{"id":10638,"date":"2018-07-02T17:59:12","date_gmt":"2018-07-02T15:59:12","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=10638"},"modified":"2018-09-19T23:01:39","modified_gmt":"2018-09-19T21:01:39","slug":"marseille-un-reportage-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2018\/07\/marseille-un-reportage-2\/","title":{"rendered":"Marseille un reportage -2 &#8211;"},"content":{"rendered":"<p><em>Marseille, un reportage<\/em>\u00a0est un po\u00e8me paru aux \u00e9ditions du Refuge en 1993, \u00e9crit lors d&rsquo;une r\u00e9sidence du po\u00e8te Pierre Garnier (fondateur du mouvement spatialiste avec sa femme Ilse Garnier dans les ann\u00e9es 1960) dans notre ville. C&rsquo;est par ce texte que d\u00e9marrent nos rencontres mensuelles de la section des Communs. Nous tenterons, en ouvrant chaque rencontre sur l\u2019\u0153uvre d&rsquo;un po\u00e8te ayant \u00e9crit \u00e0 Marseille ou sur Marseille, de relire la ville autrement, de nous extraire ainsi de son quotidien et du n\u00f4tre, pour lui rendre sa profondeur de champ et mettre ainsi en perspective l&rsquo;\u00e9conomique, le politique, le po\u00e9tique. Au cours de ces rencontres, nous lisons et \u00e0 notre tour \u00e9crivons. Ces textes donneront lieu \u00e0 une publication papier dans la collection La Motesta des \u00e9ditions Fidel Anthelme x mais avant cela, \u00e0 chacune de nos rencontres, nous enverrons \u00e0\u00a0<em>Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre\u00a0<\/em>des &lsquo;pr\u00e9l\u00e8vements&rsquo; parmi les textes produits afin que d\u00e9j\u00e0 les \u00e9critures circulent. Au fil des mois, nous dialoguerons avec Jules Supervielle, Louis Brauquier, Antonin Artaud, Jean Gen\u00eat&#8230;&#8230;Pour cette fois-ci, des extraits des textes de Jules Supervielle et Jean jacques Viton qui ont inspir\u00e9\u00a0 St\u00e9phane Campin et Dominique Cerf<\/p>\n<p>\u2026\/\u2026<\/p>\n<p>Que t\u00e9moignent toutes ces t\u00eates autour de moi, tous ces agglom\u00e9r\u00e9s humains,<\/p>\n<p>qui vont et viennent sur le pont de bois mouvant entre ciel et vagues,<\/p>\n<p>promenant leur bilan mortel,<\/p>\n<p>leurs chansons qui font ici des couacs aigrelets,<\/p>\n<p>et pr\u00e9tendent qu\u2019il faudrait \u00e0 cette mer qui prend toujours et se refuse,<\/p>\n<p>quelques cubes en pierre de taille avec fen\u00eatres et pots de g\u00e9ranium\u2026\/\u2026<\/p>\n<p><strong>Jules Supervielle <\/strong><em>Gravitations <\/em>1922<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>on ne voit pas toujours \u00a0\u00a0\u00a0les gens qui sont devant vous<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Marseille c\u2019est la ville la plus pourrie du monde\u00a0\u00bb dit<\/p>\n<p>un chauffeur de taxi \u00ab\u00a0j\u2019appelle ses habitants\u00a0 des \u00eatres<\/p>\n<p>humains c\u2019est tout vous dire\u00a0\u00bb voil\u00e0 c\u0153ur et petit c\u0153ur<\/p>\n<p>la beaut\u00e9 est rendue avec le silence\u00a0\u00a0 inalt\u00e9rable blague<\/p>\n<p>une r\u00e9ponse est toujours exig\u00e9e\u00a0\u00a0 parler \u00e0 l\u2019absent n\u2019est<\/p>\n<p>pas facile chemin dangereux t\u00e9l\u00e9phone portable ou non<\/p>\n<p>tout geste impossible l\u2019absent a toujours gagn\u00e9 r\u00e9ponse<\/p>\n<p>inaudible masqu\u00e9e\u00a0 appel annul\u00e9 espace impos\u00e9 d\u00e9truit<\/p>\n<p>invention de l\u2019absence\u00a0 libert\u00e9 d\u00e9guis\u00e9e du demandeur<\/p>\n<p><strong>Jean-Jacques Viton <\/strong><em>Cette histoire n\u2019est plus la n\u00f4tre mais \u00e0 qui la voudra <\/em>2016<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>St\u00e9phane Campin<\/strong><\/p>\n<p>Marseille, ses S, ses D, ses F<\/p>\n<p>Son Savon , son Soleil, sa Sueur,<\/p>\n<p>Destination, D\u00e9sorient\u00e9e<\/p>\n<p>Fourmili\u00e8re, populaire m\u00eame pour voir la Mer<\/p>\n<p>Je vois ce que les autres ne voient pas<\/p>\n<p>Ils regardent en l&rsquo;air \u00e0 l&rsquo;approche de Notre-Dame de la Garde<\/p>\n<p>Cette dame assise seule sous l&rsquo;arbre avec son sac et<\/p>\n<p>Son foulard sur la t\u00eate<\/p>\n<p>Les touristes, croisi\u00e9ristes, visiteurs de tous bords visitent<\/p>\n<p>Je leur demande ce qui les am\u00e8ne ici.<\/p>\n<p><strong>Dominique Cerf<\/strong><\/p>\n<p>1.<\/p>\n<p>Origine et Fin du monde<\/p>\n<p>Conna\u00eetre sans conna\u00eetre<\/p>\n<p>la rue que l&rsquo;on habite, o\u00f9 l&rsquo;on d\u00e9ambule.<\/p>\n<p>Marseille, pour la nommer, doit-on la nommer ?<\/p>\n<p>Ce quartier ressemble ou ne ressemble pas<\/p>\n<p>\u00e0 tous les autres.<\/p>\n<p>Marseille, ville de quartiers<\/p>\n<p>de quartiers ou de villages?<\/p>\n<p>Est-elle en terre \u00e9trang\u00e8re ?<\/p>\n<p>Sur la route de Cassis, l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re,<\/p>\n<p>ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus Marseille.<\/p>\n<p>\u00c9trangers de tous bords au c\u0153ur de Marseille,<\/p>\n<p>qui en font aussi la richesse,<\/p>\n<p>bonheur et ou d\u00e9sastre d&rsquo;habiter ici,<\/p>\n<p>dans cette rue-l\u00e0, dans ce quartier-ci ?<\/p>\n<p>Tous les pauvres accompagn\u00e9s de leurs chiens sont l\u00e0.<\/p>\n<p>Pour y vivre, pour y survivre.<\/p>\n<p>Et l\u00e0 les oiseaux tourbillonnent, attendent la manne.<\/p>\n<p>Sur le port, elle a mis son \u00e9tal<\/p>\n<p>elle crie comme chaque matin<\/p>\n<p>pour app\u00e2ter le chaland.<\/p>\n<p>Est que je fais partie de cette ville ?<\/p>\n<p>Puis-je y vivre, dois-je y rester ?<\/p>\n<p>Je ne connaitrai pas toutes les personnes de ma rue.<\/p>\n<p>Alors, ceux qui sont plus loin\u00a0!<\/p>\n<p>Ceux qui s&rsquo;abandonnent, ceux qui sont<\/p>\n<p>hors-champ et\/ou dans le champ.<\/p>\n<p>Ceux qui croient cette ville accueillante,<\/p>\n<p>l&rsquo;est-elle ou ne l&rsquo;est-elle pas?<\/p>\n<p>Ceux qui cr\u00e8vent en silence vont-ils crever ici\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marseille ville o\u00f9 la mer inalt\u00e9rable domine<\/p>\n<p>Ville laborieuse cependant nonchalante<\/p>\n<p>Ou comme par blague, elle devient ville de croisi\u00e8re.<\/p>\n<p>La mer comme fig\u00e9e laisse d\u00e9ferler les touristes, impuissante<\/p>\n<p>la pollution s&rsquo;accentue,<\/p>\n<p>les paquebots hlm et marina gagnent le c\u0153ur du Vieux-Port.<\/p>\n<p>Les migrants sont-ils l\u00e0 ? Pas en paquebot de croisi\u00e8re.<\/p>\n<p>Le canot avec bou\u00e9e chambre \u00e0 air, n&rsquo;arrive pas jusqu&rsquo;ici,<\/p>\n<p>les marseillais se pr\u00e9lassent, peu leur importe ce bilan mortel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marseille, n&rsquo;est pas la ville la plus pourrie du monde.<\/p>\n<p><em>Mais cette histoire n&rsquo;est plus la n\u00f4tre.<\/em><\/p>\n<p>Cette ville n&rsquo;est plus la n\u00f4tre, Marseille n&rsquo;est plus un refuge,<\/p>\n<p>le Refuge du Panier a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sert\u00e9.<\/p>\n<p>Nous aimions les pointus, seulement les pointus,<\/p>\n<p>la mer ne nous est cependant pas refus\u00e9e.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres viendront s&rsquo;y perdre et y mourir.<\/p>\n<p>Nous continuerons de nous croire libres et chanceux.<\/p>\n<p>Nous ne saurons rien.<\/p>\n<p>Hormis cette ineffable beaut\u00e9<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marseille, un reportage\u00a0est un po\u00e8me paru aux \u00e9ditions du Refuge en 1993, \u00e9crit lors d&rsquo;une r\u00e9sidence du po\u00e8te Pierre Garnier (fondateur du mouvement spatialiste avec sa femme Ilse Garnier dans les ann\u00e9es 1960) dans notre ville. 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