{"id":10650,"date":"2018-08-24T15:22:57","date_gmt":"2018-08-24T13:22:57","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=10650"},"modified":"2018-09-19T22:59:31","modified_gmt":"2018-09-19T20:59:31","slug":"vigies-pirates-2018-1-michel-butel-edouard-louis-le-perou-etc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2018\/08\/vigies-pirates-2018-1-michel-butel-edouard-louis-le-perou-etc\/","title":{"rendered":"VIGIES PIRATES 2018 -1- Michel Butel, Edouard Louis, Le Perou, etc&#8230;."},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La vigilance ne peut \u00eatre la propri\u00e9t\u00e9 de ceux que toute forme de d\u00e9sordre affole. Loin des plans anti-terroristes, tentons plut\u00f4t de pratiquer une attention au monde ouverte au quotidien, \u00e0 la po\u00e9sie, \u00e0 la beaut\u00e9 comme \u00e0 tout ce qui perturbe les \u00eatres sensibles. Tentons d&rsquo;\u00eatre pertinents sans oublier d&rsquo;\u00eatre impertinents, pirates, tendres, lucides. Chaque semaine des petites bulles d&rsquo;air. Les miennes, mais aussi les v\u00f4tres si le coeur vous en dit.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p>adresse mail : francoisbernheim32@gmail.com<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>18\/ 08 &#8211;<\/p>\n<p><strong>Champions de l&rsquo;ab\u00eeme<\/strong><\/p>\n<p>A rebrousse- poil de tous les discours affirmant que la recherche d&rsquo;efficacit\u00e9 est notre priorit\u00e9 absolue, on peut imaginer que la plupart de nos d\u00e9marches ne visent qu&rsquo;\u00e0 nous faire d\u00e9valer une pente assez raide pour nous projeter l\u00e0 o\u00f9 il nous sera impossible de remonter. Peut-on parler d&rsquo;\u00e9chec, quand nos actes se trouvent en totale symbiose avec le but que nous poursuivons ? Ainsi nous r\u00e9ussissons \u00e0 g\u00e2cher nos vies. Beaucoup d&rsquo;agitation pour \u00eatre s\u00fbrs de rester immobiles. Cela semble nous convenir parfaitement, au- del\u00e0 de nos plaintes, chagrins et autres com\u00e9dies. Si nos \u00e9checs sont en fait des r\u00e9ussites, nos r\u00e9ussites ne peuvent qu&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;accidentelles&#8230; impr\u00e9visibles et aussi inqui\u00e9tantes que peu convaincantes !Pourquoi prendre le risque de tomber alors que nous sommes si bien (si mal) au fond.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>19\/ 08<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00bb L&rsquo;histoire de ton corps accuse l&rsquo;histoire politique\u00a0\u00bb Edouard Louis<\/strong><\/p>\n<p>Des tonnes, des montagnes de mots pour effacer la r\u00e9alit\u00e9 la plus crue, la plus violente, celle de l&rsquo;exploitation absolue, de la souffrance charnelle de l&rsquo;humiliation au quotidien. Sous le drapeau odieux de la r\u00e9forme, la violence double la mise : elle n&rsquo;existe pas. Les intellectuels qui osent encore y faire allusion ne sont que des nostalgiques d&rsquo;une p\u00e9riode r\u00e9volue. Quant \u00e0 ceux qui la subissent leur cerveau est si peu d\u00e9velopp\u00e9, qu&rsquo;ils ne visent qu&rsquo;\u00e0 conserver les avantages acquis. Edouard Louis a \u00e9crit un grand livre de 84 pages\u00a0\u00bb Qui a tu\u00e9 mon p\u00e8re. ( \u00e9ditions du Seuil )<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Si l&rsquo;on consid\u00e8re la politique comme le gouvernement de vivants, et l&rsquo;existence des individus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une communaut\u00e9 qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas choisie, alors la politique, c&rsquo;est la distinction entre des populations \u00e0 la vie soutenue, encourag\u00e9e, prot\u00e9g\u00e9e, et des populations expos\u00e9es \u00e0 la mort, \u00e0 la pers\u00e9cution, au meurtre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans la confusion o\u00f9 s&rsquo;\u00e9coulent nos vies, il suffit qu&rsquo;un seul individu ait l&rsquo;intelligence et le courage de dire ce qui est, pour que ceux qui affirment que le mensonge est la v\u00e9rit\u00e9, apparaissent pour ce qu&rsquo;ils sont : des mercenaires au service de ceux qui ont le pouvoir d&rsquo;imposer leurs r\u00e8gles. Edouard Louis est trois hommes en un.<\/p>\n<p>Un fils de prol\u00e9taire fid\u00e8le \u00e0 ses origines, un homosexuel et un brillant intellectuel et romancier. L&rsquo;intelligence de l&rsquo;homme est d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 capable d&rsquo;inventer un discours nourri d&rsquo;une double souffrance. Contrairement aux intellectuels bourgeois qui peuvent \u00eatre aussi sinc\u00e8res qu&rsquo;authentiques, Edouard Louis dispose d&rsquo;un capital de souffrance physique et moral qu&rsquo;il a toute l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 exploiter. Ses mots sont forts par ce qu&rsquo;ils sont \u00e0 \u00e9gale distance du corps et de la t\u00eate. Ce faisant il esquisse une r\u00e9ponse de poids \u00e0 une probl\u00e9matique d&rsquo;une br\u00fblante actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Longtemps la pens\u00e9e critique a trouv\u00e9 sa force et sa coh\u00e9rence dans sa capacit\u00e9 d&rsquo;abstraction, dans son aptitude \u00e0 conceptualiser. Ce n&rsquo;est plus le cas aujourd&rsquo;hui. Dans une soci\u00e9t\u00e9 en rupture de lien o\u00f9 les technologies de pointe ne font que renforcer la tendance \u00e0 l&rsquo;atomisation, la pens\u00e9e critique \u00e0 tort ou \u00e0 raison est vue comme outil de plus au service des forces dominantes. Ainsi se d\u00e9veloppe un sentiment de rejet imperm\u00e9able \u00e0 toute argumentation rationnelle. La r\u00e9introduction de l&rsquo;individu, de son corps souffrant, telle que la pratique Edouard Louis, loin de tout bricolage, redonne une l\u00e9gitimit\u00e9 indispensable \u00e0 la souffrance populaire, elle esquisse une possibilit\u00e9 encore fragile d&rsquo;une nouvelle alliance o\u00f9 l&rsquo;expertise contrast\u00e9e de l&rsquo;exploit\u00e9 comme celle de l&rsquo;intellectuel ne peuvent avancer l&rsquo;une sans l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>20\/O8<\/p>\n<p><strong>Michel Butel : la note juste<\/strong><\/p>\n<p>Celui qui offre de la beaut\u00e9 de l&rsquo;intelligence au monde, n&rsquo;est pas un mortel comme les autres. Il est le cr\u00e9ateur de l&rsquo;Impossible, c&rsquo;est \u00e0 dire ce miracle qui fait qu&rsquo;une personne vit intens\u00e9ment dans le coeur et l&rsquo;esprit de milliers d&rsquo;individus. Michel Butel \u00e9tait, Michel Butel est nous. Le talent d&rsquo;un homme n&rsquo;existe pas seulement dans un seul corps. Il a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;individu le plus farouchement individuel et collectif de ce monde. Certains atteints d&rsquo;une myopie galopante ont pu confondre la qualit\u00e9 d&rsquo;un papier et d&rsquo;un contenu. Ils ont fabriqu\u00e9 des torchons. Michel Butel et ses amis ont chang\u00e9 radicalement la donne. Ils ont cr\u00e9\u00e9 une oeuvre sur des supports \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Ainsi la beaut\u00e9, la po\u00e9sie fulgurante, la profondeur de la pens\u00e9e descendent dans la rue d\u00e9nu\u00e9s de ce statut culturel empes\u00e9 qui stocke sa grandiloquence dans les beaux quartiers du livre. Ainsi chaque page devient un manifeste un br\u00fblot jet\u00e9 \u00e0 la face du monde. Qui pourra nous expliquer qu&rsquo;un homme dot\u00e9 d&rsquo;un tel souffle ait pu depuis si longtemps souffrir d&rsquo;un asthme galopant ?<\/p>\n<p>Michel avec St\u00e9phane Hessel \u00e9tait, pour notre plus grand bonheur, le 27 Mars 2012 \u00e0 Cr\u00e9teil pour pr\u00e9senter \u00a0\u00bb L&rsquo;impossible\u00a0\u00bb aux fans de \u00ab\u00a0Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Que ceux qui n&rsquo;ont pas connu \u00a0\u00bb l&rsquo;autre journal \u00ab\u00a0le mensuel le plus merveilleux des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es se rassurent. Les \u00e9ditions des Ar\u00e8nes ont publi\u00e9 une anthologie des meilleurs articles de ce journal mythique ( 1984- 1992)<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Ne nous proposons qu&rsquo;un but, ici, pour sauver ce qui peut \u00eatre sauv\u00e9 : pr\u00e9server la note juste, la couleur exacte, le mot vrai. Ce sera notre politique\u00a0\u00bb Michel Butel<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>21\/08<\/p>\n<p><strong>Choucroute<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;ai la t\u00eate saucisse de Francfort, c&rsquo;est \u00e0 dire pleine de vide brumeux et de miasmes. Rien dans le chou si ce n&rsquo;est une formidable plat\u00e9e de choucroute. Encore une fois on devrait \u00eatre plus attentif au rythme des saisons. Cela ne se fait pas de manger un plat d&rsquo;hiver quand le thermom\u00e8tre d\u00e9passe 30 degr\u00e9s. Mais avec la plus grande mauvaise fois je me pose la question suivante. Est &#8211; que cela fait de jeter \u00e0 la mer, en toute saisons, des milliers d&rsquo;hommes et de femmes coupables d&rsquo;\u00eatre n\u00e9s dans des pays peu compatibles avec la d\u00e9mocratie ?<\/p>\n<p>A en croire mes sources d&rsquo;information il y aurait de plus en plus de gens mal \u00e9lev\u00e9s dans ce bas monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8230;. Je me le dis, je me r\u00e9p\u00e8te que si nous ne r\u00e9ussissons pas \u00e0 rendre le monde plus vivable, c&rsquo;est qu&rsquo;au fond nous nous en accommodons. Bref ce serait un r\u00e9el progr\u00e8s si tous ceux qui affirment ne pas \u00eatre d&rsquo;accord avec l&rsquo;ordre \u00e9tabli, r\u00e9v\u00e9laient qu&rsquo;en fait, pour eux tout va pour le mieux dans le plus mauvais des mondes. Alors face \u00e0 une telle adversit\u00e9 nous serions oblig\u00e9s de faire la r\u00e9volution. En commen\u00e7ant par dynamiter ce que pompeusement on pourrait appeler \u00a0\u00bb notre mode de penser\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>22\/08<\/p>\n<p><strong>Il faut se m\u00e9fier&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>\u00ab\u00a0C&rsquo;est dur d&rsquo;accepter l&rsquo;abruti qui se trouve en soi et comment faire sans lui?<\/p>\n<p>Extrait d&rsquo;une lettre de Nicolas de Sta\u00ebl \u00e0 Ren\u00e9 Char &#8211; 1953<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut se m\u00e9fier des cons, des imb\u00e9ciles, des idiots, des myopes, des gens intelligents, des intellectuels, des primaires, des \u00e9trangers, des salauds, des bien- pensant, des r\u00e9volutionnaires, des gentils, des scientifiques, des pervers, des provinciaux, des poilus, des tribuns, des mutiques, des jeunes, des vieux, des notables, des pauvres, des hypocrites, des soumis, des mangeurs de cacahou\u00e8tes, des noms \u00e0 particule, des obs\u00e9d\u00e9s sexuels, des socio -d\u00e9mocrates, des lacaniens, des footballeurs, de la bouffe industrielle, des bienfaiteurs de l&rsquo;humanit\u00e9, des blagues de mauvais go\u00fbt, des multinationales, des auvergnats, des patrons, des vieilles filles, des plombiers, des ministres, des va nu pied, des intoxiqu\u00e9s, des migrants, des m\u00e9ticuleux, des souteneurs, des m\u00e9decins, des coprophages, des alpinistes, des experts, des esprits sains&#8230;..et j&rsquo;en passe des milliers, des millions.<\/p>\n<p>Mais, j&rsquo;ai bien peur que la t\u00e2che soit trop rude pour un seul homme. Tout bien consid\u00e9r\u00e9 si, pour vous, moi je suis un autre, je gagnerai sans doute beaucoup de temps \u00e0 ne me m\u00e9fier que de moi-m\u00eame. Et pour commencer&#8230; un jour par an pourra suffire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>23\/08<\/p>\n<p><strong>Hospitalit\u00e9 contre hostilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans le Monde Diplomatique du mois d&rsquo;aout une enqu\u00eate de Jean- Baptiste Malet, tr\u00e8s document\u00e9e, fait le proc\u00e8s du syst\u00e8me Pierre Rabhi. Dans son introduction l&rsquo;auteur stigmatise \u00ab\u00a0une vieille id\u00e9e : pour changer le monde, il suffirait de se changer soi- m\u00eame et de renouer avec la nature des liens d\u00e9truits par la modernit\u00e9&#8230;cette insurrection des consciences qui appelle chacun \u00e0 \u00ab\u00a0faire sa part\u00a0\u00bb connait un succ\u00e8s grandissant\u00a0\u00bb Au- del\u00e0 du jugement que l&rsquo;on peut avoir sur Pierre Rabhi, il me semble regrettable de ne pas aller plus dans l&rsquo;exploration d&rsquo;une probl\u00e9matique qui dans l&rsquo;id\u00e9al n&rsquo;opposerait pas un travail de changement partiel voire local mais quotidien \u00e0 une approche de transformation globale de la soci\u00e9t\u00e9. On sait o\u00f9 m\u00e8ne l&rsquo;hyper individualisme n\u00e9o- lib\u00e9ral, on sait aussi o\u00f9 nous conduit le syst\u00e8me de d\u00e9l\u00e9gation des pouvoirs du peuple \u00e0 une avant-garde \u00e9clair\u00e9e mais de fait totalitaire. Nous avons donc besoin d&rsquo;inventer autre chose. Le travail concret et de r\u00e9flexion men\u00e9 par l&rsquo;association le Perou- P\u00f4le d&rsquo;exploration des ressources urbaines- ( www.perou-paris.org anim\u00e9 par S\u00e9bastien Thi\u00e9ry \u00e0 partir de son implication dans deux bidonvilles de la r\u00e9gion parisienne, Ris Orangis et Grigny, d\u00e9montre que l&rsquo;hypoth\u00e8se de d\u00e9part de l&rsquo;association est fond\u00e9e\u00a0\u00bb il vaut mieux construire que d\u00e9truire. \u00c9vacuer un bidonville n&rsquo;\u00e9vacue pas le probl\u00e8me. Bien au contraire en tissant des liens avec les riverains, en partageant avec eux l&rsquo;imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de retrouver un environnement d\u00e9cent compromis par des montagnes de d\u00e9chets, en construisant une ambassade du Perou, lieu d&rsquo;\u00e9change, mais aussi symbolique d&rsquo;une dignit\u00e9 retrouv\u00e9e, l&rsquo;association obtient des r\u00e9sultats probants dans la r\u00e9insertion des habitants<em>.<\/em> <em>\u00ab<\/em>On prend le bidonville comme un virus, \u00e7a se comprend\u00a0; mais nous, on a fait l\u2019hypoth\u00e8se, qui semble d\u00e9jouer la logique, qu\u2019il faut construire pour en sortir, souligne S\u00e9bastien Thi\u00e9ry. Sortir de cet \u00e9tat d\u2019urgence permanent, stabiliser des histoires de vie, prendre soin d\u2019ici pour envisager un ailleurs.\u00bb<\/p>\n<p>Faire ensemble, habitants des bidonvilles et riverains associ\u00e9s permet, au de-l\u00e0 des actes r\u00e9parateurs, de faire sauter les pr\u00e9jug\u00e9s, de faire reculer le racisme. Le 14 juillet 2013, Christian Estrosi a concoct\u00e9 \u00e0 l&rsquo;intention des 3500 maires de France un guide facilitant l&rsquo;expulsion et l&rsquo;\u00e9loignement des populations des bidonvilles. Le 14 Juillet 2018, L&rsquo;association le Perou sort, toujours \u00e0 l&rsquo;intention des maires \u00ab\u00a0Faire l&rsquo;hospitalit\u00e9, le guide pratique que n&rsquo;a pas \u00e9crit Christian Estrosi. La culture de l&rsquo;hospitalit\u00e9, surtout dans contexte actuel de mont\u00e9e des populismes, s&rsquo;av\u00e8re essentielle. A Marseille Jean Pierre Cavali\u00e9 a mont\u00e9 le r\u00e9seau hospitalit\u00e9- www.reseauhospitalit\u00e9.org, avec la conviction que les pratiques d&rsquo;hostilit\u00e9 m\u00e8nent l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 sa perte. D&rsquo;autant que tous r\u00e8gnes confondus, les pratiques de coop\u00e9ration s&rsquo;av\u00e8rent plus nombreuses et porteuses d&rsquo;avenir que les pratiques de concurrence et du guerre. Comment ne pas tomber dans l&rsquo;ang\u00e9lisme en consid\u00e9rant que c&rsquo;est \u00e0 chacun d&rsquo;entre nous de faire sa r\u00e9volution? Comment ne pas oublier qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui les tenants les plus \u00e9minents du capitalisme revendiquent de pratiquer la lutte des classes \u00e0 leur profit. Sans doute faut-il mettre l&rsquo;accent sur les actes de solidarit\u00e9, sans pour autant d\u00e9sarmer les actes de r\u00e9sistance et de lutte face \u00e0 l&rsquo;oppression. Bref un \u00e9norme et essentiel travail de conceptualisation reste \u00e0 faire. Rien ne sert d&rsquo;innover, d&rsquo;\u00eatre en mouvement si l&rsquo;on n&rsquo;est pas capable de dire, de penser ce que l&rsquo;on fait. C&rsquo;est \u00e0 dire de partager avec tous ceux, qui en bas comme en haut de l&rsquo;\u00e9chelle sociale, consid\u00e8rent que la d\u00e9mocratie n&rsquo;existe qu&rsquo;\u00e0 partir du moment o\u00f9 le peuple en est acteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 La vigilance ne peut \u00eatre la propri\u00e9t\u00e9 de ceux que toute forme de d\u00e9sordre affole. 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