{"id":9607,"date":"2016-04-30T17:31:20","date_gmt":"2016-04-30T15:31:20","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=9607"},"modified":"2016-11-28T12:29:52","modified_gmt":"2016-11-28T11:29:52","slug":"cki-nous","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2016\/04\/cki-nous\/","title":{"rendered":"CKI nous ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques mois Il y a du\u00a0\u00bb Nous\u00a0\u00bb dans l\u2019air sur notre petite plan\u00e8te. Sur le tr\u00e8s modeste blog de \u00ab\u00a0Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre\u00a0\u00bb on pouvait, en D\u00e9cembre 2015, lire un article en forme de profession de foi intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0Nous citoyens humains\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Au lendemain du 1er tour des \u00e9lections r\u00e9gionales,\u00a0 Il n\u2019est pas trop t\u00f4t d\u2019affirmer que nous ne pourrons avancer qu\u2019en d\u00e9finissant ce que <strong>Nous<\/strong> sommes, ce que <strong>Nous<\/strong> voulons faire ensemble, c\u2019est \u00e0 dire avec tous ceux pour qui le respect de la personne passe par le respect, \u00e0 priori, de toutes les personnes, dans les mots et encore plus dans les actes. Un immense travail de r\u00e9-union est \u00e0 faire. C\u2019est \u00e0 N<strong>ous, <\/strong>au del\u00e0 des \u00e9ch\u00e9ances partisanes, de nous y atteler.\u00a0\u00bb FB<\/p>\n<p>Il est\u00a0 bien tard ?<\/p>\n<p>Oui, ce n\u2019en sera que plus difficile.<\/p>\n<p>Mais on ne peut pas\u00a0 faire autrement, Nous citoyens humains devons trouver notre lieu commun\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Depuis il y a eu le livre d\u2019Edwy Plenel \u00ab\u00a0 Dire nous\u00a0\u00bb et l\u2019\u00e9mergence de la Nuit debout.<\/p>\n<p>R\u00e9jouissons nous et affutons notre lucidit\u00e9. Ce qui s\u2019exprime aujourd\u2019hui est le besoin de nous, la volont\u00e9 de re-lier de r\u00e9-unir ce qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9, endormi, anesth\u00e9si\u00e9. Paradoxe ou non, je dis que pour se laisser une petite chance d\u2019avancer ensemble il faut avoir pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019esprit tout ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, parfois avec notre complicit\u00e9, pour nous asphyxier, an\u00e9antir. L\u2019\u00e9lite a \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9e au peuple, le sachant \u00e0 l\u2019ignorant, le blanc-blanc aux color\u00e9s, aux immigr\u00e9s, le catholique au juif au musulman, l\u2019\u00e9tranger au national .L\u2019autre qui est \u00e0 la fois en nous et hors de nous est devenu l\u2019ennemi. Morcel\u00e9s pour ne pas dire cass\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, divis\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, nous existons assez peu, juste assez pour que le syst\u00e8me se perp\u00e9tue. Edwy Plenel \u00e9crit \u00ab\u00a0Un appel \u00e0 rentrer dans le rang, \u00e0 suivre la file, \u00e0 se taire et \u00e0 ob\u00e9ir, \u00e0 \u00eatre indiff\u00e9rent et silencieux. Et la fonction du bouc \u00e9missaire principal \u2013 juif et m\u00e9t\u00e8que hier, musulman et immigr\u00e9 aujourd\u2019hui \u2013 est d\u2019habituer le peuple \u00e0 ce renoncement en se retournant contre une part de lui-m\u00eame, par l\u2019exclusion, la stigmatisation, la d\u00e9testation. Une fois install\u00e9e \u00e0 demeure, c\u2019est une machine infernale qui ne peut que produire du rejet en cascade, contre toutes les minorit\u00e9s, toutes les diff\u00e9rences, toutes les dissidences. Or cette machine infernale est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb ( 1) La r\u00e9alit\u00e9 est devenue celle des puissants des pr\u00e9dateurs et de leurs nombreux complices\u00a0: toi, moi et bien d\u2019autres. La r\u00e9alit\u00e9 majoritaire du peuple qui souffre, imagine et se consume n\u2019est plus la r\u00e9alit\u00e9, elle est par la force et les moyens des \u00ab\u00a0occupants\u00a0\u00bb ceux qui remplissent nos t\u00eates, mod\u00e8lent nos comportements, une folie soit criminelle, soit pathologique.<\/p>\n<p>Il y a presque un quart de si\u00e8cle une assistante sociale intervenant dans le magazine vivant \u00ab\u00a0 Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre\u00a0\u00bb d\u00e9clarait \u00ab\u00a0 on me demande de raccommoder, ravauder le tissu social, mais il n\u2019y a plus de tissu\u00a0!\u00a0\u00bb depuis l\u2019entreprise de destruction n\u2019a pas vraiment fait de pause. Alors\u00a0?<\/p>\n<p>Comme le souligne Benjamin Stora dans Les M\u00e9moires dangereuses \u00ab\u00a0Hors il y a une masse immense de gens qui, au contraire construisent la soci\u00e9t\u00e9. Mais ces derniers n\u2019ont pas vraiment d\u2019expression, de traduction politique\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors\u00a0? faut-il n\u00e9gocier, arracher des plateformes d\u2019expression ou de pouvoir partiel\u00a0?<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-9586\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/NOUS10-copie-300x246.jpg\" alt=\"Impression\" width=\"300\" height=\"246\" srcset=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/NOUS10-copie-300x246.jpg 300w, http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/NOUS10-copie-768x631.jpg 768w, http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/NOUS10-copie-1029x845.jpg 1029w, http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/NOUS10-copie-330x270.jpg 330w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019y a plus de tissu et il semble vraiment que ce soit le cas, nous n\u2019avons pas ici ou l\u00e0 \u00e0 faire semblant de faire de la politique avec un grand P. Nous avons, en priorit\u00e9 des priorit\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0 refaire soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb en agissant l\u00e0 o\u00f9 nous sommes , l\u00e0 o\u00f9 nous avons une connaissance concr\u00e8te des individus et des choses en n\u2019oubliant jamais que nous appartenons aussi \u00e0 la plan\u00e8te. Notre nous \u00e0 nous ne doit pas \u00eatre seulement culturel, il doit transcender nos cultures, enracin\u00e9 dans des valeurs d\u2019humanit\u00e9 commune. Nous avons \u00e0 inventer autant qu\u2019\u00e0 \u00eatre modestes, \u00e9l\u00e9mentaires.<br \/>\nLa difficult\u00e9 que nous avons c\u2019est que nous sommes libres de choisir notre lieu commun. Dans une France o\u00f9 la ruralit\u00e9 et l\u2019industrie ne font plus la loi, nous vivons une situation in\u00e9dite\u00a0: Hors de toute contrainte apparente mais cern\u00e9s par une oppression g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, nous avons \u00e0 inventer une n\u00e9cessit\u00e9. Cela m\u00e9rite r\u00e9flexion, travail, invention \u00e0 plusieurs. C\u2019est dans cet esprit que Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre cr\u00e9e \u00ab\u00a0Nous\u00a0\u00bb un mini r\u00e9seau de confrontation, de partage qui s\u2019exprimera chaque mois sur ce blog, pour commencer. Apr\u00e8s 3 ou 4 mois d\u2019exp\u00e9rimentations, \u00ab\u00a0 Nous\u00a0\u00bb s\u2019ouvrira \u00e0 d\u2019autres intervenants.<\/p>\n<p>Debout la nuit, debout le jour, en \u00e9vitant de nous coucher autrement que dans la volupt\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2026\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Marseille reality show<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mise en ligne de l\u2019article \u00ab\u00a0Marseille la ville \u00e0 abattre\u00a0\u00bb, j\u2019ai re\u00e7u de nombreux commentaires. L\u2019un d\u2019eux exprimait la satisfaction d\u2019une lectrice des quartiers nord de Marseille. Elle \u00e9crit\u00a0:\u00ab\u00a0 Pour une fois la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas trahie\u00a0\u00bb Alu del\u00e0 du satisfecit, j\u2019ai mesur\u00e9 l\u2019ampleur du gouffre.<\/p>\n<p>Ainsi, ce que nous appelons d\u00e9mocratie ressemble plut\u00f4t \u00e0 une dictature molle \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, d\u00e9flagrante \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Dire que le rapport de force est devenu d\u00e9favorable aux classes populaires est insuffisant, faux. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la violence de la domination qui est occult\u00e9e. On ne peut m\u00eame pas parler de mensonge, car la machine intelllectuo- m\u00e9diatique a \u00e9t\u00e9 assez forte pour fabriquer une autre r\u00e9alit\u00e9. Paradoxe des paradoxes, ceux qui s\u2019escriment \u00e0 d\u00e9noncer cette violence sont d\u00e9nonc\u00e9s comme ceux qui violent le pacte social. Ces asociaux, mauvais esprits, dont j\u2019esp\u00e8re faire partie, sont des traitres. L\u2019exercice de passe-passe est vertigineux.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui le d\u00e9sespoir, le d\u00e9couragement se portent d\u2019autant mieux, qu\u2019ils constituent une arme aussi \u00e9conomique qu\u2019efficace.<\/p>\n<p>Il vaut mieux que chacun reste chez soi plut\u00f4t que la puissance publique et ses associ\u00e9s aient \u00e0 r\u00e9primer, emprisonner ou droguer les classes dites dangereuses. Il nous semble donc pr\u00e9f\u00e9rable de concentrer notre \u00e9nergie sur la goutte d\u2019eau que nous pouvons constituer en relation avec d\u2019autres gouttes d\u2019eau.<\/p>\n<p>Est-il possible, voire souhaitable de d\u00e9monter ce viol collectif\u00a0?<\/p>\n<p>La question m\u00e9rite d\u2019autant plus d\u2019\u00eatre pos\u00e9e, que nous disposons de travaux critiques pertinents. Face au d\u00e9sespoir social, qui ne trouve \u00e0 investir sa d\u00e9sh\u00e9rence que dans l\u2019extr\u00e9misme raciste, il semble bien que la rigueur conceptuelle n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9flexion critique, si elle est indispensable, ne soit pas \u00e0 m\u00eame, \u00e0 elle toute seule d\u2019\u00eatre entendue. Face \u00e0 un peuple trahi, abandonn\u00e9, il faut d\u00e9j\u00e0 nous r\u00e9-unir, trouver des m\u00e9diations douces permettant de faire le lien. Chr\u00e9tiens ou ath\u00e9es peu importe, mais il est urgent de faire place au sentiment de compassion. On peut se moquer, mais panser les plaies est un premier pas vers plus de solidarit\u00e9. Comment imaginer que l\u2019on puisse \u00eatre sensible \u00e0 un discours critique quand on a mal partout.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0j&rsquo;ai mal \u00e0 ma rapi\u00e8re<\/p>\n<p>mais je l&rsquo;dirai jamais<\/p>\n<p>j&rsquo;ai mal \u00e0 mon b\u00e9dane<\/p>\n<p>mais je l&rsquo;dirai jamais<\/p>\n<p>j&rsquo;ai mal \u00e0 mes cardans<\/p>\n<p>j&rsquo;ai mal \u00e0 mes graisseurs<\/p>\n<p>j&rsquo;ai mal \u00e0 ma badiole<\/p>\n<p>j&rsquo;ai mal \u00e0 ma sacoche<\/p>\n<p>mais je l&rsquo;dirai jamais, l\u00e0<\/p>\n<p>mais je l&rsquo;dirai jamais\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00e9crivait Boris Vian , dans son po\u00e8me \u00ab\u00a0 je veux pas crever, avec un sens certain de<\/p>\n<p>l\u2019anticipation.<\/p>\n<p>Pensons, pensons, mais nous penserons d\u2019autant plus fort que nous n\u2019oublierons pas de panser. Chantier ouvert.<\/p>\n<p>(1) Dire nous d\u2019Edwy Plenel Editions Don Quichotte<\/p>\n<p><strong>Le site culturel Diacritik<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Merci \u00e0 la Nouvelle Quinzaine Litt\u00e9raire ( N\u00b01147 ) de nous permettre de d\u00e9couvrir un site culturel aussi intelligent et pointu qu\u2019ouvert sur le monde. Christine Marcandier et Johan Faeber en sont les fondateurs. Extrait des propos recueillis par Patricia de Pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La litt\u00e9rature (et la culture en g\u00e9n\u00e9ral) ne nous semble pas uniquement relever des suppl\u00e9ments des journaux d\u2019information( Le Monde, le Figaro, Lib\u00e9ration)mais elle est \u00e0 la source m\u00eame des r\u00e9flexions sociales les plus vives, des d\u00e9bats politiques, les plus accomplis et des initiatives \u00e9conomiques les plus neuves. La culture n\u2019est pas suppl\u00e9mentaire, elle est centrale\u00a0: elle se donne comme le terreau de toute d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb\u00a0 Johan Faeber<\/p>\n<p>Diacritik parle longuement de Prince au lendemain de son d\u00e9c\u00e8s, de Gilles Deleuze, de Luz \u00ab\u00a0 fr\u00e8res humains qui apr\u00e8s nous vivez\u00a0\u00bb \u00e9dit\u00e9e par Futuropolis, de Pandora la nouvelle revue de la BD ( \u00e9dit\u00e9e par Casterman)de l\u2019Europe des r\u00e9fugi\u00e9s, de la s\u00e9rie TV Happy Valley, mais aussi de\u00a0\u00bb plus belle la vie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Imaginez un site culturel hors des castes et chapelles diverses, il pourrait bien ressembler \u00e0 Diacritik \u2013<\/p>\n<p>http\u00a0: \/\/diacritik.com<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Alima El Bajnouni<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nos convergences<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Converger\u00a0: tendre vers un m\u00eame point\u2026vers un m\u00eame but.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lutte\u00a0: ensemble des actions men\u00e9es pour obtenir quelque chose, pour d\u00e9fendre une cause.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Convergence des luttes\u00a0: faire tendre les combats vers le m\u00eame but. Quel but\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Nuit debout qui a fait de la convergence des luttes un axe fort a \u00e9merg\u00e9 avec la forte et claire d\u00e9termination de combattre la Loi El Khomri.<\/p>\n<p>Mais petit \u00e0 petit, l\u2019attrait du processus a pris le pas sur le but \u00e0 atteindre qui, pour sa part, devient un peu plus flou.<\/p>\n<p>Ce qui n\u2019enl\u00e8ve en rien de son int\u00e9r\u00eat\u2026au contraire\u00a0! L\u00e0, les choses s\u2019inventent, s\u2019exp\u00e9rimentent. Ici on se trompe\u2026et on recommence\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme \u00e0 Marseille o\u00f9 la Nuit s\u2019est tenue debout dans les quartiers populaires, aux Flamants pr\u00e9cis\u00e9ment, mais o\u00f9 elle a chavir\u00e9 plusieurs fois sous les vagues de mises au point lanc\u00e9es par les habitants\/militants du quartier. La premi\u00e8re vague rappelle que les habitants n\u2019ont pas attendu ce moment pour se tenir debout. Quand un certain insiste pour projeter Merci Patron\u00a0! On lui r\u00e9torque que c\u2019est un non sens de vouloir projeter Merci Patron\u00a0! \u00e0 des habitants qui ne savent m\u00eame plus \u00e0 quoi ressemble un bulletin de salaire. Ce qui transpara\u00eet en filigrane, c\u2019est le refus de l\u2019injonction. La n\u00e9cessit\u00e9 pour avancer ensemble d\u2019\u00eatre dans la co-construction (du programme de la soir\u00e9e notamment). Ce qui se r\u00e9v\u00e8le en transparence c\u2019est la r\u00e9sistance \u00e0 se voir imposer un \u00ab\u00a0pack\u00a0\u00bb duplicable \u00e0 souhait. Ici, on rappelle les particularit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les maladresses sont point\u00e9es\u2026malgr\u00e9 cela on discute, on \u00e9change et\u2026on chante. Au bout du compte, le lien s\u2019est fait. L\u2019espace \u00e0 permis la rencontre et a amorc\u00e9 le balisage du chemin \u00e0 parcourir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que raconte cet \u00e9pisode\u00a0? Il raconte que quand le but n\u2019est pas clairement d\u00e9fini la convergence a besoin de temps pour co-construire le sens que l\u2019on veut lui donner.<\/p>\n<p>Il est plus facile de faire tendre des luttes qui ont pour source la m\u00eame col\u00e8re. Ce que la Nuit debout aux Flamants aura compris ce soir l\u00e0, c\u2019est que les habitants des quartiers populaires de Marseille ont des col\u00e8res, des priorit\u00e9s, qui ne sont pas les m\u00eames que celles des militants du Centre Ville.<\/p>\n<p>Ici on vit l\u2019urgence quotidienne d\u2019une population d\u00e9laiss\u00e9e, abandonn\u00e9e dans des cases d\u2019un autre temps qui portent les stigmates de la colonisation. Ici on souffre d\u2019une politique urbaine qui s\u2019est construite dans l\u2019urgence de la gestion et non dans la perspective du bien \u00eatre des habitants. Pas loin de l\u00e0 des familles souffrent au quotidien des nuisances sonores de l\u2019autoroute\u2026les habitants r\u00e9clament un mur anti-bruit\u2026les pouvoirs publics n\u2019entendent pas cette n\u00e9cessit\u00e9\u2026\u00e0 d\u00e9faut d\u2019un mur anti-bruit il y a un mur anti-son\u2026entre les habitants et les politiques.<\/p>\n<p>L\u00e0 des m\u00e8res partagent leur d\u00e9sespoir\u2026comment faire sortir leurs enfants du ghetto, condamn\u00e9s d\u00e8s leur scolarit\u00e9 o\u00f9 ils sont confondus dans la masse des repr\u00e9sentations. Leurs individualit\u00e9s, leurs potentialit\u00e9s propres ne sont pas prises en compte. Pour beaucoup ce sont des jeunes des quartiers populaires avant d\u2019\u00eatre des adultes en devenir. Ils sont saisis dans la repr\u00e9sentation massive que l\u2019on se fait d\u2019eux plut\u00f4t que dans les d\u00e9sirs prometteurs que chacun peut offrir.<\/p>\n<p>Ici on n\u2019h\u00e9site pas, comme certains parents du centre ville, entre la p\u00e9dagogie Freinet ou la p\u00e9dagogie Steiner. On est suspendu \u00e0 la bascule de l\u2019exclusion scolaire. On est suspendu aux cons\u00e9quences de la d\u00e9sillusion et du d\u00e9couragement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La convergence des luttes a besoin de temps donc pour saisir les particularit\u00e9s des combats qu\u2019elle entend unir.<\/p>\n<p>Et ce ne sont pas ceux qui hurlent \u00e0 l\u2019\u00e9chec qui doivent la faire vaciller. Ceux qui hurlent \u00e0 l\u2019\u00e9chec sont p\u00e9tris dans le moule du syst\u00e8me qui est combattu\u00a0: l\u2019efficacit\u00e9, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019atteindre rapidement un r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Nuit debout est bas\u00e9e sur un processus, et c\u2019est l\u00e0 son int\u00e9r\u00eat. Elle s\u2019alimente d\u2019agr\u00e9gations continuent, de luttes qui ont des col\u00e8res diff\u00e9rentes mais provoqu\u00e9es par des adversaires ou des ennemis communs\u00a0: parmi eux, la privatisation du monde au profit d\u2019une oligarchie de privil\u00e9gi\u00e9s qui s\u2019allient entre eux pour pr\u00e9server leurs privil\u00e8ges\u2026et toutes les cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent (voir l\u2019article sur M\u00e9diapart de Jacques Ranci\u00e8re\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/culture-idees\/300416\/jacques-ranciere-la-transformation-d-une-jeunesse-en-deuil-en-jeunesse-en-lutte\">la transformation d\u2019une jeunesse en deuil en jeunesse en lutte<\/a>).<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9chelle mondiale \u00e7a donne 63 personnes dont les revenus sont \u00e9quivalents \u00e0 ceux de 3 milliards de personnes\u2026la moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9chelle de Marseille \u00e7a donne une ville class\u00e9e au rang de celles dont le taux de pauvret\u00e9 est le plus \u00e9lev\u00e9 et, parall\u00e8lement au 3<sup>\u00e8me<\/sup> rang des r\u00e9gions fran\u00e7aises de province pour la collecte de l\u2019imp\u00f4t sur la Fortune. Selon La Marseillaise, en 2011 \u00ab La fortune des quatre premiers marseillais les plus riches \u00e9quivaut au budget 2011 de la ville (1,8 milliard d&rsquo;euros). Comme le dit si bien Patrick Viveret, on vit \u00e0 l\u2019\u00e8re de la d\u00e9mesure. Parler de violences en oubliant celle-l\u00e0 c\u2019est parler des sympt\u00f4mes sans \u00e9voquer les causes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Partant de l\u00e0, la Nuit Debout s\u2019invente. Elle teste les moyens de faire alliance contre un syst\u00e8me r\u00e9volu. A la privatisation de l\u2019espace public, elle r\u00e9pond par son occupation. A l\u2019Etat d\u2019urgence qui suscite la crainte et le repli sur soi, elle oppose l\u2019urgence de cr\u00e9er des liens, d\u2019aller \u00e0 la rencontre des autres, de se parler. Donnant ainsi raison \u00e0 Edgar Morin quand il nous rappelle qu\u2019\u00a0\u00ab\u00a0\u00e0 force de sacrifier l\u2019essentiel pour l\u2019urgence on finit par oublier l\u2019urgence de l\u2019essentiel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A la posture, rappelons le machiav\u00e9lique, qui fait passer la fin, le but, avant les moyens, elle pr\u00e9f\u00e8re les processus, la co-construction de sens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A Marseille, belle et rebelle, le Poivre des murailles est partout. Cette herbe rebelle dite mauvaise, fragile est pourtant capable de briser le b\u00e9ton pour prendre sa place au soleil. \u00ab\u00a0Ici on est chez nous\u00a0\u00bb disent la plupart et ce ne sont pas quelques interdictions municipales et les gros enjeux financiers dictant la politique urbaine qui changeront quelque chose \u00e0 l\u2019affaire\u00a0! Ici on occupe les places, on fabrique des tables pour les repas partag\u00e9s. A la morosit\u00e9 entretenue par la chape m\u00e9diatique, on oppose des bal\u00e8ti, des fanfares, un carnaval color\u00e9, anim\u00e9 et joyeux qui, pour certains \u00e9lus \u00ab\u00a0provoquent de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb. Certes les alliances populaires dans le bonheur et la joie sont des menaces profondes pour les \u00e9lus qui assoient leur pouvoir sur la crainte et la division.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les cerveaux qui sont en train d\u2019imaginer et de cr\u00e9er le monde qui vient, sont ceux qui ont \u00e9chapp\u00e9 au formatage de Patrick Le Lay. Ces changements sont incompr\u00e9hensibles pour certains esprits inscrits dans une m\u00e9canique qui se perp\u00e9tue sans remise en question. Voyant des cerveaux non format\u00e9s ils concluent \u00e0 l\u2019absence de cerveaux\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme le dit Antonio Gramsci, \u00ab\u00a0Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde \u00e0 appara\u00eetre et dans ce clair-obscur surgissent les monstres\u00a0\u00bb\u00a0: Les monstres sont parmi nous, aucun doute, mais \u00e0 lire les d\u00e9finitions m\u00e9t\u00e9orologiques et g\u00e9ologiques de la convergence je me demande si les mondes nouveaux ne sont pas en train d\u2019appara\u00eetre\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00e9finition g\u00e9ologique : \u201cla convergence est le rapprochement des plaques tectoniques\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Int\u00e9ressant : rapprochement des plaques tectoniques qui peuvent former un continent!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00e9finition m\u00e9t\u00e9orologique : Accumulation de l&rsquo;air par suite de son arriv\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;horizontale, dans une r\u00e9gion donn\u00e9e, ce qui appelle, \u00e0 l&rsquo;endroit de l&rsquo;accumulation, un mouvement vertical compensatoire de bas en haut (ascendance dynamique).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une accumulation d\u2019air arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019horizontale qui cr\u00e9e une ascendance vertical du bas vers le haut\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A m\u00e9diter\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Marie -Christine Labat<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comment relier et donner sens \u00e0 l\u2019envie de faire connaissance\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous sommes trop souvent confront\u00e9s \u00e0 des formules devenues creuses \u00e0 des mots vid\u00e9s de sens qui exasp\u00e8rent. Exemple le vivre ensemble, vive les diff\u00e9rences, une ville monde, le village plan\u00e9taire, la ville aux 111 nationalit\u00e9s. Pour ce dernier exemple, l\u2019illusion tombe, un silence g\u00ean\u00e9 s\u2019instaure. Richesses crie les uns, difficult\u00e9s disent les autres. Mais personne n\u2019\u00e9change. Vous \u00eates ouverts ou ferm\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans ces creusets multinationaux, l\u2019image d\u2019Epinal se fa\u00e7onne au fils des discours officiels. Mais de qui parle-t-on en fait\u00a0? De personnes \u00e9tiquet\u00e9es par leur nationalit\u00e9, des pakistanais, des tamouls, des chinois, des alg\u00e9riens, des tch\u00e9ch\u00e8nes, des comoriens.<\/p>\n<p>En fait de grandes g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s, de cohortes anonymes. La connaissance m\u00eame de l\u2019histoire contemporaine de leur pays est inconnue \u00e0 la majorit\u00e9 du reste de la ville. Les causes de leur immigration aussi. Comment me dit une coll\u00e8gue les pakistanais peuvent \u00eatre violents\u00a0? Ils paraissent si doux. Si doux eux qui ont v\u00e9cu des violences effroyables dans leurs pays. La conception de l\u2019autochtone qui pr\u00e9vaut et celui d\u2019un regard enfantin, presque folklorique au mieux ou protectionniste, tourn\u00e9 vers la mise \u00e0 distance de l\u2019autre. Bien s\u00fbr, le regard haineux existe aussi de part et d\u2019autre.<\/p>\n<p>L\u2019immigrant.e, le r\u00e9fugi\u00e9, la r\u00e9fugi\u00e9e seraient l\u00e0 avec sa couleur, sa fa\u00e7on de s\u2019habiller, sa langue, sa culture, sa religion comme un pochoir de lui-m\u00eame. Une ombre humaine indiff\u00e9renci\u00e9e, dont le statut de femme ou d\u2019homme renvoie brutalement \u00e0 des r\u00f4les sexistes. Femmes pourvoyeuses d\u2019enfants vivants ou \u00e0 venir, hommes de travail clandestin, sous-pay\u00e9s.<\/p>\n<p>Les guerres travers\u00e9es, les violences, le traumatisme de l\u2019exil, le racisme, la barri\u00e8re culturelle, la duret\u00e9 climatique, le d\u00e9racinement, la duret\u00e9 de l\u2019exploitation, de leur fragilit\u00e9 par tous les pr\u00e9dateurs de la pauvret\u00e9, silence. Qui ose parler de r\u00e9silience collective\u00a0? Celle pour les humains de l\u2019exil, celle pour les ostracis\u00e9-es socialement et \u00e9conomiquement.<\/p>\n<p>Leur parole, elles et eux qui ne parlent pas la langue du pays qui permet l\u2019\u00e9change verbal avec les autres qui la conna\u00eet\u00a0? Comment les entendre, les \u00e9couter, les comprendre\u00a0? Comment \u00e9changer et pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi se comprendre, pourquoi faire\u00a0?<\/p>\n<p>Parce qu\u2019on vit ensemble\u00a0! Ensemble ou c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te\u00a0?<\/p>\n<p>Tout peut bien se passer si chacun garde ses marques, respecte les distances r\u00e9glementaires. C\u2019est m\u00eame rassurant. On peut donc vivre ensemble c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans l\u2019indiff\u00e9rence ou dans des fronti\u00e8res respect\u00e9es.<\/p>\n<p>Le mythe des \u00e9trangers qui viendraient en nombre pervertit la curiosit\u00e9 bienveillante de celles et ceux qui se consid\u00e8rent comme des h\u00f4tes.<\/p>\n<p>Sommes-nous face \u00e0 des groupes constitu\u00e9s qui se connaissent parce que de m\u00eame nationalit\u00e9 ou face \u00e0 des multitudes de solitudes d\u00e9racin\u00e9es dont les parcours, les aspirations personnelles peuvent se recouper ou pas, dont la vision de la vie a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par leur histoire personnelle\u00a0? Histoire personnelle dont une part comme pour chacun \u2013e est commune \u00e0 un ou des collectifs et une autre reste singuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans ce monde marqu\u00e9 par la vitesse, l\u2019injonction est de s\u2019adapter au plus vite.<\/p>\n<p>Vivre, ensemble ici et maintenant dans ma ville qu\u2019est-ce que cela veut dire\u00a0? Comprendre les codes implicites de 111 nationalit\u00e9s et que celles-ci comprennent imm\u00e9diatement une multitude de codes diff\u00e9rents de leur propre culture\u00a0?<\/p>\n<p>Il y a de quoi abattre une femme ou un homme\u00a0!<\/p>\n<p>Pour pouvoir vivre ensemble, les bons sentiments ne suffisent pas.<\/p>\n<p>Les institutions offrent peu d\u2019ouverture \u00e0 celles et ceux qui ne parlent pas le langage commun.<\/p>\n<p>Quelques associations permettent l\u2019acc\u00e8s aux droits en divulguant dans diff\u00e9rentes langues les informations n\u00e9cessaires pour se rep\u00e9rer et pouvoir s\u2019autonomiser.<\/p>\n<p>Vivre ensemble, c\u2019est d\u00e9couvrir ce qui pousse \u00e0 vouloir d\u00e9fendre l\u2019autre parce qu\u2019en l\u2019autre est attaqu\u00e9 ce qui caract\u00e9rise pour chacun-e, l\u2019Humain.<\/p>\n<p>Vivre ensemble, ce n\u2019est pas tout de suite se comprendre, s\u2019appr\u00e9hender, c\u2019est aller vers l\u2019inconnu-e pour partager ensemble ce qui nous relie dans l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>Manger, danser, chanter ensemble est convivial, mais pas fondateur .Ce qui est structurant c\u2019est d\u2019avoir agi ensemble pour l\u2019essentiel, le fondamental\u00a0: Contre des actes racistes, contre des actes sexistes, contre des actes qui remettent en cause le libre arbitre en montrant la d\u00e9termination, le refus et le ressort de notre action\u00a0: ne pas s\u2019attaquer \u00e0 l\u2019essence m\u00eame de l\u2019Humanit\u00e9, du genre humain, \u00e0 sa diversit\u00e9, \u00e0 sa pluralit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est dans l\u2019action commune pour des probl\u00e9matiques vitales au plus grand nombre dans l\u2019instant pr\u00e9sent que se cr\u00e9e une dynamique et des confrontations n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019action.<\/p>\n<p>Ce qui fait sens tout \u00e0 coup pour tout le monde, qui devient f\u00e9d\u00e9rateur pour l\u2019action, qui est ressenti comme essentiel, ne se d\u00e9cr\u00e8te pas mais \u00e9merge et s\u2019impose. A nous de le discerner, d\u2019en faire un lien commun partag\u00e9, un trait d\u2019union.<\/p>\n<p>Pour p\u00e9renniser l\u2019action, le groupe mobilis\u00e9 a besoin d\u2019organisation et c\u2019est l\u00e0 que se m\u00eale une alchimie d\u00e9licate. Savoir s\u2019appuyer sur des savoirs faire, savoir transmettre sans \u00e9craser, savoir s\u2019effacer pour que des personnes prennent leur place, que chacun-e puisse participer ou pas \u00e0 sa fa\u00e7on, savoir collectivement veiller \u00e0 construire des formes d\u00e9mocratiques invent\u00e9es par le groupe. Apprendre vraiment les uns des autres, se consid\u00e9rer comme \u00e9gal, semblable cela n\u2019est pas simple\u00a0! La confiance dans l\u2019autre se gagne pour chacun-e.<\/p>\n<p>Vivre ensemble est un v\u00e9ritable engagement. On ne peut vivre ensemble que si on le d\u00e9sire et ce d\u00e9sir, il faut le cultiver et non l\u2019autoproclamer.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9sir de faire sens collectivement traverse des personnalit\u00e9s diverses et nombreuses qui se r\u00e9v\u00e8lent lors d\u2019actions collectives importantes, vitales pour un groupe d\u2019individus. Alors, ces actions polonisent le vivre ensemble.<\/p>\n<p><strong>Philippe Merlant<\/strong><\/p>\n<p><strong>1968, 1995\u2026 et 2016\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Un orchestre de 300 citoyens jouant sur la place de la R\u00e9publique la Symphonie du Nouveau monde\u00a0: voil\u00e0 un beau symbole de ce qui se joue depuis plus d\u2019un mois autour des \u00ab\u00a0Nuits debout\u00a0\u00bb. Sans sombrer dans l\u2019id\u00e9alisation ou l\u2019illusion, ce qui surgit aujourd\u2019hui a de quoi nous r\u00e9chauffer le c\u0153ur, non\u00a0?<\/p>\n<p>Et d\u2019un, on retrouve la joie de parler, de se parler, d\u2019\u00e9changer ses col\u00e8res et ses r\u00eaves\u2026 La m\u00eame que celle qui a fleuri un joli mois de mai de 1968. La m\u00eame que celle qui est apparue, plus furtivement, plus fugacement, en d\u00e9cembre 1995 face au plan Jupp\u00e9 sur les retraites. Un m\u00e9lange de d\u00e9termination et de tol\u00e9rance, d\u2019engagement et d\u2019\u00e9coute. Comme l\u2019esquisse d\u2019une parole lib\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Et de deux, on assiste \u00e0 des rapprochements insoup\u00e7onn\u00e9s, inesp\u00e9r\u00e9s, improbables\u2026 La culture politique de la lutte sociale, de la r\u00e9sistance et de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale se prend \u00e0 fraterniser avec celle de l\u2019\u00e9cologie, de la frugalit\u00e9 heureuse, de la transformation personnelle, voire de la spiritualit\u00e9. Car chacun pressent que, pour accoucher d\u2019un monde nouveau, tous les registres doivent \u00eatre mis \u00e0 contribution plut\u00f4t que d\u2019opposer, comme ce fut jadis trop souvent le cas, les uns aux autres.<\/p>\n<p>Et de trois, la question d\u00e9mocratique est clairement (re)mise sur le devant de la sc\u00e8ne. Comme tou-te-s les indign\u00e9-e-s de par le monde, celles et ceux de Paris et des autres villes de France ont compris que c\u2019est par l\u00e0 qu\u2019il fallait commencer pour esp\u00e9rer b\u00e2tir un autre monde\u00a0: remettre \u00e0 plat toutes les r\u00e8gles du d\u00e9bat et de la d\u00e9cision plut\u00f4t que d\u2019accoucher dans l\u2019urgence d\u2019un \u00ab\u00a0programme\u00a0\u00bb impossible \u00e0 mettre en place.<\/p>\n<p>Et de quatre, tous les sujets, tous les combats sont abord\u00e9s, sans qu\u2019il soit question, comme par le pass\u00e9, d\u2019en juger certains plus prioritaires que d\u2019autres. L\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes\/hommes traverse tous les d\u00e9bats, au m\u00eame titre que la lutte contre l\u2019homophobie ou l\u2019islamophobie. Comme si la fraternit\u00e9 ne posait plus probl\u00e8me entre toutes ces formes d\u2019\u00eatres humains, si divers mais n\u00e9anmoins \u00e9gaux. Comme si le nouveau monde, de ce point de vue, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Un ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique les traite d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9cervel\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0? On aimerait que la t\u00eate \u2013 et le c\u0153ur \u2013 des politiques soient aussi remplis \u2013 et bien remplis\u00a0! \u2013 que ceux-l\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>Le programme est ambitieux. A la hauteur de l\u2019exigence de coh\u00e9rence qui, depuis plusieurs ann\u00e9es, des rassemblements altermondialistes aux luttes contre le d\u00e9r\u00e8glement du climat, a envahi la nouvelle sph\u00e8re militante. Alors, oui, il ne faut pas se leurrer\u00a0: traduire cette exigence en actes va demander du temps, beaucoup de temps. Sans doute les Nuits debout ne provoqueront-elles pas dans l\u2019imm\u00e9diat de grand bouleversement. Peut-\u00eatre pourra-t-on m\u00eame avoir l\u2019impression d\u2019un feu de paille ou d\u2019un souffl\u00e9 vite retomb\u00e9. Mais une flamme s\u2019est allum\u00e9e l\u00e0 qu\u2019il sera bien difficile \u00e0 \u00e9teindre. Comme le d\u00e9but d\u2019un nouveau \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Depuis quelques mois Il y a du\u00a0\u00bb Nous\u00a0\u00bb dans l\u2019air sur notre petite plan\u00e8te. Sur le tr\u00e8s modeste blog de \u00ab\u00a0Mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre\u00a0\u00bb on pouvait, en D\u00e9cembre 2015, lire un article en forme de profession de foi intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0Nous citoyens humains\u00a0\u00bb \u00a0\u00bb Au lendemain du 1er tour des \u00e9lections r\u00e9gionales,\u00a0 Il n\u2019est pas trop [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9571,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9607"}],"collection":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9607"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9607\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9614,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9607\/revisions\/9614"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9571"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}