{"id":4490,"date":"2012-05-01T16:23:07","date_gmt":"2012-05-01T15:23:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=4490"},"modified":"2012-05-01T16:23:07","modified_gmt":"2012-05-01T15:23:07","slug":"lirresistible-legerete-de-letre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2012\/05\/lirresistible-legerete-de-letre\/","title":{"rendered":"L\u2019irr\u00e9sistible l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre"},"content":{"rendered":"<p><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Portrait de Perrine Dorin<\/strong><\/p>\n<p><strong>artiste peintre et +<\/strong><\/p>\n<p><strong>________________________________________________<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s Claire Seban, Serge Haguenauer, Nicolas Rom\u00e9as, Philippe Dauchez, Sylvie Crossman, Tony Gatlif, Clarisse Rebotier ,voici le portrait de Perrine Dorin, peintre, plasticienne, \u00e9crivaine.Les personnes que nous rencontrons, ont\u00a0 chacune un parcours de vie qui\u00a0 leur appartient. Elles ont cependant en commun une exigence qui fait qu\u2019en permanence leur \u00e9thique interroge leurs actes.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<div id=\"attachment_4491\" style=\"width: 211px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Perrine.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4491\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4491\" title=\"Perrine  Dorin\" src=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Perrine-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"201\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4491\" class=\"wp-caption-text\">photo Arielle Bernheim<\/p><\/div>\n<p>Le pays des f\u00e9es est aussi celui des sorci\u00e8res mal\u00e9fiques, des monstres sanguinaires et des imb\u00e9ciles virulents. Pour \u00e9viter le pire certains cultivent l\u2019ennui permanent. D\u2019autres ouvrent la route \u00e0 tous les possibles, s\u2019\u00e9lancent au sommet des montagnes, plongent dans les pr\u00e9cipices. Ils jouent leur vie comme on joue \u00e0 la marelle, en toute innocence. Parmi eux, une petite fille mont\u00e9e sur ressorts\u00a0 rit tr\u00e8s fort. Elle na\u00eet en 1969, ann\u00e9e \u00e9rotique, et s\u2019appelle Perrine Dorin .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fess\u00e9e pour avoir trouver son chemin<\/strong><\/p>\n<p>Elle a deux ans et demi quand ses parents divorcent. Trop pudique pour exhiber sa douleur, elle s\u2019applique avec\u00a0 succ\u00e8s \u00e0 \u00eatre insupportable. Un jour la famille part se promener en For\u00eat Noire.Sa belle-m\u00e8re ouvre un paquet de Treets et les mange une par une\u00a0 la regardant droit dans les yeux, Perrine est choqu\u00e9e et tr\u00e8s en col\u00e8re\u2026 tr\u00e8s vite elle fausse compagnie aux adultes. Son petit fr\u00e8re la suit. Ils ont respectivement 8 et 5 ans. La for\u00eat est aussi dense que dangereuse. Au pied des arbres, des panneaux fluo indiquent la direction du village. La petite fille les suit jusqu\u2019au bout et r\u00e9ussit \u00e0 regagner la maison avant les adultes. Elle redoute le pire quand son p\u00e8re arrive quelques instants plus tard, et corrige sa fille \u00e0 grands coups de ceinture. Elle, fi\u00e8re d\u2019avoir retrouv\u00e9 son chemin, de s\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0d\u00e9merd\u00e9e toute seule\u00a0\u00bb subit une insupportable injustice. Les adultes ne comprennent rien. Perrine ne les a pas en meilleure estime aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Vous que la peur\u00a0 gouverne, vous qui \u00eates coup\u00e9s de votre enfance comme de toute imagination et po\u00e9sie, allez au diable\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le plaisir comme exigence<\/strong><\/p>\n<p>Sa m\u00e8re l\u2019emm\u00e8ne voir les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy. R\u00e9v\u00e9lation. La beaut\u00e9 des camionneurs\u00a0 la fait r\u00eaver et au del\u00e0, le film est un hymne \u00e0 la vie, \u00e0 la joie, au plaisir, \u00e0 la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>2 heures 6 minutes de cin\u00e9ma lui font comprendre l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>En toutes circonstances, m\u00eame quand une chape de plomb nous \u00e9treint, c\u2019est le plaisir qui doit guider nos pas. La vie est faite pour se r\u00e9jouir. Vivre en couleur transcende la gravit\u00e9 de l\u2019existence.<\/p>\n<p>Elle consacrera son existence \u00e0 la danse, la chanson, la peinture et l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>Elle a voulu \u00eatre f\u00e9e puis berg\u00e8re, d\u00e9sormais elle sera Demoiselle de Rochefort.<\/p>\n<p><strong>Mauvais et bons g\u00e9nies<\/strong><\/p>\n<p>Perrine est un buvard, une \u00e9ponge, un radar. Elle\u00a0 est capable d\u2019absorber, de pleurer, d\u2019anticiper.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9cole, on se moque d\u2019elle, on l\u2019ignore, on la pers\u00e9cute. Trois horribles ma\u00eetresses lui donnent envie de tout arr\u00eater.\u00a0 L\u2019une d\u2019elles est suicidaire. Perrine sent toute sa douleur et n\u2019en sera que plus m\u00e9chante. La petite fille ne veut plus aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole et ne veut plus grandir. Sa m\u00e8re la met dans un \u00e9tablissement pour enfants en rupture. Situ\u00e9 dans un immense domaine elle est charg\u00e9e de nourrir les animaux. La nouvelle ma\u00eetresse -une vraie f\u00e9e-\u00a0 lui redonne l\u2019envie de lire et de travailler. Dominique le Doze ne peut pas avoir d\u2019enfant. Mais \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire elle tombe enceinte et Perrine accepte alors de grandir. L\u2019une a f\u00e9cond\u00e9 l\u2019autre et r\u00e9ciproquement. Le b\u00e9b\u00e9 s\u2019appelle Camille Perrine.<\/p>\n<p>A Veules les Roses vit son arri\u00e8re grand p\u00e8re. L\u2019homme est manchot, facho, antis\u00e9mite, une horreur. Quatre vingt ans les s\u00e9parent. Pendant quatre ans il est pour Perrine le plus merveilleux des complices. Pour elle il\u00a0 d\u00e9pose les armes et laiss\u00e9 l\u2019ordure qu\u2019il \u00e9tait au vestiaire. A 12 ans Perrine prend le train\u00a0 pour aller passer une semaine chez son arri\u00e8re-grand- p\u00e8re et lui taper son courrier. Il lui\u00a0 raconte sa guerre, ses amours enfantines .Ils se livrent l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Sur la fin de sa vie, il a su retrouver son innocence d\u2019enfant. Ils ont pass\u00e9 ensemble de d\u00e9licieux moments.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Dans le ventre du monde<\/strong><\/p>\n<p>Les caves et les greniers sont des lieux qui renferment tous les secrets. Perrine sait que c\u2019est l\u00e0 que se cache le pass\u00e9. Elle y passe beaucoup de temps, sans bouger esp\u00e9rant y d\u00e9couvrir le secret de sa naissance, pourquoi est-elle sur terre\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Entr\u00e9e des artistes<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00eatre un artiste il faut \u00eatre sensible, avoir du talent mais aussi \u00ab\u00a0avoir des couilles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Est-il int\u00e9ressant de vivre la vie que d\u2019autres vous ont trac\u00e9 ? Pour Perrine pas question de se conformer et tant mieux s\u2019il faut prendre tous les risques. Son p\u00e8re dit qu\u2019elle va passer \u00ab\u00a0le bac ch\u00f4mage\u00a0\u00bb, elle n\u2019en a cure. Etre comptable, manucure ou coiffeuse, c\u2019est r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019infini les m\u00eames gestes, c\u2019est juste mourir \u00e0 petit feu. Mais elle a des alli\u00e9s de poids, les demoiselles de Rochefort bien s\u00fbr et un sacr\u00e9 coquin, Picasso dont elle a d\u00e9couvert l\u2019\u0153uvre. Qu\u2019un adulte\u00a0 puisse avoir un tel culot l\u2019enchante. Le d\u00e9sir est premier, le plaisir suit, il irradie l\u2019\u00eatre qui devient capable de r\u00e9jouir les autres.<\/p>\n<p>Secou\u00e9e, bouscul\u00e9e sur la ligne 13 du m\u00e9tro, elle fait face en dessinant sur un carnet petit format. Elle reprend en grand ses dessins utilisant une technique de marqueterie permettant d\u2019imbriquer les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9alablement d\u00e9coup\u00e9s dans des papiers fluo satin\u00e9s..<\/p>\n<p>Juin 2012, Perrine Dorin expose son travail au 6b \u00e0 Saint Denis.<\/p>\n<p>Pendant 15 ans, Perrine se consacre \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de ses enfants. Elle cr\u00e9e sans prendre trop de place. Elle chante, fait des claquettes, peint, dessine, \u00e9crit \u00ab\u00a0Adorables putains\u00a0\u00bb, roman bande-dessin\u00e9e, l\u2019histoire de 4 adolescentes \u00e0 la vie de famille ruin\u00e9e, qui se livrent \u00e0 des hommes.<\/p>\n<p>Perrine est aujourd\u2019hui d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er \u00ab\u00a0en grand\u00a0\u00bb et\u00a0 s\u2019en donner les moyens. D\u2019autres expositions vont venir, elle a des id\u00e9es et un d\u00e9sir insatiable de cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>O\u00f9 se situe \u2013 t-elle dans l\u2019art contemporain\u00a0? A cette question ne pas r\u00e9pondre. Mais la nuit suivante elle r\u00eave. Son interviewer lui pose cette m\u00eame question et cette fois elle r\u00e9pond\u00a0\u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019entr\u00e9e\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Portrait de Perrine Dorin artiste peintre et + ________________________________________________ Apr\u00e8s Claire Seban, Serge Haguenauer, Nicolas Rom\u00e9as, Philippe Dauchez, Sylvie Crossman, Tony Gatlif, Clarisse Rebotier ,voici le portrait de Perrine Dorin, peintre, plasticienne, \u00e9crivaine.Les personnes que nous rencontrons, ont\u00a0 chacune un parcours de vie qui\u00a0 leur appartient. 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