{"id":7987,"date":"2014-12-23T19:19:35","date_gmt":"2014-12-23T18:19:35","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=7987"},"modified":"2015-03-08T23:17:11","modified_gmt":"2015-03-08T22:17:11","slug":"7987","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2014\/12\/7987\/","title":{"rendered":"Assa Diarra grand reporter de demain"},"content":{"rendered":"<p>Form\u00e9e aux exigences du journalisme par notre partenaire et complice,Reporter citoyen( voir sur ce m\u00eame blog\u00a0: Nique la crise et la conf\u00e9rence gesticul\u00e9e de Philippe Merlant) Assa Diarra a \u00e9crit un bel article traitant des exigences journalistiques sur le site \u00e9ponyme. Avec l\u2019autorisation de nos amis de Reporter Citoyen, nous le reproduisons ici, non sans avoir au pr\u00e9alable rencontr\u00e9 l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. FB<\/p>\n<p><strong>\u00a0Coucous royal et d\u00e9couverte d\u2019Assa Diara.<\/strong><\/p>\n<p>Entre l\u2019agneau et le poulet l\u2019enjeu \u00e9tait de pouvoir situer une reporter citoyenne de 20 ans qui avance dans le tempo de son si\u00e8cle avec autant de gr\u00e2ce, que de lucidit\u00e9. A premi\u00e8re vue la c\u00e9l\u00e8bre phrase du philosophe Paul Nizan(1905\/ 1940 ) ne la concerne en rien \u00ab\u00a0J\u2019avais 20 ans, je ne permettrai \u00e0 personne de dire que c\u2019est le plus bel \u00e2ge de la vie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Assa est issue d\u2019ne grande famille malienne de culture Sonink\u00e9 et de religion musulmane install\u00e9e \u00e0 Viry Chatillon depuis plus de 30ans. Travail, respect des autres, solidarit\u00e9 sont les valeurs de cette famille qui se sent parfaitement en phase avec la culture fran\u00e7aise. Assa a 5 s\u0153urs, deux fr\u00e8res et \u00e9tant la plus jeune, elle a la chance de pouvoir profiter de la diversit\u00e9 d\u2019exp\u00e9riences et de l\u2019attention de ses ain\u00e9s qui l\u2019ont toujours encourag\u00e9. Curieuse, ouverte sur le monde, elle est fi\u00e8re, en plus du fran\u00e7ais de parler une langue africaine. Elle n\u2019a jamais connu de difficult\u00e9s scolaires. En plus de la formation \u00ab\u00a0Reporter Citoyen\u00a0\u00bb, elle est en 3<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e de droit et envisage s\u00e9rieusement de poursuivre ses \u00e9tudes en Su\u00e8de, d\u2019ici un an. Il est essentiel pour elle de savoir comment cela se passe ailleurs.<\/p>\n<p>Au moment de passer en classe de 3<sup>\u00e8me<\/sup>, Assa a senti qu\u2019elle devait quitter Le lyc\u00e9e de Viry. Elle avait H4 en point de mire. Elle a fait un dossier et\u2026.panique elle a \u00e9t\u00e9 prise. Sa m\u00e8re l\u2019a encourag\u00e9 \u00e0 aller jusqu\u2019au bout. Cela lui a d\u00e9j\u00e0 permis de laisser tomber ses pr\u00e9jug\u00e9s sur les fils de bourgeois qui fr\u00e9quentaient l\u2019\u00e9tablissement. Elle a choisi d\u2019aller en Su\u00e8de l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, parce que les valeurs d\u2019entre-aide sont d\u00e9velopp\u00e9es dans ce pays et que l\u2019on y joue aussi au Hand Ball, son sport pr\u00e9f\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>La jeune reporter Assa Diara a suivi de tr\u00e8s pr\u00e8s, le d\u00e9veloppement de l\u2019association \u00ab\u00a0 Surfer pour la paix\u00a0\u00bb qui travaille \u00e0 rapprocher les jeunes palestiniens de la bande de Gaza des jeunes isra\u00ebliens. L\u2019association est \u00e9tablie \u00e0 Gaza,en France et aux Etats Unis. La reporter Assa a suivi la premi\u00e8re grande comp\u00e9tition qu\u2019ils ont organis\u00e9 \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.reporter-citoyen.fr\/?p=5353\">Quand Assa surfe avec les mots !<\/a><\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une reporter citoyenne qui est sur le terrain des mots. Elle doit se faire petite avec les g\u00e9ants de l\u2019association \u00ab\u00a0Surfing 4 peace\u00a0\u00bb qui tentent de promouvoir la paix dans le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en gr\u00e2ce \u00e0 leur passion du surf. De Marseille \u00e0 Biarritz, notre reporter va coucher sur papier, ce qu\u2019elle voit, entend, sent et ressent.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chronique d\u2019Assa Diarra.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>EPISODE 1 : Etre ou ne pas \u00eatre\u2026 dans le groupe ?<\/p>\n<p>Bon, on va se parler franchement : \u00e9crire un article peut s\u2019av\u00e9rer tr\u00e8s difficile. Je ne vous apprends rien, non ?\u00a0 Manque d\u2019inspiration, de structure, les raisons ne manquent pas. Alors quand on fait partie d\u2019un groupe et qu\u2019on doit \u00e9crire sur ce m\u00eame groupe c\u2019est encore plus compliqu\u00e9. Voil\u00e0 comment j\u2019ai tent\u00e9 de surmonter les obstacles !<\/p>\n<p>Premi\u00e8re difficult\u00e9 : prendre de la distance.<\/p>\n<p>Eh oui, envisager un sujet avec la peur de s\u2019enfermer dans une vision biais\u00e9e, partielle, c\u2019est pas le top. Parce que faire partie d\u2019un groupe implique des liens, un parti pris parfois. Et l\u00e0, il faut apprendre en t\u00e2tonnant \u00e0 se distancier de son sujet. L\u2019importance doit \u00eatre donn\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble et non aux individus en eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me difficult\u00e9\u00a0: vivre l\u2019\u00e9v\u00e9nement sans se laisser submerger<\/p>\n<p>Bon l\u00e0 je vous entends d\u2019ici \u00ab\u00a0non mais elle exag\u00e8re l\u00e0 !\u00a0\u00bb.\u00a0Peace\u00a0les amis. Je m\u2019explique, pourquoi je dis qu\u2019il faut vivre l\u2019\u00e9v\u00e9nement ? Quand on est en groupe, qu\u2019on est dans un endroit sympa, on a envie de \u00ab\u00a0prendre la temp\u00e9rature\u00a0\u00bb, discuter, rigoler pour restituer modestement et sinc\u00e8rement ce qu\u2019on a v\u00e9cu. Mais attention on glisse tr\u00e8s vite sur cette pente savonneuse qui s\u2019appelle \u00ab\u00a0hors sujet\u00a0\u00bb. Bah oui on se laisse submerger, les id\u00e9es se brouillent et le fil conducteur est perdu. Ah ce sacr\u00e9 fil conducteur ! On s\u2019y consacrera dans une autre chronique\u2026 !<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me\u00a0difficult\u00e9 : ne pas s\u2019inclure dans le papier<\/p>\n<p>Cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ma plus grosse difficult\u00e9 \u00e0 vrai dire. Non non, je n\u2019ai pas du tout dit que \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 une promenade de sant\u00e9 ! Ne pas s\u2019inclure dans le papier, \u00e7a veut dire quoi ? C\u2019est tout simplement ne pas se mettre en sc\u00e8ne, car \u00e0 ce moment pr\u00e9cis on ne fait pas partie du groupe. Eh oui, on n\u2019en revient \u00e0 la distance, m\u00eame si, il faut le dire, il y a une diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Voil\u00e0, voil\u00e0 ! Bon, on a vu les \u00e9cueils du reportage, \u00a0alors maintenant on se remet en selle pour d\u2019autres sujets !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>EPISODE 2 :\u00a0Les tribulations du reportage<\/p>\n<p>Je suis de retour avec une nouvelle chronique ! Eh oui faut bosser un peu quand m\u00eame ! Bon, je vais vous avouer une chose : la version initiale de mon tout premier reportage, hum hum comment dire\u2026 c\u2019\u00e9tait pas \u00e7a mais alors pas \u00e7a du tout ! C\u2019est simple, rien n\u2019allait (sortez les violons !). Pour vous \u00e9viter de vous gourer comme moi, je vais vous parler des obstacles qui se sont dress\u00e9s \u2013 bon je les ai bien aid\u00e9, soyons honn\u00eate \u2013 sur ma route et comment j\u2019ai essay\u00e9 de les envoyer valser !<\/p>\n<p>Premi\u00e8re difficult\u00e9 : suivre la m\u00e9thode du reportage<\/p>\n<p>Bon, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il faut \u00eatre le plus rigoureux possible quand on r\u00e9dige un papier (fayotte\u2026). Non vraiment, je dis pas \u00e7a juste parce que \u00e7a fait bien mais parce que c\u2019est une v\u00e9ritable aide ! Le reportage, plus que les autres papiers encore, demande d\u2019\u00eatre pr\u00e9cis. On doit revivre l\u2019instant, sentir les odeurs, voir les couleurs, entendre les bruits. Et pour faire revivre un instant immortalis\u00e9 sur papier glac\u00e9, eh ben pas de secret, il faut appliquer la m\u00e9thode !<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me difficult\u00e9\u00a0: apprivoiser le style du reportage<\/p>\n<p>Je l\u2019ai appris \u00e0 mes d\u00e9pens (ne faites surtout pas la m\u00eame erreur que moi !!!), un reportage n\u2019est pas un compte rendu ! Le premier est caract\u00e9ris\u00e9 par la vie qui l\u2019anime. Donc, il faut r\u00e9ussir \u00e0 transposer cette vivacit\u00e9, l\u2019enfermer au bout d\u2019un stylo (plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire\u2026). Bon autant vous dire, que j\u2019ai d\u2019abord \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019ouest\u00a0\u00bb comme on dit. Jusqu\u2019\u00e0 ce que WonderSabah \u00a0vienne \u00e0 ma rescousse\u2026<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me\u00a0difficult\u00e9 : se l\u00e2cher<\/p>\n<p>Ok, j\u2019avoue, \u00e7a peut para\u00eetre bizarre mais pas tant que \u00e7a (suspense\u2026). Je sais pas pour vous, mais perso j\u2019ai parfois une inhibition \u00e0 l\u2019\u00e9crit. Et on peut la multiplier par deux quand il s\u2019agit de la premi\u00e8re fois que je m\u2019essaye \u00e0 un genre. Je savais pas comment je pouvais dire les choses, si je pouvais utiliser des jeux de mots, des comparaisons, des m\u00e9taphores comme je le voulais\u2026 Et finalement, il faut savoir faire ressortir son c\u00f4t\u00e9 litt\u00e9raire, cr\u00e9atif, loufoque, tout ce que vous voulez ! Vous devez juste faire une chose : prendre du plaisir !<\/p>\n<p>Voil\u00e0, voil\u00e0 chers lecteurs, ensemble nous allons, \u00a0je l\u2019esp\u00e8re, esquiver tous les pi\u00e8ges que comportent la r\u00e9daction d\u2019un reportage ! Maintenant, en scelle pour de nouveaux sujets !<\/p>\n<p>EPIDSODE 3 :\u00a0Quand les clich\u00e9s tombent \u00e0 l\u2019eau !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vous avez dit r\u00eaveuse ?<\/p>\n<p>On a tous des clich\u00e9s. Eh oui, c\u2019est nul mais c\u2019est comme \u00e7a que voulez-vous. Eh, pas de panique, c\u2019est pas une fatalit\u00e9 ! Une fois qu\u2019on le sait, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ? A chacun de voir, mais pour ma part, je pense qu\u2019il faut les d\u00e9truire (radicale oui). Mais avant \u00e7a, il faut d\u2019abord les identifier !<\/p>\n<p>Voil\u00e0 trois de mes clich\u00e9s bris\u00e9s d\u2019un revers de planche gr\u00e2ce \u00e0 mes rencontres cette semaine !<\/p>\n<p>Premier clich\u00e9 : les M\u00e9diterran\u00e9ens sont bruns aux yeux marrons<\/p>\n<p>J\u2019entends d\u00e9j\u00e0 les hu\u00e9es (pas cool d\u2019ailleurs) mais c\u2019est pas grave, je vais continuer \u00e0 \u00eatre sinc\u00e8re avec vous. Bien s\u00fbr, je sais pertinemment que tous les M\u00e9diterran\u00e9ens ne sont pas bruns aux yeux marrons. Mais quand m\u00eame, inconsciemment, je dois avoir cette petite image que j\u2019ai mise un beau matin dans mon cerveau. \u00a0A la vue d\u2019Aleyna, surfeuse turque blonde aux yeux bleus, verts, gris (oui oui les trois je vous assure), j\u2019ai \u00e9t\u00e9 quand m\u00eame surprise. Je me suis aussi sentie bien b\u00eate d\u2019\u00eatre surprise !<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me\u00a0clich\u00e9 : les Isra\u00e9liens ne veulent rien avoir \u00e0 faire avec les Palestiniens<\/p>\n<p>Dans mon imaginaire, \u00e9tay\u00e9 par les coupures de presse et visions fantasm\u00e9es, tous les isra\u00e9liens ou presque \u00e9taient farouchement oppos\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e de c\u00f4toyer\u00a0un palestinien. Alors passer du temps avec, encore moins. Jusqu\u2019\u00e0 ce que je d\u00e9couvre les actions d\u2019Arthur\u00a0Rashkovan, co-fondateur de l\u2019association Surfing4Peace et de ses acolytes dans le film\u00a0God went surfing with the devil. Ils se sont investis comme jamais pour acheminer des planches de surf dans la bande de Gaza et permettre \u00e0 tous de partager leur passion du surf.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me clich\u00e9\u00a0: les \u00ab\u00a0mecs de quartiers\u00a0\u00bb ne surfent pas<\/p>\n<p>Bon l\u00e0, je vais commencer par une mauvaise nouvelle : cette affirmation n\u2019est pas compl\u00e8tement fausse. Le surf se d\u00e9mocratise, mais le temps qu\u2019il arrive jusque dans les quartiers\u2026 Il p\u00e2tit de son image de sport peu accessible. Mais tout de m\u00eame, je me suis rendue compte que ce n\u2019\u00e9tait pas compl\u00e8tement vrai non plus. Comment ? En rencontrant Mehdi, un surfeur franco-marocain, le genre qui vous captive par ses r\u00e9cits et envoie valser les pr\u00e9jug\u00e9s avec force et humour. Il est le premier moniteur de surf dipl\u00f4m\u00e9 venant de \u00ab\u00a0cit\u00e9\u00a0\u00bb (c\u2019est son terme) en France. Eh ben \u00e7a montre qu\u2019on peut pas rester dans une repr\u00e9sentation fig\u00e9e des choses. Et l\u00e0, on est heureux d\u2019avoir eu tort les amis !<\/p>\n<p>Voil\u00e0, voil\u00e0 ! Vous ne pouvez plus fuir ! Ces clich\u00e9s-l\u00e0, au moins, vous savez que c\u2019est direction la poubelle ! Alors maintenant en selle, on fait d\u2019une pierre, deux coup : on s\u2019en d\u00e9barrasse ET on apprend des autres !<\/p>\n<p>Pour aller plus loin\u00a0:<\/p>\n<p>Voir le reportage de mes compagnons de gal\u00e8re, Marius et Jean-Philippe :<\/p>\n<p>Et aussi le teaser du documentaire r\u00e9alis\u00e9s par Arthur\u00a0Rashkovan\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=7iAfzoqgsGc\">http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=7iAfzoqgsGc<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>THE END : Quand Assa ne surfe plus avec les mots\u2026<\/p>\n<p>Bon bah voil\u00e0, je crois qu\u2019on y est l\u00e0. L\u2019aventure s\u2019arr\u00eate ici. On range les planches et les combinaisons. Mais attendez, n\u2019allez pas croire que dernier jour est synonyme de farniente. Non non, les sujets, il faut les assurer jusqu\u2019au bout ! Mais, il faut \u00eatre honn\u00eate tout de m\u00eame, ce dernier jour qui a une saveur sp\u00e9ciale est plus d\u00e9tendu. L\u2019envie de f\u00eater ces rencontres plane dans l\u2019air\u2026<\/p>\n<p>Pour ce dernier volet de la chronique, je vais vous dire, trois choses que cette semaine m\u2019aura appris.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re chose : une capacit\u00e9 d\u2019adaptation<\/p>\n<p>Je ne le dirai jamais assez pour l\u2019avoir v\u00e9cu cette semaine, il faut savoir S\u2019ADAPTER\u00a0! Que ce soit au sein du groupe dont on fait partie, sur le terrain ou devant son ordinateur pour bosser. C\u2019est indispensable si on veut \u00eatre meilleure que la veille, avoir une attitude professionnelle et \u00eatre productif (je crois que WonderSabah d\u00e9teint un peu sur moi l\u00e0). \u00c7a passe par parler anglais avec les non francophones (\u00e0 ce propos des cours serait pas de trop hum hum\u2026), par \u00eatre toujours pr\u00eat \u00e0 partir, c\u2019est-\u00e0-dire avec tout le matos qu\u2019il faut et la t\u00eate op\u00e9rationnelle et tout \u00e7a avec le sourire (je plaisante, m\u00eame si c\u2019est mieux avec !).<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me chose : la gestion de ses \u00e9motions<\/p>\n<p>N\u2019allez pas croire du tout que nous allons faire de la philosophie de comptoir ! Non, je dis \u00e7a parce que\u00a0a priori\u00a0quand on pense journalisme, on ne pense pas tout de suite aux \u00e9motions, sentiments. Alors pourquoi je vous en parle\u00a0? J\u2019y viens, j\u2019y viens.\u00a0 Il y a selon moi,\u00a0 deux aspects.<\/p>\n<p>Sur le terrain\u00a0(\u00e7a fait bien de dire \u00e7a non ?), il faut \u00eatre tr\u00e8s r\u00e9actif. Tout va relativement vite et une occasion rat\u00e9e est une occasion perdue. Et puis, les choses se passent rarement comme on les avait pr\u00e9vu. C\u2019est l\u00e0 que la gestion des \u00e9motions entre en sc\u00e8ne. Il faut savoir garder la t\u00eate froide, son sang froid et on n\u2019est pas tous \u00e9gaux face \u00e0 \u00e7a\u2026 Le mieux est de se mettre dans la peau d\u2019une balle rebondissante (non, je ne suis pas sous l\u2019emprise de substances illicites\u2026)\u00a0: \u00eatre capable de rebondir \u00e0 chaque fois. Si je dois vous donner mon ressenti, je dirais que \u00e7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 la partie la plus compliqu\u00e9e pour moi. D\u2019abord parce que j\u2019ai eu une chance insolente : rencontres fortuites et enrichissantes qui tombent au bon moment\u2026 Ensuite parce que j\u2019ai eu la possibilit\u00e9 et l\u2019avantage d\u2019organiser mon travail en fonction de mon rythme, et non l\u2019inverse, tout au long de la semaine. Avoir du temps a \u00e9t\u00e9 une source de pression en moins.<\/p>\n<p>Durant la phase de r\u00e9daction\u00a0: l\u2019\u00e9crit a l\u2019avantage d\u2019avoir des contraintes moindres que la vid\u00e9o, o\u00f9 on peut \u00eatre sujet \u00e0 des probl\u00e8mes techniques. Cependant, on peut avoir \u00e9crit un papier et se retrouver \u00e0 le refaire dans son int\u00e9gralit\u00e9. Au del\u00e0, de la pression due \u00e0 la volont\u00e9 de mieux faire et \u00e0 la publication, un sentiment d\u2019\u00e9chec peut facilement faire son apparition. Alors l\u00e0, on se calme tout de suite et on prend du recul (oui encore une fois plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire\u2026). C\u2019est ce que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de faire lorsque j\u2019ai d\u00fb refaire mon premier reportage plut\u00f4t que de me laisser miner par un ensemble de sentiments n\u00e9gatifs. Je ne dirais pas que j\u2019y suis totalement parvenue mais je ne suis pas rest\u00e9e paralys\u00e9e, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. Il faut avancer et se bouger, parce que l\u2019\u00e9v\u00e8nement n\u2019attend pas !<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me chose : l\u2019amour de la rencontre avec l\u2019autre<\/p>\n<p>Bon pour \u00eatre honn\u00eate, j\u2019ai toujours aim\u00e9 aller \u00e0 la rencontre des autres (et de leur cuisine aussi !). La curiosit\u00e9 s\u00fbrement, l\u2019envie d\u2019aller voir comment c\u2019est chez le voisin. Cette immersion dans un groupe de surfeurs venus des quatre coins de la M\u00e9diterran\u00e9e a donc \u00e9t\u00e9 une exp\u00e9rience inoubliable. Dans ces moments, pas le temps de se demander si on est timide ou pas, et tant mieux je dirais ; il y a plus de spontan\u00e9it\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai aim\u00e9 avoir de longues discussions approfondies, dans un anglais approximatif, avec les uns et les autres. J\u2019ai aussi aim\u00e9 les conna\u00eetre et apprendre d\u2019eux. Oui c\u2019est \u00e7a, la richesse des rencontres est assez incroyable (je sais \u00e7a donne envie)\u00a0! Savoir choisir un sujet, d\u00e9terminer un angle, adopter un style, c\u2019est bien, m\u00eame indispensable. Mais je crois qu\u2019il faut surtout aimer les gens. On passe souvent pour une personne na\u00efve, id\u00e9aliste et ridicule quand on dit \u00e7a aujourd\u2019hui. Eh bien, je persiste et signe les amis\u00a0! L\u2019amour, c\u2019est pas seulement se dire je t\u2019aime 30 fois par jour, (dont 10 sur facebook et 20 par textos\u2026). L\u2019amour \u00e7a se vit avec son c\u0153ur, ses tripes et sa t\u00eate. Pas forc\u00e9ment besoin de d\u00e9signer \u00abun \u00e9lu\u00bb de notre c\u0153ur, qui est assez grand pour laisser de la place \u00e0 tout le monde. Bon je m\u2019\u00e9gare un peu mais je veux dire que l\u2019amour se vit de diff\u00e9rentes mani\u00e8res et que \u00abl\u2019amour des autres\u00bb c\u2019est permettre \u00e0 une personne de laisser une empreinte sur son c\u0153ur mais aussi sur sa t\u00eate. Et vous savez, je dirais m\u00eame que, plus on aime les gens, plus on a de chances de r\u00e9ussir son papier surtout sur le terrain (ce n\u2019est que mon point de vue\u2026).<\/p>\n<p>Alors voil\u00e0, voil\u00e0 les amis, c\u2019est fini, avec une pointe de nostalgie\u2026 On se remettra en selle, j\u2019en suis sure pour faire des sujets toujours plus sympas\u00a0!<\/p>\n<p>Je tiens tout particuli\u00e8rement \u00e0 remercier les membres de l\u2019association Surfer pour la paix et les surfeurs pr\u00e9sents qui sont g\u00e9niaux. Mais aussi mes compagnons de gal\u00e8re, Marius et JP, et Sabah sans qui l\u2019aventure aurait \u00e9t\u00e9 nettement moins chouette.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pour en savoir+ sur Reporter Citoyen\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>www.reporter-citoyen.fr<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Form\u00e9e aux exigences du journalisme par notre partenaire et complice,Reporter citoyen( voir sur ce m\u00eame blog\u00a0: Nique la crise et la conf\u00e9rence gesticul\u00e9e de Philippe Merlant) Assa Diarra a \u00e9crit un bel article traitant des exigences journalistiques sur le site \u00e9ponyme. 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