo;affiche clairement en faveur des classes populaires.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>R\u00e9novation des quartiers ne veut pas forc\u00e9ment dire exclusion.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Partout en France ont lieu des op\u00e9rations de r\u00e9novation des quartiers connaissant un habitat d\u00e9grad\u00e9, voire insalubre. Ces op\u00e9rations voient les populations d&rsquo;origine modeste ou en difficult\u00e9, rejet\u00e9es \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville, dans des banlieues ou dans des zones dites p\u00e9ri-urbaines. Ainsi on peut sans exag\u00e9rer dire que r\u00e9novation est devenue synonyme d&rsquo;exclusion. La politique de l&rsquo;\u00e9quipe Dubedout a \u00e9t\u00e9 en sens inverse. Saint Laurent, Brocherie- Chenoise, Tr\u00e8s -Clo\u00eetre ont \u00e9t\u00e9 des quartiers d&rsquo;accueil voire de transit pour les populations issues de l&rsquo;immigration italienne. La mairie\u00a0 a recrut\u00e9 tous les experts n\u00e9cessaires lui permettant d&rsquo;atteindre la maitrise compl\u00e8te des diff\u00e9rentes op\u00e9rations.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #993300;\">Quand une municipalit\u00e9 offre \u00a03 heures de musique par semaine aux enfants du quartier Mistral.\u00a0\u00a0<\/span> <\/strong><\/p>\n<p>En 1977 Ren\u00e9 Rizzardo(3) adjoint \u00e0 la culture d&rsquo;Hubert Dubedout propose de mettre en place dans le quartier Mistral une exp\u00e9rimentation portant d&rsquo;une \u00e0 trois heures par semaine\u00a0 l&rsquo;initiation \u00e0 la pratique musicale. Les enfants pouvaient sans contrainte choisir la musique qu&rsquo;ils voulaient \u00e9couter, comme l&rsquo;instrument de leur choix. L&rsquo;exp\u00e9rience s&rsquo;arr\u00eate en 1983 avec l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Alain Carignon \u00e0 la mairie. Ceux qui ont eu le bonheur de participer \u00e0 cette initiation l&rsquo;ont v\u00e9cue comme une possibilit\u00e9 de devenir des acteurs culturels \u00e0 part enti\u00e8re, sans forc\u00e9ment disposer d&rsquo;un savoir acad\u00e9mique.<\/p>\n<p>Grace \u00e0 l&rsquo;action d\u00e9termin\u00e9e du Prunier Sauvage (4), centre culturel du quartier Mistral. Cette pratique a pu revoir le jour en 2017.<\/p>\n<p><strong>Plut\u00f4t devant que derri\u00e8re&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>La journ\u00e9e des tuiles, premi\u00e8re journ\u00e9e de \u00a0la r\u00e9volution fran\u00e7aise<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le 7 juin 1788, le lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de la province confie \u00e0 des patrouilles de soldats des lettres de cachet \u00e0 remettre aux parlementaires pour leur signifier un exil sur leurs terres. Mais le tocsin sonne. La population est rameut\u00e9e par les auxiliaires de justice, particuli\u00e8rement f\u00e2ch\u00e9s de perdre le Parlement, qui est leur gagne-pain. Des Grenoblois s&#8217;emparent des portes de la ville. D&rsquo;autres, mont\u00e9s sur les toits, jettent des tuiles et divers objets sur les soldats. Vers la fin de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, les \u00e9meutiers, ma\u00eetres de la ville, r\u00e9installent les parlementaires dans le palais de justice. Les repr\u00e9sentants du Dauphin\u00e9, au nombre d&rsquo;environ 540, se r\u00e9unissent finalement le 21 juillet au ch\u00e2teau de Vizille. Ils appellent \u00e0 refuser le paiement de l&rsquo;imp\u00f4t et demandent aux autres assembl\u00e9es provinciales d&rsquo;en faire autant. C&rsquo;est la premi\u00e8re manifestation de r\u00e9volte contre l&rsquo;autorit\u00e9 royale. Louis XVI se r\u00e9sout donc le 8 ao\u00fbt 1788 \u00e0 convoquer les Etats G\u00e9n\u00e9raux. Leur ouverture est fix\u00e9e au 5 mai 1789. Depuis 2015, La mairie de Grenoble c\u00e9l\u00e8bre\u00a0 l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement en organisant la f\u00eate de Tuiles.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>Le 1er Planning Familial<\/strong><\/span><\/p>\n<p>le 10 juin 1961, le premier centre de planning familial ouvre ses portes \u00e0 Grenoble. \u00ab\u00a0Dans cet \u00e9tablissement et dans ceux qui s&rsquo;ouvrent les ann\u00e9es suivantes, on aide les femmes \u00e0 contr\u00f4ler les naissances et \u00e9viter un avortement clandestin dangereux\u00a0\u00bb En 1967 la loi Neuwirth autorisera la contraception et la loi Weil d\u00e9p\u00e9nalisera l&rsquo;avortement en France .<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>Le 1er Observatoire des Politiques Culturelles <\/strong>(5)<\/span><\/p>\n<p>Ren\u00e9 Rizzardo(3), ancien adjoint \u00e0 la culture d&rsquo;Hubert Dubedout n&rsquo;a cess\u00e9 de mener une r\u00e9flexion approfondie sur la culture outil d&rsquo;\u00e9mancipation sociale. Au minist\u00e8re de la culture les pr\u00e9occupations d&rsquo;Augustin Girard\u00a0 chef du d\u00e9partement \u00e9tudes et prospective vont dans le m\u00eame sens. Comment s&rsquo;articule la cr\u00e9ation artistique et culturelle avec les \u00e9volutions de soci\u00e9t\u00e9. Comment les politiques publiques s&rsquo;inscrivent sur le territoire \u00e0 l&rsquo;heure de la d\u00e9centralisation et \u00e9galement du constat des fortes\u00a0 disparit\u00e9s inter-territoriales. C&rsquo;est en r\u00e9ponse \u00e0 ces questions qu&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Grenoble en 1989 l&rsquo;Observatoire National\u00a0 des Politiques Culturelles (5), aujourd&rsquo;hui dirig\u00e9 par Jean Pierre Saez. Cet outil n&rsquo;existe qu&rsquo;en France. Aussi l&rsquo;observatoire m\u00e8ne-t-il \u00e9galement des missions \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>La premi\u00e8re mutuelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La Mutuelle d&rsquo;Entraide et d&rsquo;Assistance aux ouvriers gantiers, ou soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuel, cr\u00e9\u00e9e en 1803 \u00e0 Grenoble par Andr\u00e9 Chevallier, est la premi\u00e8re mutuelle de France.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>Les premi\u00e8res allocations familiales<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\uf0b7\u00a0 En 1916 Emile Romanet, ing\u00e9nieur, d\u00e9cide d&rsquo;accorder au personnel de l&rsquo;usine JOYA de Grenoble) les premi\u00e8res allocations familiales.<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>Comment expliquer cette position de premier plan de la cit\u00e9 dans le domaine soci\u00e9tal et culturel ?<\/p>\n<p>A travers l&rsquo;immigration massive et la n\u00e9cessit\u00e9\u00a0 o\u00f9 se trouvent les diff\u00e9rentes populations, la ville est oblig\u00e9e de s&rsquo;inventer, de faire face \u00e0 tous les probl\u00e8mes. Le d\u00e9fi\u00a0 est d&rsquo;autant plus stimulant qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas dans les ann\u00e9es 50 de bourgeoise locale luttant pour pr\u00e9server ses acquis.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10866\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-13.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>2\/ les plus beaux paysages sont les \u00eatres humains<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>Transportons-nous<\/strong><\/p>\n<p>Les uns disent que Grenoble est une petite ville, d&rsquo;autres une ville de moyenne importance 160. 000 habitants et 450 000 pour la m\u00e9tropole regroupant 49 communes\u00a0\u00a0 Personne ne dit que Grenoble est une grande ville&#8230;\u00a0 Pourtant il y a quelque chose qui interroge le fraichement d\u00e9barqu\u00e9 que je suis. Cette ville est magique parce qu&rsquo;\u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, petite quant au territoire, soit 18, 3 km2&#8230; mais\u00a0 grande ou plut\u00f4t tr\u00e8s en pointe dans les domaines essentiels de la politique, de la culture, de la science et par voie de cons\u00e9quence dans des activit\u00e9s pionni\u00e8res d&rsquo;industrie et de service. Elle est la 5\u00e8me ville la plus innovante du monde, avec 25000 chercheurs et 65000 \u00e9tudiants. Le premier \u00e9co-quartier \u00a0\u00bb Bonne \u00a0\u00bb existe depuis 2010. Voil\u00e0 une cit\u00e9 leader dans bien des domaines qui concentre dans un\u00a0 territoire restreint un nombre de talents, d&rsquo;innovateurs, ahurissant. Dans une petite ville quoi de plus banal de tomber sur X, Y ou Z. On taille une bavette, on voit un verre, on d\u00e9jeune, on prend rendez-vous et&#8230; on \u00e9labore ensemble. D&rsquo;accord pas d&rsquo;accord peu importe, on a \u00e9chang\u00e9.\u00a0\u00bb Rien n&rsquo;\u00e9tait loin tout \u00e9tait possible&#8230;\u00a0\u00bb dit Pascale Henry, dramaturge. Les id\u00e9es comme les gens se rencontrent, font du ping-pong, \u00e9voluent. La fr\u00e9quence des rencontres\u00a0 fait que l&rsquo;on peut prendre le risque d&rsquo;aller plus loin &#8230; \u00a0Les trams quadrillent la ville, le sch\u00e9ma permettant d&rsquo;aller d&rsquo;une ligne \u00e0 l&rsquo;autre est clair. Les horaires pr\u00e9vus sont respect\u00e9s. Ici on peut bouger, avancer, se croiser et plus si affinit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>En passant par Saint Bruno<\/strong><\/p>\n<p>19 Novembre 13h, J&rsquo;arrive de Paris\u00a0 en train et J&rsquo;ai rendez -vous \u00e0 la gare avec Claire lapin des anges, Clarinha \u00a0Coehlo en langue portugaise. Signe de reconnaissance un bonnet (pas un gilet) jaune. Claire habite un studio sur la place Saint Bruno. Elle a accept\u00e9 de m&rsquo;h\u00e9berger pour une nuit. A l&rsquo;int\u00e9rieur cette jeune femme est immense, en parfaite symbiose avec un quartier qui est encore fier d&rsquo;avoir h\u00e9berg\u00e9 les ouvriers de cette ville et les usines o\u00f9 ils travaillaient. Avant m\u00eame de poser mes affaires je fais connaissance avec plusieurs caf\u00e9s de la place. Le quartier qui a longtemps\u00a0 \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 du centre- ville\u00a0 par une barri\u00e8re, \u00f4 combien symbolique, n&rsquo;a pas vraiment bonne r\u00e9putation. Hier comme aujourd&rsquo;hui\u00a0 les gens respectables du centre -ville ne souhaitent pas se m\u00ealer \u00e0 la populace, d&rsquo;autant que dans certains caf\u00e9s, la client\u00e8le masculine est exclusivement arabe. Dans le premier bistrot o\u00f9 m&#8217;emm\u00e8ne Claire, une chose me frappe d&#8217;embl\u00e9e. Les gens qui sont l\u00e0, artistes, artisans, ch\u00f4meurs, travailleurs divers ne ressemblent pas \u00e0 ceux que je vois \u00e0 Paris. Ce n&rsquo;est pas leur physique qui est diff\u00e9rent, c&rsquo;est leur fa\u00e7on d&rsquo;occuper l&rsquo;espace&#8230; Ils ne posent pas. Zut alors, il a fallu que je vienne \u00e0 Grenoble\u00a0 pour comprendre que les parisiens, t\u00eate de chien, pouvaient\u00a0 \u00eatre des poseurs. Claire me pr\u00e9sente \u00e0 toutes ses connaissances et amis. En chemin, nous faisons une pause au caf\u00e9 le Saint- Bruno. C&rsquo;est un peu le QG des alternatifs du quartier. Beaucoup ont quitt\u00e9 leur pays pour tenter de vivre d\u00e9cemment. Ici, moins on a d&rsquo;argent plus on partage. Pas seulement les biens mat\u00e9riels, mais aussi les soucis, les drames, les joies, les plaisirs. On accueille tous ceux qui arrivent, on essaie d&rsquo;adoucir ce qui peut l&rsquo;\u00eatre. Trouver un petit travail \u00e0 une vieille dame sans le sou, se pr\u00e9occuper de la sant\u00e9 de quelqu&rsquo;un que l&rsquo;on n&rsquo;a pas vu depuis deux jours. On fait attention aux gens. Dans ce quartier, on vit avec eux. A \u00e9couter Claire, je comprends que cette conscience aigu\u00eb de la dignit\u00e9 de chacun n&rsquo;a rien de surfait, bien au contraire cette solidarit\u00e9 des pauvres est une intelligence de la vie. Dans ce quartier les pr\u00eatres n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9\u00a0 \u00e0 se battre pour plus de justice aux c\u00f4t\u00e9s de la population. Ici, les filles et les fils de pauvres n&rsquo;ont pas oubli\u00e9 que leurs parents \u00e9taient fiers d&rsquo;appartenir \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. Pour gagner sa vie Clarinha est mod\u00e8le vivant dans des acad\u00e9mies. Elle est tr\u00e8s demand\u00e9e. Elle s&rsquo;arrange pour gagner le strict n\u00e9cessaire et consacrer le reste de son temps \u00e0 la troupe des Barbarins Fourchus (6), des rockers, punk \u00a0dont la priorit\u00e9 artistique est de donner du bonheur \u00e0 tous ceux qui se donnent le mal\u00a0 de les visiter.J&rsquo;irais donc passer une soir\u00e9e avec les Barbarins Fourchus. Ma nouvelle amie ne pratique pas le \u00ab\u00a0Piolle bashing\u00a0\u00bb ou art de dauber sur le maire. Il est clair dit-elle qu&rsquo;ils ont fait des b\u00eatises\u00a0 \u00a0\u00bb Mais moi je vois ces quartiers s&#8217;embellir, des endroits qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte pendant des ann\u00e9es et des ann\u00e9es. Piolle est le seul maire qui ait pris le probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9cologie \u00e0 bras le corps. Il fait ce qu&rsquo;il pense qui doit \u00eatre fait, m\u00eame si son \u00e9ventuelle r\u00e9\u00e9lection doit en souffrir. Grenoble est une cuvette pollu\u00e9e, il refait tous les quartiers, pas que le centre-ville et il replante des arbres. Sur la place Saint Bruno qui souffrait de la mauvaise r\u00e9putation du quartier, il a fait construire une immense dragonne en bois. D\u00e8s l&rsquo;inauguration les enfants\u00a0 se sont pr\u00e9cipit\u00e9, pour chevaucher l&rsquo;animal. Le pari \u00e9tait gagn\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De la place Saint -Bruno, j&#8217;emprunte \u00e0 pied le cours Berriat pour me rendre rue Revol o\u00f9 habite Gis\u00e8le Bastrenta qui a accept\u00e9 de m&rsquo;h\u00e9berger pour deux semaines.<\/p>\n<p>&#8211; Tu ne sais pas o\u00f9 dormir ? Je vais voir autour de moi s&rsquo;il y a une opportunit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; \u00c9coutes, j&rsquo;ai une amie argentine qui occupe le 2\u00e8me \u00e9tage de ma maison et qui\u00a0 retourne dans son pays pour deux semaines, elle est d&rsquo;accord pour te pr\u00eater son lit. Je ne connaissais pas Gis\u00e8le, elle est l&rsquo;amie d&rsquo;une amie. J&rsquo;ai les clefs de sa maison, son frigidaire m&rsquo;est ouvert, comme sa machine \u00e0 caf\u00e9. Gis\u00e8le est psy clinicienne. Elle a longtemps travaill\u00e9 sur la toxicomanie des adolescents. La gestion \u00e9conomiciste de la sant\u00e9 la r\u00e9volte, face au d\u00e9sarroi d&rsquo;une jeunesse condamn\u00e9e \u00e0 la rel\u00e9gation, si ce n&rsquo;est pire. Gis\u00e8le vient d&rsquo;une famille italienne de 7 enfants. Son p\u00e8re est originaire de la vall\u00e9e d&rsquo;Aoste, sa m\u00e8re savoyarde. Dans\u00a0 la montagne l&rsquo;agriculture ne pouvait \u00eatre que morcel\u00e9e. La pauvret\u00e9 \u00e9tait extr\u00eame. Son p\u00e8re voulait venir en France d&rsquo;abord par amour de ce pays et aussi pour vivre mieux. Il a \u00e9t\u00e9 salari\u00e9 d&rsquo;une entreprise\u00a0 de travaux publics. Les enfants ont \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e. Le p\u00e8re de Gis\u00e8le s&rsquo;est montr\u00e9 tr\u00e8s exigeant avec eux, il fallait que l&rsquo;ascenseur social fonctionne, que les enfants aient acc\u00e8s \u00e0 une classe sup\u00e9rieure. Ils sont aujourd&rsquo;hui technicien, \u00e9ducateur, m\u00e9decin, psychanalyste, infirmier. \u00a0Nathalie la plus jeune n\u00e9e en 1968 est cuisini\u00e8re, elle a \u00e9pous\u00e9 Riad Kassa\u00a0 d&rsquo;origine alg\u00e9rienne. Ensemble ils ont mont\u00e9 un restaurant d\u00e9licieux au centre-ville. Riad dit \u00a0\u00bb Grenoble est une ville de r\u00e9volt\u00e9s, pas de d\u00e9faitistes. Ici\u00a0 on a accueilli l&rsquo;\u00e9nergie plut\u00f4t que l&rsquo;origine\u00a0\u00bb Tous\u00a0 ont bien \u00e9t\u00e9 accueillis \u00e0 Grenoble, ils savent ce qu&rsquo;ils doivent \u00e0 la ville et \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<p>Combien de fois me suis-je rendu Place Saint- Bruno ? Chaque fois que je pouvais y fixer un rendez-vous. Combien de fois ai-je emprunt\u00e9 le cours Berriat et les rues adjacentes&#8230;Je ne sais pas. Un jour j&rsquo;ai lev\u00e9 le nez, je croisais la rue du commandant Debelle(7). Sur la plaque \u00e9maill\u00e9e, un coup de craie l&rsquo;avait transform\u00e9e en rue du commandant Rebelle. \u00a0Le quartier regorge de lieux, alternatifs, squats, maison d&rsquo;accueil, centres sociaux, associations, si\u00e8ges de mouvements libertaires. La rue d&rsquo;Alembert\u00a0 en contient d\u00e9j\u00e0 deux dont la r\u00e9putation n&rsquo;est plus \u00e0 faire le 102 et le 38. L&rsquo;union de quartier Berriat, Saint-Bruno et Europole dispose d&rsquo;un journal mensuel, anim\u00e9 par Bruno de Lescure. Il suit de tr\u00e8s pr\u00e8s les dossiers municipaux et se montre tr\u00e8s virulent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;\u00e9quipe en place. Elle n&rsquo;aurait pas tenu une des plus importantes\u00a0 promesses de campagne \u00e0 savoir consulter les habitants sur les projets les plus importants de la mandature. Par ailleurs elle aurait en mati\u00e8re d&rsquo;urbanisme reconduit deux projets majeurs de l&rsquo;\u00e9quipe pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0 qui devaient \u00eatre remis en cause. Ainsi \u00a0le quartier Flaubert et la presqu&rsquo;\u00eele. Le trac\u00e9 de l&rsquo;autoroute \u00e0 v\u00e9lo qui passe par le centre -ville n&rsquo;a pas non plus fait l&rsquo;objet d&rsquo;une concertation. Les transports en commun qui devaient \u00eatre gratuits&#8230; ne le sont pas.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10869\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-6.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;utopie Villeneuve<\/strong><\/p>\n<p>Le quartier de Villeneuve, pour des raisons\u00a0 contradictoires, fera parler de lui dans tout l&rsquo;hexagone est bien au-del\u00e0. En 1960 Grenoble a pos\u00e9 sa candidature aux Jeux Olympiques de 1968. Elle est accept\u00e9e en 1963. En 1964 \u00e0 la veille des \u00e9lections municipales de 1965 rien n&rsquo;a boug\u00e9, aucun des travaux n\u00e9cessaires n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 entrepris, Hubert Dudebout (2), ing\u00e9nieur, responsable des relations ext\u00e9rieures au CEA, n&rsquo;est pas une personnalit\u00e9 connue. Il le deviendra en r\u00e9solvant un probl\u00e8me essentiel pour de nombreux habitants. Par manque de pression, l&rsquo;eau arrive dans leurs appartements de fa\u00e7on plus qu&rsquo;al\u00e9atoire. Hubert Dubedout cr\u00e9e un syndicat des usagers de l&rsquo;eau. Par ailleurs, il constate le peu d&rsquo;\u00e9coute qu&rsquo;ont les partis politiques en place des besoins et probl\u00e8mes des habitants. Il cr\u00e9e alors les Gam, groupes d&rsquo;action municipaux, dont la raison d&rsquo;\u00eatre sera d&rsquo;apporter des r\u00e9ponses concr\u00e8tes aux besoins exprim\u00e9s. En 1965 L&rsquo;alliance in\u00e9dite des Gam, du PSU, parti de la deuxi\u00e8me gauche\u00a0 et du PS\u00a0 social- d\u00e9mocrate, gagne les \u00e9lections haut la main. A tous les niveaux il est imp\u00e9ratif de transformer la ville. La municipalit\u00e9 prend la mesure du d\u00e9fi. Elle va respecter les engagements pris et surtout profiter des JO pour donner \u00e0 la cit\u00e9 les \u00e9quipements qui lui manquent. Avec les services de l&rsquo;\u00e9tat, elle fournit un travail acharn\u00e9. Le r\u00e9sultat est spectaculaire. Grenoble manque \u00e9galement de logement. L&rsquo;\u00e9quipe en place ne veut pas seulement faire face mais aussi innover. Les objectifs de Villeneuve quartier, exp\u00e9rimental sont les suivants :<\/p>\n<p>-Lutter contre la s\u00e9gr\u00e9gation sociale<\/p>\n<p>-Favoriser un autre mode de vie urbain en offrant le maximum de liens sociaux<\/p>\n<p>-Inciter les habitants \u00e0 \u00eatre des \u00ab\u00a0acteurs de la vie\u00a0\u00bb du nouveau quartier<\/p>\n<p>Le quartier de la Villeneuve, \u00e0 cheval sur Grenoble et Echirolles, qui sortira de terre pour partie en 1972, apr\u00e8s des \u00e9tudes et r\u00e9flexions pouss\u00e9es, sera avant-gardiste dans beaucoup de domaines, ainsi la \u00a0mixit\u00e9 sociale, l&rsquo;\u00e9ducation, l&rsquo;architecture et l&rsquo;innovation technique. Intellectuels, artistes, enseignants, ouvriers, militants divers, immigr\u00e9s partagent un lieu abordable financi\u00e8rement et ouvert sur le monde.<\/p>\n<p>Les \u00e9coles publiques qui jalonnent les trois sous -quartiers sont \u00e0 la pointe des p\u00e9dagogies alternatives. D\u00e9sormais l&rsquo;\u00e9cole sera un lieu int\u00e9gr\u00e9 croisant plusieurs vocations &#8230;biblioth\u00e8ques, salles de conf\u00e9rences, lieux de r\u00e9union, de loisir, cantines adultes, etc Les militants du dehors sont \u00e9galement les bienvenus. Les immeubles avec coursive int\u00e9rieure facilitant la circulation\u00a0 d&rsquo;un appartement \u00e0 l&rsquo;autre, sont plant\u00e9s dans un parc immense, agr\u00e9ment\u00e9 d&rsquo;un lac. Face \u00e0 tout projet novateur, il est coutume de dire\u00a0 que tout commencement est forc\u00e9ment idyllique \u00a0et qu&rsquo;ensuite, la vraie vie reprend ses droits. De fait, les probl\u00e8mes vont s&rsquo;accumuler : drogue, d\u00e9linquance, r\u00e8glements de compte, etc<\/p>\n<p>Le 15 Juillet 2010 Karim apr\u00e8s avoir braqu\u00e9 le casino d&rsquo;Uriage est froidement abattu d&rsquo;une balle dans la t\u00eate par la police sous les yeux de sa m\u00e8re. Les jeunes r\u00e9agissent, br\u00fblent des voitures. Alors que la police de proximit\u00e9 avait disparu du quartier depuis 10 ans, le voil\u00e0 mis en \u00e9tat de si\u00e8ge, Raid, GIGN, h\u00e9licopt\u00e8res, barrages. C&rsquo;est la guerre, relay\u00e9e comme il se doit par les m\u00e9dias. Jo Briant( 8) t\u00e9moigne \u00ab\u00a0&#8230; tous sont comme submerg\u00e9s par un sentiment d&rsquo;\u00e9crasement, d&rsquo;impuissance et de d\u00e9sespoir face \u00e0 ces \u00e9v\u00e8nements qui vont encore d&rsquo;avantage enfoncer les habitants dans la stigmatisation et la souffrance sociale\u00a0\u00bb Nicolas Sarkozy est venu \u00e0 Grenoble et il a fait un discours(9)\u00a0 que la famille Le Pen ne renierait pas. Si certains des habitants quittent le navire, d&rsquo;autres ne renoncent pas, un collectif d&rsquo;habitants se forme. Il deviendra \u00ab\u00a0Villeneuve debout\u00a0\u00bb(10) sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;Alain\u00a0 Manac&rsquo;h, militant exemplaire form\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation populaire par \u00ab\u00a0Culture et libert\u00e9\u00a0\u00bb. Les habitants prennent en main les probl\u00e8mes, une pi\u00e8ce sur la d\u00e9linquance est jou\u00e9e, des colloques organis\u00e9s, ainsi qu&rsquo;une universit\u00e9 populaire. En 2012 deux \u00e9ducateurs sont assassin\u00e9s par une bande de voyous. Le verdict de la justice scandalise les avocats. Celui qui a donn\u00e9 des coups de couteaux et \u00ab\u00a0balanc\u00e9\u00a0\u00bb tous ses camarades pr\u00e9sente bien. Il \u00e9copera de 8 ans de prison. Les autres qui n&rsquo;ont pas fi\u00e8re allure et parlent mal, prendront entre 12 et 15 ans pour avoir particip\u00e9 \u00e0 la\u00a0 bagarre.<\/p>\n<p>En 2013, apr\u00e8s 3 mois d&rsquo;incubation (ce qui inspirait respect et confiance) une journaliste \u00ab\u00a0d&rsquo;Envoy\u00e9 sp\u00e9cial\u00a0\u00bb produit une \u00e9mission \u00ab\u00a0Villeneuve le r\u00eave bris\u00e9\u00a0\u00bb qui\u00a0 r\u00e9volte tous les habitants du quartier, comme tous ceux qui ne craignent pas de d\u00e9noncer le mensonge m\u00e9diatique (11). Villeneuve est un enfer, d\u00e9lits, meurtres et drogue ne cessent de rendre la vie impossible aux braves gens, s&rsquo;il en restait. Les habitants indign\u00e9s, c&rsquo;est une premi\u00e8re, sont all\u00e9s en justice. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9s, mais l&rsquo;occasion les a mobilis\u00e9s. Quoiqu&rsquo;on en dise, tous les primo habitants n&rsquo;ont pas quitt\u00e9 le navire. Mais le plus important est ailleurs : L&rsquo;utopie Villeneuve a \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sabot\u00e9e. En 1983 Alain Carignon candidat du RPR bat Dubedout. Faisant fi des listes d&rsquo;attente il exige que des logements en nombre soient attribu\u00e9s \u00e0 des familles en situation difficile, principalement des \u00e9migr\u00e9s. Ainsi Villeneuve a connu tous les probl\u00e8mes des cit\u00e9s de banlieue. Non seulement les m\u00e9dias ont \u00e9t\u00e9 dans le sens du vent, mais ils en ont \u00e9norm\u00e9ment rajout\u00e9. J&rsquo;ai eu le bonheur de \u00a0rencontrer plusieurs habitants de ce quartier.<\/p>\n<p><strong>T\u00e9moignage de Jo Briant<\/strong> repris dans son livre \u00a0\u00bb AB\u00e9C\u00e9Daire pour le temps pr\u00e9sent\u00a0\u00bb(12)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t enthousiastes, car ce projet urbain r\u00e9pondait tout \u00e0 fait \u00e0 notre r\u00eave d&rsquo;un quartier sans s\u00e9gr\u00e9gation, pluriculturel, facilitant rencontres et \u00e9changes entre les habitants&#8230; Nous \u00e9tions encore berc\u00e9s\u00a0 par l&rsquo;utopie de Mai 68, par l&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;un autre mode de vie sociale&#8230; Nous voulions vraiment vivre \u00e0 la Villeneuve&#8230;.A l&rsquo;image de l&rsquo;ensemble du quartier notre mont\u00e9e et notre coursive \u00e9taient cosmopolites, des immigr\u00e9s de toutes origines, surtout maghr\u00e9bins, des chiliens \u00e0 partir de 1974, apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat du 11 Septembre 1973. Dans les locaux sociaux qui n&rsquo;\u00e9taient pas encore vandalis\u00e9s ou squatt\u00e9s, il n&rsquo;\u00e9tait pas rare que nous organisions des rencontres \u00e0 caract\u00e8re festif, voire des ap\u00e9ros ou des repas collectifs\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Jouda Bardi <\/strong><\/p>\n<p>travaille \u00e0 la R\u00e9gie de Quartier de Villeneuve, elle est militante de l&rsquo;association \u00ab\u00a0Pas sans nous\u00a0\u00bb Elle est \u00e9galement l&rsquo;un des moteurs de l&rsquo;universit\u00e9 populaire(13) et membre du collectif \u00ab\u00a0Nous citoyennes\u00a0\u00bb insurg\u00e9 contre les projets de loi islamophobes.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb On agit dans les quartiers, pas seulement pour la communaut\u00e9 musulmane, mais pour tous. On veut faire grandir nos enfants dans un quartier populaire\u00a0 dans des conditions d\u00e9centes. On a beaucoup travaill\u00e9, sans moyens mais en toute ind\u00e9pendance. Pour avoir une salle de r\u00e9union consacr\u00e9e \u00e0 la culture, sur les discriminations, les pr\u00e9jug\u00e9s, la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9, comprendre pourquoi il y a un mur entre les gens. Aujourd&rsquo;hui on n&rsquo;a pas d&rsquo;espace pour discuter. On prend plaisir \u00e0 en cr\u00e9er. On fait connaissance, on n&rsquo;est pas d&rsquo;accord, ce n&rsquo;est pas grave. Les politiques cr\u00e9ent des espaces de non discussion. Je m&rsquo;\u00e9l\u00e8ve contre la s\u00e9gr\u00e9gation, l&rsquo;assignation syst\u00e9matique, les \u00e9tiquettes, les raisons que l&rsquo;on a de nous mettre de c\u00f4t\u00e9. Je mets en place des jeux qui ouvrent les portes, permettent de s&rsquo;impliquer et favorisent le d\u00e9bat. On peut tout se dire en respectant les r\u00e8gles de la communication non violente. On essaie de faire une biblioth\u00e8que humaine. Les jeux sont de super outils \u00e0 la disposition de gens qui ont envie de cr\u00e9er des ponts. On est l\u00e0 pour colmater les br\u00e8ches que certains politiques creusent, \u00e7a devient de plus en plus difficile. La soci\u00e9t\u00e9 est atteinte. Ils ont beaucoup jou\u00e9 sur le clivage entre les uns et les autres. C&rsquo;est un jeu dangereux \u00e0 vis\u00e9e \u00e9lectoraliste. La soci\u00e9t\u00e9 en paye le prix fort. L&rsquo;universit\u00e9 populaire est un lieu o\u00f9 l&rsquo;on peut parler de tout cela, chacun peut s&rsquo;exprimer, s&rsquo;occuper de la f\u00eate du quartier. On travaille sur le vieillissement, le f\u00e9minisme. C&rsquo;est le regard des autres qui nous discrimine, \u00e7a pourrait \u00eatre utile d&rsquo;aller travailler l\u00e0 o\u00f9 ces repr\u00e9sentations se construisent, car ce qui est\u00a0 au d\u00e9part leur probl\u00e8me, finit par devenir le n\u00f4tre. Nos enfants, on ne veut pas qu&rsquo;ils r\u00e9fl\u00e9chissent. Si on n&rsquo;est pas derri\u00e8re eux, ils n&rsquo;apprendront rien \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<p>Les journalistes qui viennent ici \u00a0sortent nos propos de leur contexte, pour nous faire dire autre chose que ce que l&rsquo;on a dit\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>David Bodinier urbaniste, militant associatif<\/strong><\/p>\n<p>Dans les maquis de la r\u00e9sistance, ce sont nou\u00e9es de vraies relations, dont il reste quelque chose \u00e0 Saint -Bruno et \u00e0 Villeneuve. Sinon dans la ville, les diff\u00e9rents publics et les classes sociales sont s\u00e9par\u00e9es. Villeneuve est un collectif ouvert qui veut \u00e9viter cette s\u00e9gr\u00e9gation. C&rsquo;est \u00e0 Villeneuve qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e la premi\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision de quartier, une centrale d&rsquo;aspiration des d\u00e9chets tout \u00e0 fait innovante. L&rsquo;eau du lac est issue de la nappe phr\u00e9atique. Il y a ici une volont\u00e9 de transformer les rapports sociaux, ce que ne permettent pas les r\u00e9volutions par le haut. Prendre le pouvoir ne suffit pas. Modestement, il s&rsquo;agira d&rsquo;\u00e9valuer, r\u00e9\u00e9valuer ce qui est transform\u00e9 en le confrontant au v\u00e9cu des gens. On n&rsquo;a, ici \u00e0 Grenoble, pas pris conscience, assez t\u00f4t qu&rsquo;il fallait panser les plaies de la d\u00e9sindustrialisation, Grenoble, avec sa classe\u00a0 ouvri\u00e8re \u00e9tait une ville d&rsquo;industrie. La nouvelle gauche se tourne vers l&rsquo;avenir, en faisant l&rsquo;impasse sur la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente et la lutte des classes. Les probl\u00e8mes actuels de violence et de drogue en sont la cons\u00e9quence directe. Comment la nouvelle \u00e9quipe municipale fera-t-elle face \u00e0 cette histoire ? Ce n&rsquo;est pas \u00e9vident.<\/p>\n<p><strong><u>\u00a0<\/u><\/strong><strong><u>Willy lavastre et la Batukavi <\/u><\/strong><u>(14)<\/u><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a eu une premi\u00e8re p\u00e9riode de 72 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80, o\u00f9 des exp\u00e9rimentations p\u00e9dagogiques alternatives, comme celles de Steiner, Montessori ont \u00e9t\u00e9 inject\u00e9es ici dans l&rsquo;\u00e9cole publique financ\u00e9es par l&rsquo;\u00e9tat. On peut faire l&rsquo;hypoth\u00e8se que le renouvellement des populations a emp\u00each\u00e9 une\u00a0 domination appuy\u00e9e de la classe dominante, il n&rsquo;y a pas eu de s\u00e9dimentation id\u00e9ologique dissimulant les finalit\u00e9s r\u00e9elles. Alain Carignon (RPR) comme Michel Destot le maire (PS) qui lui a succ\u00e9d\u00e9 ont utilis\u00e9 Villeneuve pour y placer des populations en difficult\u00e9. Ensuite, on a beau jeu de constater qu&rsquo;il y a repli communautaire. Les moyens allou\u00e9s aux quartiers diminuent et le client\u00e9lisme lui se porte de mieux en mieux. Les \u00e9coles alternatives, non s\u00e9curis\u00e9es, n&rsquo;\u00e9taient pas faites pour accueillir des gosses venant de pays en crise. Les premiers publics qui ont choisi de venir habiter ici \u00e9taient\u00a0 issus des classes moyennes et populaires, mais pas les plus d\u00e9munis.<\/p>\n<p>En 2010 Karim a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 bout portant par la police. Le corps abattu est rest\u00e9 expos\u00e9 pendant presque deux heures. Pendant un mois et demi, \u00e7a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;enfer. Un jeune, mis en avant dans le reportage de 2013 d&rsquo;Envoy\u00e9 sp\u00e9cial, a avou\u00e9 avoir re\u00e7u 250\u20ac pour pointer un flingue. Les jeunes n&rsquo;ont pas leur place dans notre quartier. En cr\u00e9ant l&rsquo;association Afric-impact on a mont\u00e9 en 1989, le premier programme d&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9 locale et internationale, pour lutter contre les repr\u00e9sentations discriminantes touchant le continent africain et la diaspora. On a cr\u00e9\u00e9 plus de 50 clubs \u00a0avec des animateurs\u00a0 reli\u00e9s \u00e0 des \u00e9coles dans plusieurs villes, et organis\u00e9 des rencontres interculturelles en imaginant des jeux, mettant en avant 8 personnages illustrant toute la gamme des relations Noir\/blanc. Maintenant ces outils existent et sont librement partag\u00e9s. On a aussi cr\u00e9\u00e9 des jeux sur les sans- papiers. On voulait faire prendre conscience aux jeunes que les africains n&rsquo;avaient ni besoin d&rsquo;eux, ni de transfert de comp\u00e9tence. Ils ont besoin de notre argent. <strong>Le clivage n&rsquo;est pas blanc\/noir mais riche\/ pauvre.<\/strong><\/p>\n<p>On leur a dit, mais vous les africains vous \u00eates souriants. Ils r\u00e9pondaient, il ne manquerait plus que cela que l&rsquo;on fasse la gueule avec la gal\u00e8re que l&rsquo;on a !<\/p>\n<p>On leur a r\u00e9pondu, mais vous vous vous occupez de vos vieux !<\/p>\n<p>&#8211; bien oblig\u00e9s, on n&rsquo;a pas de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Pour la remplacer &#8230; on fait beaucoup d&rsquo;enfants !<\/p>\n<p>Accueillons ceux qui peuvent venir ici.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais un p\u00e8re qui a mont\u00e9 des festivals de Jazz, j&rsquo;ai fait des percussions et le conservatoire.<\/p>\n<p>On a cr\u00e9\u00e9 des groupes de Batucada, comme on con\u00e7oit un outil int\u00e9grant musique, danse, marionnettes g\u00e9antes. On y a r\u00e9fl\u00e9chi pendant l&rsquo;ann\u00e9e 2009. En faisant l&rsquo;hypoth\u00e8se que le Br\u00e9sil pouvait obtenir la coupe du monde de 2014 comme les JO.et que l&rsquo;on serait capable d&rsquo;accompagner des projets internationaux. Fixer 2014 comme objectif \u00e9tait motivant pour les enfants. Un r\u00eave possible \u00e0 accomplir, apr\u00e8s des tourn\u00e9es au festival d&rsquo;Aurillac et au Maroc. On\u00a0 se moquait de nous quand on \u00e9voquait l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;aller au Br\u00e9sil. Aujourd&rsquo;hui on est en capacit\u00e9 de faire \u00a01200 prestations et les m\u00e9dias parlent de nous. On est partenaires des JO de Tokio 2024. Nos moyens, on les obtient par du financement participatif, des prestations payantes, des subventions publiques, des participations priv\u00e9es. On a rencontr\u00e9 les palestiniens dans leur camp au Liban, et visit\u00e9 de nombreux pays d&rsquo;Europe, on a \u00e9t\u00e9 au Maroc et l\u00e0 on revient de New-york. Point Important le conseil d&rsquo;administration de notre association est en majorit\u00e9 compos\u00e9 de mineurs. Nous sommes dirig\u00e9s par des enfants. S&rsquo;ils peuvent r\u00eaver, \u00eatre fiers d&rsquo;eux m\u00eame et reconnus bien\u00a0 au- del\u00e0 du quartier, c&rsquo;est aussi qu&rsquo;ils ont travaill\u00e9 en fonction d&rsquo;un objectif\u00a0 \u00e0 remplir\u00a0\u00bb Il y a quelque chose qui me frappe dans la d\u00e9marche de Willy. Ici en France, il y a des gens qui agissent dans le \u00a0secteur culturel, d&rsquo;autres dans le socio -culturel, d&rsquo;autres dans l&rsquo;\u00e9conomique&#8230;comme si ces domaines \u00e9taient s\u00e9par\u00e9s par des cloisons \u00e9tanches. La Batukavi elle, d\u00e9cloisonne &#8230;Willy me regarde, il est visiblement \u00e9mu : \u00ab\u00a0\u00e9coutes c&rsquo;est extraordinaire c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je prends conscience de cela. En France on est sans cesse confront\u00e9s au cloisonnement. Comment est-ce possible que nos jeux super-performants, \u00e9ducatifs n&rsquo;arrivent pas \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;\u00e9ducation nationale ? On n&rsquo;a pas le droit de parler de psychologie, ce n&rsquo;est pas notre domaine. Les entreprises ne peuvent pas entrer dans le domaine de l&rsquo;\u00e9ducation nationale. Au rectorat on nous a dit: \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9ducation nationale c&rsquo;est nous. Vous ne pouvez \u00eatre dans le secteur de l&rsquo;\u00e9ducation populaire qui a une histoire tr\u00e8s lourde (ou connot\u00e9e politiquement) Vous \u00eates dans l&rsquo;animation populaire ! \u00a0\u00bb La Batucavi est un bel ambassadeur de la Villeneuve et des quartiers, sans compter que cette d\u00e9marche, aussi joyeuse que comp\u00e9tente, est\u00a0 \u00e0 m\u00eame d&rsquo;inspirer d&rsquo;autres explorateurs.<\/p>\n<p>En 2012, face aux projets de d\u00e9molition avanc\u00e9s par l&rsquo;ANRU, les habitants se mobilisent au sein d&rsquo;ateliers populaires d&rsquo;urbanisme pour inventer un nouveau Villeneuve, trop conscients que \u00a0\u00bb Ce qui se fait sans les habitants, pour les habitants, se fait le plus souvent contre les habitants\u00a0\u00bb Ce projet urbain s&rsquo;inscrit dans une approche globale de l\u2019urbanisme, qui ne dissocie pas les questions sociales, professionnelles, politiques, culturelles, \u00e9conomiques, \u00e9ducative. Dans les ann\u00e9es 75\/ 78 Fran\u00e7ois\u00a0 Gillet, proche des Gam d&rsquo;Hubert Dudebout est maire de Meylan, une commune de l&rsquo;agglom\u00e9ration grenobloise qui manque singuli\u00e8rement de logements. Non seulement Meylan veut apporter sa contribution, mais \u00e9galement innover. Le quartier des B\u00e9ali\u00e8res sera un des premiers \u00e9co-quartiers de la r\u00e9gion, une cit\u00e9 jardin aux immeubles enti\u00e8rement ouverts.Une concertation tr\u00e8s pouss\u00e9e implique autant les habitants que les professionnels. L&rsquo;atelier public d&rsquo;urbanisme dont Robert Chartier est un pivot, impulse, organise, mais la d\u00e9cision revient aux politiques. Priorit\u00e9 est donn\u00e9e aux pi\u00e9tons, les enfants peuvent jouer tranquillement sur la voie publique. Les architectes qui \u00a0ont \u00e9galement travaill\u00e9 sur Villeneuve font tout pour faciliter les relations de voisinage, ils multiplient les espaces de rencontre. L&rsquo;union de quartier associe les habitants au devenir de leur quartier, elle d\u00e9veloppe partage, solidarit\u00e9 et relation avec de nouveaux habitants r\u00e9sidant dans des immeubles plus traditionnels, c&rsquo;est \u00e0 dire ferm\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Dans le quartier Mistral <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10870\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-20.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p>Selon Hassen Bouzeghoub directeur du Centre d&rsquo;Education Populaire, Le Plateau(15)\u00a0\u00bbMistral est une enclave urbaine \u00e0 l&rsquo;ouest de la ville, ici on est au bout de quelque chose. Il n&rsquo;y a pas moins de 35 communaut\u00e9s dans ce lieu. Derri\u00e8re il y a un mur et ensuite la Drac\u00a0\u00bb. Mistral fait partie des quartiers dits difficiles de Grenoble. Il fut d&rsquo;abord un quartier ouvrier. La population en a \u00e9t\u00e9 trop souvent stigmatis\u00e9e. Aujourd&rsquo;hui les barres d&rsquo;immeubles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites, le quartier est en pleine r\u00e9novation. Pour ceux qui l&rsquo;ont connu dans les ann\u00e9es 60\/70, la nostalgie est grande, au-del\u00e0 de ceux qui ont eu la chance d&rsquo;habiter la cit\u00e9 jardin, aujourd&rsquo;hui d\u00e9truite. Ces ann\u00e9es &#8211; l\u00e0 ont vu arriver les rapatri\u00e9s d&rsquo;Alg\u00e9rie, de nombreux espagnols, relativement peu de maghr\u00e9bins. Les italiens, eux, \u00e9taient l\u00e0 depuis longtemps. Tout le monde se connaissait, on se parlait, on se rendait service. Ces ann\u00e9es l\u00e0- \u00e9taient celles de l&rsquo;ouverture, on \u00e9tait persuad\u00e9 que le monde pouvait changer et que chacun pouvait y contribuer. Brahim Rajab a fait en 2005 un film (4) sur l&rsquo;histoire r\u00e9cente du quartier- Mistral \u00ab\u00a0D\u00e9cibel ann\u00e9es\u00a0\u00bb Dans ces ann\u00e9es- l\u00e0, l&rsquo;\u00e9quipe municipale portait une vraie attention aux populations des quartiers. Pour eux, la culture n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un moyen de donner du sens ou d&rsquo;\u00e9lever le d\u00e9bat, mais aussi un moyen puissant pour d\u00e9senclaver le quartier, travailler \u00e0 sa reconnaissance et ainsi changer son image. Point majeur, il ne s&rsquo;agissait pas de faire le bien des gens mais plut\u00f4t de donner les moyens \u00e0 tous de se saisir des outils propos\u00e9s.<\/p>\n<p>Ren\u00e9 Rizzardo(3) : \u00ab\u00a0Mistral a \u00e9t\u00e9 pour nous comme pour beaucoup d&rsquo;\u00e9lus et pour Hubert Dubedout, un terreau d&rsquo;exp\u00e9riences de ce que l&rsquo;on pouvait changer au niveau d&rsquo;une mairie\u00a0\u00bb La musique a \u00e9t\u00e9 le vecteur principal choisi pour se donner du mouvement. A trois niveaux diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>&#8211; D&rsquo;abord en organisant des grands concerts rock\/ pop\/ punk \/musiques du monde\u00a0 \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate du quartier, ce qui n&#8217;emp\u00eachait pas l&rsquo;organisation de petits bals populaires et autres animations. Bernard Lavilliers,\u00a0 encore peu connu a \u00e9t\u00e9 un des premiers \u00e0 venir \u00e0 Mistral avec son percussionniste Mino Celenu, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pas plus connu que lui. Quelques ann\u00e9es plus tard Lavilliers est revenu jouer gratuitement \u00e0 Mistral \u00ab\u00a0Si vous dites aux gens que vous les aimez et que vous ne revenez jamais, cela ne veut rien dire\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>-Forts de premiers succ\u00e8s prometteurs, responsables techniques, jeunes, artistes se sont r\u00e9unis pour mettre sur pied une fr\u00e9quence de\u00a0 programmation soutenue. Les jeunes du quartier n&rsquo;avaient pas les moyens d&rsquo;aller \u00e0 des concerts au centre- ville et un des objectifs \u00e9tait \u00e9galement de faire venir r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Mistral un public ext\u00e9rieur. T\u00e9l\u00e9phone, Starshooter, Dire Straits, Bob Marley et bien d&rsquo;autres sont venus et ont remport\u00e9 un \u00e9norme succ\u00e8s. Avec l&rsquo;av\u00e8nement du Hip Hop la danse a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 l&rsquo;honneur.<\/p>\n<p>&#8211; Conscients de la difficult\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s au conservatoire de musique, les \u00e9lus ont mis sur pied une nouvelle exp\u00e9rimentation dans les quartiers, celle d&rsquo;\u00e9coles de musique. Mistral sera un des premiers choisis. Trois heures, au lieu d&rsquo;une, seront consacr\u00e9es \u00e0 la musique. Le travail se fera autour de l&rsquo;\u00e9veil et des techniques de base. Des musiciens pr\u00e9senteront aux \u00e9l\u00e8ves leurs diff\u00e9rents instruments. Un an apr\u00e8s, chaque \u00e9l\u00e8ve pourra choisir sur une liste l&rsquo;instrument qu&rsquo;il souhaite pratiquer. Chaque \u00e9l\u00e8ve aura droit\u00a0 \u00e0 des cours particuliers, lui permettant de progresser rapidement. Les \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient trop motiv\u00e9s pour rater un seul cours. En 1983, Hubert Dubedout(2) est battu. Ni les exp\u00e9rimentations, ni la culture, n&rsquo;ont d\u00e9sormais droit de cit\u00e9 dans les quartiers. Le traitement social et la politique des grands fr\u00e8res (16) suffiront pour acheter la paix sociale. Accus\u00e9 d&rsquo;escroquerie et de corruption passive, le maire Alain Carignon sera condamn\u00e9 \u00e0 cinq ans de prison (21). Michel Destot (PS) lui succ\u00e9dera pour trois mandats. Parmi nos interlocuteurs, certains pensent qu&rsquo;il aura \u00e9t\u00e9\u00a0 un maire client\u00e9liste. Sa politique culturelle ne sera pas radicalement diff\u00e9rente du maire pr\u00e9c\u00e9dent. D&rsquo;autres comme Marie Laure Mas ont un avis beaucoup plus nuanc\u00e9 \u00a0\u00bb Destot n&rsquo;encourageait pas la politique des grands fr\u00e8res (16). Il faisait avec. Le drame de ce quartier c&rsquo;est que tout le monde fait avec. Pourquoi ? parce que les mecs qui tiennent le quartier sont superpuissants. C&rsquo;est pour moi une zone en dehors de la d\u00e9mocratie. Ce ne sont pas les lois de la r\u00e9publique qui s&rsquo;y appliquent, mais la loi de ceux qui tiennent le quartier \u00e0 travers le trafic de stup\u00e9fiants\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le Prunier Sauvage, lieu de vie artistique <\/strong>(4)<\/p>\n<p>Son directeur, Brahim Rajab \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de 2019, le d\u00e9finit ainsi : \u00a0\u00bb Un lieu de vie culturel et artistique tel le Prunier Sauvage est un lieu foisonnant, o\u00f9 des artistes professionnels croisent des amateurs. Un endroit o\u00f9 l\u2019on rencontre des enfants qui, un instrument sous le bras, viennent apprendre et grandir en musique. Les habitants d\u2019ici refont le monde avec les habitants de l\u00e0-bas, o\u00f9 chaque pas nous m\u00e8ne vers l\u2019autre et \u00e9largit notre horizon. Un espace o\u00f9 l\u2019imaginaire est roi, o\u00f9 l\u2019on vibre, partage, et cr\u00e9e ensemble. En 2019, avec la programmation concoct\u00e9e par l\u2019\u00e9quipe du Prunier Sauvage et ses complices, nous aurons une irr\u00e9sistible envie\u00a0de courir, les enfants danseront \u00e0 l\u2019\u00e9cole, Ulysse s\u2019\u00e9chouera au pied des HLM. Nous voyagerons \u00e0 travers le son, des Balkans \u00e0 la Colombie, en passant par l\u2019Afrique et l\u2019Orient. Nous suivrons une petite fille afghane, fr\u00eale papillon dans les griffes de la b\u00eate. Et tous ensemble, nous chercherons l\u2019hospitalit\u00e9 \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les portes se font lourdes\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><u>Rencontre avec Brahim Rajab <\/u><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Depuis 1983, La culture et la r\u00e9publique ont d\u00e9sert\u00e9 le quartier. La pratique de la politique des grands fr\u00e8res( 17))tr\u00e8s efficace \u00e0 court terme pour acheter la paix sociale, se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 terme une catastrophe. L&#8217;emprise de la religion est de plus en plus forte ainsi que le trafic de drogue. Mais gr\u00e2ce au travail des associations, et \u00e0 la Maison des habitants, Mistral ne connait pas un chaos total. Depuis que la nouvelle \u00e9quipe municipale est en charge, on voit des techniciens de la mairie qui s&rsquo;implantent dans le quartier, la r\u00e9publique revient. La nouvelle municipalit\u00e9 qui ne connaissait pas ce type de territoire a su \u00e9couter, elle essaie des choses pour \u00eatre plus pr\u00e9sente. La premi\u00e8re adjointe du maire, Elisa Martin(17) a pris en charge cette mission. A l&rsquo;origine du Prunier Sauvage\u00a0 se trouve une association dont certains\u00a0 membres avaient connu et tr\u00e8s fortement appr\u00e9ci\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rimentation des 3 heures de musique par semaine initi\u00e9e par Ren\u00e9 Rizzardo( 3), dans un contexte de forte mixit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Brahim Rajab est arriv\u00e9 du Maroc en 1978. A Fontaine, petite ville de l&rsquo;agglom\u00e9ration grenobloise, on ne se pr\u00e9occupait des origines de personne. A Partir de 1983 Alain Carignon comme le maire socialiste \u00a0Michel Destot, ont \u00a0proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un regroupement ethnique des population, ce qui a fortement contribu\u00e9 au repli sur lui -m\u00eame du quartier. \u00ab\u00a0L&rsquo; UE, via un programme de d\u00e9veloppement de territoire qui n&rsquo;a \u00e0 priori rien \u00e0 voir avec la culture, nous a permis de mettre en place le festival Mistral, Courant d&rsquo; Airs en 2002. Cela a forc\u00e9 les institutions locales \u00e0 accorder un peu d&rsquo;attention \u00e0\u00a0 nos propos. Nous subissons un trafic de plus en plus structur\u00e9, la mafia, l&#8217;emprise religieuse. Nous voulons que les gamins qui grandissent ici aient\u00a0 acc\u00e8s \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences. Nous voulons \u00e9largir leur capital culturel en liaison avec leur environnement de proximit\u00e9. On ne doit pas laisser toute la place \u00e0 ce qui les enferme. Au d\u00e9part c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s difficile, avec un petit budget et beaucoup de gens contre nous, dont les techniciens du milieu culturel qui ne voulaient pas que l&rsquo;on aille sur leur terrain. Le Prunier Sauvage, c&rsquo;est un peu une herbe folle qui r\u00e9siste malgr\u00e9 tout, une petite \u00e9quipe de trois personnes. Et la population qui nous soutient. Gr\u00e2ce au r\u00e9tablissement\u00a0 des 3 heures de musique par semaine, on a pu monter un petit orchestre d&rsquo;enfants. Il faut prendre en compte les droits culturels. Les citoyens ne sont pas seulement un public \u00e0 qui l&rsquo;on\u00a0 vend. L&rsquo;important \u00a0est d&rsquo;avoir un impact politique dans la vie de la cit\u00e9. Avec les partenaires du Prunier, on va pouvoir en quelques ann\u00e9es changer le quartier, modifier la trajectoire de certains jeunes, en tous cas leur donner toutes leurs chances. La culture n&rsquo;est pas un gadget\u00a0\u00bb mais un levier. Nous voulons prendre en consid\u00e9ration les citoyens avec leur richesse culturelle pour aller vers le partage, vers une culture commune. L&rsquo;orchestre choisit les morceaux qu&rsquo;il veut jouer. Nous organisons des repas partag\u00e9s artistes\/ habitants, pour que ces derniers s&rsquo;approprient le lieu, de m\u00eame pour les personnes \u00e2g\u00e9es du foyer. nous accueillons aussi des conf\u00e9rences gesticul\u00e9es et d\u00e9veloppons \u00a0un projet autour des arts de la rue. La culture est une arme essentielle pour lutter contre l&rsquo;assignation culturelle et sociale. Quand on se\u00a0 sent consid\u00e9r\u00e9, \u00e9cout\u00e9, que l&rsquo;on a acc\u00e8s \u00e0 des espaces d&rsquo;expression, on est mis en valeur, encourag\u00e9, on fait partie du jeu, <strong>on n&rsquo;est pas hors- jeu<\/strong>. Au -del\u00e0 de son quartier, on appartient alors \u00e0 une communaut\u00e9 plus globale. On a construit un char \u00a0\u00bb Machine \u00e0 r\u00eaver\u00a0\u00bb Son \u00e9quipage part \u00e0 la recherche de l&rsquo;homo Oeniricus qui a perdu sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00eaver. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;aider \u00e0 retrouver ses r\u00eaves. A chaque halte, jusqu&rsquo;au centre- ville, interviennent un groupe \u00a0de citoyens et d&rsquo;artistes amateurs et de gamins en chant ,en musique, en po\u00e9sie. Avec le Parc des Arts on est en train de monter un gros projet qui participe des arts de la rue, du cirque et autres improvisations. Il est imp\u00e9ratif de tout faire pour que les habitants de nos quartiers, les enfants en particulier, retrouvent la confiance en eux\u00a0\u00bb. Brahim en sait quelque chose lui qui a grandi ici et \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 au m\u00e9pris.\u00a0 Ainsi monsieur x, qui dit devant lui \u00a0\u00bb Moi je vais \u00e0 la montagne, parce que l&rsquo;\u00e9t\u00e9, il y a trop d&rsquo;arabes sur la plage. L&rsquo;ancrage territorial est tr\u00e8s important, Le Prunier Sauvage travaille avec beaucoup d&rsquo;autres structures, \u00ab\u00a0les arts du r\u00e9cit\u00a0\u00bb, Mixart le plus gros festival des arts de la rue et surtout avec les \u00e9coles du quartier, la maison des habitants, la maison de l&rsquo;enfance, qui mettent sur pied des r\u00e9sidences. Travailler \u00e0 une double \u00e9chelle, <strong>ici et ailleurs<\/strong> est tr\u00e8s important. Un jour lors d&rsquo;un repas partag\u00e9 ,on demande \u00e0 nos h\u00f4tes o\u00f9 ils aimeraient aller. L&rsquo;un r\u00e9pond : j&rsquo;aimerais aller \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra&#8230; Moi aussi&#8230; moi aussi. On a pris contact avec l&rsquo;op\u00e9ra de Lyon qui s&rsquo;est montr\u00e9 enthousiaste. un groupe de 21 habitants du quartier a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u. Ils ont visit\u00e9 l&rsquo;op\u00e9ra, assist\u00e9 \u00e0 un spectacle. Tr\u00e8s bien mais cela ne nous suffisait pas. On a demand\u00e9 que des membres de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;op\u00e9ra viennent nous visiter. Ils ont accept\u00e9 et sont venus animer un atelier de chant lyrique. la rencontre avec l&rsquo;orchestre des enfants du quartier a \u00e9t\u00e9 magique. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;on essaie de r\u00e9inventer les choses. Notre lieu ne respecte pas les clivages castrateurs. Ce qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9faste, c&rsquo;est la cr\u00e9ation d&rsquo;un Minist\u00e8re de la Culture. \u00c9ducation populaire \/jeunesse et culture ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s. Selon le voeu de Malraux on impose une vision de la culture qui donne la primaut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique et aux oeuvres d&rsquo;en haut. Ce parti-pris nie toute forme de diversit\u00e9\u00a0 et fait de nous des consommateurs de culture, pas des acteurs.\u00a0\u00bb La Bobine (18) \u00ab\u00a0se bat sur le m\u00eame terrain que le Prunier. Ils prennent de vrais risques avec une\u00a0 programmation aussi vari\u00e9e que possible pour un jeune public, sans flatter l&rsquo;intellect de personne.<\/p>\n<p><strong>Nouvelles R\u00e9sistances <\/strong>&#8211;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10871\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-10-2.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/>Dans cette ville l&rsquo;esprit d&rsquo;insoumission ,la revendication \u00e9galitaire s&rsquo;inscrivent\u00a0 dans des lieux: centres sociaux sauvages, squats, centres culturels, maisons des habitants, biblioth\u00e8ques(19). Il faut \u00e9galement prendre en compte qu&rsquo;\u00e0 Grenoble, sont arriv\u00e9es des populations de plusieurs continents fuyant \u00a0la mis\u00e8re locale. La pauvret\u00e9 d&rsquo;ici, malgr\u00e9 des conditions de logement souvent indignes, a constitu\u00e9 un pas en avant, il semble bien qu&rsquo;elle ait forg\u00e9 un \u00e9ventail de valeurs humaines o\u00f9 le partage, l&rsquo;entre-aide, la primaut\u00e9 du lien humain, seront constitutifs d&rsquo;une culture populaire digne, joyeuse, porteuse de progr\u00e8s et d&rsquo;exigence, une culture des laborieux, sans cesse confront\u00e9e aux contraintes du terrain et donc susceptible de d\u00e9velopper une intelligence collective sans tabous. On a trop souvent tendance\u00a0 \u00e0 oublier qu&rsquo;avant l&rsquo;atomisation des t\u00e2ches un ouvrier pouvait \u00eatre fier d&rsquo;ouvrer&#8230;d&rsquo;oeuvrer. Une ville comme Grenoble nous rappelle qu&rsquo;il existait, qu&rsquo;il existe encore et \u00a0pourrait exister une authentique culture pop<span style=\"color: #000000;\">ulaire de fiert\u00e9, de luttes, de partage et d&rsquo;imagination. Si on remonte un peu plus loin dans le temps on s&rsquo;aper\u00e7oit\u00a0 qu&rsquo;ici sont \u00e9galement n\u00e9es les premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s mutualistes. La premi\u00e8re <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Soci%C3%A9t%C3%A9_de_secours_mutuels\">soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels<\/a> de France fut cr\u00e9\u00e9e le 1<sup>er<\/sup> mai 1803 par les ouvriers gantiers grenoblois. Suivirent celle des cordonniers , des peigneurs de chanvre, des m\u00e9gissiers, chamoisiers, tanneurs et co<\/span>rroyeurs, des tisserands, drapiers et tapissiers en juillet 1808. Un si\u00e8cle plus tard se cr\u00e9e celle des ma\u00e7ons, tailleurs de pierre et charpentiers. C&rsquo;est \u00e9galement \u00e0 Grenoble que virent le jour les trois premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s mutualistes f\u00e9minines en 1822. Toutes ces associations mutualistes se regroupent dans une maison de la mutualit\u00e9. Elles visent \u00e0 prot\u00e9ger l&rsquo;ouvrier et sa famille, en cas de maladie, par le versement d&rsquo;une allocation. Certaines versent \u00e9galement des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, voire des pensions aux vieillards. Sur un axe plus politique\u00a0 on ne peut passer sous silence la trajectoire de Joseph Bernard,\u00a0 ouvrier serrurier, militant <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Anarchiste\">anarchiste<\/a>, puis <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Socialiste_r%C3%A9volutionnaire\">socialiste r\u00e9volutionnaire<\/a>. Il est l&rsquo;un des fondateurs du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mouvement_libertaire\">mouvement libertaire<\/a> et du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndicalisme_r%C3%A9volutionnaire\">syndicalisme<\/a> dans l\u2019Is\u00e8re et dans le Rh\u00f4ne. En 1879 il participe au congr\u00e8s national ouvrier de Marseille, vote la motion f\u00e9ministe et \u00e0 son retour organise une chambre f\u00e9d\u00e9rale ouvri\u00e8re qui est, \u00e0 Grenoble, le premier groupement professionnel et politique de la classe ouvri\u00e8re. On notera\u00a0 que la plupart des ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 la ville ont une singuli\u00e8re tendance \u00e0 passer sous silence l&rsquo;histoire du mouvement ouvrier des ann\u00e9es 50\/ 60, alors que la population ouvri\u00e8re pouvait repr\u00e9senter jusqu&rsquo;\u00e0 40% de la population active. \u00a0Silence relatif \u00e9galement sur les pr\u00eatres militants, condamn\u00e9s par leur hi\u00e9rarchie. Dans ce sch\u00e9ma, coinc\u00e9 entre la r\u00e9pression de l&rsquo;\u00e9tat bourgeois assimilant l&rsquo;ensemble du mouvement au terrorisme d&rsquo;une minorit\u00e9 et le communisme stalinien \u00e9liminant et disqualifiant tout mouvement r\u00e9volutionnaire pouvant lui faire de l&rsquo;ombre, la mouvance anarcho-libertaire travaillant \u00e0 la construction d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9galitaire s&rsquo;auto-administrant ne pouvait qu&rsquo;\u00eatre boycott\u00e9e, maltrait\u00e9e ,voire \u00e9limin\u00e9e. On ne peut donc que constater un \u00e9norme d\u00e9phasage entre\u00a0 le bouillonnement politique, culturel , scientifique et l&rsquo;une de ses sources d&rsquo;inspiration. Ce d\u00e9phasage explique sans doute la tendance au repli sur soi d&rsquo;initiatives g\u00e9n\u00e9reuses et altruistes, voire une certaine m\u00e9lancolie. Ceux que l&rsquo;histoire a bless\u00e9s, peuvent \u00eatre en\u00a0 permanence en proie\u00a0 au doute, voire \u00e0 une remise en question. Aujourd&rsquo;hui leur modestie comme leurs convictions \u00e9galitaires sonnent \u00e9trangement juste \u00e0 nos oreilles qui savent qu&rsquo;aucune r\u00e9volution, aucun encerclement ne peuvent justifier la descente aux enfers du goulag et autres camps de la mort.<\/p>\n<p><strong>Le 38 rue d&rsquo;Alembert &#8211; Centre social Tchoukar <\/strong>(19)<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Nous partons d\u2019un constat simple : la ville a besoin d\u2019espaces o\u00f9 peuvent s\u2019inventer et se r\u00e9inventer nos vies, ind\u00e9pendamment des pouvoirs publics. Des lieux d\u2019entraides, de d\u00e9brouille, o\u00f9 se tissent des liens et des solidarit\u00e9s dans la rencontre plut\u00f4t que derri\u00e8re un guichet. O\u00f9 il est possible de r\u00e9sister, partager nos joies et nos combats ; d\u00e9velopper des initiatives so-ciales et culturelles pour toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les cadres habituels ou qui en sont simplement exclues. De lieux o\u00f9 les activit\u00e9s sont gratuites, o\u00f9 l\u2019on peut partager des moments, des savoirs et des pratiques librement : prendre des cours de fran\u00e7ais ou de soutien scolaire, r\u00e9parer un jean ou un v\u00e9lo, voir une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre dans un lieu improbable, y entrer en curieuse et en sortir le ventre plein, l\u2019esprit l\u00e9ger et le c\u0153ur r\u00e9chauff\u00e9. Ces espaces existent \u00e0 Grenoble et ils sont pr\u00e9cieux. Ces six derniers mois, la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de la Ville a mis directement en p\u00e9ril des espaces communs dont nous avons pourtant cruel-lement besoin&#8230;.Dans ce contexte, nous avons urgemment besoin de maintenir et densifier les liens entre les habitants et les habitantes, afin qu\u2019ils puissent continuer \u00e0 subvenir \u00e0 leurs besoins, et sur-tout \u00e0 s\u2019auto-organiser. Le quartier nous appartient, nous le d\u00e9fendons collectivement.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb C\u2019est dans cette optique que le Lieu Com-mun, centre social Tchoukar du 38 rue d\u2019Alembert, s\u2019est install\u00e9 \u00e0 Saint-Bruno il y a deux ans. Il est au-jourd\u2019hui menac\u00e9 par les pouvoirs publics, propri\u00e9-taires des lieux, qui souhaitent le raser pour construire \u00e0 la place des logements sociaux. &#8230;.Nous d\u00e9sirons poursuivre l\u2019aventure du 38 afin que perdure ce que nous y avons d\u00e9j\u00e0 mis en place : un magasin gratuit, une laverie, une cantine sur la place, une salle de r\u00e9p\u00e9t, un atelier de r\u00e9paration de v\u00e9los, un atelier couture, un cin\u00e9ma de quartier, une salle de sport, un lieu d\u2019activit\u00e9s qui rayonne au -del\u00e0 du quartier St-Bruno. Ici et maintenant, nous construisons petit \u00e0 petit un quartier populaire tel que nous l\u2019imaginons. Ne laissons pas la mairie tailler nos r\u00eaves en pi\u00e8ce !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>extraits de la lettre ouverte\u00a0 produite par le 38 face aux menaces d&rsquo;expulsion<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>Rencontre avec Alan et Cl\u00e9ment &#8230; \u00e0 moins que ce soit avec Paul et L\u00e9on !!!<\/em><\/p>\n<p>Le 38, centre social autog\u00e9r\u00e9 existant depuis 4 ans se situe<em> dans <\/em>la proximit\u00e9 id\u00e9ologique des centres sociaux autonomes italiens. Dans les ann\u00e9es 70 Le mouvement\u00a0 autonome, alors partisan de l&rsquo;action directe, rejette l&rsquo;affiliation \u00e0 toute structure pyramidale et anti \u00e9galitaire de type syndical ou partisan.\u00a0\u00bb <strong>On essaie de transformer le monde de l&rsquo;endroit o\u00f9 on habite, \u00e0 partir de gestes quotidiens<\/strong>. Dans l&rsquo;atelier v\u00e9lo, gratuit, on ne r\u00e9pare pas \u00e0 la place des gens, on leur apprend \u00e0 r\u00e9parer( on ne fait pas pour les gens, mais avec eux) On pratique la solidarit\u00e9 dans un monde qui a choisi l&rsquo;individualisme. Ce que l&rsquo;on a \u00e9videmment en commun c&rsquo;est l&rsquo;endroit o\u00f9 l&rsquo;on habite. On croise pas mal de monde, ici au caf\u00e9 le Saint Bruno, \u00e0 Cap Berriat(20), dans le quartier, des syndicats comme Solidaires, Sud, la CNT, Ici-Grenoble pour s&rsquo;informer autrement sur Grenoble et ses environs(30)<\/p>\n<p>Avec nous, la mairie pratique la brosse \u00e0 reluire par devant et la r\u00e9pression par derri\u00e8re. C&rsquo;est une gauche radicale qui ne supporte pas sa propre dissidence. Ainsi des conseillers municipaux ont \u00e9t\u00e9 exclus de la majorit\u00e9, parce qu&rsquo;ils ont refus\u00e9 de voter un budget d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, \u00ab\u00a0impos\u00e9\u00a0\u00bb par les dettes toxiques contract\u00e9es sous les mandats pr\u00e9c\u00e9dents. Ils dealent avec leurs propres contradictions &#8230;<strong>comme nous on deale avec les n\u00f4tres<\/strong>. La pr\u00e9fecture a ferm\u00e9 l&rsquo;Engrenage, ainsi que d&rsquo;autres caf\u00e9s alternatifs pour de soi-disant raisons d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9. On pr\u00e9sume que ce nettoyage pr\u00e9lude au retour d&rsquo;Alain Carignon(21) condamn\u00e9 \u00e0 5 ans pour corruption et qui ferait naturellement campagne sur l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb Grenoble le Chicago fran\u00e7ais\u00a0\u00bb Il dispose d&rsquo;une \u00e9quipe experte en calomnies et en \u00ab\u00a0fake news\u00a0\u00bb Comme S\u00e9gol\u00e8ne en 2007 , l&rsquo;\u00e9quipe municipale r\u00e9agit en lan\u00e7ant sa propre campagne sur la s\u00e9curit\u00e9, plut\u00f4t que d&rsquo;annoncer des mesures de gauche.<\/p>\n<p>Nous ne manquons pas de nous poser des questions, la dispersion n&rsquo;est pas toujours un handicap, elle peut \u00eatre f\u00e9conde \u00e0 certains moments. Nos amis ont les m\u00eames interrogations sur les possibilit\u00e9s de convergence, peut-il y avoir d&rsquo;autres zads, quels enseignements peut -on tirer de l&rsquo;exp\u00e9rience zapatiste. quel r\u00f4le peut jouer l&rsquo;esth\u00e9tique dans la construction d&rsquo;un lieu, dans son appropriation? \u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>La biblioth\u00e8que Antigone <\/strong>(22)<\/p>\n<p>est une m\u00e9diath\u00e8que, une librairie pour enfants autant que pour adultes , mais aussi un lieu d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements publics, conf\u00e9rences, r\u00e9flexions, d\u00e9bats, confrontations, radicalit\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 dire un lieu habit\u00e9 tant par une proximit\u00e9 affective que par les d&rsquo;id\u00e9es. Ici, comme au 38, la volont\u00e9 de changer le monde n&rsquo;oublie jamais que les \u00eatres humains , adversaires ou amis, sont fragiles, ambivalents, contradictoires. Ainsi cette volont\u00e9 de transformation n&rsquo;a de sens que si elle refuse d&rsquo;\u00eatre en surplomb, elle ne peut avoir des chances d&rsquo;aboutir que dans la r\u00e9ciprocit\u00e9. Chaque \u00eatre humain est \u00e0 priori un expert de sa vie qui a besoin d&rsquo;\u00eatre nourri par l&rsquo;exp\u00e9rience des autres, par un capital de r\u00e9flexions et savoirs lui permettant de s&rsquo;exprimer, se remettre en cause, construire avec les autres. Antigone existe depuis 2002, deux femmes Christel et Aur\u00e9lie en sont les cofondatrices. \u00ab\u00a0Pour des raisons humaines, sociales et politiques c&rsquo;est essentiel qu&rsquo; Antigone ait\u00a0 \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par des filles\u00a0\u00bbEn Mars 2011, \u00a0la Traverse, revue des\u00a0 Renseignements g\u00e9n\u00e9reux, site d&rsquo;auto-d\u00e9fense intellectuelle, leur donnait la parole.<\/p>\n<p><em>extraits<\/em><\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Le plus important pour qu&rsquo;une opposition puisse se construire, c&rsquo;est de donner aux gens des outils de r\u00e9flexion&#8230;.Cet esprit de r\u00e9sistance, je le dois en grande partie \u00e0 mon p\u00e8re, militant socialiste proche des id\u00e9es de Jaur\u00e8s. Je l&rsquo;ai toujours vu manifester et protester. Il m&rsquo;a \u00e9lev\u00e9e avec un sentiment de r\u00e9volte, l&rsquo;id\u00e9e que les classes populaires n&rsquo;auront que ce qu&rsquo;elles auront r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9fendre et \u00e0 conqu\u00e9rir, <strong>que la vie est faite de rapports de force entre dominants et domin\u00e9s, entre pauvres et riches&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>&#8230;.Antigone parce que le projet est parti, \u00e0 l&rsquo;origine, de deux filles qui voulaient se battre, r\u00e9sister et opposer la raison du coeur \u00e0 la raison d&rsquo;Etat. On veut montrer que les petits individus peuvent \u00eatre aussi forts que les institutions. Pour nous, la symbolique de cette bataille, perdue au sens strict, cette guerre entre le pot de fer et le pot de terre, le personnage d&rsquo;Antigone le symbolise compl\u00e8tement&#8230;. C&rsquo;est un personnage f\u00e9minin, et nous trouvons qu&rsquo;il manque cruellement de repr\u00e9sentation f\u00e9minine dans la lutte, dans le militantisme. Souvent, les pr\u00e9sidents d&rsquo;associations, ceux qui parlent, ceux qui mettent officiellement leur nom pour appeler \u00e0 manifester, ce sont des hommes, ce qui nous g\u00eane beaucoup. Nous voulons que la dimension f\u00e9minine pose la base d&rsquo;Antigone, tout en remettant en question le concept de genre. Nous sommes parties du postulat que nous vivons dans un monde avec une certaine construction du genre et des personnalit\u00e9s, et dans ce cadre, les femmes ne proposent pas le m\u00eame genre d&rsquo;inventions, de r\u00e9sistances et d&rsquo;oppositions que les hommes, et il est important qu&rsquo;Antigone soit pens\u00e9e et mise en place par des femmes. &#8230; On n&rsquo;a jamais voulu \u00eatre dans l&rsquo;imaginaire ou l&rsquo;esth\u00e9tisme \u00a0\u00bbcrapouillou\u00a0\u00bb, on veut que ce soit un lieu chaleureux, joli, coquet. On veut que, lorsque tu rentres dans Antigone, tu ressentes quelque chose de l&rsquo;ordre du ventre de la Baleine dans Pinocchio, ou la caverne d&rsquo;Ali Baba. Ext\u00e9rieurement Antigone est moche, ne ressemble \u00e0 rien, et puis tu pousses la porte et paf, il y a des petits coussins, des petites loupiotes, plein de couleurs. On a envie que les gens se sentent bien \u00e0 Antigone, comme chez eux, comme chez leur grand-m\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si Antigone est profond\u00e9ment en affinit\u00e9 avec l&rsquo;esprit libertaire, elle n&rsquo;est pas pour autant une vitrine du mouvement anarchiste. Son postulat anti- autoritaire\u00a0 ne peut qu&rsquo;\u00eatre en coh\u00e9rence avec une ouverture \u00e9loign\u00e9e de tout dogmatisme.\u00a0 Antigone est \u00e9galement proche du Local autog\u00e9r\u00e9, de la BAF qui refuse \u00e9galement le sexisme d&rsquo;un langage masculin dominant, de Cortecs \u00ab\u00a0Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique &amp; sciences) qui \u00a0a pour objectif central la transmission des divers aspects de l\u2019esprit critique, la pens\u00e9e critique ou sceptique (<em>critical or skeptical thinking<\/em> chez les anglophones) \u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>La Bobine <\/strong>(18)<\/p>\n<p>La Bobine est un espace de rencontre entre artistes,un lieu culturel participatif dont le fonctionnement est assur\u00e9 par plus de 140 b\u00e9n\u00e9voles et de 20 salari\u00e9.e.s. La Bobine est auto- financ\u00e9e \u00e0 95% .Avec ses 5 studios dont 4 de \u00a0r\u00e9p\u00e9tition et un \u00a0d\u2019enregistrement, sa salle de spectacle de 300 places, son bar avec une sc\u00e8ne et un restaurant\u00a0 ouvert sur le parc Mistral, elle est un lieu de vie o\u00f9 chacun a le loisir de venir soit pour manger, boire un verre, \u00e9couter un concert , cr\u00e9er sa propre musique ou spectacle et d\u00e9couvrir des possibilit\u00e9s d&rsquo;activit\u00e9s qu&rsquo;il ne soup\u00e7onnait pas \u00e0 priori. Le lieu fait se rencontrer amateurs et professionnels, associations et grand public. Cette ouverture sur le quartier, les autres associations, les \u00e9coles sont v\u00e9cues comme d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaires que la Bobine n&rsquo;est que r\u00e9cemment implant\u00e9e dans le quartier Mistral. La programmation du lieu est le fruit de d\u00e9cisions collectives prises apr\u00e8s d\u00e9bat. La motivation , l&rsquo;implication sont requises et non la sp\u00e9cialisation, chacun \u00e9tant acteur avec un savoir qu&rsquo;il faut prendre en compte. L&rsquo;entr\u00e9e aux concerts, spectacles est \u00e0 prix libre. L&rsquo;objectif est que tout le monde puisse\u00a0 s&rsquo;approprier le lieu. M\u00e9lanie qui codirige la Bobine est attentive \u00e0\u00a0 nouer des partenariats\u00a0 sur le territoire avec d&rsquo;autres associations qui cassent \u00e9galement les codes comme le Magasin, les chor\u00e9graphes locaux du Pacifique, Le Prunier Sauvage et son projet de Parc Artistique ouvert \u00e0 tous.<\/p>\n<p><strong>Les Barbarins Fourchus <\/strong>(6)<\/p>\n<p>Y-a-t-il un endroit au monde o\u00f9 Marcel Azzola et Alice, la petite f\u00e9e au pays des merveilles auraient pu avoir\u00a0 plaisir \u00e0 se retrouver? R\u00e9ponse probl\u00e9matique?\u00a0 Pas le moins du monde. Dans ce m\u00eame lieu, on aurait pu retrouver Boris Vian, Les Clash, Raymond Queneau, Capitain Beefheart, Edith Piaf, Arthur Cravan, Franck Zappa, Alphonse Allais, les fr\u00e8res Trois Gros, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Noureev, L&rsquo;art ensemble, Oncle Paul et ses belles histoires. La compagnie des Barbarins Fourchus, \u00ab\u00a0reconnue \u00a0de futilit\u00e9 public\u00a0\u00bb a l&rsquo;extr\u00eame \u00a0\u00e9l\u00e9gance de casser les codes\u00a0 sans le dire , de pr\u00e9f\u00e9rer l&rsquo;aventure vivante \u00e0 toutes les classifications mortif\u00e8res. La vie \u00e9tant trop s\u00e9rieuse pour que l&rsquo;on puisse se prendre au s\u00e9rieux, les Barbarins l&rsquo;aiment partout o\u00f9 elle circule, autant dans la rue, les bistrots que dans les th\u00e9\u00e2tres o\u00f9 les bals de quartier. Ils sont trop go\u00fbteux des belles et bonnes choses pour proscrire \u00e0 priori toute forme dite de mauvais go\u00fbt. Les Barbarins ont de l&rsquo;app\u00e9tit, des exp\u00e9riences musicales, th\u00e9\u00e2trales, artistiques sans tic, des savoirs \u00e0 la pelle et une exigence \u00e9thique que leur pudeur pourrait bien camoufler sous la grosse rigolade. Ce qui se voit, se boit, se mange, s&rsquo;\u00e9coute, se touche est aussi ce qui se partage. Partager c&rsquo;est avoir le go\u00fbt des autres , c&rsquo;est ouvrir grande sa porte, sans que personne puisse penser, \u00ab\u00a0on fait partie de l&rsquo;\u00e9lite ,alors qu&rsquo;il est doux de rester entre nous\u00a0\u00bb Les Barbarins travaillent dans la proximit\u00e9 des gens, ils aiment les gens il savent les accueillir, spectateurs ou compagnies amies. Ils pratiquent le prix libre dans leurs salles du quartier Saint Bruno\/ B\u00e9riat. L&rsquo;humour est leur seconde nature, histoire de ne jamais dire c&rsquo;est parce que l&rsquo;on vous a \u00e9cout\u00e9 et compris que l&rsquo;on fait des concerts b\u00e2tards qui deviendront \u00ab\u00a0concerts pastard\u00a0\u00bb, et que le dimanche matin la musique classique est accueillie dans \u00ab\u00a0les concerts en robe de chambre\u00a0\u00bb. Bien s\u00fbr leur punkitude, leur r\u00e9volte est en affinit\u00e9 avec les anarchistes. Comme beaucoup de ces militants de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, dans un monde profond\u00e9ment in\u00e9gal , ils peuvent se laisser aller parfois \u00e0 quelque m\u00e9lancolie, mais la tendresse\u00a0 est toujours l\u00e0 , bordel, comme l&rsquo;app\u00e9tit qui porte en toute lucidit\u00e9 vers de nouvelles aventures aussi. Claire des anges qui m&rsquo;a h\u00e9berg\u00e9 place Saint Bruno leur consacre tout son temps libre. Fran\u00e7ois Laroche de F\u00e9line qui m&rsquo;a accueilli dit \u00a0\u00bb Delfino\u00a0\u00bb est compositeur, chanteur, instrumentiste, illustrateur et co-fondateur des Barbarins forc\u00e9ment fourchus puisqu&rsquo;ils ont plusieurs cordes \u00e0 leur arc. Il\u00a0 vient de sortir son premier disque en solo\u00a0\u00bb High down Kisses\u00a0\u00bb(23) &#8230; est-ce que tu peux entendre ce que je pense, ce que je ressens\u00a0\u00bb A \u00e9couter avec grand bonheur.<\/p>\n<p><strong>Le Magasin\u00a0 des Horizons <\/strong>(24) centre national d&rsquo;art et de cultures<\/p>\n<p>Vous vous posez des questions sur l&rsquo;authenticit\u00e9 de l&rsquo;art contemporain&#8230; une affaire de snobs croisant des affairistes pr\u00e9f\u00e9rant investir dans l&rsquo;art contemporain plut\u00f4t que dans le Cac 40 ? Vous avez suffisamment mauvais esprit pour penser que cette avant-garde auto -proclam\u00e9e \u00e0 la pointe du nihilisme d\u00e9senchant\u00e9 n&rsquo;est ni plus ni moins que r\u00e9actionnaire, c&rsquo;est \u00e0 dire farouchement oppos\u00e9e \u00e0 toute mise en question de ses privil\u00e8ges, \u00e0 tout questionnement respectueux de l&rsquo;intelligence populaire et de ses imaginaires&#8230; Alors donnez- vous la peine d&rsquo;entrer au Magasin des Horizons. Sous l&rsquo;impulsion de B\u00e9atrice Josse, \u00a0f\u00e9ministe d\u00e9termin\u00e9e et de son \u00e9quipe, on y est pr\u00eat \u00e0 bousculer tous les conformismes, toutes les certitudes<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Il est temps de rallumer les \u00e9toiles\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Loin de l&rsquo;isolement des arts trop disciplin\u00e9s et cat\u00e9goris\u00e9s, le Magasin des Horizons entend bousculer ce qui nous restait de certitudes. Essaimer et s&rsquo;ouvrir aux questions d&rsquo;\u00e9cologie, de f\u00e9minismes, de genres et post-colonialismes&#8230;. rien de rationnel, beaucoup de magie et de spiritualit\u00e9, un brin de fantaisie sont les ingr\u00e9dients de cette incantation \u00e0 r\u00e9-enchanter le monde. \u00ab\u00a0l\u2019art contemporain dit B\u00e9atrice Josse, c\u2019est autre chose que des expositions, ce que l\u2019on a d\u00e9montr\u00e9 pendant toute la saison derni\u00e8re avec des projets m\u00ealant des artistes, des activistes, des gens du secteur social\u2026 Tout \u00e7a, c\u2019est aussi de l\u2019art contemporain. Il est vrai \u00e9galement que l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9grad\u00e9 du lieu permettait difficilement d&rsquo;y tenir des expositions et qu&rsquo;en attente des financements indispensables, il semblait plus gratifiant de transformer la contrainte en opportunit\u00e9 d&rsquo;exploration trans-artistique. Elle a ainsi privil\u00e9gi\u00e9 l&rsquo;achat d&rsquo;oeuvres immat\u00e9rielles\u00a0 con\u00e7ues par des femmes en lien avec la performance et le spectacle vivant\u00a0\u00bb Ce n&rsquo;est pas uniquement avec les yeux que l&rsquo;on voit les choses\u00a0\u00bb \u00a0L&rsquo;art visible ou invisible est prot\u00e9iforme , partout o\u00f9 l&rsquo;on veut bien se donner la peine de l&rsquo;inventer, parmi d&rsquo;autres utilit\u00e9s possibles, il est capable de relier plut\u00f4t que de s&rsquo;ing\u00e9nier \u00e0 s\u00e9parer. Ici tout d\u00e9sirant, toute d\u00e9sirante sont les bienvenus. Des artistes associ\u00e9s comme l&rsquo;\u00e9crivaine Chlo\u00e9 Delaume, des chor\u00e9graphes, danseurs comme Yoann Bourgeois, Rachid Ouramdane, Marie Roche qui dirige le centre national chor\u00e9graphique \u00a0\u00bb le Pacifique\u00a0\u00bb \u00a0des chercheurs, politologues, des formateurs animent un lieu tourn\u00e9 vers la multiplication, \u00a0des rencontres. Ainsi\u00a0 des ateliers au croisement de pratiques corporelles et recherches transversales questionnant les modes de transmission de savoirs, des exp\u00e9rimentations ouvertes \u00e0 toute personne d\u00e9sireuse de mener une r\u00e9flexion vivante et autonome et d&rsquo;am\u00e9liorer par le collectif ses recherches personnelles; des formations en atelier, en sorties ou \u00e0 distance\u00a0 pour les autodidactes comme pour ceux qui souhaitent partager leurs recherches et leurs exp\u00e9riences.<br \/>\nAinsi des bivouacs de d\u00e9bats \u00e0 th\u00e8me sont cr\u00e9\u00e9s, une Acad\u00e9mie de la marche pour marcher, explorer, se mobiliser , d\u00e9battre en mouvement, comme des manifestants revendiquant tout\u00a0 simplement\u00a0 d&rsquo;inventer ensemble un art de s&rsquo;interroger proche de celui de\u00a0 respirer, s&rsquo;indigner, avancer et si possible hors de tout sexisme! L&rsquo;espoir, au bout du chemin, est de cr\u00e9er des passerelles susceptibles de mener \u00e0 un monde commun, un monde o\u00f9 l&rsquo;on puisse s&rsquo;\u00e9merveiller, r\u00eaver ensemble, cr\u00e9er des aventures artistiques au coeur d&rsquo;une\u00a0 cit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;art sous toutes ses formes aura contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;acteurs humains reli\u00e9s.<\/p>\n<p>En Mars Le magasin propose une nouvelle exposition \u00a0\u00bb Entropie j&rsquo;\u00e9cris ton nom\u00a0\u00bb Les vid\u00e9os et installations pr\u00e9sent\u00e9es ne sont pas sans rapport avec la r\u00e9habilitation du lieu confi\u00e9e \u00e0 des artistes.\u00a0\u00bb Comment avoir un langage commun, faire alliance, faire du collectif. L&rsquo;art est un moyen de discuter, de raconter des histoires, dit B\u00e9atrice Josse.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10872\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-3.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Christiane Guichard La Dame de la Casamaures <\/strong>(25)<\/p>\n<p>Est-il possible d&rsquo;imaginer un palais oriental, ses jardins rappelant l&rsquo;Alhambra de Grenade, \u00e0 Saint Martin le Vinoux, juste \u00e0 la sortie de Grenoble au pied de la montagne?\u00a0 Est-il possible d&rsquo;imaginer qu&rsquo;un homme, Joseph, Jullien dit Chocard \u00e2g\u00e9 de 52 ans, aussi simple qu&rsquo;ouvert \u00e0 toutes les chim\u00e8res, ait r\u00eav\u00e9 assez fort pour r\u00e9inventer les Mille et une nuits, anticiper de quelques d\u00e9cennies sur la cr\u00e9ation\u00a0 du bleu Majorelle? Innovation stup\u00e9fiante b\u00e9n\u00e9ficiant de l&rsquo;invention du b\u00e9ton par Louis Vicat\u00a0 en 1817. Seul un homme aussi na\u00eff que le facteur Cheval, aussi ouvert \u00e0 l&rsquo;architecture\u00a0 r\u00eav\u00e9e d&rsquo;un autre continent, a pu concevoir un tel projet.\u00a0 Dans les ann\u00e9es 60, le lieu est abandonn\u00e9, il est squatt\u00e9 par des clochards. La Casamaures\u00a0 est vendue<a href=\"http:\/\/int.search.myway.com\/search\/GGmain.jhtml?ct=ARS&amp;n=7857fa3b&amp;p2=%5ECAO%5Exdm344%5ETTAB02%5Efr&amp;pg=GGmain&amp;pn=1&amp;ptb=E9B71F25-37DC-42A5-B855-BE0C5714AE98&amp;qs=&amp;si=1064993275&amp;ss=sub&amp;st=hp&amp;trs=wtt&amp;searchfor=Le+38+centre+social+tchoukar+Facebook&amp;feedurl=ars%252Ffeedback%253ForiginalQuery%253Dle%252B38%252Bgrenoble%2526relatedQuery%253Dle%252B38%252Bcentre%252Bsocial%252Btchoukar%252Bfacebook&amp;tpr=jre10\">.<\/a>Le propri\u00e9taire compte faire une belle op\u00e9ration immobili\u00e8re en rasant l&rsquo;immeuble\u00a0 et en cr\u00e9ant une zone artisanale pour des touristes. Aucun obstacle majeur ne devrait se dresser face \u00e0 ce projet. D&rsquo;autant que\u00a0 les\u00a0 habitants des villages situ\u00e9s dans l&rsquo;environnement proche de l&rsquo;\u00e9difice consid\u00e8rent celui -ci \u00a0comme une sorte de verrue, d&rsquo;un go\u00fbt\u00a0 d&rsquo;autant plus douteux, que leur vision de l&rsquo;arabe n&rsquo; a rien de culturel. Alors le sort en est jet\u00e9 ! Et bien non, une fr\u00eale jeune femme de 29 ans \u00e0 peine sortie des beaux -arts dispose, elle, de toutes les connaissances n\u00e9cessaires\u00a0 pour appr\u00e9cier le palais \u00e0 sa juste valeur . Combien de fois l&rsquo;a- t-elle crois\u00e9 sur sa route depuis son enfance, elle, dans les bras de sa m\u00e8re assise dans le bus les yeux fix\u00e9s sur cette folie architecturale sise &#8230;rue de la R\u00e9sistance ? Elle a z\u00e9ro franc dans les poches, mais elle dit non. Elle alerte ses amis, emprunte aux uns, aux autres et forc\u00e9ment au banques. Elle gagne&#8230; la premi\u00e8re manche. L&rsquo;\u00e9difice est en mauvais \u00e9tat les peintures, les fresques, calligraphies ont \u00e9norm\u00e9ment souffert. Avec autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance que de d\u00e9termination et non sans humour, Christiane ne renoncera jamais , malgr\u00e9 les effondrements successifs. Elle fondera une association , organisera des expositions, colloques, se mettra financi\u00e8rement la corde au cou, soutenue dans les premi\u00e8res ann\u00e9es par le po\u00e8te Colas Bailleul. Elle restaure le lieu. Le responsable aux travaux de la mairie lui intime l&rsquo;ordre de le faire dans la palette des couleurs\u00a0 r\u00e9f\u00e9renc\u00e9es. Elle proteste, \u00e9crit \u00e0 la pr\u00e9fecture. Sa lettre doit \u00eatre tellement extraordinaire, qu&rsquo;un bon g\u00e9nie la transmet au minist\u00e8re de la culture. Les services de Jack Lang bondissent sur cette p\u00e9pite. La Casamaures sera class\u00e9e monument historique. Plus r\u00e9cemment\u00a0 un projet de rocade est \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude. La montagne sera transperc\u00e9e et la Casamaures tenant \u00e0 peine debout aura toute chance de s&rsquo;effondrer.\u00a0 Encore une fois, Christiane va se battre. Une commission d&rsquo;experts est mise sur pied, elle jugera que l&rsquo;utilit\u00e9 publique du projet n&rsquo;est pas prouv\u00e9e.\u00a0 Depuis que la dame de la Casamaures a investi le lieu des centaines , peut \u00eatre des milliers de visiteurs ont franchi la porte du palais. Ils ont pu go\u00fbter la beaut\u00e9 du lieu, comprendre\u00a0 qu&rsquo;\u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre fortement handicap\u00e9 rien, ne justifie qu&rsquo;un humain renonce \u00e0 son id\u00e9al et \u00e0 sa volont\u00e9 de le partager.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>PMO &#8211; Pi\u00e8ces et main-d&rsquo;oeuvre <\/strong>(26)<\/p>\n<p>L&rsquo;ennemi surpuissant est le capitalisme technologique. Pour le contrer, organiser la r\u00e9sistance pendant qu&rsquo;il est peut -\u00eatre encore temps.\u00a0\u00bb Pi\u00e8ces et Main d\u2019Oeuvre\u00a0\u00bb, atelier de bricolage pour la construction d\u2019un esprit critique \u00e0 Grenoble, agit depuis l\u2019automne 2000 \u00a0: enqu\u00eates, manifestations, r\u00e9unions, livres, tracts, affiches, brochures, interventions\u00a0 m\u00e9diatiques , etc.<br \/>\nDes individus politiques animent PMO, pas un collectif. &#8230;\u00a0 \u00ab\u00a0Nous consid\u00e9rons que la technologie &#8211; non pas ses \u00ab\u00a0d\u00e9rives\u00a0\u00bb- est le fait majeur du capitalisme contemporain, de l\u2019\u00e9conomie plan\u00e9taire unifi\u00e9e. Elle est la continuation de la guerre, c\u2019est-\u00e0-dire de la politique, par d\u2019autres moyens&#8230;.. La technologie, c\u2019est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. Cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019autres fronts, mais que chaque innovation sur le front de la technologie entra\u00eene en cascade une d\u00e9gradation du rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir&#8230; Nous soutenons que les id\u00e9es sont d\u00e9cisives. Les id\u00e9es ont des ailes et des cons\u00e9quences. Une id\u00e9e qui vole de cervelle en cervelle devient une force d\u2019action irr\u00e9sistible et transforme le rapport des forces. C\u2019est d\u2019abord une bataille d\u2019id\u00e9es que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous \u00eatre d\u2019abord des producteurs d\u2019id\u00e9es. &#8230;..<br \/>\nSi nous avons sem\u00e9 quelques doutes, par exemple sur les nanotechnologies et les technologies convergentes, sur la biom\u00e9trie, les RFID et les neuro-technologies, sur le t\u00e9l\u00e9phone portable et nombre de sujets connexes, sur la destruction du territoire, la cannibalisation de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me\u00a0\u00bb par le syst\u00e8me technicien, c\u2019est \u00e0 force d\u2019enqu\u00eates, de harc\u00e8lement textuel, d\u2019interventions lors d\u2019occasions officielles&#8230;&#8230;<br \/>\nNe jamais d\u00e9noncer les malfaisances sans d\u00e9noncer les malfaiteurs. Ne jamais r\u00e9pondre \u00e0 leurs man\u0153uvres de diversion et de r\u00e9cup\u00e9ration. Ne jamais l\u00e2cher le front des n\u00e9cro-technologies.<br \/>\n<strong>&#8230;.. Il faut vivre contre son temps <\/strong>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>-Fait sans doute significatif.\u00a0 Parmi les responsables politiques de la mairie, qui sont l&rsquo;une des cibles de PMO\u00a0 personne ne se hasarde \u00e0 aborder de front les critiques de PMO.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils exag\u00e8rent sans doute beaucoup mais en m\u00eame temps, leurs interrogations ne manquent pas de pertinence\u00a0\u00bb. \u00a0PMO refuse toute technologie substituant la machine \u00e0 l&rsquo;humain et ne pouvant qu&rsquo;aboutir \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 totalitaire o\u00f9 le contr\u00f4le de toute action serait syst\u00e9matique. Historiquement PMO s&rsquo;inscrit dans la lign\u00e9e du mouvement luditte du XIX si\u00e8cle, incitant les ouvriers \u00e0 d\u00e9truire les machines. Les critiques portent sur des investissements importants consacr\u00e9s entre autres \u00e0 <strong>: Minatec<\/strong>. En 2000. Le feu vert est donn\u00e9 au CEA, alli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat et aux industries de pointe pour cr\u00e9er un p\u00f4le de recherche et d&rsquo;applications consacr\u00e9es aux micro et nano- technologies. 2016 Le polygone scientifique de Grenoble s&rsquo;enrichit d&rsquo;une nouvelle entit\u00e9 Giant, cr\u00e9ant une sorte de MIT \u00e0 la Fran\u00e7aise. Sous couvert d&rsquo;applications\u00a0 civiles seraient d\u00e9velopp\u00e9es des outils destin\u00e9s \u00e0\u00a0 cr\u00e9er des armes de destruction de\u00a0 pointe. Par ailleurs ces recherches croisent de tr\u00e8s pr\u00e8s le Trans humanisme. Il s&rsquo;agirait de cr\u00e9er une humanit\u00e9 \u00ab\u00a0augment\u00e9e\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire int\u00e9grant\u00a0 les technologies de pointe\u00a0 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du corps humain. R\u00e9sultats attendus une envol\u00e9e des performances humaines, contr\u00f4l\u00e9es \u00e0 chaque instant par un cerveau central. Sans oublier l&rsquo;espoir ahurissant d&rsquo; allonger la vie humaine jusqu&rsquo;\u00e0 supprimer la mort.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il y aura des gens implant\u00e9s, hybrid\u00e9s, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gard\u00e9es au pr\u00e9&#8230;..<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0Ceux qui d\u00e9cideront de rester humains et refuseront de s\u2019am\u00e9liorer auront un s\u00e9rieux handicap. Ils constitueront une sous-esp\u00e8ce et formeront les chimpanz\u00e9s du futur.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p><em>Kevin Warwick<\/em><\/p>\n<p><strong>Clinatec <\/strong>serait une \u00ab\u00a0clinique exp\u00e9rimentale\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019on teste des dispositifs \u00e9lectroniques implant\u00e9s dans le cerveau. Pilot\u00e9e par le Commissariat \u00e0 l\u2019\u00e9nergie atomique (CEA) de Grenoble, elle travaille sur les applications des nanotechnologies dans le champ des neurosciences, en particulier sur les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, comme Parkinson&#8230;&#8230; Cas unique en France, l\u2019\u00e9tablissement est situ\u00e9 en dehors du milieu hospitalier, sur un terrain du CEA dont certains b\u00e2timents sont soumis au secret d\u00e9fense. &#8230;. Cette alliance entre l\u2019industrie nucl\u00e9aire, celle des nanotechnologies et des chercheurs en neurosciences augure mal du n\u00e9cessaire contr\u00f4le d\u00e9mocratique qui devrait encadrer le p\u00e9rilleux usage de ces sciences pour le moins futuristes. Applications possibles: <strong>d<\/strong><strong>es implants c\u00e9r\u00e9braux contre la d\u00e9pression ou l\u2019ob\u00e9sit\u00e9<\/strong> ,des possibilit\u00e9s d&rsquo;att\u00e9nuer les effets de la maladie de Parkinson, des neuro proth\u00e8ses pour les t\u00e9trapl\u00e9giques. Clinatec est le r\u00e9sultat d\u2019un partenariat entre le CEA, le CHU de Grenoble et l\u2019Inserm.<\/p>\n<p>Y-a-t-il opposition radicale entre un projet d\u00e9mocratique tendant \u00e0 r\u00e9investir les citoyens de leur pouvoirs et une d\u00e9marche scientifico-technocratique voulant peut \u00eatre\u00a0 assurer le bien-\u00eatre de chacun mais d\u00e9poss\u00e9dant le peuple de toute vell\u00e9it\u00e9 d&rsquo;action autonome? Il semble bien que oui. Comment la ville peut-elle vouloir la d\u00e9mocratie participative et investir dans une d\u00e9marche d\u00e9poss\u00e9dant la collectivit\u00e9 de son pouvoir de d\u00e9cision? Myst\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le \u00a0laboratoire du Pacte,\u00a0 passeur en terre is\u00e9roise <\/strong>(27)<\/p>\n<p>Le Pacte unit\u00e9 de recherche mixte cr\u00e9\u00e9 par le CNRS, l&rsquo;universit\u00e9 et Sciences po Grenoble est un important laboratoire de sciences sociales. 120 chercheurs, 170 doctorants y exercent des travaux dans 4 grands domaines : Environnement, Justice sociale, Gouvernance\/r\u00e9gulations, villes et territoires. Anne Laure Amilhat-Szary qui le dirige impulse une transversalit\u00e9 des connaissances qui la fait\u00a0 participer aux aventures initi\u00e9es par le Magasin ( CNAC) et par d&rsquo;autres artistes, notamment chor\u00e9graphes .<\/p>\n<p>Avec, la brochure du Pacte mettant en avant les travaux des chercheurs dans les quatre axes d\u00e9termin\u00e9s, il est possible d&rsquo;entrer en relation et d&rsquo;\u00e9changer avec chacun. Cette ouverture\u00a0 fait que dans une ville souvent qualifi\u00e9e de laboratoire, le laboratoire des sciences sociales est \u00e0 la fois en amont \u00e0 la pointe des recherches actuelles et \u00e9galement pleinement pr\u00e9sent sur la place publique, donc vraiment au service des citoyens.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>3\/ Fondations Grenobloises<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10873\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-22.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>Il semble bien que dans aucune autre ville fran\u00e7aise, l&rsquo;immigration et la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;occupant n&rsquo;aient jou\u00e9 un r\u00f4le aussi central. Ces deux piliers ont pour point commun une foi in\u00e9branlable dans la capacit\u00e9 des humains \u00e0 vivre ensemble dans le respect de leurs valeurs. Mais que les sceptiques de tout poil se rassurent, la ville a ses probl\u00e8mes, ses manques. Elle a \u00e9galement \u00e0 son actif des r\u00e9alisations scientifiques ou technologiques remarquables pour les uns, pr\u00e9occupantes pour les autres.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Une immigration fondatrice<\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de ville en France qui ne fasse pas plus moins place \u00e0 l&rsquo;immigration. La plupart le font, semble-t-il plus par obligation que par choix assum\u00e9. Grenoble, elle, s&rsquo;est construite sur l&rsquo;immigration.<\/p>\n<p>L&rsquo;Italie d\u00e8s la fin du XIX si\u00e8cle se fait la part belle avec l&rsquo;arriv\u00e9e des pi\u00e9montais, au d\u00e9but du XX si\u00e8cle, Corato, un village des Pouilles, r\u00e9gion de l&rsquo;Italie du sud particuli\u00e8rement pauvre, apporte son flux de population italienne.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 30, sur 11o.ooo habitants les \u00e9trangers repr\u00e9sentent 18% du total. Sans tenir compte des naturalisations. Dans les ann\u00e9es 60, on \u00e9value \u00e0 40% la population d&rsquo;origine italienne. L&rsquo;industrialisation de la ville voit l&rsquo;arriv\u00e9e de forts contingents de maghr\u00e9bins, et dans une moindre mesure de russes, de polonais, d&rsquo;espagnols, d&rsquo;arm\u00e9niens et d&rsquo;africains. Cette immigration est en phase avec les besoins de main-d&rsquo;oeuvre du pays. D&rsquo;autres formes d&rsquo;immigration plus ponctuelles seront directement li\u00e9es aux crises politiques que connaissent des pays comme l&rsquo;Argentine, Le Chili, le Vietnam, etc&#8230;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;apport italien<\/strong> \u00a0( 28)<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es il sera d\u00e9cisif, tant dans des m\u00e9tiers pointus comme celui des banquiers, des marchands, des artisans, artistes que dans l&rsquo;apport de main- d&rsquo;oeuvre dans le b\u00e2timent, l&rsquo;industrie dont la ganterie, l&rsquo;exploitation mini\u00e8re et l&rsquo;am\u00e9nagement des for\u00eats. Dans le temps r\u00e9volutionnaire du XVIII si\u00e8cle de nombreux patriotes italiens s&rsquo;exil\u00e8rent en France.<\/p>\n<p>Les italiens, c&rsquo;est\u00a0 aussi la passion de la politique, des engagements syndicaux, des engagements associatifs&#8230; une forte capacit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 la vie collective.<\/p>\n<p><em>Calogera <\/em><\/p>\n<p>1936<\/p>\n<p>A Grenoble comme dans de tr\u00e8s nombreuses villes fran\u00e7aises, les occupations d&rsquo;usines sont festives. Les adh\u00e9sions \u00e0 la CGT explosent.<\/p>\n<p>.1941<\/p>\n<p><em>Grazia : <\/em>J&rsquo;ai souvenir de la faim. Ma m\u00e8re m&rsquo;a racont\u00e9 que je me r\u00e9veillais la nuit et que je lui demandais : c&rsquo;est l&rsquo;heure de manger ?<\/p>\n<p>Comme il n&rsquo;y avait plus de chocolat depuis longtemps, on faisait des tartines au boudin, \u00e7a ressemblait, la couleur, pas le go\u00fbt&#8230;<\/p>\n<p>Je me souviens aussi de mon grand-p\u00e8re qui, exc\u00e9d\u00e9 de manger ses p\u00e2tes sans mati\u00e8re grasse, d\u00e9cida d&rsquo;y mettre de l&rsquo;huile pour les serrures, avec une burette. Ma grand -m\u00e8re l&rsquo;avait disput\u00e9.<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle a 16 ans, ma grand-m\u00e8re d\u00e9couvre les auberges de jeunesse. Sa m\u00e8re l&rsquo;autorise \u00e0 y aller malgr\u00e9 les remarques d\u00e9sobligeantes de ses fr\u00e8res. En effet pour l&rsquo;\u00e9poque c&rsquo;est quelque chose les auberges !<\/p>\n<p>Les jeunes s&rsquo;organisent entre eux sur des principes mixtes et la\u00efques. Les ajistes dorment \u00e0 la belle \u00e9toile, font des randonn\u00e9es \u00e0 pied ou en v\u00e9lo, voyagent, chantent et refont le monde.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;apport Maghrebin -(<\/strong>29)<\/p>\n<p>En 1954 Grenoble compte\u00a0 15% de fran\u00e7ais ,musulmans actifs , essentiellement des hommes. En 1962 ils seront 7632 dont 365 femmes, soit un quart de la population \u00e9trang\u00e8re, la deuxi\u00e8me communaut\u00e9 apr\u00e8s celle des Italiens. Le quartier de Tr\u00e8s Cloitre est consid\u00e9r\u00e9 comme un quartier arabe. La reconstruction du pays requiert en plus des capitaux, des mati\u00e8res premi\u00e8res, les colonies en sont pourvues et surtout apportent beaucoup de main- d&rsquo;oeuvre. L&rsquo;exode rural, le travail des femmes, parfois des enfants sont insuffisants. Alors des recruteurs\u00a0 sillonneront les territoires coloniaux\u00a0 pour le compte de l&rsquo;industrie fran\u00e7aise mais aussi de l&rsquo;arm\u00e9e. La guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie entrainera tensions et un surcroit de racisme.<\/p>\n<p>Omar 22 ans<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Nos parents ils se sont battu pour eux. Ils sont morts pour eux. Ils les ont amen\u00e9s ici pour reconstruire leurs b\u00e2timents. Et maintenant on nous traite comme de la m&#8230; Aucune reconnaissance- A Grenoble le mari de ma soeur est venu nous chercher \u00e0 la gare. On s&rsquo;attendait \u00e0 aller dans un logement magnifique&#8230;<\/p>\n<p>O\u00f9 est-ce qu&rsquo;il nous emm\u00e8ne ? Dans le chantier du Park-h\u00f4tel \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la mairie. Ce b\u00e2timent \u00e9tait en construction et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il logeait. Et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on a dormi.<\/p>\n<p>&#8230; On travaillait au moins 9 heures par jour. Ce qui nous a sauv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, c&rsquo;est qu&rsquo;il y avait du travail et de la solidarit\u00e9 entre ceux qui arrivaient et ceux qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Les gens se sont rencontr\u00e9s entre pauvres\u00a0\u00bb Mohamed Lahcine<\/p>\n<p><strong>\u00a0Chiaka Fan\u00e9 cr\u00e9ateur du syndicat CGT des sans -papiers<\/strong><\/p>\n<p>Il est malien, fils de forgeron, issu d&rsquo;une famille o\u00f9 le respect des valeurs est prioritaire. Il arrive en France avec un visa \u00e9tudiant, travaille quotidiennement \u00e0\u00a0 Chamb\u00e9ry et \u00e0 Grenoble. Il refuse de travailler au noir. Il est donc d\u00e9clar\u00e9, est autoris\u00e9 \u00e0 payer ses imp\u00f4ts, mais pas \u00e0 exister. \u00ab\u00a0On a rien \u00e0 perdre \u00e0 se battre, on ne peut pas vivre avec la peur au ventre sans arr\u00eat. On a tout \u00e0 gagner \u00e0 se battre. Nous sommes des sous -citoyens et on se bat pour tous les salari\u00e9s. Il a lui- m\u00eame \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Chamb\u00e9ry sur d\u00e9nonciation. Il veut faire quelque chose . Il va trouver la CGT et propose de cr\u00e9er le premier syndicat des sans -papiers. Il ne sera r\u00e9gularis\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s six ans de luttes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10874\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-19.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211; Grenoble r\u00e9sistante.<\/strong><\/p>\n<p>Plaque tournante des maquis du Vercors, de la Chartreuse, Belledonne et Oisans, la ville a \u00e9t\u00e9 elle- m\u00eame un foyer de r\u00e9sistance important. Grenoble est l&rsquo;une des cinq villes fran\u00e7aises ayant re\u00e7u la Croix de la Lib\u00e9ration. D&rsquo;abord qualifi\u00e9e de zone libre sous le r\u00e9gime de Vichy qui faisait en priorit\u00e9 la chasse aux communistes, francs- ma\u00e7ons, juifs et \u00e9trangers, la ville\u00a0 pass\u00e9e en Novembre 1942\u00a0 sous occupation italienne, a connu une p\u00e9riode de r\u00e9pression et de massacres syst\u00e9matiques sous l&rsquo;occupation allemande \u00e0 partir de Septembre 1943.<\/p>\n<p>Face au tragique de la situation, les femmes et les hommes\u00a0 qui se sont battu ensemble , ont d\u00e9velopp\u00e9 un esprit de solidarit\u00e9, d&rsquo;amiti\u00e9 et de justice sociale\u00a0 que l&rsquo;on retrouvera dans le programme du Conseil National de la R\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Ces hommes et ces femmes ont saisi l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9ducation et la culture comme garants du lien social\u00a0 et du d\u00e9veloppement collectif et individuel. Sur les lieux m\u00eame de la r\u00e9sistance des militants des mouvements d&rsquo;\u00e9ducation populaire comme \u00ab\u00a0Peuple et Culture\u00a0\u00bb ont assur\u00e9 la formation des jeunes r\u00e9sistants. L&rsquo;impact de ces associations a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisif dans les ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s- guerre\u00a0 pour concr\u00e9tiser une ambition de mont\u00e9e en puissance des classes populaires.<\/p>\n<p>Le rendez-vous annuel initi\u00e9 en 2007 sur le plateau des Gli\u00e8res par d&rsquo;anciens r\u00e9sistants en est l&rsquo;expression assum\u00e9e. \u00a0\u00bb Nous sommes ici dans ce lieu symbolique, pour se rappeler ces id\u00e9aux de la r\u00e9sistance et r\u00e9veiller les consciences\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0R\u00e9sister comme l&rsquo;\u00e9crit JO Briant (8), c&rsquo;est d&rsquo;abord d\u00e9passer la tristesse et la r\u00e9signation , c&rsquo;est ensuite cr\u00e9er\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cet esprit de r\u00e9sistance est l&rsquo;une des composantes fortes de l&rsquo;ADN grenoblois, ouvert au monde et \u00e0 ses trag\u00e9dies. Message entendu par les opprim\u00e9s du monde entier .<\/p>\n<p>Grenoble n&rsquo;est pas une ville miracle, mais tous ceux qui ont eu \u00e0 faire face \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9, qu&rsquo;elle soit dans un arrachement \u00e0 leur pays, \u00e9conomique, ou dans la n\u00e9cessit\u00e9 de faire face au m\u00e9pris, ont d\u00e9velopp\u00e9\u00a0 une intelligence et une volont\u00e9 d&rsquo;autant plus forte qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s par une solidarit\u00e9 hors du commun, quelque chose qui tient \u00e0 la bienveillance, \u00e0 la complicit\u00e9 et aussi \u00e0 la\u00a0 joie de vivre de ceux qui savent d&rsquo;o\u00f9 ils viennent et ce qu&rsquo;ils ont conquis. Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 pauvres ont connu tous les ab\u00eemes, celui du racisme subi, mais aussi celui dont on abreuve le dernier arrivant. Dans cette cuvette, cern\u00e9e par la montagne , les grenoblois savent ce que le mot volont\u00e9 veut dire. Aid\u00e9e par le g\u00e9nie humain, elle est capable de tirer parti de tous les freins, les handicaps, de toutes les opportunit\u00e9s.\u00a0 Ainsi l&rsquo;eau de la montagne est devenue\u00a0 force motrice, \u00e9lectricit\u00e9, ainsi est n\u00e9e l&rsquo;industrie, l&rsquo;usine, lieu d&rsquo;exploitation , mais aussi lieu\u00a0 d&rsquo;affirmation d&rsquo;une intelligence collective populaire.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>5\/ Des questions sur Grenoble ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10875\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-14.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/>La g\u00e9ographie plut\u00f4t adverse, forge ici une odyss\u00e9e en forme de d\u00e9fi, un espace ouvert pour une volont\u00e9\u00a0 ouverte sur l&rsquo;Europe, L&rsquo;Afrique, L&rsquo;Am\u00e9rique Latine, l&rsquo;Asie et tous les pays\u00a0 en souffrance. Sur le terrain de jeu de la ville ne cessent d&rsquo;arriver d&rsquo;autres joueurs, ouvriers dans un premier temps puis, chercheurs, scientifiques, artistes, travailleurs,\u00a0 ch\u00f4meurs, r\u00e9fugi\u00e9s qui \u00e0 chaque instant vont r\u00e9inventer la cit\u00e9. Une ville, tous le soulignent, o\u00f9 la notion de proximit\u00e9 existe encore.. Les questions que cette ville pose avec une acuit\u00e9 sans cesse renouvel\u00e9e sont celles du monde dans lequel nous vivons. Le m\u00e9rite de Grenoble est de les formuler \u00e0 une \u00e9chelle palpable, charnelle c&rsquo;est \u00e0 dire ancr\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Quels go\u00fbts peut avoir le bouillon de cultures Grenoblois ?<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, on sait que la culture ne constitue pas un domaine \u00e0 part, \u00e0 l&rsquo;abri des soubresauts, luttes, concurrences, guerres qui agitent la soci\u00e9t\u00e9. Cette v\u00e9rit\u00e9 pourtant basique est la plupart du temps mise de c\u00f4t\u00e9, car pendant des si\u00e8cles a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9e, avec une patience et pers\u00e9v\u00e9rance infinies, une histoire mythique de la culture, temple perch\u00e9 sur le plus haut sommet de l&rsquo;intelligence humaine et contenant les joyaux les plus extraordinaires qui soient. L&rsquo;\u00e9lite de nos soci\u00e9t\u00e9s \u00a0y a naturellement acc\u00e8s, et c&rsquo;est justement parce qu&rsquo;elle est marqu\u00e9e du sceau de la connaissance qu&rsquo;elle peut l\u00e9gitimement pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre l&rsquo;\u00e9lite. Selon son humeur, en fonction d&rsquo;une m\u00e9t\u00e9o impr\u00e9visible, certains jours,elle ouvre plus ou moins grand les portes du royaume aux pl\u00e9b\u00e9iens qui sont alors en mesure non de go\u00fbter vraiment les oeuvres, mais de mesurer l&rsquo;ampleur du foss\u00e9 qui les exclut de toute l\u00e9gitimit\u00e9 dans le domaine artistique et intellectuel. Bien s\u00fbr ceux d&rsquo;en haut, quand ils sont de bonne humeur, organisent des s\u00e9ances de rattrapage. Mais qui n&rsquo;a pas les codes, les clefs, malgr\u00e9 des assauts de bonne volont\u00e9, ne peut \u00eatre admis dans le saint des saints. Ainsi se perp\u00e9tue en toute impunit\u00e9 la domination de classe. La culture est-elle alors un outil cr\u00e9ateur de lien? A l&rsquo;\u00e9vidence elle est d&rsquo;abord une arme pr\u00e9tendument indolore au service des puissants justifiant que ceux qui savent, d\u00e9tiennent le pouvoir. Paradoxalement la culture pr\u00f4nant l&rsquo;universalit\u00e9 est un club priv\u00e9 comportant des membres de droit, des invit\u00e9s tri\u00e9s sur le volet et une liste d&rsquo;attente longue comme plusieurs bras&#8230;<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 se situe la ville de Grenoble<\/strong>, <strong>face au diktat culturel ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8230;.<\/strong>\u00a0\u00a0 Grenoble, sans dynastie bourgeoise dominante, comme le souligne Anne laure Amilhat- Szary, structur\u00e9e par l&rsquo;immigration, et un renouvellement permanent de sa population, n&rsquo;a ni la volont\u00e9 ni les moyens de mener une politique conservatrice, elle va donc forger une vie plurielle o\u00f9 la reconnaissance de l&rsquo;autre est v\u00e9cue comme une n\u00e9cessit\u00e9 au quotidien. Ainsi le Mus\u00e9e du Dauphinois sous la direction\u00a0 de Jean Guibal va pratiquer une politique d&rsquo;expositions permettant tant \u00e0 chacun de mieux connaitre les diff\u00e9rentes composantes de la population grenobloise qu&rsquo;aux populations concern\u00e9es de savoir qu&rsquo;elles existent aux yeux des autres. Le \u00a0Muse\u0301e Dauphinois, lieu de m\u00e9moire et connaissance des modes de vie des populations ayant \u00e9volu\u00e9 dans l&rsquo;Is\u00e8re \u00a0s\u2019est employ\u00e9\u0301 \u00e0 informer le public du XXI\u00e8me si\u00e8cle sur la vie d&rsquo;ici notamment\u00a0 en montagne, Mais il a \u00e9galement, avec bonheur, tenu \u00a0a\u0300 \u00e9voquer la m\u00e9moire des \u00a0diff\u00e9rentes communaut\u00e9s vivant dans l&rsquo;agglom\u00e9ration. Apre\u0300s l\u2019Italie des Pouilles (Corato &#8211; Grenoble en 1989), la Gre\u0300ce (Des Grecs en 1993), l\u2019Arme\u0301nie (D\u2019Ise\u0300re et d\u2019Arme\u0301nie en 1997), des expositions ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es au Maghreb( Oc 16 octobre 1999 &#8211; 30 juin 2000) \u00ab\u00a0Pour que la vie continue&#8230; \u00ab\u00a0D&rsquo;Ise\u0300re et du Maghreb , \u00e0 l&rsquo;Afrique \u00ab\u00a0Ce que nous devons \u00e0 l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb, du 16 octobre 2010 au 9 janvier 2012 A la pr\u00e9sence italienne \u00a0\u00bb un air d&rsquo;italie du\u00a0 18 novembre 2011 \u2013 17 septembre 2012.\u00a0\u00bbTsiganes , la vie de Boh\u00e8me \u00e0 partir d&rsquo;Octobre 2015 Par ailleurs \u00e0 Grenoble \u00a0se trouve la seule biblioth\u00e8que alg\u00e9rienne de France , la m\u00e9diath\u00e8que Kateb Yacine, le po\u00e8te, \u00e9crivain d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ici en 1989; plusieurs associations de soutien \u00e0 la population alg\u00e9rienne, une maison de la culture arm\u00e9nienne,\u00a0 La maison de l&rsquo;international, \u00a0lieu privil\u00e9gi\u00e9 d&rsquo;\u00e9changes, d&rsquo;information et d&rsquo;exposition consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;international. Pr\u00e9cieux pour les nouveaux arrivants \u00e9trangers et pour les jeunes qui souhaitent partir s\u00e9journer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Sans oublier le lyc\u00e9e international Europole et Le CIIP(30), cr\u00e9\u00e9 en 1980, par Jo Briant le Centre d\u2019Information Inter-Peuples est une association de solidarit\u00e9 locale et internationale. Ses objectifs sont de mieux faire conna\u00eetre les r\u00e9alit\u00e9s, les cultures des pays et des peuples des cinq continents, de lutter contre les atteintes aux droits de l\u2019homme, contre toutes les formes de discrimination et de racisme, de promouvoir un monde solidaire et un d\u00e9veloppement\u00a0durable. On peut s&rsquo;\u00e9tonner que cette extraordinaire ouverture au monde\u00a0 d&rsquo;une ville de moyenne importance ne soit pas plus connue et valoris\u00e9e. Ici la reconnaissance de la diversit\u00e9 des origines de la population est constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 locale. Ce qui ne veut pas dire que la ville soit hors sol. Racisme, \u00e9meutes, deal, d\u00e9linquance , meurtres, assassinats existent ici comme ailleurs. Par contre la pratique du mus\u00e9e Dauphinois , comme la vivacit\u00e9 de nombreuses associations l&rsquo;attestent, \u00e0 Grenoble, le m\u00e9pris n\u00e9o-colonial\u00a0 visant ceux qui ne sont pas bien n\u00e9s, n&rsquo;est pas le trait dominant. Dans quelles autres r\u00e9gions de France, les classes moyennes\u00a0 et sup\u00e9rieures sont -elles conscientes que leur niveau de vie constitue une dette face \u00e0 toutes les populations immigr\u00e9es qui ont contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lever, sans pour autant \u00eatre reconnues? A ce titre ce que dit\u00a0 Grenoble, est totalement subversif, d&rsquo;autant que ce discours de v\u00e9rit\u00e9 met en lumi\u00e8re le scandale des in\u00e9galit\u00e9s croissantes qui traversent la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong>Une culture d\u00e9mocratique\u00a0 ou de d\u00e9mocratisation?<\/strong><\/p>\n<ol start=\"1964\">\n<li>La candidature de Grenoble \u00e0 l&rsquo;organisation des JO d&rsquo;hiver est accept\u00e9e. Rien ou presque n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait pour assumer ce d\u00e9fi. Elu en 1965, Dubedout (2) transformera ce handicap en opportunit\u00e9. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de respecter les engagements pris, mais de prendre appui sur l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement pour faire de la cit\u00e9 une ville moderne,\u00e9thique et attractive. La d\u00e9cision de b\u00e2tir un v\u00e9ritable paquebot de la culture, une sc\u00e8ne nationale ouverte \u00e0 toutes formes de spectacles va dans ce sens.il s&rsquo;agit aussi par ce geste architectural et culturel de prendre acte de l&rsquo;existence d&rsquo;une population pour laquelle la culture constitue un accompagnement individuel et collectif indispensable, tant pour nourrir l&rsquo;esprit, que comme outil de reconnaissance\u00a0 sociale. Andr\u00e9 Malraux qui est venu \u00a0inaugurer le\u00a0 Cargo\u00a0\u00bb ne s&rsquo;y est pas tromp\u00e9. Si les grandes oeuvres du r\u00e9pertoire constituent le sommet des nourritures de l&rsquo;esprit, elles doivent \u00a0devenir accessibles\u00a0 aux couches de la population qui en ont\u00a0 \u00e9t\u00e9 \u00a0injustement priv\u00e9es. Pour Malraux la culture est un tr\u00e9sor, hors de la distraction populaire et de ses diff\u00e9rents avatars\u00a0\u00bb Supposons que la culture n&rsquo;existe pas. Il y aurait les y\u00e9-y\u00e9, mais pas Beethoven ; la publicit\u00e9, mais ni Piero della Francesca ni Michel-Ange ; les journaux, mais pas Shakespeare ; James Bond, mais pas le Cuirass\u00e9 Potemkine ni la Ru\u00e9e vers l&rsquo;or\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>En clair, pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 de consommation le tr\u00e9sor<\/p>\n<p>qui a \u00e9t\u00e9 trop\u00a0 longtemps, confisqu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9lite, doit \u00a0aujourd&rsquo;hui \u00eatre quelque peu partag\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui cette vision paternaliste peut donner \u00e0 certains l&rsquo;illusion qu&rsquo;ils ont ainsi acquis<\/p>\n<p>un\u00a0\u00a0 laiss\u00e9 -passer leur ouvrant les portes de l&rsquo;establishment, mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve, ils\u00a0 devront<\/p>\n<p>se rendre compte, qu&rsquo;il leur manquera toujours ce\u00a0\u00bb je ne sais quoi\u00a0\u00bb d&rsquo;intuition, de gr\u00e2ce,\u00a0 pour ne\u00a0 pas dire de style, qualit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e\u00a0 aux classes dominantes. Ne seront l\u00e9gitimes que les oeuvres autoris\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, par ceux du dessus. On prend donc conscience ici\u00a0 de l&rsquo;importance essentielle de la culture comme outil de pr\u00e9servation de l&rsquo;ordre social dominant. Une association comme ATD-Quart monde, dans sa pratique quotidienne r\u00e9fute \u00a0les concepts d&rsquo;expertise, comme tout savoir d&rsquo;en haut apport\u00e9 \u00e0 ceux d&rsquo;en bas. Chacun est expert de sa propre vie, de ses d\u00e9sirs, comme de ses refus. C&rsquo;est la reconnaissance de l&rsquo;autre comme acteur de son existence, qui doit contribuer \u00e0 inventer ou l\u00e9gitimer\u00a0 des formes culturelles faisant le pari d&rsquo;une intelligence collective port\u00e9e au mouvement et \u00e0 la transformation sociale. Ces pratiques et cette ambition , des associations comme le Prunier Sauvage, Batukavi, Les Barbarins fourchus, la BAF, Le centre social 38, la Biblioth\u00e8que Antigone, les diff\u00e9rents squats et bien d&rsquo;autres, les portent avec courage, d\u00e9termination ( 31)<\/p>\n<p>De m\u00eame la cr\u00e9ation dans les ann\u00e9es 70 d&rsquo;un r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques, hautement porteur de l&rsquo;innovation sociale et donc de subversion de l&rsquo;ordre \u00e9tabli. Cathy Feinstein, biblioth\u00e9caire qui a \u00e9t\u00e9 la grande animatrice des arts du r\u00e9cit raconte: Bernard Gilman, adjoint \u00e0 la culture d&rsquo;Hubert Dubedout veut monter un ambitieux r\u00e9seau de lecture publique. Pour le mettre en place et le diriger il ira d\u00e9nicher \u00e0 Massy- Palaiseaux, un homme hors du commun: Cecil Guitart. Ce dernier commencera par cr\u00e9er une biblioth\u00e8que \u00e0 Grand Place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du centre commercial, ainsi que la premi\u00e8re artoth\u00e8que de France. Il a ensuite d\u00e9velopp\u00e9 un r\u00e9seau dans les quartiers, en donnant \u00e0 chaque \u00e9tablissement une autonomie de fonctionnement\u00a0 incluant l&rsquo;achat de livres. Ce qui ne se pratiquait pas dans les autres villes.<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10876\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-1.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/> Chaque biblioth\u00e8que est responsable de son budget. Tout le personnel, de la femme de m\u00e9nage au directeur, pouvant effectuer les m\u00eames t\u00e2ches, chacun trouvant sa place en fonction de ses comp\u00e9tences. Cecil Guitart a \u00e9galement investi dans la formation des agents culturels afin qu&rsquo;ils soient capables d&rsquo;aller vers les\u00a0 gens et de bien les traiter tous, dont les plus pr\u00e9caires. Le plan de formation d\u00e9veloppe un esprit commun \u00e0 tous. Chaque mois l&rsquo;ensemble des collaborateurs a droit \u00e0 une journ\u00e9e de r\u00e9flexion, et \u00e0 une journ\u00e9e \u00a0mobile incitant chacun \u00e0 exercer sa curiosit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Des voyages d&rsquo;\u00e9tude au Qu\u00e9bec, en Asie, en Afrique sont organis\u00e9s incluant la totalit\u00e9 du personnel.<\/p>\n<p><strong>Chacun est \u00e0 m\u00eame de sentir la confiance que l&rsquo;on a en lui et en ses comp\u00e9tences<\/strong>.<\/p>\n<p>Des animations musicales sont organis\u00e9es , notamment avec des grands du jazz, ainsi que des rencontres avec les auteurs et des d\u00e9bats. Dans ce contexte tous les intervenants sont tr\u00e8s motiv\u00e9s et travaillent beaucoup. Cecil Guitar a fini par quitter Grenoble , il, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par Catherine Pouillet qui a\u00a0 men\u00e9 la m\u00eame politique, malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;Alain Carignon. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 la vie litt\u00e9raire, cr\u00e9\u00e9 le Printemps du livre, une grande manifestation\u00a0 populaire autour du livre et de la lecture. Le secteur des livres pour enfants a \u00e9t\u00e9 fortement mis en valeur et les diff\u00e9rentes biblioth\u00e8ques\u00a0 ont cr\u00e9\u00e9 des relations tr\u00e8s \u00e9troites avec les \u00e9coles\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Grenoble en lieux communs ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette ville, il semble possible de sortir pour investir des lieux autres que ceux o\u00f9 l&rsquo;on peut oublier qui l&rsquo;on est, \u00a0il semble possible, ancr\u00e9 dans le tissus local, de tisser des liens produisant \u00e9motions, d\u00e9bats, controverses et pourquoi pas accord , construction d&rsquo;une vision commune, d&rsquo;un mode de vie en symbiose. &#8230; Ici la plupart des\u00a0 lieux se veulent lieux de vie. Au -del\u00e0 de Grenoble la recherche de lieux communs semble d&rsquo;autant plus tendue que la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer un projet d&rsquo;avenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pays est immense. De l\u00e0 une\u00a0 tendance \u00e0 magnifier tout lien de proximit\u00e9. Ceux, qui\u00a0 il y a\u00a0 quelques dizaines d&rsquo;ann\u00e9es, ont fui l&rsquo;air confin\u00e9 de la province y reviennent\u00a0 aujourd&rsquo;hui, en jurant qu&rsquo;en dehors de l&rsquo;enracinement\u00a0 local il n&rsquo;y a point de salut. Grenoble semble \u00e9chapper \u00e0 cette dichotomie.<\/p>\n<p>La trajectoire d&rsquo;un homme comme Jo Briant( 8), militant de toujours, habitant la Villeneuve en donne un vibrant exemple. Une phrase peut r\u00e9sumer sa d\u00e9marche \u00ab\u00a0agir ici et l\u00e0- bas.\u00a0 Membre actif de plusieurs organisations de gauche, Jo Briant estime que ce qui se passe ici s&rsquo;inscrit dans un contexte mondial domin\u00e9 par la logique capitaliste. A l&rsquo;appui des actions men\u00e9es il fonde en 1980, le CIIP, le Centre d&rsquo;information inter-peuples( 30), Ce centre de documentation, ouvert \u00e0 tous, travaille dans une logique transversale permettant de mettre en perspective les probl\u00e9matiques abord\u00e9es. C&rsquo;est le m\u00eame syst\u00e8me qui exclut ici et l\u00e0- bas. Il s&rsquo;agit de faire connaitre les cultures des peuples en lutte pour leur libert\u00e9 et de d\u00e9velopper des solidarit\u00e9s cons\u00e9quentes. Voil\u00e0 pourquoi on ne peut s\u00e9parer une implantation tr\u00e8s concr\u00e8te dans son quartier, dans sa ville et dans le monde. A un autre niveau l&rsquo;action de Bernard Macret, militant de l&rsquo;Ades (32), membre et l&rsquo;\u00e9quipe municipale et adjoint en charge des solidarit\u00e9s internationales m\u00e9rite que l&rsquo;on s&rsquo;y arr\u00eate.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une v\u00e9ritable politique de l&rsquo;International au c\u0153ur du projet municipal &#8230;. Il s&rsquo;agit\u00a0 de favoriser l&rsquo;acc\u00e8s aux droits fondamentaux, d&rsquo;aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de la soci\u00e9t\u00e9 civile, de promouvoir, les droits des femmes, une culture de paix et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 passant par les jeunes et l&rsquo;\u00e9ducation, d&rsquo;oeuvrer pour la transition \u00e9cologique &#8230;La ville a cr\u00e9\u00e9 des ateliers de la coop\u00e9ration avec les acteurs et associations concern\u00e9s. Chaque initiative est suivie d&rsquo;un retour sur action, il en est de m\u00eame pour les prestations des troupes de th\u00e9\u00e2tre financ\u00e9es par la Ville et l&rsquo;Institut Culturel Fran\u00e7ais. L&rsquo;action internationale est men\u00e9e en synergie avec les jeunes des quartiers populaires de Grenoble pour qui les \u00e9changes internationaux ouvrent des perspectives. Beaucoup d&rsquo; actions sont\u00a0 orient\u00e9es sur l&rsquo;acc\u00e8s aux droits des femmes. Ce sont elles qui sont le plus mobilis\u00e9es dans les pays du sud comme par exemple les femmes de la coop\u00e9rative de Bethl\u00e9em qui fait vivre 80 familles avec de l&rsquo;artisanat et vont maintenant former des femmes pour cr\u00e9er des coop\u00e9ratives \u00e0 Sfax.<\/p>\n<p>&#8211; La transition \u00e9cologique est un levier pour l&rsquo;action Internationale\u00a0: ateliers d&rsquo;urbanisme \u00e0 Sfax, le solaire en Arm\u00e9nie avec des entreprises arm\u00e9niennes.<\/p>\n<p>&#8211; Le travail avec les r\u00e9seaux des Villes mondiales sur la Paix \u00e0 Guanju en Cor\u00e9e du Sud<\/p>\n<p>&#8211; La sant\u00e9\u00a0: avec la formation des infirmi\u00e8res palestiniennes, avec l&rsquo;h\u00f4pital refait \u00e0 Sevan, le service des urgences \u00e0 Suzhou, l&rsquo;\u00e9change avec l&rsquo;h\u00f4pital de la ville de Grenoble pour l&rsquo;acupuncture.<\/p>\n<p>Vis \u00e0 vis \u00a0des exil\u00e9s et des r\u00e9sidents \u00e9trangers, Grenoble a \u00a0int\u00e9gr\u00e9 un r\u00e9seau des villes accueillantes, une plate-forme solidaire qui a permis de cr\u00e9er 400 h\u00e9bergements. La ville organise la quinzaine contre le racisme, les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux des migrations, le soutien \u00e0 la Maison des Accueillis de l&rsquo;APARDAP (33), le guide des r\u00e9sidents \u00e9trangers, le conseil consultatif des r\u00e9sidents \u00e9trangers, les parrainages r\u00e9publicains&#8230;.<\/p>\n<p>En Tunisie un travail de coop\u00e9ration va d\u00e9marrer avec la M\u00e9tropole sur le 1% d\u00e9chet.<\/p>\n<p>Cette capacit\u00e9 \u00e0 construire \u00ab\u00a0des lieux communs\u00a0\u00bb autant d\u00e9finis par leur relation avec le monde que par leur localisation semble des plus prometteuses. Par la dynamique qu&rsquo;elle inclue elle transcende la notion de lieu refuge implicitement r\u00e9serv\u00e9 au regroupement de ceux et celles qui ont des difficult\u00e9s \u00e0 supporter un syst\u00e8me injuste.<\/p>\n<p>Dans son num\u00e9ro 58 de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00a02018 la revue de L&rsquo;Observatoire des Politiques Culturelles (34 ) s&rsquo;interroge sur le concept de tiers lieu. On s&rsquo;aper\u00e7oit que la notion de\u00a0 tiers lieu est n\u00e9e aux Etats -Unis forg\u00e9e par une g\u00e9n\u00e9ration num\u00e9rique souhaitant r\u00e9unir dans un seul lieu, coworking, action culturelle et spectacle.\u00a0 Le tiers lieu pourrait \u00eatre un lieu de passage en attente d&rsquo;une transformation du vivre ensemble. Dans le m\u00eame num\u00e9ro Christine Liefooghe \u00e9crit: \u00a0\u00bb Ce paradigme techno-centr\u00e9 venu de Boston\u00a0 et de la Silicon Valley est contest\u00e9 par un autre mod\u00e8le ,celui d&rsquo;une \u00e9conomie collaborative o\u00f9 le citoyen n&rsquo;est pas seulement un usager, o\u00f9 le travail n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0uberis\u00e9\u00a0\u00bb o\u00f9 la circulation des connaissances n&rsquo;est pas brid\u00e9e par des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle\u00a0 et o\u00f9 des projets co-construits \u00e9mergent dans des tiers -lieux&#8230;..\u00a0 L&rsquo;alternative comme solution, et non la technologie. Le passage d&rsquo;un syst\u00e8me de production capitaliste- qui se renouvelle en exploitant notre cr\u00e9ativit\u00e9, nos peurs et nos espoirs -\u00e0 un monde o\u00f9 les citoyens partageraient en mode open source leurs talents pour co-construire une soci\u00e9t\u00e9 respectueuse des ressources naturelles, recycler ce qui peut l&rsquo;\u00eatre et permettre \u00e0 chacun de prendre en main son destin\u00a0\u00bb Par ailleurs la ville se veut en pointe dans la mise en place de la transition \u00e9cologique, elle organise la Biennale des villes en transition , postule \u00e0 \u00eatre la capitale verte de l&rsquo;Europe\u00a0 en 2022. Ses investissements technologiques sont fortement critiqu\u00e9s par des groupes comme PMO, mais n&rsquo;apparait pas (encore) sur la sc\u00e8ne publique un discours politique correspondant aux options politiques de base de l&rsquo;\u00e9quipe municipale.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>5\/ On dirait une ville de gauche !<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10877\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-21.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>A un moment o\u00f9 chacun et m\u00eame les individus de bonne foi, se grattent la t\u00eate pour savoir ce que veut dire\u00a0 \u00eatre de\u00a0 gauche, Grenoble que l&rsquo;on a souvent qualifi\u00e9 de ville laboratoire, constitue un terrain privil\u00e9gi\u00e9. Ailleurs on parlera de lien social parce que l&rsquo;on est chr\u00e9tien, \u00e9vang\u00e9liste, communiste, \u00e9ventuellement social-d\u00e9mocrate.\u00a0 Ici le lien social du fait de la diversit\u00e9 des populations est une n\u00e9cessit\u00e9 du quotidien. Ici moins on poss\u00e8de plus on partage, il faut bien faire face. Donner la priorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humain face aux contraintes \u00e9conomiques, vouloir partager le g\u00e2teau plus \u00e9quitablement pour satisfaire aux aspirations populaires, t\u00e9moigne \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence d&rsquo;un ancrage \u00e0 gauche. Le nombre incalculable d&rsquo;initiatives tant en faveur de l&#8217;emploi, de l&rsquo;\u00e9change de cultures, de la construction d&rsquo;une culture commune que dans l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une pens\u00e9e libertaire, alternative vont dans le m\u00eame sens. Grenoble est une p\u00e9pini\u00e8re\u00a0 de gauche, ancr\u00e9e dans une histoire quasi- mythique.<\/p>\n<p>En 1968 la classe ouvri\u00e8re repr\u00e9sente encore \u00e0 Grenoble un tiers de la population soit moins de 22ooo personnes. En 2010 elle sera pratiquement r\u00e9duite de moiti\u00e9 soit environ un dixi\u00e8me de la population. La gauche traditionnelle ou r\u00e9volutionnaire n&rsquo;est plus \u00a0outill\u00e9e pour faire face \u00e0 la situation. Une gauche moderniste est en train de naitre, elle est anti- capitaliste, mais r\u00e9formiste. Surtout elle est moderne ouverte \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude du ph\u00e9nom\u00e8ne urbain, \u00e0 la territorialisation des probl\u00e8mes, elle s&rsquo;interroge sur ce qu&rsquo;habiter, \u00e9duquer veut dire. Cette gauche est soci\u00e9tale plus que politicienne. L&rsquo;\u00e9volution des moeurs l&rsquo;int\u00e9resse plus que les jeux d&rsquo;appareil. Cette gauche est en phase\u00a0 avec la mont\u00e9e en puissance de la classe moyenne. Elle est tellement tourn\u00e9e vers l&rsquo;avenir, qu&rsquo;elle pourrait bien oublier que la classe ouvri\u00e8re comme le peuple existent encore. L&rsquo;analyse du ph\u00e9nom\u00e8ne est d&rsquo;autant plus complexe qu&rsquo;au fur et \u00e0 mesure que la pr\u00e9carisation gagne du terrain,\u00a0 une n\u00e9buleuse, dont on cerne difficilement les contours, vient se substituer \u00e0 la notion de classe ouvri\u00e8re organis\u00e9e. Pudiquement on parle \u00a0de populations en difficult\u00e9, de quartiers sensibles o\u00f9 sont parqu\u00e9s des ch\u00f4meurs, des exclus, des pr\u00e9caires, des travailleurs au noir, etc Deux facteurs unissent bien malgr\u00e9 elles ces populations : le m\u00e9pris dont elles font l&rsquo;objet et l&rsquo;habitat d\u00e9grad\u00e9 que l&rsquo;on met \u00e0 leur disposition.<\/p>\n<p>Hubert Dubedout, l&rsquo;homme mythique de la gauche grenobloise sera maire de la ville de 1965 \u00e0 1983 soit pendant trois mandats. Pour appr\u00e9hender le r\u00f4le qu&rsquo;il a jou\u00e9, il convient de prendre en compte plusieurs facteurs.<\/p>\n<p><u>Sa personne \/ <\/u>Ancien militaire, ing\u00e9nieur occupant des responsabilit\u00e9s au Centre d&rsquo;Etudes Nucl\u00e9aire, \u00e9manation du CEA, il travaillera dans un laboratoire dirig\u00e9 par Henry N\u00e9el, futur prix Nobel. Inconnu du grand public il se fera connaitre en r\u00e9glant le probl\u00e8me de l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;eau dans les appartements de la ville. Il a ainsi cr\u00e9\u00e9\u00a0 en 1964 le syndicat des usagers de l&rsquo;eau. Constatant que les machines politiques existantes se pr\u00e9occupent plus de leur propre\u00a0 survie que d&rsquo;am\u00e9liorer le sort de leurs concitoyens, il cr\u00e9e les GAM groupes d&rsquo;action municipaux qui essaiment bient\u00f4t dans toute la France. En 1965, La Liste SFIO, PSU, GAM men\u00e9e par Hubert Dubedout remportera la mairie et la conservera jusqu&rsquo;en 1983. Ainsi \u00a0\u00ab\u00a0la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0\u00bb fait son irruption sur la sc\u00e8ne politique. Cette dichotomie entre une d\u00e9marche d&rsquo;appareil\u00a0 mobilisant de moins en moins les citoyens et une action d\u00e9di\u00e9e \u00e0 un projet politique deviendra au fil des ann\u00e9es de plus en plus lancinante.<\/p>\n<p><u>La situation de la ville \/ <\/u>Grenoble\u00a0 s&rsquo;est vu confi\u00e9 les JO de 68, la ville est dramatiquement en retard. Ce handicap deviendra une opportunit\u00e9 dans les mains d&rsquo;une \u00e9quipe super-dynamique qui saura profiter de l&rsquo;enjeu pour moderniser la ville.<\/p>\n<p><u>l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il a exerc\u00e9 le pouvoir<\/u>\/ Les ann\u00e9es 70 sont les ann\u00e9es de l&rsquo;utopie en marche. La cr\u00e9ation du quartier de la Villeneuve cristallisera ces aspirations. La d\u00e9mocratie r\u00e9elle n&rsquo;existe que si les\u00a0 citoyens disposent des outils n\u00e9cessaires pour prendre leur sort en main. Faire le pari de l&rsquo;intelligence collective c&rsquo;est prendre le risque d&rsquo;exp\u00e9rimenter et avancer.<\/p>\n<p>l<u>es hommes qui l&rsquo;ont entour\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9quipe municipale et au- del\u00e0.(35)<\/u><\/p>\n<p>Un projet, ce n&rsquo;est pas seulement un homme mais aussi une \u00e9quipe. Plus les membres de l&rsquo;\u00e9quipe seront forts, comp\u00e9tents et travailleront au bien- \u00eatre collectif plus l&rsquo;\u00e9cart entre les promesses et les r\u00e9alisations sera r\u00e9duit. Ainsi, Ren\u00e9 Rizzardo(2) , Bernard Gillman (35), Geo Boulloud (1) Ce n&rsquo;est pas un hasard si le projet grenoblois est \u00e9troitement contemporain de l&rsquo;ascension de Pierre Mend\u00e8s France. Mend\u00e9siste Hubert Dubedout l&rsquo;\u00e9tait avant m\u00eame de le savoir. Autour de lui on trouve aussi\u00a0 Jean Verlhac (36) \u00a0l&rsquo;un des fondateurs du PSU. Port\u00e9e par les id\u00e9es de l&rsquo;\u00e9poque et ses convictions, l&rsquo;\u00e9quipe municipale cr\u00e9era de nouveaux quartiers populaires, r\u00e9novera des anciens (ainsi Tr\u00e8s -cloitre), innovera, exp\u00e9rimentera en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation, de logement, s&rsquo;impliquera dans la culture (ainsi le Cargo futur MC2). En 1983, la droite en la personne d&rsquo;Alain Carignon(21) reprendra la mairie. Trop confiants, se r\u00e9servant pour le second tour, une partie des \u00e9lecteurs de gauche se sont abstenus. D&rsquo;autres auront \u00e9t\u00e9 persuad\u00e9s que leur maire \u00e9t\u00e9 vou\u00e9 \u00e0 un destin national, alors qu&rsquo;Hubert Dubedout parce qu&rsquo;il \u00e9tait rocardien\u00a0 sera tenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du gouvernement. Alain Carignon sera condamn\u00e9 en 1995 pour escroquerie et corruption passive gr\u00e2ce au travail de fourmi men\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cologiste Raymond Avrillier(21) En \u00e9change de bons et loyaux services, notamment le renflouement de son organe de presse, le maire privatisera le service public de l&rsquo;eau au profit du groupe Merlin et de la Lyonnaise des Eaux. La mairie sera reconquise par la gauche. Michel Destot, PS, ing\u00e9nieur, sp\u00e9cialiste de la physique nucl\u00e9aire qui exercera trois mandats. Comme le maire de droite pr\u00e9c\u00e9dent, le maire PS joue plus la carte du social que du culturel. Ses adversaires le disent client\u00e9liste, achetant la paix sociale gr\u00e2ce \u00e0 la politique des grands fr\u00e8res. Sous ses trois mandats la composition de la population \u00e9volue fortement, les classes moyennes prennent de plus en plus d&rsquo;importance. Michel Destot se veut d&rsquo;abord \u00eatre \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une ville qui gagne, une ville \u00e0 la pointe de la micro- electronique, des nano-technologies, une mini Silicon -Valley. Des chercheurs du monde entier y r\u00e9sident, La ville de 150 000 habitants compte 60 000 \u00e9tudiants dont une forte proportion d&rsquo;\u00e9trangers. Minatec puis Clinatec sont cr\u00e9\u00e9s. En 2014, Michel Destot ne se repr\u00e9sente pas. Depuis 2014 c&rsquo;est une \u00e9quipe Verts EELV, Parti de gauche, Alternatifs, Gauche anticapitaliste, associations locales:\u00a0 Ades,r\u00e9seau citoyen ) \u00a0dirig\u00e9e par Eric Piolle qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. Point commun\u00a0 aux trois maires de gauche. Ils sont tous les trois ing\u00e9nieurs, deux sont pass\u00e9 par Le CEA, le troisi\u00e8me et actuel maire\u00a0 par Hewlett-Packard.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois en France, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une \u00e9lection municipale, le PS est battu sur sa gauche par une \u00e9quipe en pointe sur l&rsquo;\u00e9cologie. Cette \u00e9quipe, qui n&rsquo;avait aucune exp\u00e9rience politique, a commis des erreurs et\u00a0 semble s&rsquo;\u00eatre mis \u00e0 dos une partie de la classe moyenne culturelle. Il pourrait bien y avoir l\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne de lutte des classes entre deux imaginaires. La nouvelle \u00e9quipe a voulu bousculer une gauche culturelle nantie, privil\u00e9gier le lien social, le d\u00e9senclavement \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique. Pourquoi\u00a0 pas, \u00e0 condition d&rsquo;avoir les codes permettant de naviguer entre les diff\u00e9rentes conceptions de la culture. A l&rsquo;actif de l&rsquo;\u00e9quipe, on note une volont\u00e9 de r\u00e9investissement de la puissance publique dans les quartiers, une r\u00e9novation de ces m\u00eames quartiers, des chantiers de co-construction pour le logement social, l&rsquo;encadrement des loyers, un plan \u00e9cole avec la cr\u00e9ation de 50 \u00e0 60 classes d&rsquo;ici 2020. La cr\u00e9ation d&rsquo;une monnaie locale prometteuse le CAIRN(37) . L&rsquo;\u00e9quipe en place d\u00e9fend la d\u00e9mocratie participative et a cr\u00e9\u00e9 un budget d\u00e9di\u00e9\u00a0 aux citoyens qui peuvent d\u00e9cider en toute libert\u00e9. La d\u00e9mocratie participative est tout de m\u00eame tr\u00e8s critiqu\u00e9e dans la mesure o\u00f9 elle pourrait servir \u00e0 faire ent\u00e9riner des d\u00e9cisions impopulaires d\u00e9j\u00e0 prises en amont. Cependant en 2016 a \u00e9t\u00e9 mis en place un processus de p\u00e9tition d\u00e9mocratique prometteur. Si 2000 citoyens signent une p\u00e9tition dont l&rsquo;objet rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence municipale elle sera soumise \u00e0 vocation populaire, si 20000 voix\u00a0 sont favorables au projet, la mairie a obligation de prendre position pour ou contre. ll ne faut pas oublier que devant l&rsquo;ampleur de la dette accumul\u00e9e sous les mandats pr\u00e9c\u00e9dents, l&rsquo;\u00e9quipe qui a pris le pouvoir en\u00a0 2014, a d\u00fb s\u00e9rieusement rabattre sur ses ambitions, Grenoble risquant d&rsquo;\u00eatre mise sous tutelle \u00e9tatique. Par ailleurs au niveau de l&rsquo;agglom\u00e9ration, cette m\u00eame \u00e9quipe a fait alliance avec le PS et donc accept\u00e9 de faire des compromis. Les habitants qui d\u00e9fendent la politique de l&rsquo;\u00e9quipe en place sont sensibles \u00e0 son \u00e9coute, \u00e0 la modestie de certaines mesures\u00a0 qui prouvent une attention au quotidien des habitants. Ainsi un appel \u00e0 projets, id\u00e9es sur les jardins, bouts de trottoir, d\u00e9laiss\u00e9s. La ville fournit les v\u00e9g\u00e9taux, les habitants peuvent rencontrer des jardiniers, \u00e9changer avec eux. L&rsquo;\u00e9quipe est attentive aux innovations propos\u00e9es aujourd&rsquo;hui, comme \u00e0 pr\u00e9server celles des pionniers .Grenoble semble \u00eatre une des \u00a0villes les plus \u00e0 m\u00eame de mener \u00e0 bien la transition \u00e9cologique \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance 2022. Les d\u00e9tracteurs de l&rsquo;\u00e9quipe Piolle l&rsquo;accusent\u00a0 de mener une politique sans le moindre recul face \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des technologies de pointe et en particulier vis \u00e0 vis du transhumanisme.Le Postillon, journal alternatif local , accuse Eric Piolle d&rsquo;\u00eatre un homme d&rsquo;affaires cach\u00e9 derri\u00e8re le militant \u00e9cologiste.\u00a0\u00bb \u00a0Ainsi n\u2019a-t-on jamais entendu celui qui est maintenant le symbole de \u00ab\u00a0l\u2019autre gauche\u00a0\u00bb en France commenter l\u2019obsolescence programm\u00e9e, sur laquelle se base Hewlett-Packard pour assurer sa croissance. Aucune remarque non plus sur le fait que les gadgets d\u2019Hewlett-Packard sont produits en Chine, avec ses ouvriers sous-pay\u00e9s et son droit du travail presque inexistant.\u00a0\u00bb Bien \u00e9videmment, pas la moindre r\u00e9flexion publique sur l\u2019utilit\u00e9 sociale de tous les gadgets (ordinateurs, tablettes, imprimantes, logiciels etc) vendus par HP, envahissant le quotidien de chacun d\u2019entre nous, uniformisant nos vies et nous r\u00e9duisant \u00e0 l\u2019\u00e9tat de zombies derri\u00e8re des \u00e9crans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il est clair que ce n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelon d&rsquo;une ville qu&rsquo;il est possible de passer du capitalisme \u00e0 un syst\u00e8me plus \u00e9galitaire et d\u00e9mocratique. Par contre et c&rsquo;est le m\u00e9rite de Grenoble \u00e0 travers ses contradictions de poser des questions essentielles : Est-ce bien localement, l\u00e0 o\u00f9 chacun de nous habite que l&rsquo;on peut, \u00e0 travers la culture, l&rsquo;\u00e9ducation pr\u00e9parer les changements de mentalit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dant une mutation sociale ?<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;o\u00f9 peut -on aller pour faciliter cette transformation, quels sont les in\u00e9vitables butoirs, comment leur faire face ?<\/p>\n<p>Par ailleurs au moment o\u00f9 l&rsquo;on postule que c&rsquo;est au peuple d&rsquo;\u00eatre acteur de son destin, n&rsquo;est-ce pas essentiel de s&rsquo;interroger sur la nature d&rsquo;une alliance \u00e9colo-lib\u00e9rale \u00a0avec un parti de transformation sociale ?<\/p>\n<p>Est-ce juste, ou \u00e0 d\u00e9faut productif, de souscrire \u00e0 la d\u00e9nonciation de la classe politique ch\u00e8re \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite ? Ne vaudrait-il pas mieux mettre \u00a0la soci\u00e9t\u00e9 civile face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s \u00a0pour qu&rsquo;elle joue \u00e0 plein son r\u00f4le de contrepouvoir, obligeant\u00a0 l&rsquo;\u00e9quipe au pouvoir \u00e0 prendre des d\u00e9cisions claires en coh\u00e9rence avec sa base sociale la plus active ?<\/p>\n<p>Dans une ville o\u00f9 le pass\u00e9 ouvrier est loin d&rsquo;\u00eatre oubli\u00e9, o\u00f9 l&rsquo;effervescence associative et libertaire est sans pareil, les conditions semblent \u00eatre r\u00e9unies pour que les citoyens ne soient plus de simples consommateurs de politique se d\u00e9faussant sur l&rsquo;incomp\u00e9tence, la l\u00e2chet\u00e9, la cupidit\u00e9 des gens de pouvoir.\u00a0 Bien s\u00fbr il faut aussi s&rsquo;interroger sur le refus de recr\u00e9er par la convergence des luttes une machine pyramidale et sectaire. Cela fait plus de 60 ans que Grenoble en toute discr\u00e9tion innove, exp\u00e9rimente, pourquoi devrait-elle s&rsquo;arr\u00eater ?<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>6\/ Une ville qui prend le risque de se tromper &#8230;donc aussi de se r\u00e9ussir<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10878\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-16.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>S&rsquo;il y a bien \u00ab\u00a0un g\u00e9nie \u00a0\u00bb grenoblois il est l\u00e0. Face \u00e0 un \u00e9tat\u00a0 encore assez centralis\u00e9, Grenoble fait volontiers figure d&rsquo;exception. Grenoble exp\u00e9rimente, fait des paris, n&rsquo;a pas honte de se tromper, sachant\u00a0 que ce qui compte c&rsquo;est l&rsquo;audace, la capacit\u00e9 \u00e0 proposer, \u00e0 faire, \u00e0 revenir sur les actions pass\u00e9es, en \u00e9tant capable, en cas d&rsquo;\u00e9chec, de faire de nouvelles propositions. Qui a peur d&rsquo;\u00e9chouer, ne risque pas, n&rsquo;entreprend pas, finit donc, quelles que soient ses opinions \u00e0 devenir conservateur, passif. On a beaucoup critiqu\u00e9 le fait que dans cette ville\u00a0 il n&rsquo;y ait pas de barri\u00e8re s\u00e9parant l&rsquo;universit\u00e9, l&rsquo;industrie et la recherche. Sachant que par ailleurs ce sont les clivages \u00a0entre les uns et les autres qui facilitent l&rsquo;immobilisme. L&rsquo;histoire de la ville, l&rsquo;importance de l&rsquo;immigration, le renouvellement permanent de la population vont bien dans le sens d&rsquo;une ouverture, voire d&rsquo;un opportunisme de bon aloi. Plut\u00f4t que de critiquer cette fluidit\u00e9, peut \u00eatre vaudrait -il mieux mettre en place des r\u00e8gles du jeu, des possibilit\u00e9s d&rsquo;arbitrage citoyen, \u00e9vitant les effets de domination des plus forts sur les plus fragiles. Exp\u00e9rimenter cela veut d\u00e9j\u00e0 dire regarder autrement, se donner la possibilit\u00e9 d&rsquo;agir, de r\u00e9fl\u00e9chir, bref, d&rsquo;\u00eatre intelligents ensemble l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on est. Exp\u00e9rimenter c&rsquo;est avoir l&rsquo;audace de ne pas tenir compte des clivages existants, des normes qui figent le jeu, au profit du statu quo, donc de ceux qui ont le pouvoir et qui savent s&rsquo;abriter derri\u00e8re la s\u00e9mantique pour le conserver. Exp\u00e9rimenter c&rsquo;est aussi faire passer l&rsquo;observation du factuel avant le diktat id\u00e9ologique. \u00a0C&rsquo;est, en quelque sorte, avoir l&rsquo;audace de retrousser ses manches avant de produire du jus de cr\u00e2ne!<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>7 \/Conclusion ouverte<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10880\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-18.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p><strong>Encore Chicago !<\/strong><\/p>\n<p>Grenoble a \u00e9t\u00e9 en Mars 2019 \u00e0 la une des m\u00e9dias nationaux. Vol, accident mortel ou bavure polici\u00e8re, le quartier Mistral s&rsquo;est enflamm\u00e9. Grenoble serait donc bien Chicago&#8230; la ville de la Mafia, de la p\u00e8gre, des classes dangereuses. Des adolescents ont br\u00fbl\u00e9 des voitures, provoqu\u00e9 les flics et sans doute commis d&rsquo;autres m\u00e9faits, ce faisant, ils tombent sous le coup de la loi, quelle que soit leur histoire, ce que leurs proches ont subi, endur\u00e9, ce qu&rsquo;eux ont subi et pire ce que la majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux qui n&rsquo;ont commis aucun m\u00e9fait vont endurer ad vitam \u00e9ternam. La violence de ce m\u00e9pris est -elle normale ? Elle est en tout cas monnaie courante. Les informations recueillies lors de ce reportage parlent d&rsquo;une ville extraordinaire, vivante, innovante, parfois subversive, une ville contradictoire qui ne demande qu&rsquo;\u00e0 faire d\u00e9bat. Une cit\u00e9 fran\u00e7aise mais aussi assez largement italienne, alg\u00e9rienne, marocaine, une cit\u00e9 du monde en effervescence permanente. Que l&rsquo;on soit d&rsquo;accord ou non avec les options prises, la ville est un acteur, un interlocuteur de poids parlant non seulement de l&rsquo;avenir de ses habitants mais \u00e9galement de l&rsquo;avenir des habitants de la plan\u00e8te. Qu&rsquo;elle soit \u00e9galement Chicago n&rsquo;est en rien une de ses sp\u00e9cificit\u00e9s. On remarquera tout de m\u00eame que chaque fois que la ville a exprim\u00e9 la volont\u00e9 de reconnaitre l&rsquo;existence de toute sa population dans sa diversit\u00e9 et complexit\u00e9, elle a jou\u00e9 gagnant. Ceux \u00e0 qui elle a donn\u00e9 la possibilit\u00e9 d&rsquo;exister, d&rsquo;\u00eatre reconnus comme des humains \u00e0 part enti\u00e8re, d\u00e8s qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient plus hors- jeu, ont jou\u00e9 le jeu.Le raisonnement est-il basique ? Certainement. Mais la mise en place \u00a0de ce qu&rsquo;il implique ne l&rsquo;est pas. D\u00e9tricoter, ce qui au d\u00e9part \u00e9tait mensonge, mais qui s&rsquo;est transform\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9 pour ne pas dire en v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 coups d&rsquo;investissements cons\u00e9quents et permanents, est un super casse -t\u00eate.La perversit\u00e9 du syst\u00e8me est telle qu&rsquo;il nous dit : arr\u00eates de te prendre la t\u00eate et par voie de cons\u00e9quence la n\u00f4tre, tu n&rsquo;as pas tort de trouver que cette r\u00e9alit\u00e9 que nous avons mise en place est d\u00e9sesp\u00e9rante, alors arr\u00eates de d\u00e9sesp\u00e9rer, arr\u00eates de te lamenter et profites de tout ce que le syst\u00e8me t&rsquo;offre de bon. Conduis -toi comme un privil\u00e9gi\u00e9 honn\u00eate&#8230; bref ferme l\u00e0&#8230; ce que tu dis ne sert \u00e0 rien. Faisons dans la nuance ce que je dis ne sert pas \u00e0 grand -chose, juste une goutte d&rsquo;eau ! Et pourquoi pas ! Une goutte d&rsquo;eau apr\u00e8s une goutte d&rsquo;eau&#8230; l&rsquo;oc\u00e9an n&rsquo;est pas si loin. Plus nous serons nombreux\u00a0 \u00e0 ne pas renoncer, plus il se rapprochera. Si d\u00e9j\u00e0 ceux qui ont le bonheur d&rsquo;habiter cette ville ne se sentent pas trahis, s&rsquo;ils manifestent une envie de plus en plus\u00a0 forte\u00a0 d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des acteurs \u00e0 part enti\u00e8re, alors, avec beaucoup de travail des uns et des autres, la m\u00e9canique du d\u00e9sespoir pourra bien s&rsquo;inverser.<\/p>\n<p><strong>La noblesse de la connaissance<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10881\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-5.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est sans doute l&rsquo;\u00e9quation si particuli\u00e8re de la ville\u00a0 qui l&rsquo;enracine, dans un app\u00e9tit et une curiosit\u00e9 sans borne pour tout ce qui peut nourrir l&rsquo;esprit. Le monde est en mouvement, pour ne pas dire en \u00e9bullition\u00a0 sur un p\u00e9rim\u00e8tre restreint, devenu espace de rencontres. Face \u00e0 la pauvret\u00e9, \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9, il fallait reconqu\u00e9rir la vie. Le peuple dans toute sa diversit\u00e9 a largement r\u00e9pondu pr\u00e9sent, faisant preuve d&rsquo;une \u00e9nergie incroyable. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que ce soit d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 Grenoble ,une association \u00e9tudiante Genepi qui milite dans plusieurs r\u00e9gions pour le d\u00e9cloisonnement des institutions carc\u00e9rales\u00a0 par la circulation des savoirs et des t\u00e9moignages entre les personnes enferm\u00e9es, les b\u00e9n\u00e9voles et la soci\u00e9t\u00e9 civile. Cet engagement va de pair avec une conscience militante des enjeux politiques li\u00e9s aux diff\u00e9rents lieux d\u2019enfermement. Chaque ann\u00e9e, des centaines de b\u00e9n\u00e9voles du Genepi \u00e9cartent les barreaux de la prison pour recr\u00e9er des liens entre la soci\u00e9t\u00e9 et les personnes incarc\u00e9r\u00e9es. Fanny Marion jeune avocate a milit\u00e9 \u00e0 Grenoble au sein de cette association nationale \u00a0qui postule que c&rsquo;est avec la complicit\u00e9 des oeuvres de l&rsquo;esprit que l&rsquo;on peut lib\u00e9rer les corps enferm\u00e9s.\u00a0 La connaissance est promesse de libert\u00e9, quels que soient les accidents de parcours.<\/p>\n<p><strong>Grenoble d\u00e9veloppe des enzymes vertueux<\/strong><\/p>\n<p>Avant Grenoble, j&rsquo;ai visit\u00e9 d&rsquo;autres villes, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 des gens extraordinaires partout. Ici cependant il s&rsquo;est pass\u00e9 autre chose. J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir assist\u00e9 \u00e0 la fondation d&rsquo;une cit\u00e9. Certes l&rsquo;histoire de la ville d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est r\u00e9cente, mais de fait elle n&rsquo;arr\u00eate pas d&rsquo;interroger ses origines, elle n&rsquo;arr\u00eate pas de se refonder. A Grenoble, pour combien de temps, je ne sais pas, le mot\u00a0\u00bb populaire \u00a0\u00bb garde sa noblesse. Il est m\u00e9moire et pr\u00e9sent d&rsquo;une ville o\u00f9 les pauvres ont su, souvent avec panache, faire soci\u00e9t\u00e9 ; pas seulement partager, mais d\u00e9velopper une curiosit\u00e9 incroyable pour la connaissance.\u00a0 Ironie de l&rsquo;histoire, cette position\u00a0 tr\u00e8s en pointe dans les activit\u00e9s scientifiques et technologiques pose question, face \u00e0 une volont\u00e9 tr\u00e8s affirm\u00e9e d&rsquo;assumer la transition \u00e9cologique, qui ne peut \u00eatre vraiment prise en compte par tous que si elle s&rsquo;attaque \u00e0 la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s. On peut avoir des doutes, des critiques, mais le pass\u00e9 de la ville, les efforts faits pour assumer, malgr\u00e9 l&rsquo;inexp\u00e9rience et les int\u00e9r\u00eats en jeu, un devenir solidaire, m\u00e9ritent\u00a0 une certaine bienveillance pour ne pas dire un respect actif. A qui la faute, si les responsables politiques ne sont pas plus\u00a0 saignants ? A nous les citoyens\u00a0 qui n&rsquo;avons pas compris que le pouvoir sans contre-pouvoir, ne peut remplir sa mission. A Grenoble, la gauche des ann\u00e9es 70 a profond\u00e9ment marqu\u00e9 les esprits. Ceux, qui aujourd&rsquo;hui sont aux affaires, \u00e0 un moment historique contraire, m\u00e9ritent qu&rsquo;on leur fasse cr\u00e9dit, pas aveugl\u00e9ment bien s\u00fbr. Mais on ne peut exclure qu&rsquo;ils puissent avec l&rsquo;aide acharn\u00e9e des citoyens faire renaitre un espoir de gauche.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10882\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-8.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p><strong>\u00c9videmment il y des limites<\/strong><\/p>\n<p>Tu as une petite boutique \u00e0 Grenoble ou \u00e0 Ploudalmezeau. Ce serait dommage que tu croies diriger le FMI ou la Banque mondiale. Mais ici \u00e0 Grenoble poussent quelques adultes-enfants qui savent que c&rsquo;est dans le lieu o\u00f9 ils agissent que l&rsquo;on commence \u00e0 changer le monde. Dans les relations que tu as avec ta femme, tes enfants, tes voisins, les individus avec qui tu travailles, tu milites. C&rsquo;est parfois d\u00e9sagr\u00e9able de constater que dans l&rsquo;instant pr\u00e9sent tu viens de te conduire comme un vieux r\u00e9ac, alors que quelque part ton drapeau est clairement progressiste. Localement il y a ceux qui te voient agir et qui entendent ton discours. L&rsquo;\u00e9cole de la coh\u00e9rence n&rsquo;est pas tr\u00e8s loin de l\u00e0 o\u00f9 on assume ou pas ses contradictions. Enfin, soyons raisonnables&#8230; on ne renverse pas le capitalisme \u00e0 Grenoble , m\u00eame si de bons esprits t&rsquo;incitent ici \u00e0 devenir acteur de ta propre vie, comme \u00e0\u00a0 te d\u00e9barrasser de tout ce qui cloisonne la vie\u00a0 dans des chambres froides mortif\u00e8res. Alors jusqu&rsquo;o\u00f9 peut-on aller?\u00a0 Il n&rsquo; a que l&rsquo;exp\u00e9rience , que les exp\u00e9rimentations \u00a0qui peuvent le dire. Le 11 Juin 2017 avait lieu \u00e0 Barcelone le sommet\u00a0 des \u00ab\u00a0villes sans peur\u00a0\u00bb. Avec les maires de Barcelone, Madrid, Naples, Grenoble, Valpara\u00edso (Chili), Berkeley (Californie), Derik (Kurdistan syrien), Saragosse, Cadix et La Corogne, ainsi que la gouverneure de la r\u00e9gion Attique en Gr\u00e8ce et des conseillers municipaux de Rosario (Argentine), Vancouver (Canada), Philadelphie (\u00c9tats-Unis) et Belo Horizonte (Br\u00e9sil). Ce mouvement dit \u00ab\u00a0municipaliste\u00a0\u00bb nous rappelle que la commune est \u00e0 la base de la pratique de la d\u00e9mocratie. Ces villes sans crainte des r\u00e9actions\u00a0 de l&rsquo;extr\u00eame droite accueillent des r\u00e9fugi\u00e9s, s&rsquo;organisent en r\u00e9seaux, pratiquent l&rsquo;\u00e9conomie sociale, travaillent \u00e0 la r\u00e9appropriation des biens communs par les habitants. L&rsquo;Espagne est tr\u00e8s en pointe sur la question. En France, Grenoble travaille en ce sens.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nos associations et entreprises explorent de nouvelles pistes, qui seraient difficilement explorables autrement parce qu\u2019elles \u00e9chappent \u00e0 la logique habituelle d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique qui sert \u00e0 convaincre des financiers\u2026 Ici il y a un engagement moral, civique, un engagement de transition vers le XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en douceur et en prenant garde aux travers de l\u2019uberisation. M\u00eame si la ville ne peut aider financi\u00e8rement les associations, nous faisons tout pour agir et cr\u00e9er le cadre de notre r\u00e9flexion sur la ville de demain avec le projet Sharin\u2019Grenoble, qui permettra de mettre en place de nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques en d\u00e9veloppant l\u2019\u00e9conomie de partage, les nouvelles formes de travail, une gouvernance partag\u00e9e et de nouveaux mod\u00e8les de management\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Pascal Clouaire conseiller municipal<\/strong> en charge de la d\u00e9mocratie participative- Interview au Monde du 8 Septembre 2017.`<\/p>\n<p>A noter que dans un monde qui souffre de verticalit\u00e9 le municipalisme(38) est horizontal. Il a vocation \u00e0 \u00e9vacuer contradictions et pr\u00e9jug\u00e9s qui entourent tant un Clochemerle autocentr\u00e9 qu&rsquo;une Babylone mondialiste. Voil\u00e0 peut -\u00eatre un nouvel internationalisme qui peut d\u00e9velopper la connaissance de l&rsquo;autre , la mise \u00e0 profit commune des exp\u00e9rimentations, innovations. Le d\u00e9veloppement de ce r\u00e9seau pourrait faire en sorte que ce qui est lointain devienne proche, familier, concret.<\/p>\n<p>L&rsquo;alliance de plusieurs communes transcende le ph\u00e9nom\u00e8ne bureaucratique. Esp\u00e9rons que Grenoble aille loin\u00a0 dans cette direction, en phase avec la volont\u00e9 d&rsquo;assurer la transition \u00e9cologique. Certes il ne faut pas oublier, comme le rappelle Raul Magni Berton(39) qu&rsquo;en France contrairement \u00e0 l&rsquo;Espagne la d\u00e9centralisation est quelque peu frileuse. La marge de manoeuvre qu&rsquo;autorisent des budgets plus limit\u00e9s est d&rsquo;autant plus restrictive que les dotations de l&rsquo;\u00e9tat ont partout baiss\u00e9. Yves Citton, professeur de litt\u00e9rature et m\u00e9dia \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris 8, ajoute: Faut-il descendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des villes pour trouver une souverainet\u00e9 effective, concr\u00e8te, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute du terrain et en prise directe sur lui? Demandez \u00e0 Ada Colau, \u00e9lue maire de Barcelone en 2015 avec le soutien de Podemos, ou \u00a0\u00e0 Eric Piolle, \u00e9lu maire de Grenoble en 2014 sur une listerouge-verte, s&rsquo;ils se consid\u00e8rent comme souverains\u00a0\u00bb !\u00a0 (40)<\/p>\n<p>&#8230;.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10884\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-15.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>A travers ces lignes\u00a0 j&rsquo;esp\u00e8re avoir esquiss\u00e9 le portrait d&rsquo;une ville qui assume\u00a0 son devenir urbain, mais qui au-del\u00e0\u00a0 nous interroge sur notre vocation humaine, sans jamais sacrifier \u00e0 un simplisme d\u00e9magogique. Comme nulle part ailleurs j&rsquo;ai senti que tous ceux qui ont sont venus vivre ici connaissent le prix de la dignit\u00e9 humaine. \u00a0\u00bb Je suis fier de ma ville\u00a0\u00bb dit Mohamed Lahcine. Un certain nombre d&rsquo;entre eux a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&rsquo;ascenseur social, mais il est s\u00fbr qu&rsquo;ils n&rsquo;oublieront rien. Leur m\u00e9moire est fid\u00e8le \u00e0 leurs origines. Ainsi\u00a0 leur pr\u00e9sent peut \u00eatre tourn\u00e9 vers un avenir ouvert. C&rsquo;est une chance incroyable. Il faudrait que beaucoup de villes en France aient connaissance d&rsquo; une\u00a0 aventure\u00a0 o\u00f9 l&rsquo;\u00e9motion, l&rsquo;\u00e9thique, la solidarit\u00e9 et l&rsquo;intelligence vont dans le m\u00eame sens. L&rsquo;ambivalence humaine est partout, mais face \u00e0 tant d&rsquo;\u00e9nergie positive, chacun d&rsquo;entre nous peut se sentir pousser des ailes.<\/p>\n<p>A vous de compl\u00e9ter un portrait\u00a0 qui devrait n\u00e9cessairement \u00eatre pluriel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>pour tout \u00e9change d&rsquo;information ou critique: francoisbernheim32@gmail.com<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10869\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-6.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p><strong>Merci<\/strong><\/p>\n<p>\u00e0 toutes les belles personnes rencontr\u00e9es, pour leur chaleur, leur amiti\u00e9 ,leur intelligence et leur confiance. Merci \u00a0\u00e0 toutes celles qui m&rsquo;ont guid\u00e9, accueilli. J&rsquo;esp\u00e8re seulement\u00a0 que mon \u00e9coute a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de ce que chacun m&rsquo;a apport\u00e9. Merci \u00e0\u00a0 Alan Le 38, Anne-Laure \u00a0Laure Amilthat Szary, Raymond Avrillier, Gis\u00e8le Bastrenta, Genevi\u00e8vre Berthet, David Bodinier, Mariano Bona, Jo Briant, Hassen Bouzeghoub, Hamed Bouzzine, Benjamin Bultel, YvesCitton, Robert Chartier, Christel biblioth\u00e8que Antigone, Clement le 38,Pascal Clouaire, Clarinha Coehlo, Delphino les Barbarins Fourchus, Abou Fall, Chiaka Fan\u00e9, Alain Faure, Cathy Feinstein, Catherine Grenet, Christiane Guichard, Jouda Heiniche, Geo Ichtchenko, Pascale Henry ,Agn\u00e8s Jonqui\u00e8res, B\u00e9atrice Josse, St\u00e9phanie Julien, Sabrina Kassa , Nathalie et Riad Kassa,\u00a0 Mohamed Lahcine, Simon Lambersens, Willy Lavasre, Bruno de Lescure, Bernard Macret, Raul Magni Berton, Alain Manac&rsquo;h, Fanny Marion, Marie-Laure Mas, M\u00e9lanie et Steve\u00a0 La Bobine, Myriam Merlant, Philippe Merlant, Brahim Rajab, Jacopo Rasmi, Pierre Sabatelli, Jean-Pierre Saez, Bernard Salamand, Edith Sani\u00e8res, H\u00e8l\u00e8ne Tagand, Thomas Vasseur, Joelle Vernay.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10875\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-14.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p>(1) G\u00e9o Boulloud le m\u00e9tallo de Dubedout. Pierre Frappat\u00a0 Presses Universitaires de Grenoble.<\/p>\n<p>(2) Colloque hommage \u00e0 Hubert Dubedout 5 Avril 2018 Sciences Po Grenoble -http:\/www.sciencespo-grenoble.fr<\/p>\n<p>(3) Ren\u00e9 Rizzardo (1942\/ 2010) militant de Peuple et Culture. Elu municipal en 1965 sur la liste d&rsquo;Hubert Dubedout. Adjoint \u00e0 la culture en 1977. Fonde l&rsquo;Observatoire des Politiques Culturelles en 1988.<\/p>\n<p>( 4) http:\/\/lepruniersauvage.com &#8211; voir interventions de Brahim Rajab sur You tube<\/p>\n<p>(5)www.observatoire-culture.net<\/p>\n<p>(6) ) www.barbarins.com<\/p>\n<p>7) Alexandre Debelle 1770\/ 1826 Commandant de la r\u00e9volution et de l&#8217;empire<\/p>\n<p>( 8)J0 Briant, professeur de philosophie, militant de gauche infatigable et lucide. Habitant de Villeneuve depuis sa cr\u00e9ation. Fonde le Centre d&rsquo;Information Inter-peuples en 1980. Il a \u00e9crit de nombreux livres et beaucoup voyag\u00e9.<\/p>\n<p>9) Nicolas Sarkozy- discours de Grenoble du 30\/ 07\/2010<\/p>\n<p>(10) Association Villeneuve Debout http:\/\/villeneuve-debout.blogsolidaires.org\/<\/p>\n<p>(11) contre reportage 2015 de la T\u00e9l\u00e9 Libre .Vincent \u00a0Massot, Flore Vi\u00e9not<\/p>\n<p>(12) Jo Briant &#8211; Ab\u00e9c\u00e9daire pour le temps pr\u00e9sent. Editions La pens\u00e9e sauvage<\/p>\n<p>(13) https:\/\/cric-grenoble.info\/analyses\/article\/que-reste-t-il-du-passe-colonial-universite-populaire-v<\/p>\n<p>14\/www.batukavi.org\/. vid\u00e9os sur You tube<\/p>\n<p>15)\u00a0 www.leplateau-mistral.fr<\/p>\n<p>(16) La politique des grands fr\u00e8res\u00a0 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 consistait \u00e0 confier un r\u00f4le de pacification \u00e0 de jeunes adultes de m\u00eame origine que les adolescents troublant la paix sociale. Il s&rsquo;agissait sans doute moins de r\u00e9gler les probl\u00e8mes de fond que d&rsquo;\u00e9viter des d\u00e9bordements, agressions entrainant un d\u00e9sordre manifeste. De fait cette politique n&rsquo;a ni contenu la mont\u00e9e de l&rsquo;islamisme ni le d\u00e9veloppement trafic de drogue. Elle les aurait plut\u00f4t facilit\u00e9.<\/p>\n<p>(17)Elisa Martin parti de Gauche- 1\u00e8re adjointe du maire Eric Piolle depuis 2014. En charge des parcours \u00e9ducatifs et de la tranquillit\u00e9 publique ( actions de pr\u00e9vention sur l&rsquo;espace public)<\/p>\n<p>(18) La Bobine http:\/\/labobine.net<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">(19) \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/int.search.myway.com\/search\/GGmain.jhtml?ct=ARS&amp;n=7857fa3b&amp;p2=%5ECAO%5Exdm344%5ETTAB02%5Efr&amp;pg=GGmain&amp;pn=1&amp;ptb=E9B71F25-37DC-42A5-B855-BE0C5714AE98&amp;qs=&amp;si=1064993275&amp;ss=sub&amp;st=hp&amp;trs=wtt&amp;searchfor=Le+38+centre+social+tchoukar+Facebook&amp;feedurl=ars%252Ffeedback%253ForiginalQuery%253Dle%252B38%252Bgrenoble%2526relatedQuery%253Dle%252B38%252Bcentre%252Bsocial%252Btchoukar%252Bfacebook&amp;tpr=jre10\">Le 38 centre social tchoukar Facebook\u00a0 &#8211; autres squats\u00a0 et lieux alternatifs : La sph\u00e8re, Le 102, La patate chaude, La BAF, centre social,biblioth\u00e8que f\u00e9ministe pour l&rsquo;autogestion- <\/a><\/span><\/p>\n<p>( 20) Cap Berriat est une association d&rsquo;\u00e9ducation populaire qui accompagne gratuitement les jeunes dans leurs projets depuis 50 ans. Elle soutient les initiatives des jeunes, en\u00a0d\u00e9veloppant notamment l\u2019accompagnement de projet, l\u2019incitation dans les lyc\u00e9es et le secteur 1, et\u00a0\u00a0l\u2019animation d\u2019une p\u00e9pini\u00e8re d\u2019associations port\u00e9es par des jeunes de 16 \u00e0 30 ans. http:\/\/www.cap-berriat.com\/contact\/<\/p>\n<p>21)Raymond Avrillier\/ Philippe Descamps- Le syst\u00e8me Carignon. Editions de la D\u00e9couverte-Mai 1995<\/p>\n<p>( 22) Caf\u00e9, biblioth\u00e8que, librairie Antigone www.bibliothequeantigone.org\/<\/p>\n<p>( 23) CD De Feline high down kisses info@barbarins.com<\/p>\n<p>(24) Magasin des Horizons www.magasin-cnac.org<\/p>\n<p>(25)http:\/\/casamaures.org &#8211; accueil@casamaures.org<\/p>\n<p>voir le livre La Casamaures, coeurs \u00e0 corps Alain 0&rsquo;Dinam photos, Christine Guichard Carnet de voyage.Editions La Casamaures association.<\/p>\n<p>(26) PMO pi\u00e8ces et main d&rsquo;oeuvre &#8211; http:\/\/www.piecesetmaindoeuvre.com\/<\/p>\n<p>(27) Pacte -laboratoire de sciences sociales- Cnrs &#8211; Sciences Po Grenoble &#8211; Universit\u00e9 Grenoble Alpes.www.pacte-grenoble.fr<\/p>\n<p>( 28) l&rsquo;apport italien<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Disgrazia\u00a0\u00bb. Bio graphique de familles italiennes immigr\u00e9es : un bout de l&rsquo;histoire universelle des sans-le-sou, des poches vides et des r\u00eaves plein la t\u00eate- de Coline Picaud . \u00e9ditions le Monde \u00e0 l&rsquo;envers Grenoble 2015<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 Un air d&rsquo;Italie : la pr\u00e9sence italienne en Is\u00e8re<\/p>\n<p>\u00e9ditions Mus\u00e9e Dauphinois 1999<\/p>\n<p>(29) l&rsquo;apport maghr\u00e9bin:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb Bio graphique de familles maghr\u00e9bines immigr\u00e9es: des morceaux d&rsquo;histoires qui n&rsquo;ont en commun que leur origine et le r\u00eave qui les a engendr\u00e9es: celui d&rsquo;une vie meilleure en France. de Coline Picaud . \u00e9ditions le Monde \u00e0 l&rsquo;envers Grenoble 2015<\/p>\n<p>&#8211; d&rsquo;Is\u00e8re et du Maghreb M\u00e9moires d&rsquo;immigr\u00e9s: Pour que la vie continue<\/p>\n<p>\u00e9ditions Mus\u00e9e Dauphinois 1999<\/p>\n<p>(30) CIIP &#8211; www.ciip.fr -ciip@orange.fr<\/p>\n<p>agissant pour les droits humains, les droits des peuples et des minorit\u00e9s. Membre fondateur de <a href=\"https:\/\/www.ciip.fr\/spip.php?article611\">RITIMO<\/a> (R\u00e9seau d\u2019information et de documentation pour la solidarit\u00e9 et le d\u00e9veloppement durable).<\/p>\n<p>(31) Le Tamis annuaire, m\u00e9diath\u00e8que, agenda des lieux, initiatives alternatives sur Grenoble et autour www.le-tamis. info\/contact &#8211; Voir \u00e9galement IciGrenoble www.ici-grenoble.org<\/p>\n<p>( 32) Ades association d\u00e9mocratie \u00e9cologie solidarit\u00e9- www.ades-grenoble.org\/<\/p>\n<p>( 33) Apardap Association de Parrainage R\u00e9publicain des Demandeurs d&rsquo;Asile et de Protection<\/p>\n<p>( 34)\u00a0 L&rsquo;Observatoire la revue des Politiques culturelles N\u00b052 \u00e9t\u00e9 2018 contact@observatoir-culture.net<\/p>\n<p>( 35)\u00a0 &#8211; r\u00e9flexions sur Hubert Dubedout et ses contemporains Simon Lambersens historien -Aires 2018 . http:\/\/enigmes.hypotheses.org<\/p>\n<p>(36) Jean Verlhac 1923\/ 1995-1960 membre fondateur du PSU. Adjoint \u00e0 l&rsquo;urbanisme de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hubert_Dubedout\">Hubert Dubedout<\/a> \u00e0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Grenoble\">Grenoble<\/a> 1965-1983, premier adjoint au maire de 1977 \u00e0 1983 puis conseiller municipal d&rsquo;opposition de 1983 \u00e0 1989, il a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs grands projets de transformation de la ville comme la construction du Village olympique des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jeux_olympiques_d%27hiver_de_1968\">Jeux Olympiques de 1968<\/a> et du quartier de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Villeneuve_de_Grenoble\">Villeneuve de Grenoble<\/a> dont le parc porte son nom. Plusieurs sources utilisent \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque l&rsquo;expression \u00ab\u00a0bande \u00e0 Verlhac\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer le groupe de personnes travaillant sur ces projets autour de Jean Verlhac pendant les trois mandats municipaux d&rsquo;Hubert Dubedout. <em>Le Nouvel Observateur<\/em> \u00e9crit le 15 mai 1972\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019anti-Sarcelles\u00a0: comment \u00e0 la Villeneuve un groupe d\u2019animateurs et d\u2019urbanistes, \u00ab\u00a0la bande \u00e0 Verlhac\u00a0\u00bb, a os\u00e9 construire la ville o\u00f9 l\u2019imagination aura enfin le pouvoir -Source Wikip\u00e9dia.<\/p>\n<p>( 37) Le Cairn monnaie locale https:\/\/www.cairn-monnaie.com\/<\/p>\n<p>( 38) Le municipalisme- Fearless cities &#8211; www.lesvoiesdelademocratie.org<\/p>\n<p>Le pari municipaliste espagnol http:\/\/cqfd-journal.org\/Au-dela-de-Podemos-le-pari-2206<\/p>\n<p>( 39) professeur de sciences politique, l&rsquo;un des animateurs du Dauphin\u00e9 d\u00e9mocratique qui vise \u00e0 rendre aux citoyennes et aux citoyens dauphinois\u00b7e\u00b7s le contr\u00f4le de leur vie, en les rapprochant du pouvoir et en les dotant d\u2019outils pour le contr\u00f4ler. Pour cela, le Dauphin\u00e9 d\u00e9mocratique souhaite promouvoir et instaurer le conf\u00e9d\u00e9ralisme et la d\u00e9mocratie directe du niveau municipal au national. Les engagements fondamentaux du mouvement sont au nombre de six : 1. Mettre en place la d\u00e9mocratie directe \u00e0 tous les niveaux de gouvernement, par l\u2019usage du r\u00e9f\u00e9rendum contraignant d\u2019initiative populaire. 2. Mettre en place le conf\u00e9d\u00e9ralisme, fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e que seules les r\u00e9gions sont souveraines et peuvent d\u00e9l\u00e9guer \u00e0 l\u2019\u00e9tat conf\u00e9d\u00e9ral certaines comp\u00e9tences de leur choix. La conf\u00e9d\u00e9ration recevra ses fonds par les r\u00e9gions, selon des principes redistributifs de coop\u00e9ration et de solidarit\u00e9. 3. Promouvoir une citoyennet\u00e9 et une identit\u00e9 politique. Ainsi sera dauphinoise et dauphinois quiconque souhaite s\u2019impliquer durablement dans la vie et le d\u00e9veloppement du Dauphin\u00e9, ainsi que se soumettre \u00e0 sa l\u00e9gislation. 4. Promouvoir l\u2019\u00e9conomie et la culture locale, par le soutien aux circuits courts, \u00e0 l\u2019agriculture, \u00e0 l\u2019artisanat, aux entreprises et aux coop\u00e9ratives dans le Dauphin\u00e9. 5. Promouvoir la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la solidarit\u00e9 entre les citoyennes et les citoyens et entre les r\u00e9gions. 6. Promouvoir la paix et l\u2019autod\u00e9termination des peuples.<\/p>\n<p>Voir \u00e9galement Murray Bookchin 1921: 2006 penseur marquant de la nouvelle gauche am\u00e9ricaine, fondateur de l&rsquo;\u00e9cologie sociale. et th\u00e9oricien du municipalisme libertaire. https:\/\/www.revue-ballast.fr\/le-municipalisme-libertaire-quest-ce-donc\/<\/p>\n<p>(40) Yves Citton &#8211; Contre-courants politiques. Fayard Octobre 2018<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10881\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-5.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Autres ouvrages consult\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong>Journaux \/revues<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Le crieur de la Villeneuve . Journal mensuel participatif<\/p>\n<p>&#8211; Le Postillon mensuel critique et alternatif de Grenoble et sa cuvette : Amour,glaires et beaut\u00e9<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Journal de l&rsquo;union de quartier Berriat, Saint Bruno et Europole<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Quartier chic mensuel culturel gratuit du quartier Mistral \u00e9dit\u00e9 par Le Prunier Sauvage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; JFP-journal fran\u00e7ais de psychiatrie n\u00b043 l&rsquo;addiction est-elle devenue notre norme?<\/p>\n<p>pour \u00ab\u00a0Etats d&rsquo;urgence :\u00a0\u00bbon nous a vol\u00e9 le temps de Gis\u00e8le Bastrenta<\/p>\n<p><strong>Livres \/ catalogues<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Grenoble le mythe bless\u00e9. Pierre Frappat \u00e9ditions Alain Moreau<\/p>\n<p>&#8211; Le Cochon est-il une s\u00e9rie de tranches de jambon? \u00a0Pascale Henry<\/p>\n<p>CRDP Acad\u00e9mie de Grenoble<\/p>\n<p>&#8211; La technocratie en marche- Matthieu Amiech \u00e9ditions le monde \u00e0 l&rsquo;envers<\/p>\n<p>&#8211; De pain et d&rsquo;esp\u00e9rance 1788 \/ 1988 \u00a0Grenoble et le Dauphin\u00e9 \u00e0 la veille de la r\u00e9volution<\/p>\n<p>\u00e9ditions Mus\u00e9e dauphinois.<\/p>\n<p>&#8211; Tsiganes : La vie de boh\u00e8me?<\/p>\n<p>\u00e9ditions Mus\u00e9e Dauphinois 1999<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Guide du conseil Fran\u00e7ais de la citoyennet\u00e9 de r\u00e9sidence : citoyen(ne)s \u00e9trangers(e)s vous avez des droits. Cofracir, Odti et conseil consultatif des citoyens grenoblois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-10885\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Sans-titre-4.jpg\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p><strong>Illustrations: Pierre Sabatelli<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><sup>\u00a0<\/sup><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00a0&#8211; \u00ab R\u00e9siste, prouve que tu existes \/ Cherche ton bonheur \/ Va, refuse ce monde \u00e9go\u00efste \/ R\u00e9siste, suis ton coeur qui insiste \/ Ce monde n&rsquo;est pas le tien \/ Bats-toi, signe et persiste \/ R\u00e9siste \u00bb. \u00a0Michel Berger &#8211; France Gall \u00a0 \u00a0\u00bb On ne peut obtenir la libert\u00e9 par des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10887,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[718,698,702,700,701,1],"tags":[1549,1550,202,1548,1553,1551,1552],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10864"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10864"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10864\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10905,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10864\/revisions\/10905"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10887"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10864"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10864"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10864"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}