{"id":8523,"date":"2015-06-23T18:42:24","date_gmt":"2015-06-23T16:42:24","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=8523"},"modified":"2016-11-28T12:38:50","modified_gmt":"2016-11-28T11:38:50","slug":"pascale-senk-un-psy-chez-les-clochards-fevrier-2002","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2015\/06\/pascale-senk-un-psy-chez-les-clochards-fevrier-2002\/","title":{"rendered":"Pascale Senk un psy chez les clochards F\u00e9vrier 2002"},"content":{"rendered":"<p>\u201cLa clochardisation ne se r\u00e9duit pas \u00e0 l\u2019exclusion sociale\u201d, constate\u00a0Patrick Declerck,\u00a0psychanalyste et anthropologue. Pendant quinze ans, il a observ\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019y plonger, le monde sans espoir de ces hommes \u201cfracass\u00e9s\u201d.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Auteurs\/Senk-Pascale\">Pascale Senk<\/a><\/p>\n<p>Sommaire<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards#2\">Les Naufrag\u00e9s<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards#3\">Pieds de nez<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards\/4Une-violence-incroyable#4\">Une violence incroyable<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards\/4Une-violence-incroyable#5\">Humaniste, Patrick Declerck ?<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards\/4Une-violence-incroyable#6\">Exclus, sans-abri&#8230;<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.psychologies.com\/Planete\/Societe\/Articles-et-Dossiers\/Un-psy-chez-les-clochards\/7A-lire#7\">A lire<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Changer de place est hors de question, le bus est plein. Deux types ont la diarrh\u00e9e \u00e0 mes pieds\u2026 Chaque respiration est une angoisse. Je m\u2019enfonce au plus profond de mon \u00eatre, comme pour abandonner mon corps \u00e0 lui-m\u00eame. \u00bb L\u2019homme qui raconte s\u2019appelle Patrick Declerck. Il a 53 ans, est psychanalyste et anthropologue.<\/p>\n<p>Pour mieux conna\u00eetre la population des clochards de Paris, il se fait ramasser des dizaines de nuits, v\u00eatu de guenilles, par le bus de mis\u00e8re qui emporte les sans-abri jusqu\u2019au centre d\u2019accueil et de soins hospitaliers de Nanterre. Il a aussi r\u00e9alis\u00e9 plus de deux mille entretiens avec ces hommes \u00ab\u00a0fracass\u00e9s\u00a0\u00bb et assist\u00e9, avec un m\u00e9decin, \u00e0 plus de cinq mille consultations : \u00ab C\u2019est de l\u2019odeur dont je me souviendrai le plus longtemps \u00bb, \u00e9crit-il.<\/p>\n<p><strong>Les Naufrag\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>En octobre dernier, Declerck publie <em>Les Naufrag\u00e9s<\/em> (chez Plon), un livre m\u00e9t\u00e9orite, une v\u00e9ritable bombe qui atteint le lecteur de plein fouet. Quatre cent cinquante pages qui racontent tout d\u2019abord l\u2019exp\u00e9rience initiatique de cet assidu de Nietzsche et de Freud intrigu\u00e9 depuis toujours par \u00ab l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 du mal \u00bb. Mais \u201cLes Naufrag\u00e9s\u201d, c\u2019est aussi un \u00e9norme travail d\u2019ethnologue d\u00e9crivant les laiss\u00e9s-pour-compte, les hommes en miettes, les \u00ab fous de pauvret\u00e9 \u00bb, une sorte de \u00ab m\u00e9morial \u00e0 ces hommes sans traces \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble ne ressemble \u00e0 rien et rassemble tout. Il permet de cerner, au plus pr\u00e8s, une pathologie jusque-l\u00e0 mal identifi\u00e9e, th\u00e9oris\u00e9e par Declerck comme \u00ab le syndrome de d\u00e9socialisation \u00bb. Il fait aussi le constat cinglant des mauvaises r\u00e9ponses apport\u00e9es par notre soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 cette forme de folie, que l\u2019on ne pr\u00e9tend soigner que par la \u00ab charit\u00e9 hyst\u00e9rique \u00bb.<\/p>\n<p>Les r\u00e9actions \u00e0 la publication ne se sont pas fait attendre. \u00ab Depuis le 11 octobre, date de la sortie du livre, je n\u2019ai cess\u00e9 d\u2019\u00eatre invit\u00e9 dans les m\u00e9dias, ironise Declerck. Normal, en France, la saison des pauvres correspond \u00e0 celle des hu\u00eetres ! On a eu les deux ou trois premiers morts par hypothermie de la saison et, comme chaque hiver, on red\u00e9couvre avec \u00e9tonnement qu\u2019il fait froid ! \u00bb Un homme politique \u2013 candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle \u2013 lui a m\u00eame propos\u00e9 de faire une visite du Centre de Nanterre avec lui. \u00ab Je lui ai r\u00e9pondu que sous les cam\u00e9ras et en p\u00e9riode pr\u00e9\u00e9lectorale, ce que l\u2019on verrait du Centre et ce que l\u2019on penserait de moi \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s n\u2019auraient gu\u00e8re de valeur objective ! \u00bb<\/p>\n<p>Pas dupe, Declerck. Les institutions, d\u2019ailleurs, il n\u2019aime gu\u00e8re et se d\u00e9clare volontiers anarchiste. Sa qu\u00eate profonde est sans doute l\u00e0 : chercher la vraie libert\u00e9, celle qu\u2019il hume, per\u00e7oit de tout son corps lorsqu\u2019il rejoint la haute mer pour s\u2019adonner avec d\u00e9lectation \u00e0 la voile. Est-il fascin\u00e9 par la vie, apparemment libre et sans contraintes des clochards ? Bien au contraire : \u00ab Ils se d\u00e9tournent de la vie de famille, de l\u2019effort, du travail, et pourtant, ils sont tout sauf libres. Ce sont des esclaves. Ils ne sont pas propri\u00e9taires de leur vie psychique, ils sont pris dans un exil dont on ne revient pas, l\u2019exil \u00e0 soi-m\u00eame. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Pieds de nez<\/strong><\/p>\n<p>Premier pied de nez \u00e0 l\u2019analyse sociologique habituelle<strong> : <\/strong>Declerck d\u00e9montre que la clochardisation n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 l\u2019exclusion sociale. Et pour cela, il raconte. Des cas cliniques, \u00e9videmment, mais surtout des histoires de vies qui le laissent sans voix. Celle de monsieur Abel, par exemple, qu\u2019il suit depuis presque treize ans. La premi\u00e8re fois qu\u2019il le rencontre, le clochard doit se faire \u00e9nucl\u00e9er \u00e0 cause d\u2019une blessure surinfect\u00e9e de l\u2019arcade sourcili\u00e8re. Puis, il perd l\u2019usage de la parole \u00e0 cause d\u2019accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux, revient quelques mois plus tard avec un ulc\u00e8re chronique du genou, doit ensuite se faire amputer d\u2019un orteil gel\u00e9. \u00ab Nous le voyons s\u2019amenuiser, il se d\u00e9coupe, s\u00e8me des bouts de lui\u2026 C\u2019est le Petit Poucet. Et quand vous lui demandez comment il va, il r\u00e9pond toujours, dans un souffle : \u201cTout va tr\u00e8s bien, Madame la Marquise.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me pied de nez \u00e0 la r\u00e9ponse institutionnelle : pourquoi la soci\u00e9t\u00e9, avec son \u00ab terrorisme de la normalit\u00e9 \u00bb, n\u2019offre-t-elle pas de lieu o\u00f9 ces hommes, qui sont aujourd\u2019hui renvoy\u00e9s \u00e0 une souffrance ind\u00e9termin\u00e9e, puissent vivre leur folie ? Lui avoue : \u00ab J\u2019en ai soign\u00e9 des centaines. Je n\u2019en ai gu\u00e9ri aucun. \u00bb C\u2019est qu\u2019ils ne restent jamais, ces patients. Ils perdent r\u00e9guli\u00e8rement leurs papiers d\u2019identit\u00e9, retournent dans la rue, s\u2019arrachent leurs pansements fra\u00eechement pos\u00e9s.<br \/>\nFace \u00e0 ces vies bris\u00e9es, \u00e0 ces mises en sc\u00e8ne du corps insupportables \u2013 \u00e0 peine racontables \u2013, Declerck oppose son \u00e9nergie pl\u00e9thorique et une grande sensualit\u00e9. \u00ab C\u2019est un Gargantua \u00bb, dit \u00e0 son propos le docteur Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social. \u00ab Ind\u00e9niablement, mon physique d\u2019armoire \u00e0 glace [Declerck a la carrure d\u2019un marin d\u2019Ostende] et mon c\u00f4t\u00e9 pas tr\u00e8s aimable m\u2019ont aid\u00e9 quand j\u2019ai voulu voir de l\u2019int\u00e9rieur ce que c\u2019est que mendier, avoir faim et avoir froid, vraiment froid, pas seulement comme lorsqu\u2019on passe du parking \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019immeuble. \u00bb<\/p>\n<p>Mieux vaut \u00eatre fort pour se glisser dans la peau d\u2019un invisible et se fondre dans la cour des miracles.<\/p>\n<h1>Une violence incroyable<\/h1>\n<p>Une nuit de juillet 1998, il entra\u00eene son ami Pierre Pouwels, alors responsable des Missions France de M\u00e9decins du monde, au Centre d\u2019h\u00e9bergement d\u2019urgence de Nanterre. Le \u00ab\u00a0d\u00e9sint\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb du personnel de surveillance leur permet de visiter les lieux en toute libert\u00e9, apr\u00e8s avoir rev\u00eatu de simples blouses blanches.<\/p>\n<p>Pierre Pouwels en parle encore avec de l\u2019angoisse dans la voix. \u00ab Franchement, j\u2019\u00e9tais content de me trimballer avec cette grande baraque de Declerck. C\u2019\u00e9tait l\u2019enfer l\u00e0-dedans, des visions d\u2019Auschwitz, une violence incroyable\u2026 On a constat\u00e9 que les jeunes \u00e9migr\u00e9s de l\u2019Est avaient chass\u00e9 tous les clochards, qui rampaient \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des b\u00e2timents. Je me souviens de cette r\u00e9flexion de Patrick au d\u00e9tour d\u2019un couloir : \u201cTu vois, il fait une chaleur insupportable ici, pr\u00e8s de 40 \u00b0C\u2026 La rue doit \u00eatre vraiment d\u2019une grande cruaut\u00e9 pour qu\u2019aucun de ces mecs ne veuille y retourner.\u201d \u00c7a, c\u2019est tout lui. Il a une r\u00e9flexion sur les limites de l\u2019humain qui est toujours \u00e9poustouflante ! \u00bb<\/p>\n<h2>Humaniste, Patrick Declerck ?<\/h2>\n<p>Pas vraiment : \u00ab S\u2019il est pass\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir, c\u2019est toujours en \u00e9vitant la fusion \u00bb, affirme le chr\u00e9tien Emmanuelli.<strong>\u00a0<\/strong>\u00ab Je suis un pessimiste joyeux \u00bb, pr\u00e9cise le psychanalyste, \u00e0 la mani\u00e8re de Freud. \u00ab Pour voir une chose enti\u00e8rement, l\u2019homme doit avoir deux yeux. Un d\u2019amour et un de haine \u00bb, disait Nietzsche.<\/p>\n<p>Declerck a toujours eu le souci de maintenir cet \u00e9quilibre. \u00ab Mon travail porte sur le rapport ambivalent \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. J\u2019aime assez les individus, mais peu l\u2019humanit\u00e9 dans son ensemble. Quant aux clochards, j\u2019\u00e9cris en mani\u00e8re de provocation, au d\u00e9but du livre, que je les hais\u2026 suffisamment pour leur avoir consacr\u00e9 quinze ann\u00e9es de recherche. \u00bb<br \/>\nSuffisamment, aussi, pour clore son r\u00e9cit par une symphonie apocalyptique : sa visite faite l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re au cimeti\u00e8re du Centre de Nanterre. Sa promenade philosophique dans des all\u00e9es de mis\u00e8re dessine le degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019humanit\u00e9. \u00ab D\u2019abord, pas d\u2019herbe.<\/p>\n<p>Du sable, et pourri. Trop meuble, presque mouvant. Les croix ne s\u2019y trompaient pas, qui tanguaient, toutes de traviole. Des croix affaiss\u00e9es, titubantes, se raccrochant les unes aux autres, se cassant la figure. Bourr\u00e9es elles aussi, comme leurs propri\u00e9taires. Combien de croix ? Je ne sais pas. Le gardien non plus, ne savait pas. On ne sait pas. On ne sait plus. Personne ne sait. \u00bb On pense \u00e0 C\u00e9line, \u00e0 Verlaine, compagnons de l\u2019errance existentielle.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e2ge de 3 ou 4 ans, Patrick Declerck souffrait d\u2019une curieuse phobie : \u00ab Lorsque je fermais les yeux, j\u2019avais la sensation terrifiante d\u2019\u00eatre emport\u00e9 par le vent, comme le sont les papiers ou les sacs en plastique. \u00bb Ses \u201cNaufrag\u00e9s\u201d constituent, \u00e0 n\u2019en pas douter, un solide point d\u2019ancrage. Un t\u00e9moignage \u00e9ternel.<\/p>\n<h2>Exclus, sans-abri&#8230;<\/h2>\n<p>Exclus, sans-abri\u2026 ce que l\u2019on sait d\u2019eux<br \/>\n\u00ab\u00a0Sans-abri\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0SDF\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0exclus\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb\u2026 Diff\u00e9rents termes d\u00e9signent ceux qui souffrent, selon l\u2019expression de Patrick Declerck, de \u00ab\u00a0d\u00e9socialisation extr\u00eame\u00a0\u00bb. D\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 d\u2019en faire un recensement pr\u00e9cis. Emma\u00fcs estime \u00e0 400 000 personnes les sans-abri, mais les mal-log\u00e9s seraient plus de deux millions. Le seul chiffre vraiment fiable concerne le nombre de personnes utilisatrices des services d\u2019h\u00e9bergement et de distribution de nourriture dans Paris intra-muros chaque semaine : 9 800 en moyenne.<\/p>\n<p>Au Centre d\u2019accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, on a recens\u00e9 91 % d\u2019hommes pour 9 % de femmes. La majorit\u00e9 d\u2019entre eux ont entre 30 et 60 ans, 77 % sont d\u2019origine fran\u00e7aise et 10 \u00e0 15 % sont psychotiques. Le profil type qui \u00e9merge est celui d\u2019un homme gravement alcoolo-tabagique, isol\u00e9 d\u2019un point de vue relationnel et ayant connu une enfance marqu\u00e9e de traumatismes divers.<\/p>\n<h1>A lire<\/h1>\n<p><strong>A un cheveu de la mis\u00e8re<\/strong><br \/>\nExtrait<br \/>\n\u00ab Juin 1996. Consultation \u00e0 Nanterre. [\u2026] Sur les quelques marches qui m\u00e8nent \u00e0 la consultation, une femme est assise. Elle doit avoir entre 40 et 50 ans. Elle est ob\u00e8se et sale. [\u2026] Son visage est \u00e9carlate. M\u00e9lange d\u2019alcoolisme, d\u2019hypertension et d\u2019exposition aux intemp\u00e9ries. Grosse figure brutale au nez camus. Un peu de sang s\u00e9ch\u00e9 lui fait une sorte d\u2019empl\u00e2tre noire sur l\u2019oreille. Elle se regarde dans un petit miroir de poudrier, objet f\u00e9minin, d\u00e9licat, incongru, qu\u2019elle tient d\u2019une main charnue comme un jambon. De l\u2019autre, elle soul\u00e8ve des m\u00e8ches de cheveux. Des m\u00e8ches compactes, pleines de n\u0153uds. Des cheveux comme de l\u2019\u00e9toupe. \u201cNom de Dieu de nom de Dieu de nom de Dieu !\u201d Je passe. Elle se tourne vers moi. \u201cNom de Dieu de nom de Dieu ! \u00c7a y est, un cheveu blanc ! Vous vous rendez compte\u2026 J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 un cheveu blanc ! Ah, nom de Dieu ! A mon \u00e2ge.\u201d Moi, qui suis compl\u00e8tement chauve, je hoche la t\u00eate et, pince-sans-rire, lui dis gravement qu\u2019elle a plus de chance que moi. Elle me regarde un instant de travers, puis rit d\u2019une voix \u00e9raill\u00e9e. \u00bb<br \/>\nCe livre vient de recevoir le prix Psych\u00e9 2001, qui r\u00e9compense \u00ab l\u2019ouvrage qui enrichit le plus la r\u00e9flexion et la recherche en psychiatrie \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cLa clochardisation ne se r\u00e9duit pas \u00e0 l\u2019exclusion sociale\u201d, constate\u00a0Patrick Declerck,\u00a0psychanalyste et anthropologue. Pendant quinze ans, il a observ\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019y plonger, le monde sans espoir de ces hommes \u201cfracass\u00e9s\u201d. Pascale Senk Sommaire Les Naufrag\u00e9s Pieds de nez Une violence incroyable Humaniste, Patrick Declerck ? 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