{"id":10670,"date":"2018-09-13T17:58:11","date_gmt":"2018-09-13T15:58:11","guid":{"rendered":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/?p=10670"},"modified":"2018-10-08T00:09:02","modified_gmt":"2018-10-07T22:09:02","slug":"la-vie-plutot-vivante-que-morte","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/2018\/09\/la-vie-plutot-vivante-que-morte\/","title":{"rendered":"La vie plut\u00f4t vivante que morte"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-10671\" src=\"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/th-209x300.jpg\" alt=\"\" width=\"209\" height=\"300\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Le chapitre 6 du livre d&rsquo;Antoine Silber \u00ab\u00a0Tout cet hier \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi\u00a0\u00bb s&rsquo;ouvre sur une citation d&rsquo;Heinrich Heine \u00a0\u00bb le juda\u00efsme n&rsquo;est pas une religion, c&rsquo;est un malheur\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On pourrait donc croire que, devoir de m\u00e9moire oblige, le r\u00e9cit initi\u00e9 par l&rsquo;auteur a pour vocation d&rsquo;offrir une s\u00e9pulture \u00e0 tous les membre de sa famille qui en ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s. La d\u00e9marche d&rsquo;Antoine Silber est autre. Il est amoureux de Laurence, la femme qui partage sa vie et qui l&rsquo;accompagne dans son entreprise de retour aux sources \u00e0 Cracovie ou plus exactement \u00e0 Kazimierz, berceau de sa famille. Et c&rsquo;est sans doute l&rsquo;avenir de cet amour qu&rsquo;il entend faire grandir en acceptant de se pencher sur tout cet hier qui pourrait bien l&rsquo;\u00e9touffer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Historiquement le malheur juif est certain. Pourtant l&rsquo;ouverture au monde de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s de partout, s&rsquo;accompagne, oh scandale, d&rsquo;une aptitude \u00e0 la jouissance exacerb\u00e9e. Est-ce la conscience de la fragilit\u00e9 de toutes choses qui la stimule ? Est-ce la capacit\u00e9 \u00e0 vivre chaque instant comme un moment unique? Est-ce le go\u00fbt immod\u00e9r\u00e9 pour questionner le monde qui agite tout juif, croyant ou non croyant ? Impossible de r\u00e9pondre de fa\u00e7on p\u00e9remptoire. Mais il semble bien que cet amour partag\u00e9, face au malheur, permette d&rsquo;affirmer en toute simplicit\u00e9, une n\u00e9cessit\u00e9 de vie, au sens de l&rsquo;harmonie, du plaisir et de l&rsquo;\u00e9thique. La vraie question pourrait \u00eatre la suivante : A quoi sert une vie quand elle n&rsquo;est plus vivante?<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 est une chape de plomb qui interdit tout mouvement, quand il on le laisse en friche. Quand on ferme les yeux non seulement sur les pogroms, les assassinats de masse, mais aussi sur la terrible volont\u00e9 des nazis de vouloir effacer toute trace de vie. Quand les pierres des tombes servent \u00e0 construire des prisons, on est en droit de penser que les bourreaux ont fait pire que supprimer des \u00eatres humains, ils ont voulu effacer jusqu&rsquo;\u00e0 toute trace de leur naissance. Impossible d&rsquo;assassiner qui n&rsquo;a pas exist\u00e9. C&rsquo;est ainsi que ceux qui ont surv\u00e9cu et leurs descendants peuvent devenir fous.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche d&rsquo;Antoine Silber nous le prouve, le pass\u00e9 n&rsquo;est en rien une fatalit\u00e9. Plut\u00f4t que de s&rsquo;en d\u00e9tourner il faut le prendre \u00e0 bras le corps, dans l&rsquo;individualit\u00e9 de chaque vie, de chaque parcours de chaque visage, de chaque exil. Celui de Samuel qualifi\u00e9 d&rsquo;escroc parce qu&rsquo;il avait trop bien r\u00e9ussi\u00a0 et qu&rsquo;encore une fois il fallait trouver un bouc \u00e9missaire face \u00e0 la d\u00e9route mon\u00e9taire du pays, Celui du grand p\u00e8re Ernest diamantaire anversois grimp\u00e9 au sommet avant de finir ruin\u00e9, celui de Roger peintre d&rsquo;immense talent ,ami de Giono et de Ren\u00e9 Char. Sans oublier Helena concoctant dans sa cuisine une cr\u00e8me de beaut\u00e9 que le monde entier s&rsquo;arrachera sous la marque H R. Helena Rubinstein.<\/p>\n<p>Malheur\/ bonheur, sens des affaires\/ qu\u00eate de sens, cr\u00e9ation. Les polarit\u00e9s de l&rsquo;\u00e2me juive sont celles de l&rsquo;humain, souvent port\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 incandescent.<\/p>\n<p>Qui prend le risque de tomber prend aussi celui de d\u00e9couvrir les richesses de la vie. Ainsi Rabbi Naaman de Bratslav qui \u00e9crit:\u00a0\u00bb Ne demande jamais ton chemin \u00e0 celui qui le connait.<br \/>\nTu risquerais de ne pas t&rsquo;\u00e9garer.\u00a0\u00bb<br \/>\nFaut-il \u00eatre angoiss\u00e9, tourment\u00e9 pour \u00e9crire un tel livre? Peut \u00eatre, mais avec une telle douceur, une telle tendresse que l&rsquo;on peut \u00eatre s\u00fbr que l&rsquo;auteur, dans sa chair comme dans son esprit, est un ami de notre humanit\u00e9. Quoi qu&rsquo;il arrive.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Bernheim<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00bb Tout cet hier \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi \u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Antoine Silber<\/strong><\/p>\n<p><strong>Editions Arl\u00e9a<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00a0Le chapitre 6 du livre d&rsquo;Antoine Silber \u00ab\u00a0Tout cet hier \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi\u00a0\u00bb s&rsquo;ouvre sur une citation d&rsquo;Heinrich Heine \u00a0\u00bb le juda\u00efsme n&rsquo;est pas une religion, c&rsquo;est un malheur\u00a0\u00bb On pourrait donc croire que, devoir de m\u00e9moire oblige, le r\u00e9cit initi\u00e9 par l&rsquo;auteur a pour vocation d&rsquo;offrir une s\u00e9pulture \u00e0 tous les membre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10676,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[718,698,1],"tags":[1509,1511,1512,1510],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10670"}],"collection":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10670"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10670\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10675,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10670\/revisions\/10675"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10676"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10670"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10670"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cafaitdesordre.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10670"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}