{"id":5448,"date":"2013-07-30T16:26:02","date_gmt":"2013-07-30T15:26:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=5448"},"modified":"2014-05-16T16:13:11","modified_gmt":"2014-05-16T14:13:11","slug":"la-chance-davoir-des-bras-des-cuisses-et-un-visage-bien-vivants","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2013\/07\/la-chance-davoir-des-bras-des-cuisses-et-un-visage-bien-vivants\/","title":{"rendered":"\u00ab la chance d\u2019avoir des bras, des cuisses et un visage bien vivants \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Abadi MT Condensed Light';\">David Herbert Lawrence n\u00e9 en 1885, est mort en 1930. \u00bb Depuis 2009 \u00ab\u00a0Le Bruit Du Temps, r\u00e9\u00e9dite les nouvelles \u00e9crites par l\u2019a<a href=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/images11.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-5449\" title=\"images\" src=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/images11.jpg\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"269\" \/><\/a>uteur de l\u2019amant de Lady Chatterley. Aujourd\u2019hui avec \u00ab\u00a0la femme qui s\u2019enfuit\u00a0\u00bb para\u00eet le tome 4 d\u2019une \u0153uvre prodigieuse. D H. Lawrence, sans doute trop en avance sur son temps, sans doute br\u00fbl\u00e9<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>dans nos esprits par l\u2019\u00e9clat incandescent de son scandaleux chef-d\u2019\u0153uvre, aurait pu rester l\u2019auteur ignor\u00e9 que tout le monde croit avoir lu. A d\u00e9couvrir ses nouvelles, on comprend encore mieux qu\u2019il soit rest\u00e9 si longtemps au purgatoire. Esprit libre, il a l\u2019audace d\u2019avouer que nous sommes sans cesse emp\u00each\u00e9s, pris dans la gangue d\u2019une morale et d\u2019une religion qui nous font croire que la pl\u00e9nitude de l\u2019esprit va de pair avec la n\u00e9gation du corps. A ceux qui ont la b\u00eatise de confondre drame et tristesse, il ne cesse d\u2019affirmer que le sens tragique de la vie est aussi celui de la joie, sentiment qui n\u2019est jamais aussi fort<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>que lorsque que l\u2019esprit et le corps abandonnent toute vell\u00e9it\u00e9 <span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span>de domination pour s\u2019exprimer \u00e0 l\u2019unisson. Dans\u00a0\u00bb \u00a0\u00bbJoyeux fant\u00f4mes, un des protagonistes qui a fr\u00f4l\u00e9 la catastrophe s\u2019exprime ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Je viens seulement de me rendre compte combien c\u2019est extraordinaire d\u2019\u00eatre un homme de chair et de sang, d\u2019\u00eatre en vie tout simplement. Cela semble si banal en comparaison, de mourir et de n\u2019\u00eatre qu\u2019un pur esprit. Si terriblement ordinaire. Mais rendez-vous compte de la chance d\u2019avoir des bras, des cuisses et un visage bien vivants. Oh mon dieu, que je suis heureux d\u2019en avoir pris conscience \u00e0 temps\u00a0\u00bb Le m\u00eame homme remerciera sa m\u00e8re d\u2019avoir donn\u00e9 naissance \u00e0 ses cuisses. Ce qui est aussi r\u00e9jouissant dans la d\u00e9marche de l\u2019auteur, c\u2019est que les personnages qu\u2019il d\u00e9crit ne sont pas fig\u00e9s dans un comportement. Il suffit d\u2019une minute d\u2019attention \u00e0 l\u2019autre pour que la perspective change. Ainsi une fianc\u00e9e sur le point de rompre apr\u00e8s une s\u00e9rie d\u2019\u00e9changes cruels, se rend compte que l\u2019homme en face d\u2019elle l\u2019aime sinc\u00e8rement (Amoureux). A l\u2019inverse dans \u00ab\u00a0Pas question\u00a0\u00bb une femme<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>certaine que la vie de l\u2019esprit peut tout surmonter, m\u00eame le viol, assiste \u00e0 une corrida. Contre toute attente, elle qui n\u2019a que m\u00e9pris pour la bestialit\u00e9, est subjugu\u00e9e. Elle fait la connaissance du torero, le rencontre \u00e0 maintes reprises et tente en vain de l\u2019int\u00e9resser \u00e0 la vie de l\u2019esprit. En retour, il la recevra un jour chez lui et la livrera en p\u00e2ture \u00e0 sa cuadrilla. Elle se suicidera. Cette libert\u00e9 sauvage qui est la notre, nous ne cessons de lui livrer bataille. Quand tout peut arriver, le sommet <span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span>du monde et l\u2019abime le plus abrupt ne sont pas loin. Il ne s\u2019agit pas seulement des relations entre hommes et femmes\u00a0; la nature est plus vaste que cela et la jungle est partout. Si le soleil br\u00fble, il lib\u00e8re aussi les corps qui expriment alors la vie dans sa pl\u00e9nitude. Ainsi apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 mari et maison une femme renait dans sa nudit\u00e9 offerte. Fruit gorg\u00e9 de soleil, elle \u00e9veillera le d\u00e9sir d\u2019un paysan. De sa corolle \u00e0 la racine de ses cheveux tout s\u2019ouvre en elle. Sauf qu\u2019elle ne fera jamais les premiers pas ni lui non plus. Dans \u00ab\u00a0la femme qui s\u2019enfuit\u00a0\u00bb, une femme qui n\u2019a que l\u2019apparence du vivant, n\u2019en peut plus de supporter une non vie qui, jour apr\u00e8s jour, la terrasse. Elle entreprend alors une d\u00e9marche initiatique qui mettra fin \u00e0 son supplice. Elle part \u00e0 cheval \u00e0 la recherche des indiens Chilchuis qui n\u2019attendent qu\u2019elle pour arr\u00eater le cycle de leur d\u00e9ch\u00e9ance. C\u2019est ainsi <span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span>qu\u2019au terme d\u2019un rituel obs\u00e9dant elle sera sacrifi\u00e9e. Morte insomniaque, elle pourra enfin mourir vraiment. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, le soleil et la lune pourront se r\u00e9concilier. Le compteur du temps sera remis \u00e0 z\u00e9ro. Les indiens pourront alors sortir de la gangr\u00e8ne d\u2019une civilisation d\u00e9truite par l\u2019homme blanc avide d\u2019\u00e9liminer toute culture \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la sienne.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Abadi MT Condensed Light';\">Ainsi le drame d\u2019une femme d\u2019une femme civilis\u00e9e, on veut dire enferm\u00e9e, rejoint celui <span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span>des peuples et d\u2019une nature qui ne cessent d\u2019affirmer sans fausse honte, la cruaut\u00e9 et la sauvagerie du genre humain. Les drames du XX\u00e8me si\u00e8cle d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la prise de conscience \u00e9cologique de l\u2019autre nous ont ouvert les yeux. Nous pouvons enfin acc\u00e9der \u00e0 une \u0153uvre qui est un hymne \u00e0 la beaut\u00e9 du monde et aux \u00eatres vivants qui le peuplent. Une \u0153uvre qui affirme que la recherche du plaisir peut aussi \u00eatre une \u00e9cole de sagesse. Lutter contre la m\u00e9diocrit\u00e9 qui<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>nous cerne \u00e0 chaque instant est le prix \u00e0 payer. Il faut <span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span>vaincre tous nos ennemis. L\u2019ennemi int\u00e9rieur est sans doute plus coriace. FB<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Abadi MT Condensed Light';\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Abadi MT Condensed Light';\">DH. Lawrence \u2013 La femme qui s\u2019enfuit<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Abadi MT Condensed Light'; mso-fareast-font-family: '\uff2d\uff33 \u660e\u671d'; mso-fareast-theme-font: minor-fareast; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;\">Editions le bruit du temps. <\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; David Herbert Lawrence n\u00e9 en 1885, est mort en 1930. \u00bb Depuis 2009 \u00ab\u00a0Le Bruit Du Temps, r\u00e9\u00e9dite les nouvelles \u00e9crites par l\u2019auteur de l\u2019amant de Lady Chatterley. Aujourd\u2019hui avec \u00ab\u00a0la femme qui s\u2019enfuit\u00a0\u00bb para\u00eet le tome 4 d\u2019une \u0153uvre prodigieuse. D H. 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