{"id":4916,"date":"2013-01-15T11:30:50","date_gmt":"2013-01-15T10:30:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=4916"},"modified":"2013-01-15T11:30:50","modified_gmt":"2013-01-15T10:30:50","slug":"vous-avez-eprouve-un-immense-bonheur-en-lisant-un-livre-fabuleux-en-2012-1","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2013\/01\/vous-avez-eprouve-un-immense-bonheur-en-lisant-un-livre-fabuleux-en-2012-1\/","title":{"rendered":"Vous avez \u00e9prouv\u00e9 un immense bonheur en lisant un livre fabuleux en 2012  ?"},"content":{"rendered":"<p>Le blog de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre vous propose de partager ce plaisir<\/p>\n<p>avec ses lecteurs. Merci de nous faire part de vos choix quelques lignes<\/p>\n<p>\u00e0 l\u2019adresse suivante : bernheimconseil@wanadoo.fr<\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8res r\u00e9ponses: Roselyne Dubowsky, Nicolas Rom\u00e9as, Antonie Sitbon, Agn\u00e8s Henry, Bernard Cohen<\/strong><\/p>\n<p><strong> &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/strong><\/p>\n<p><strong>Roselyne Dubowsky<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Sauve toi, la vie t&rsquo;appelle\u00a0\u00bb.le titre \u00e0 lui seul r\u00e9sume l&rsquo;histoire de son auteur! Sa seconde naissance, celle dont il se souvient d\u00e9marre le jour o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par des hommes arm\u00e9s qui entouraient son lit, venus le chercher pour l&rsquo;envoyer \u00e0 la mort&#8230;&#8230;&#8230;il avait 5ans! C&rsquo;est un r\u00e9cit hors du commun o\u00f9 Boris Cyrulnik s&#8217;emploie \u00e0 nous montrer comment il a pu reconstruire\u00a0la m\u00e9moire d&rsquo;une enfance en miettes, fracass\u00e9e par la guerre qu&rsquo;il \u00e9tait impossible d&rsquo;\u00e9voquer au risque de se faire prendre pour un malade.un affabulateur&#8230;&#8230;..son interpr\u00e9tation des situations est un outil pr\u00e9cieux pour tous les traumatis\u00e9s des guerres qui ne peuvent pas \u00e9voquer l&rsquo;horreur de ce qu&rsquo;ils ont v\u00e9cu, refoulant, parfois remaniant les souvenirs pour ne pas d\u00e9primer&#8230;.C&rsquo;est un hymne \u00e0 la vie absolument magnifique!!!!!A partir de sa propre histoire Boris Cyrulnik nous achemine vers \u00ab\u00a0son concept de r\u00e9silience\u00a0\u00bbc&rsquo;est \u00e0 dire la capacit\u00e9 de l&rsquo;enfant maltrait\u00e9 \u00e0 pousser droit malgr\u00e9 l&rsquo;adversit\u00e9, et \u00e0 refuser le statut de victime.Tout enfant bless\u00e9 est contraint \u00e0 la r\u00e9ussite s&rsquo;il veut s&rsquo;en sortir,il r\u00e9ussira d&rsquo;autant mieux s&rsquo;il a re\u00e7u des informations de tendresse d&rsquo;amour d&rsquo;attention dans les premiers mois de sa vie, ce sont les ressources internes qui constituent sa personnalit\u00e9. Alors joueront les ressources externes, toutes les mains tendues, parents, amis, \u00e9ducateurs, m\u00e9decins&#8230;Tout au long de son r\u00e9cit, il \u00e9voque ses souvenirs la reconstruction de sa m\u00e9moire, tentant d&rsquo;expliquer pas \u00e0 pas la mise en place de sa th\u00e9orie et comment il a fini par \u00eatre psychiatre, il a dit un jour \u00a0\u00bb si je suis psychiatre, c&rsquo;est \u00e9videmment \u00e0 cause de mon enfance, il faut avoir un compte \u00e0 r\u00e9gler pour faire ce m\u00e9tier\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Nicolas Rom\u00e9as,<\/strong><\/p>\n<p>Anatomie de la bataille de Giacomo Sartori (traduit de l&rsquo;Italien) Anatomia della battaglia (Sironi, 2005), trad. francese \u00c9ditions Philippe Rey.<\/p>\n<p>Un village de l&rsquo;Italie du nord, dans le Trentin, o\u00f9 le fils revient vivre dans sa famille pour soutenir son p\u00e8re apr\u00e8s des ann\u00e9es d&rsquo;errances \u00ab\u00a0gauchistes\u00a0\u00bb militantes et assiste aux ruminations \u00e9maill\u00e9es d&rsquo;\u00e9clairs de conscience du vieux soldat d\u00e9clinant. Un texte magnifique, dur et subtil, \u00e9tonnamment bien traduit de l&rsquo;Italien, sur les derni\u00e8res ann\u00e9es dans les ann\u00e9es cinquante d&rsquo;un vieil homme qui fut fasciste mais qui \u00e9tait aussi un homme travers\u00e9 de contradictions et d&rsquo;humanit\u00e9, le p\u00e8re de l&rsquo;auteur, qui l&rsquo;aimait.<\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Antonie Sitbon<\/span><\/p>\n<div id=\"id_50ffbd6ba44369542752744\">Je viens de terminer un livre magnifique, qui nous fait voyager \u00e0 travers la M\u00e9dit\u00e9rran\u00e9e..<\/div>\n<div>\u00a0\u00bb Celle qui arriva voil\u00e9e \u00a0\u00bb de Catalina Moroselli &#8211; \u00e9ditions pers\u00e9ePr\u00e9sentation de l&rsquo;\u00e9diteur<br \/>\nElle avait surgi de nulle part, cette silhouette irr\u00e9elle aux allures d&rsquo;\u00e9toile naissante&#8230; Ses pas, rythmant une d\u00e9marche de souveraine, caressaient le velours du temps et en accentuaient le myst\u00e8re&#8230; Vers le m\u00f4le d\u00e9sert, elle arriva voil\u00e9e et superbement par\u00e9e d&rsquo;atours de l\u00e9gende. Qu&rsquo;est-ce qui peut bien d\u00e9cider cette femme majestueuse \u00e0 renoncer aux splendeurs florentines de la Renaissance, p\u00e9trie qu&rsquo;elle est de ses id\u00e9aux de beaut\u00e9 et d&rsquo;accomplissement de soi ? Et pourquoi choisir de s&rsquo;\u00e9garer sur une \u00eele de bergers, face \u00e0 la Toscane ? Quand et comment le retrouvera-t-elle, ce lieu perdu point\u00e9 du doigt par ses anc\u00eatres ? Le coeur forg\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance, elle fera preuve d&rsquo;une force obstin\u00e9e et rel\u00e8vera les d\u00e9fis de l&rsquo;adversit\u00e9 entre Toscane, Sardaigne, Catalogne, Provence et Corse. Une force obstin\u00e9e \u00e0 aller de l&rsquo;avant dans un monde sans merci o\u00f9 la mis\u00e8re d\u00e9fie l&rsquo;opulence. C&rsquo;est le moment o\u00f9 banquiers et marchands transforment la M\u00e9diterran\u00e9e du XIVe si\u00e8cle en un espace \u00e9conomique moderne, propulsant son Histoire \u00e0 une \u00e9chelle europ\u00e9enne. L&rsquo;h\u00e9ro\u00efne jette ainsi sur l&rsquo;existence un regard d&rsquo;autant plus g\u00e9n\u00e9reux qu&rsquo;il embrasse un vaste horizon. Sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante et myst\u00e9rieuse Mira la juive, et au furtif \u00e9cho du Shofar, entre Orient et Occident, l&rsquo;auteur propose une invitation \u00e0 la tol\u00e9rance.<br \/>\nBiographie de l&rsquo;auteur<br \/>\nAvec une carri\u00e8re d&rsquo;avocat entre Ajaccio et Paris \u00e0 son actif, Catalina Maroselli Matteoli est chercheur, ayant \u00e9tendu sa sph\u00e8re d&rsquo;investigation \u00e0 l&rsquo;Euro M\u00e9diterran\u00e9e.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><span style=\"text-decoration: underline;\">Agn\u00e8s Henry<\/span><\/div>\n<div>\n<h5 data-ft=\"{&quot;type&quot;:1,&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}\">une plong\u00e9e dans la litt\u00e9rature asiatique et notamment, du Viet Nam.<br \/>\n\u00ab\u00a0Terre des oublis\u00a0\u00bb de Duong Thu Huong publi\u00e9 chez Sabine Wespieser.. un voyage dans le Viet Nam et dans cette culture o\u00f9 les gens sont tiraill\u00e9s entre leurs sentiments et les traditions. Une lecture qui vous emporte.<\/h5>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Bernard Cohen<\/span><\/p>\n<p>S&rsquo;enthousiasme pour Madame Solario.( Belles Lettres)il vient d&rsquo;en \u00e9crire la pr\u00e9face sans compter un vibrant hommage dans Lib\u00e9ration<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><strong>Enqu\u00eate Le livre \u00abanonyme\u00bb ou presque a fascin\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations de lecteurs. Nous avons remont\u00e9, cinquante ans apr\u00e8s sa mort, la\u00a0trace de Gladys Huntington, l\u2019auteure de cet ouvrage mythique et sulfureux.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une qu\u00eate qui passe par New York, une ferme puritaine du Massachusetts, le lac de C\u00f4me, un palais v\u00e9nitien, Florence, les cercles Quakers de Philadelphie au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Paris, Londres et un village du West Sussex, dans un cottage tranquille, o\u00f9 reposent les papiers personnels d\u2019une romanci\u00e8re aussi \u00e9nigmatique et fascinante que son personnage, Madame Solario. Une remont\u00e9e dans le temps o\u00f9 l\u2019on croise le fondateur des Casques bleus onusiens, un architecte qui a con\u00e7u des palais pour le sultan de Brunei, un millionnaire de Pennsylvanie expatri\u00e9 en Europe, deux s\u0153urs \u00e9galement belles, \u00e9galement passionn\u00e9es et qui choisiront toutes deux le suicide \u00e0 trente ans d\u2019intervalle, un \u00e9diteur prestigieux ami personnel de John Steinbeck, une ancienne ma\u00eetresse de Maxime Gorki, et \u00e0 chaque fois cette \u00e9nigme qui, en 1992, avait inspir\u00e9 \u00e0 la psychanalyste Nata Minor un livre, <em>Qui a \u00e9crit Madame Solario ?<\/em> Qui ? Gladys Huntington. Une femme ayant voulu l\u2019anonymat mais aussi tent\u00e9e par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. Une femme \u00e0 laquelle les lauriers amers de la cons\u00e9cration litt\u00e9raire ont \u00e9t\u00e9 refus\u00e9s au dernier moment, et qui d\u00e9cidera alors de ne plus vivre.<\/p>\n<p>Arbre g\u00e9n\u00e9alogique<\/p>\n<p>J\u2019ai lu <em>Madame Solario<\/em> quand j\u2019avais 14\u00a0ans et c\u2019est un livre qui m\u2019a marqu\u00e9 \u00e0 jamais. Qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 anonyme rajoutait sans doute au parfum de myst\u00e8re d\u00e9gag\u00e9 par Nelly-Natalia-Ellen Solario, l\u2019h\u00e9ro\u00efne de ce roman situ\u00e9 en 1906 dans un palace de Cadenabbia &#8211; l\u2019H\u00f4tel Bellevue, qui existe toujours mais n\u2019est plus ce qu\u2019il \u00e9tait -, sur le lac de C\u00f4me. L\u2019histoire, vue au d\u00e9but et \u00e0 la fin par les yeux d\u2019un jeune Anglais un peu na\u00eff et tr\u00e8s amoureux de la belle inconnue, Bernard Middleton, se d\u00e9roule classiquement en trois parties, trois actes dans lesquels Madame Solario passe comme une apparition qui affole les hommes, stimule les femmes, et qui se termine tragiquement, mais pas pour cette \u00abBelle dame sans merci\u00bb \u00e0 la fois vuln\u00e9rable et inatteignable. Un homme meurt, le Russe Kovanski. C\u2019est un roman qui est arriv\u00e9 en t\u00eate de la liste des best-sellers du <em>New York Times <\/em>d\u00e8s sa parution en 1956, dont Marguerite Yourcenar avait toujours au moins deux exemplaires dans sa \u00abbiblioth\u00e8que de t\u00eate de lit\u00bb, que Pat Covici, le l\u00e9gendaire \u00e9diteur \u00e0 Viking Press &#8211; l\u2019ami de Steinbeck &#8211; tenait en grande estime. Et l\u00e0, en octobre\u00a02009, je suis assis dans un confortable salon \u00e0 Notting Hill, un havre de paix au centre de Londres, en face de Peter de Brant, le fils adoptif de Gladys et Constant Huntington, qui \u00e0 80\u00a0ans garde des yeux p\u00e9tillants quand il dit\u00a0avec un petit sourire\u00a0: <em>\u00abBernard Middleton, c\u2019\u00e9tait moi\u2026\u00bb<\/em> Pour remonter la trace, il a fallu se servir de toutes les ressources de Google, \u00e9plucher des arbres g\u00e9n\u00e9alogiques, interroger des agents litt\u00e9raires des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique, puisque pour les \u00e9diteurs <em>Madame Solario<\/em> reste \u00abun anonyme\u00bb.<\/p>\n<p>Pompon de l\u2019extrapolation<\/p>\n<p>Que Gladys ait \u00e9t\u00e9 l\u2019auteure de ce livre entour\u00e9 d\u2019une aura scandaleuse &#8211; car nous apprenons tr\u00e8s vite dans le roman que l\u2019h\u00e9ro\u00efne a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e de coucher avec son beau-p\u00e8re, puis nous d\u00e9couvrons qu\u2019elle entretient une passion incestueuse avec son fr\u00e8re, lequel d\u00e9barque abruptement dans ce petit cercle de vacanciers cosmopolites et fortun\u00e9s &#8211; a \u00e9t\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9, et ce pendant cinquante ans, un secret sans en \u00eatre un. D\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1956, Nancy Spain, une journaliste et \u00e9crivaine britannique que Gladys fr\u00e9quentait \u00e0 Londres, a laiss\u00e9 \u00e9chapper la nouvelle parmi ses proches, \u00e0 commencer par le chroniqueur mondain et critique litt\u00e9raire du <em>New York Times<\/em>, Stuart Preston.<\/p>\n<p>A la parution du livre, une \u00e9trange et silencieuse bataille s\u2019engage entre ceux \u00abqui savent\u00bb et ceux qui entendent pr\u00e9server l\u2019anonymat, ou qui sont trop cr\u00e9dules pour aller chercher plus loin. Le pompon de l\u2019extrapolation oiseuse revient sans doute au critique du quotidien australien <em>The Age<\/em> qui \u00e9crit le 26\u00a0janvier 1957 : <em>\u00abL\u2019auteur est probablement un homme, Anglais et \u00e2g\u00e9 d\u2019environ 75\u00a0ans.\u00bb<\/em> Or, c\u2019est une femme pas tr\u00e8s heureuse dans son m\u00e9nage avec un digne \u00e9diteur chez Putnam, issue d\u2019une riche et excentrique famille am\u00e9ricaine, et si elle a 69\u00a0ans \u00e0 la sortie de <em>Madame Solario, <\/em>c\u2019est un livre qu\u2019elle a entrepris trois d\u00e9cennies auparavant avant de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart le manuscrit, comme elle le fera avec un autre projet romanesque, intitul\u00e9 <em>The Ladies\u2019 Mile<\/em>, du nom de ce quartier historique de New York o\u00f9 les femmes de la bonne soci\u00e9t\u00e9 de jadis allaient faire leurs courses.<\/p>\n<p>Peur de l\u2019\u00e9chec<\/p>\n<p>Outre son mari, elle ne fait lire le manuscrit (\u00e9crit au crayon dans des cahiers d\u2019\u00e9colier \u00e0 reliure noire) qu\u2019\u00e0 son amie et prot\u00e9g\u00e9e, Moura Budberg, une Russe de Lettonie consid\u00e9r\u00e9e comme \u00abagente triple\u00bb dans la guerre froide, que Maxime Gorki avait tellement aim\u00e9e qu\u2019il la fera venir \u00e0 Moscou juste avant sa mort et dont Nina Berberova \u00e9crira la biographie.<\/p>\n<p>Quand la traduction fran\u00e7aise para\u00eet en 1957 &#8211; parmi les neuf versions non-anglaises de <em>Madame Solario<\/em>, et celle \u00e0 laquelle Gladys tenait le plus, au point de venir \u00e0 Paris travailler plusieurs jours dans sa chambre de l\u2019h\u00f4tel Lotti avec la traductrice, Ren\u00e9e Villoteau -, le pr\u00e9facier, Marcel Brion, du<em> Monde<\/em>, caresse l\u2019id\u00e9e d\u2019un jeu litt\u00e9raire qui consisterait \u00e0 essayer de deviner qui l\u2019a \u00e9crit. D\u2019autres l\u2019ont fait avant lui, comme ce journaliste am\u00e9ricain pariant sur une <em>\u00abFran\u00e7oise Sagan [<\/em>qui a publi\u00e9 <em>Bonjour Tristesse<\/em> trois ans plus t\u00f4t, ndlr] <em>m\u00e2tin\u00e9e d\u2019Henry James\u00bb<\/em>. <em>\u00abGladys avait choisi l\u2019anonymat parce qu\u2019elle redoutait l\u2019\u00e9chec, l\u2019humiliation publique\u00bb<\/em>, dit, \u00e0 New York, Brian Urquhart, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de l\u2019ONU, brillant diplomate qui a aid\u00e9 \u00e0 la constitution de la force des Casques bleus et par ailleurs ex-\u00e9poux de la fille unique des Huntington, Alfreda, et p\u00e8re des trois\u00a0petits-enfants de Gladys, <em>\u00abmais quand le livre a \u00e9t\u00e9 un tel succ\u00e8s, elle aurait voulu go\u00fbter son instant de gloire\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Commentaire sibyllin<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 ces pages poignantes du journal qu\u2019elle tenait dans de petits carnets reli\u00e9s en cuir rouge, puis vert, de 1928 \u00e0 sa mort en 1959, et que sa petite fille, Katharine Urquhart-Ono, est all\u00e9e chercher dans des cartons poussi\u00e9reux conserv\u00e9s dans sa grange d\u2019Amberley, en pleine campagne du Sussex. Le 31\u00a0janvier 1957 : <em>\u00abDonc, le livre n\u2019est pas compl\u00e8tement mort !\u00bb<\/em> \u00e9crit-elle en apprenant qu\u2019une journaliste de <em>Life Magazine<\/em>, Ruth Lyman, accompagn\u00e9e du talentueux photographe Mark Kaufman &#8211; qui deviendra plus tard le chef du service photo de <em>Playboy<\/em> -, vont venir l\u2019interviewer dans la belle maison que son p\u00e8re, Alfred Parrish, lui a laiss\u00e9e \u00e0 Amberley, \u00e0 une heure et demie de route au sud de Londres.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s, c\u2019est toute une \u00e9quipe de <em>Paris Match<\/em> qui d\u00e9barque mais, le 23\u00a0f\u00e9vrier, elle note dans son journal : <em>\u00abStock<\/em> [son \u00e9diteur fran\u00e7ais] <em>m\u2019\u00e9crit pour me dire qu\u2019ils ne veulent PAS l\u2019article de Paris Match. Ils veulent le myst\u00e8re qui planait autour de ce livre<\/em> [en fran\u00e7ais dans le journal]<em>.\u00bb<\/em> Et d\u2019ajouter, elle qui guettait f\u00e9brilement les num\u00e9ros du journal fran\u00e7ais : <em>\u00abJe suis contente qu\u2019ils ne l\u2019aient pas encore publi\u00e9.\u00bb<\/em> Tout se passe comme si, \u00e0 son d\u00e9sir initial d\u2019anonymat inspir\u00e9 par sa timidit\u00e9 d\u2019auteure &#8211; et par la pr\u00e9sence intimidante de son mari, Constant qui, en tant qu\u2019\u00e9diteur respect\u00e9, a lu le manuscrit en 1955 mais n\u2019aura que ce commentaire sibyllin not\u00e9 avec une pointe de d\u00e9sespoir par Gladys : <em>\u00abC\u2019est unique, c\u2019est Frankenstein !\u00bb <\/em>&#8211; venait se surajouter la strat\u00e9gie commerciale des maisons d\u2019\u00e9dition : la mention \u00abAnonyme\u00bb fait vendre, surtout quand il s\u2019agit d\u2019un roman traitant d\u2019<em>\u00abune soci\u00e9t\u00e9 gourm\u00e9e bri\u00e8vement envahie d\u2019une amoralit\u00e9 subtile et de passions sexuelles prohib\u00e9es\u00bb<\/em>, ainsi que le proclame encore pompeusement la jaquette de l\u2019\u00e9dition 1978 de Penguin\u2026<\/p>\n<p>\u00abOlivia\u00bb et \u00abHistoire d\u2019O\u00bb<\/p>\n<p>A la m\u00eame \u00e9poque, il y a deux autres cas de femmes talentueuses, autant et m\u00eame plus int\u00e9gr\u00e9es aux milieux litt\u00e9raires, qui choisissent l\u2019anonymat sans pour autant brouiller compl\u00e8tement les pistes et toujours avec le d\u00e9sir latent de se r\u00e9v\u00e9ler au monde. C\u2019est d\u2019abord celui de Dorothy Bussy, la traductrice en anglais &#8211; et amante frustr\u00e9e &#8211; d\u2019Andr\u00e9 Gide, qui publie en 1949 <em>Olivia<\/em> sous le pseudonyme d\u2019Olivia, une histoire d\u2019amours lesbiennes dans un pensionnat qui sera un \u00e9norme succ\u00e8s de librairie et dont elle ne dissimule aucunement la maternit\u00e9, puisqu\u2019elle \u00e9crit aussit\u00f4t \u00e0 Gide, lequel avait \u00e9dict\u00e9 qu\u2019elle ne serait jamais capable de concevoir un roman publiable, qu\u2019elle est en train de travailler \u00e0 la traduction fran\u00e7aise de son livre avec rien moins que Roger Martin du Gard. Ensuite, il y a, en 1954, le beaucoup plus <em>\u00abexplicite\u00bb<\/em> &#8211; comme on dirait aujourd\u2019hui &#8211; <em>Histoire d\u2019O<\/em>, d\u2019Anne Desclos alias Dominique Aury alias Pauline R\u00e9age, une experte de l\u2019anonymat et des jeux de miroir pseudonymiques qui ne revendiquera publiquement son \u0153uvre qu\u2019en 1994, peu avant sa mort, mais que l\u2019\u00e9crivain italien Giancarlo Marmori avait formellement identifi\u00e9e dans <em>l\u2019Espresso<\/em> d\u00e8s 1969\u2026<\/p>\n<p>Des trois, Gladys Huntington est sans doute la plus complexe, la plus d\u00e9chir\u00e9e entre son statut social tr\u00e8s conventionnel et la pulsion d\u2019\u00e9crire qui l\u2019a d\u00e9j\u00e0 conduite \u00e0 publier un roman en 1934 &#8211; <em>Carfrae\u2019s Comedy,<\/em> myst\u00e9rieusement disparu du moindre bouquiniste de la plan\u00e8te -, puis, dans les ann\u00e9es\u00a050, deux courtes nouvelles dans <em>leNew Yorker<\/em>, dont le chef de la section litt\u00e9raire, William Maxwell, qui lui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par son gendre Brian Urquhart, ne cessera de l\u2019encourager \u00e0 cultiver son talent. Curieusement, la premi\u00e8re de ces \u00abshort stories\u00bb, <em>My Mother Dancing<\/em>, s\u2019attache \u00e0 un jeune gar\u00e7on tortur\u00e9 par un amour plus que filial pour sa m\u00e8re, aussi impr\u00e9visible et fascinante que Madame Solario &#8211; il semblerait que l\u2019inspiration de ce personnage f\u00e9minin ait \u00e9t\u00e9 dans les deux cas la s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Gladys, Cora -, tandis que la seconde, <em>A Tiresome Accident<\/em>, d\u00e9peint les excentricit\u00e9s d\u2019une famille de la haute aristocratie italienne dans laquelle il n\u2019est pas difficile de reconna\u00eetre les Emo Capodilista, dont Cora a \u00e9pous\u00e9 l\u2019un des rejetons, Corrado.<\/p>\n<p>Th\u00e9matique de l\u2019inceste<\/p>\n<p>Le sujet est certes explosif sur le plan personnel &#8211; les deux branches de la famille, am\u00e9ricaine et italienne, se sont brouill\u00e9es autour d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 achet\u00e9e \u00e0 Florence par le p\u00e8re des deux s\u0153urs avant-guerre -, mais ce n\u2019est pas seulement pour cette raison que Gladys aurait aim\u00e9 publier la nouvelle anonymement, ainsi que le prouve une lettre de William Maxwell que Peter de Brant m\u2019a montr\u00e9e, dans laquelle il l\u2019enjoint de s\u2019inventer un pseudonyme, au pire, parce qu\u2019<em>\u00abAnon. won\u2019t do\u00bb<\/em> (\u00abAnonyme, \u00e7a n\u2019ira pas chez nous\u00bb). Etre publi\u00e9e mais rester cach\u00e9e, c\u2019est l\u2019une des contradictions centrales d\u2019une femme qui \u00e9tait certainement en avance sur son temps et accumulait les paradoxes. Gladys est n\u00e9e \u00e0 Philadelphie le 13\u00a0d\u00e9cembre\u00a01887 dans une famille prosp\u00e8re et attach\u00e9e aux valeurs de la secte protestante des Quakers. Son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re paternel, Joseph Parrish, a \u0153uvr\u00e9 en faveur des esclaves noirs cherchant \u00e0 \u00e9chapper aux plantations, mais elle se sentira aussi toujours \u00abdu Sud\u00bb, comme elle le reconna\u00eet dans un texte in\u00e9dit auquel j\u2019ai eu acc\u00e8s, attach\u00e9e \u00e0 la tradition sudiste am\u00e9ricaine de la famille de sa m\u00e8re, les Jennings et les Broadwood.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s jeune, elle passe de plus en plus de temps en Europe, vill\u00e9giature \u00e0 Cadenabbia o\u00f9 son p\u00e8re loue une magnifique villa, mais elle gardera une nostalgie de l\u2019Am\u00e9rique que Madame Solario exprime elle-m\u00eame \u00e0 certains passages du livre. Il s\u2019agit de fr\u00e9quenter le \u00abgrand monde\u00bb, d\u2019\u00eatre accept\u00e9e par la cr\u00e8me de la bonne soci\u00e9t\u00e9 anglaise &#8211; Kate Parrish ne sera pas peu fi\u00e8re d\u2019avoir pr\u00e9sent\u00e9 sa fille a\u00een\u00e9e \u00e0 la reine Victoria, et plus tard la fille de Gladys, Alfreda, sera parmi les \u00abd\u00e9butantes\u00bb re\u00e7ues par la reine Elizabeth -, un petit monde \u00e0 la dent dure qui l\u2019intimidera particuli\u00e8rement lorsqu\u2019elle se sentira pr\u00eate \u00e0 publier <em>Madame Solario<\/em>.<\/p>\n<p>Mais un petit monde qu\u2019elle veut aussi bousculer avec cette th\u00e9matique de l\u2019inceste, qui d\u2019apr\u00e8s tous mes recoupements ne renvoie \u00e0 aucun ant\u00e9c\u00e9dent personnel (<em>\u00abC\u2019\u00e9tait des Quakers et des Episcopaliens convaincus, tout de m\u00eame !\u00bb<\/em> m\u2019a dit un proche de la famille), mais intervient comme un symbole de l\u2019enfermement familial, une parabole extr\u00eame \u00e0 propos du pouvoir exorbitant des hommes sur les femmes que Gladys, comme Dorothy, comme Anne-Dominique-Pauline, \u00e0 la fois accepte et commence \u00e0 contester dans le secret de son \u00e9criture.<\/p>\n<p><em>\u00abElle \u00e9tait \u00e0 la fois tr\u00e8s traditionaliste et non-conformiste\u00bb<\/em>, dit d\u2019elle sa petite-fille Katharine, en me faisant visiter la petite \u00e9glise anglo-normande d\u2019Amberley o\u00f9 Gladys, Cora, leurs parents, et Alfreda reposent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans un cimeti\u00e8re \u00e0 l\u2019anglaise, tout simple et solennel sous des arbres centenaires. Elle a eu des liaisons amoureuses &#8211; notamment avec un certain Mario, de la haute soci\u00e9t\u00e9 florentine, dont elle a conserv\u00e9 religieusement les lettres &#8211; mais elle a \u00e9pous\u00e9, tard, un descendant de l\u2019une des grandes familles puritaines de Nouvelle-Angleterre, guett\u00e9 par la surdit\u00e9 et avec lequel elle fait chambre \u00e0 part.<\/p>\n<p>\u00abNotre monde s\u2019\u00e9croule\u00bb<\/p>\n<p>La lecture de\u00a0son journal montre que la jeune femme mondaine, qui dans ses carnets gardait surtout trace de ses d\u00e9jeuners en ville et de ses parties de tennis ou de bridge, est profond\u00e9ment affect\u00e9e par le d\u00e9but de la Seconde Guerre mondiale. <em>\u00abNotre monde s\u2019\u00e9croule\u00bb,<\/em> \u00e9crit-elle bri\u00e8vement mais \u00e9loquemment le 10\u00a0mai\u00a01940. Cinq mois plus tard, un accident de bicyclette dans la campagne anglaise : elle se fracture la hanche et boitera jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie.<\/p>\n<p>Les trag\u00e9dies priv\u00e9es s\u2019accumulent. Sa cousine la plus proche, Mimi Story, atteinte d\u2019une maladie incurable, lui confie les deux enfants qu\u2019elle a eus avec un officier russe flambeur et coureur de jupons, l\u2019incontestable mod\u00e8le du Kovanski de <em>Madame Solario<\/em>. Le gar\u00e7on, Peter, est celui qu\u2019elle questionnera plus tard pour modeler son personnage de Bernard Middleton (<em>\u00abElle voulait savoir comment un jeune Anglais m\u00e2le voyait la vie\u00bb,<\/em> me racontera-t-il) et deviendra un architecte pris\u00e9 par les notables de la P\u00e9ninsule arabique dans les ann\u00e9es\u00a070.<\/p>\n<p>Cora, anorexique, se suicide juste apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie par des m\u00e9decins en Suisse. <em>\u00abLa joie se mue en chagrin\u00bb,<\/em> \u00e9crit Gladys peu apr\u00e8s la publication tant attendue de son roman, car le destin semble s\u2019acharner autour d\u2019elle : la nounou de ses petits-enfants, qui avait \u00e9t\u00e9 aussi celle de sa fille, est foudroy\u00e9e par une crise cardiaque en descendant de l\u2019avion qui, comme chaque ann\u00e9e, les amenait d\u2019Am\u00e9rique pour des vacances dans le Sussex, puis c\u2019est la mort soudaine de deux de ses amies de longue date, Stephanie de Neufville et la com\u00e9dienne Ruth Draper.<em>\u00abTerriblement d\u00e9prim\u00e9e\u00bb,<\/em>note toujours plus souvent Gladys dans son journal. Fin 1958, une touche optimiste : <em>\u00abLettre d\u2019Andr\u00e9 Bay<\/em> [directeur litt\u00e9raire de Stock]<em>, \u00e0 propos du succ\u00e8s [du livre] \u00e0 Paris : un r\u00eave !\u00bb<\/em><\/p>\n<p>David Selznik, le l\u00e9gendaire producteur d\u2019<em>Autant en emporte le vent, acquiert les droits cin\u00e9matographiques, mais il meurt en 1965, et malgr\u00e9 l\u2019existence d\u2019un sc\u00e9nario \u00e9crit \u00e0 partir du livre par Arnold Wesker, en 1968, le projet se perdra dans les sables mouvants hollywoodiens. <\/em>Et quel \u00e9trange triomphe, alors qu\u2019elle se retrouve prisonni\u00e8re de son anonymat !<\/p>\n<p>Respect des conventions<\/p>\n<p>Comprenant l\u2019impossibilit\u00e9 du dilemme, Gladys Huntington avait demand\u00e9 \u00e0 Constant de dire \u00e0 Nancy Spain, qui la pressait de r\u00e9v\u00e9ler qu\u2019elle \u00e9tait l\u2019auteure de <em>Madame Solario<\/em>, qu\u2019il fallait lui accorder <em>\u00abencore une semaine ou deux de secret\u00bb<\/em>, mais entre-temps la sensation caus\u00e9e par le livre s\u2019est d\u00e9j\u00e0 estomp\u00e9e, surtout en Angleterre o\u00f9 son \u00e9diteur, Heinemann, ne le pousse qu\u2019\u00e0 contrec\u0153ur. Et son espoir d\u2019\u00eatre capable de se r\u00e9atteler \u00e0 l\u2019\u00e9criture de <em>The Ladies\u2019 Mile <\/em>tourne court.<\/p>\n<p>Le 24\u00a0avril\u00a01959, la derni\u00e8re entr\u00e9e indique simplement : <em>\u00abAmberley.\u00bb<\/em> Une semaine plus tard, elle met fin \u00e0 ses jours. Par respect des conventions, son acte de d\u00e9c\u00e8s indique que la mort a \u00e9t\u00e9 naturelle. Le suicide est-il un trait familial chez les Parrish ? Dans la famille, on raconte qu\u2019Alfred, <em>\u00abnabab impr\u00e9visible, un jour roulant sur l\u2019or, le lendemain sans un sou\u00bb<\/em>, comme le d\u00e9crit Brian Urquhart, aurait soupir\u00e9 : <em>\u00abJe crois que je vais mourir\u00bb<\/em> sur son lit de mort et que sa femme, la tr\u00e8s alti\u00e8re Kate n\u00e9e Jennings, aurait r\u00e9torqu\u00e9 : <em>\u00abC\u2019est ce que vous avez toujours souhait\u00e9, mon cher.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Comme une autre grande dame de la litt\u00e9rature anglo-saxonne, Vita Sackville-West, Gladys Huntington a \u00e9t\u00e9 \u00abwriter and gardener\u00bb &#8211; \u00ab\u00e9crivain et jardinier\u00bb, selon l\u2019inscription sur la pierre tombale de Vita -, choyant tendrement les arbres et les plantes de son jardin du Sussex. Mais la st\u00e8le de Gladys, plus conventionnelle, la pr\u00e9sente seulement comme \u00ab\u00e9pouse de Constant Huntington et fille d\u2019Alfred Parrish\u00bb.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es\u00a01980, ses petits-enfants et l\u00e9gataires, Thomas, Katharine et Robert, ont autoris\u00e9 les \u00e9diteurs de <em>Madame Solario <\/em>\u00e0 attribuer publiquement le livre \u00e0 leur grand-m\u00e8re. Pourtant, si la mention <em>\u00abattribu\u00e9e \u00e0 Gladys Parrish Huntington\u00bb<\/em> a commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre sur des sites internet de libraires et sur l\u2019\u00e9dition 1986 chez Penguin, il reste \u00e0 faire conna\u00eetre aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ce roman fascinant sous le nom d\u2019une auteure qui fut anonyme par n\u00e9cessit\u00e9 plus que par volont\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais que le myst\u00e8re est d\u00e9finitivement \u00e9clairci &#8211; et tant pis pour la th\u00e8se joliment envisag\u00e9e par la psychanalyste Nata Minor selon laquelle l\u2019auteur aurait \u00e9t\u00e9 Winston Churchill ou sa femme -, on attend une r\u00e9\u00e9dition anglaise, italienne, fran\u00e7aise et autres de \u00ab<em>Madame Solario<\/em>, de Gladys Huntington\u00bb. Et dans notre village global o\u00f9 les arri\u00e8re-petits-enfants de Gladys parlent anglais, japonais, allemand et h\u00e9breu, pourquoi pas une sortie mondiale ?<\/p>\n<\/div>\n<form id=\"u_jsonp_3_1x\" action=\"\/ajax\/ufi\/modify.php\" method=\"post\" data-live=\"{&quot;seq&quot;:0}\"><a id=\".reactRoot[54]\" title=\"Je n\u2019aime plus cet \u00e9l\u00e9ment\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/events\/151292255023233\/#\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;?&quot;}\"><br \/>\n<\/a><\/form>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le blog de mardi \u00e7a fait d\u00e9sordre vous propose de partager ce plaisir avec ses lecteurs. 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