{"id":2886,"date":"2010-09-16T16:00:12","date_gmt":"2010-09-16T15:00:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?p=2886"},"modified":"2010-09-16T16:00:12","modified_gmt":"2010-09-16T15:00:12","slug":"et-si-le-tango-netait-pas-une-danse-mais-plutot-la-vie-revue-sans-la-moindre-correction","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2010\/09\/et-si-le-tango-netait-pas-une-danse-mais-plutot-la-vie-revue-sans-la-moindre-correction\/","title":{"rendered":"Et si le tango n\u2019\u00e9tait pas une danse , mais plut\u00f4t la vie revue sans la moindre correction \u2026."},"content":{"rendered":"<p><a rel=\"attachment wp-att-2895\" href=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/?attachment_id=2895\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2895\" title=\"Tango\" src=\"http:\/\/www.cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tango-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"300\" \/><\/a>A quoi\u00a0 sert d\u2019avoir des yeux, un corps, des sens si c\u2019est pour reproduire la vie telle que l\u2019ont imagin\u00e9, ceux qui n\u2019ont pas d\u2019imagination et qui en cons\u00e9quence se satisfont de relire pour la milli\u00e8me fois le m\u00eame roman, de parcourir les m\u00eames rues en r\u00e9p\u00e9tant toujours le m\u00eame discours\u00a0? Une vie sans romantisme ressemble donc \u00e0 chaque seconde \u00e0 une mort annonc\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9nu\u00e9e de vie. Vivre, c\u2019est \u00eatre en mouvement, parfois sur la corde raide, vivre c\u2019est tanguer entre ses sentiments et la d\u00e9couverte du monde. Si on ajoute \u00e0 cela que la promenade peut prendre la forme d\u2019une errance urbaine et volontiers nocturne dans des quartiers o\u00f9 la biens\u00e9ance n\u2019est pas de mise face \u00e0 l\u2019irruption du d\u00e9sir, on aura compris que de Pigalle aux bas fonds de Buenos Aires s\u2019\u00e9labore une forme de transgression au parfum aussi \u00a0sourd et violent que les fantasmes les plus d\u00e9brid\u00e9s. La libert\u00e9 de se conna\u00eetre, de rencontrer la compagne d\u2019une nuit est celle de parcourir la ville, de l\u2019interroger sans rel\u00e2che sur ce qu\u2019elle dissimule de soi disant honteux sous son couvercle de plomb.<\/p>\n<p>Ici l\u2019\u00e9l\u00e9gance, le style , la pudeur m\u00eame , n\u2019ont rien \u00e0 voir avec l\u2019esprit bourgeois et le go\u00fbt de l\u2019\u00e9pargne. Bien au contraire un dandysme cons\u00e9quent est celui qui affiche sa descente aux enfers comme une exploration \u00a0esth\u00e9tique du sentiment de perte. C\u2019est au bord du gouffre que s\u2019affirme la beaut\u00e9. Les amateurs de l\u2019impossible, ceux qui recherchent toute une vie le \u00ab\u00a0duende\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019heure bleue \u00a0jazzistique savent de quelle exigence se nourrit une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui ne doit rien \u00e0 la frivolit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1983 \u2013 1985 Jean Louis Ducournau a cr\u00e9\u00e9 la revue Tango avec Ricardo Mosner comme directeur artistique et illustrateur. Le succ\u00e8s a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de l\u2019exigence. Les num\u00e9ros pass\u00e9s sont \u00e9puis\u00e9s.Tango rena\u00eet aujourd\u2019hui comme une sorte d\u2019accord parfait entre le d\u00e9sir fulgurant et son expression urbaine et nocturne. Se voulant aussi intense que fragile, Tango taquine le diable pour 4 num\u00e9ros. Pourquoi r\u00e9sister \u00e0 l\u2019enfer quand il ressemble au jardin des d\u00e9lices\u00a0?<\/p>\n<p>Le num\u00e9ro 2 de Tango sortira en Novembre 2010. le num\u00e9ro 1 se trouve dans les tr\u00e8s bonnes librairies et certainement pas rue de Lappe. Jean Echenoz, Carlos Gardel, Francis Marmande, Patrice Bollon, Ricardo Mosner et bien d\u2019autres larguent ici les amarres \u00a0de la frilosit\u00e9. Il fait vertigineusement \u00a0beau au pays de la revue Tango . Site\u00a0: tango-bar-editions.com<\/p>\n<p>Ps\u00a0: \u00a0En lisant la revue j\u2019ai eu une pens\u00e9e \u00e9mue pour le sublime film de Jean Daniel Pollet<\/p>\n<p>avec Claude Melki \u00a0\u00a0revisitant le tango sur une musique compos\u00e9e par Antoine Duhamel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A quoi\u00a0 sert d\u2019avoir des yeux, un corps, des sens si c\u2019est pour reproduire la vie telle que l\u2019ont imagin\u00e9, ceux qui n\u2019ont pas d\u2019imagination et qui en cons\u00e9quence se satisfont de relire pour la milli\u00e8me fois le m\u00eame roman, de parcourir les m\u00eames rues en r\u00e9p\u00e9tant toujours le m\u00eame discours\u00a0? 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