OCTOBRE 2018

LA PLACE JEAN-JAURÈS SERA TOTALEMENT FERMÉE PAR DES TRAVAUX QUI DURERONT PRÈS DE 3 ANS

Oyez,
oyez,
un grand chantier Attila

est sur le point de démarrer !

Parents, habitants du quartier, dès octobre le jardin pour enfants sera démantelé. Votre minot a besoin de se défouler après l’école, courir, jouer
à l’extérieur ? Eh bien, débrouillez-vous avec vos enfants ! , comme l’avait suggéré

le « mauvais maire » Gaudin à propos des rythmes scolaires. Réinstallation prévue dans deux ou trois ans, à proximité de la rue qui scindera la place en deux. D’ici là, ceux qui auront grandi,

confinez-les à la maison, si vous le pouvez, car selon le cahier des charges de la Soleam, il n’y a rien de prévu pour eux. Les ados, on ne préfère pas les voir…

Mardi, jeudi, samedi, jours du traditionnel marché de La Plaine . Vous aimez fureter dans les allées, rencontrer vos proches ou vos voisins, débusquer la bonne affaire… Ter-mi-né ! Les centres

commerciaux sont là pour vous accueillir. Moins convivial et plus cher, tant pis pour votre moral et votre porte-monnaie…

Trous, palissades, bruit, poussière, engins… Un enfer pour une éternité :
au moins les mille jours à venir ! On va déguster, du côté des riverains.

Et où garer la voiture en rentrant du boulot, dans un quartier déjà saturé ?

Commerçants, restaurateurs, cafetiers, vous devrez avoir les reins solides pour résister à la baisse de fréquentation durant ces trois tristes années. Touché ?… Coulé ! D’autres

prendront votre place.

Joueurs de pétanque, de foot, de basket, carnavaliers… Désormais vous n’avez plus droit de cité, ni pendant ni après les

travaux. Flâneurs du matin ou du soir, personnes âgées prenant le frais sur les bancs, patientez quelques années avant de ressortir sur cet espace « requalifié » aux usages « spacialisés », « mis en lumière »,

brumisé, vidéosurveillé…

À moins que…

Face aux divers manquements de la Mairie dans l’élaboration de son projet destructeur : non-respect du cahier des charges

prévoyant le maintien des deux tiers du marché pendant les travaux (par phasage) ; coupe d’arbres non conforme avec les règles

environnementales… Face à son obstination à ne pas entendre la voix du quartier : simulacre de concertation, puis simulacre de médiation… Face au mépris affiché vis-à-vis des forains

et de ceux qui protestent… L’inquiétude et la colère montent. Outrés par les manipulations et l’incurie des instances municipales, les forains se mobilisent, soutenus par les

usagers du marché. Et l’arrachage des arbres à des fins d’esthétisme de façade est un non-sens qui révolte bon

nombre d’habitants…

Alors que…

… Une autre transformation est possible :
• Une place au sol rénové, aux trottoirs agrandis, laissant de vastes

espaces à de multiples usages.
• Notre marché, dans toute sa diversité – et ses déchets bien recyclés !

• Un lien social et des commerces de proximité préservés.
• Des équipements publics (éclairage, toilettes, fontaine) en état

de fonctionner, comme il se doit – c’est-à-dire entretenus ! • Des arbres, des arbres… – dont on prend soin !

• Un jardin pour enfants embelli et ombragé.
• Et, pourquoi pas, envisager un stationnement sur la place limité

à certaines heures ? En attendant qu’un vrai plan général de mobilité, avec des transports publics dignes de ce nom et des alternatives

de parking pour les riverains et les usagers soit enfin pensé.

Voilà ce dont La Plaine a besoin :

• Une bonne communication entre ceux
et celles qui y vivent, y travaillent et y viennent.

• Une simple rénovation, respectueuse de la vie
et des activités du quartier, et du coup bien

moins coûteuse. C’est ce que défend
un nombre croissant d’habitants

et d’habituées.

La requaLification de la place Jean-Jau- rès s’inscrit dans un cadre plus large de transformation urbaine : le projet

Grand Centre-Ville. Déjà en 2004, rue de la République, de nouvelles orientations municipales avaient entraîné l’expulsion des familles mo- destes de cette artère cen- trale, ainsi que d’importantes dépenses publiques sur la voirie, afin de valoriser le bâti au profit de promoteurs et d’investisseurs privés. Les commerçants indépendants ont fermés les uns après les autres et des politiques in- citatives ont visé à attirer de grandes enseignes, avec les résultats que l’on connaît au- jourd’hui : de jour, une activi- té commerciale qui s’adresse aux bourses bien garnies ; en soirée et de nuit, un désert.

Pour le quartier de La Plaine, la Mairie attribue à la

Pr e n d r e e n considération l’avis des per- sonnes affec- tées par un projet d’en-

vergure comme celui du réaménagement de La Plaine semble relever du bon sens, et pourtant…

En septembre 2015 « fuite » un pré-projet de la Mairie visant une requalifi- cation de la place Jean-Jau- rès. Ce pré-projet définit les grandes lignes d’un réamé- nagement qui ne seront jamais discutées publique- ment.

Face à l’inquiétude et l’in- satisfaction suscitées, la Mai- rie et la Soleam font appel à une entreprise parisienne spécialisée dans le « dialogue collaboratif », ResPublica. Trois temps de concertation sont donc organisés, à l’hiver 2015, mais faute d’une réelle communication, peu de gens ont connaissance de ces ren- contres. Pas grave, puisque, de toute façon, les places sont limitées : bon nombre resteront dehors. À l’inté- rieur, les échanges se font houleux entre les habitants, se rendant compte qu’on

Soleam, en 2015, une enve- l’effervescence du marché loppe de 11 millions d’euros fait tache, les jeux de ballon pour la «requalification» de des adolescents sont pros- la place Jean-Jaurès (mon- crits. Plusieurs dizaines de til- tant qui s’élèverait à 20 mil- leuls seront sacrifiés du côté lions aujourd’hui). Plutôt nord et sud pour « mettre que consacrer l’argent en perspective » de la collectivité «L’état les bâtiments

nement des voitures en soi- rée ou les événements festifs seront morcelés et découpés en espaces restreints, délimi- tés par une voirie (voie de cir- culation qui coupera la place en deux) et un mobilier ur- bain choisis à cet effet (îlots de végétation, brumisateurs, terrasses permanentes).

Alors que les travaux sont imminents, le mépris pour les habitants et les activités du quartier est patent et les belles images de synthèse du projet concocté par la Soleam n’illusionnent plus grand monde.

* Soleam
Société publique financée par la Mairie et Marseille Provence Métropole, chargée de l’équipement et de l’aménagement
de l’aire marseillaise.

1/ Document de pré- programmation de 05/2015
2/ En septembre de nouvelles ca- méras ont dors et déjà été implan- tées dans les rues adjancentes.

habitants. Mais ce média- teur ne s’est vu attribuer rien d’autre qu’un téléphone et une tablette, sans bureau ni directives. Au bout de trois mois, le premier médiateur a d’ailleurs jeté l’éponge.

La Soleam et la Mairie ont ainsi démontré depuis trois ans leur conception du dia- logue : mépris, opacité, mi- nimum légal, sous-traitance. C’est ça leur « démarche col- laborative » ?

Initialement prévu à 11 millions d’euros, mais chiffré à 15 millions dans l’appel d’offres du 22/ 04/ 18, puis annoncé à 13 millions (confé- rence de presse du 04/ 07/ 18) et fina- lement estimé à 14 millions (sans

le lot 8, avis d’attribution
du 25/ 08/ 18). Le tout calculé hors- taxes. Ce qui revient à 16 millions TTC facturés a minima ! Et ça risque d’aug- menter au fil des aléas du chantier !

Voilà une requalification à 640 €/ m2 TTC. Par comparaison, la place de Strasbourg dans le 2ème a coûté 3 fois moins cher au mètre carré avec des matériaux équivalents.

COMMENT FAIRE CONFIANCE À UNE MAIRIE QUI LAISSE CETTE PLACE À L’ABANDON DEPUIS

DES LUSTRES POUR EN PRENDRE SOIN APRÈS LES TRAVAUX ?

Le projet Ambition Centre-Ville vise
à « redynamiser » le centre-ville en
le rendant plus attractif pour les investisseurs et l’industrie touristique, dans le but d’élever Marseille au rang de capitale euro-méditerranéenne incontournable. Une manière d’être attractif, c’est d’être dans l’air

du temps, suivre les tendances, quitte à faire partout pareil…

Lors de l’appel à projets pour
le réaménagement de la place Jean- Jaurès, c’est l’agence de paysagistes APS qui a été sélectionnée. Son
boss, J.L Knidel, considérait que la place Jean-Jaurès n’était « qu’un parking ». Deux entreprises ayant déjà collaboré avec APS sur ce projet sont à nouveau choisies pour La Plaine (avis d’attribution n°18-119283, boamp. fr). Enfin… choisies : il n’y avait pas d’autres candidatures pour les lots auxquels elles ont postulé…

Il est frappant de voir sur les sites
web de toutes ces boîtes, le même baratin, les mêmes matériaux, la même manière de structurer les espaces et
le même type de mobilier que dans
la plupart des projets d’urbanisme menés en France et en Europe. De Saint-Étienne à Nantes, de Marseille à Annecy on est maintenant nulle part dépaysé.

Et la Soleam qualifie la place Jean- Jaurès d’« emblème » du renouveau du Marseille « authentique »…
On se moque de qui, là ?

à l’entretien et la moderni- sation de
l ’e n s e m b l e

bourgeois ; il est aussi prévu une mise en du quartier, ce pas fait exprès ? l u m i è r e

l’objectif se
concentre
sur la seule
place. Il s’agit
d’y réaliser un
espace attractif
pour le tourisme, digne d’entrer dans les plaquettes de promotion de la ville, et répondant aux exigences d’une population plus aisée. On parle d’ailleurs de requa- lification plutôt que de réno- vation, car ce qui est visé c’est une «montée en gamme»1. Dans la nouvelle carte pos- tale voulue par la Mairie,

leur présente un projet déjà bouclé, et les responsables de la Soleam. Les « média- teurs » sont dépassés par la situation.

La Soleam décide alors de revoir ses ambitions de «dialogue» à la baisse et or- ganise une deuxième phase de «concertation», instal- lant des permanences dans des mairies de secteur éloi- gnées de La Plaine, et à des horaires improbables. Sur place, quelques images de synthèse du projet et des

de leurs façades. Conjoin- tement à l’édification d’une ville-mu- sée pour laquelle on travaille l’effet vitrine, une logique sécuritaire guide la commande de la Mairie au- près des paysagistes : des ca- méras de vidéosurveillance quadrilleront l’ensemble de la place et ses abords2 ; les grands espaces accueillant successivement le marché, les parties de foot, le station-

techniciens incapables de répondre aux questions. Les pages du cahier de doléances seront bien remplies, mais la Mairie et la Soleam ne pren- dront nullement en compte les avis qui y sont exprimés.

Aujourd’hui, à la veille des travaux, la Soleam a de nou- veau délégué, pour la co- quette somme de 155 000 €, ce travail de dialogue avec la population qu’elle ne veut assumer. Une société de mé- diation a ainsi été mandatée pour faire le lien avec les

d’abandon
de la place, n’était-

Pour justifier une opération tablerase?»

Sourd à tout dia- logue, le service des Emplace- ments publics de la Ville met en danger l’avenir de

300 familles. L’élue en charge, Mme Lota, a tenu des propos méprisants à l’encontre de ceux et celles qui travaillent ou font leurs courses sur le marché de La Plaine, n’hési- tant pas à déclarer qu’elle « ne veut plus les voir en ville ».

Il s’agirait donc de rendre le marché moins attractif pour ces populations et beau- coup plus pour les touristes (nous ne pouvons pourtant pas tous vendre des savons de Marseille à 5 € et des tissus provençaux made in China !).

Le rêve de Mme Lota est le cauchemar des habitants et des commerçants. Ce pro- jet, dans sa forme actuelle, donnera le coup de grâce au centre-ville. Le commerce de proximité sera dévitalisé au profit des grands centres com- merciaux. Tout cela pour que le patrimoine de quelques- uns prenne de la valeur.

LA CIRCULATION

Après les travaux, une place piétonne ? Il suffirait de réguler le stationnement aujourd’hui.

Aujourd’hui, il suffirait de réguler le station- nement en journée et sécuriser les passages piétons, pour avoir une place protégée des dangers et du bruit de la circulation.

La fermeture de la place pendant trois ans de chan- tier va impacter négative- ment la vie de quartier, mais aussi la ville. Car ce marché est bien plus qu’un marché de quartier.

Nous, commerçants ambu- lants, risquons de ne jamais revenir, même si nous sur- vivons à la dispersion qu’on nous impose. On nous pro- pose des « sites de repli » qui renforceront la ghettoïsation, l’exclusion et la précarité.

Les critères de sélection de ceux qui auront le droit de re- venir sur La Plaine après les travaux sont opaques et mal- sains : on a parlé d’ancienneté et d’assiduité, mais il s’avère que des passe-droits ou, pire, des répartitions par commu- nautés ont pris le dessus.

Pour tous, la même incer- titude : comment survivre à trois ans d’exil sous une bretelle d’autoroute? Com- ment supporter la menace de révocation, sachant que les réinscriptions se feront au cas par cas ?

Le marché de la Plaine, c’estquoi?
• Le plus grand marché de Marseille, attirant une clien- tèle de toute la ville et au-delà. • Il connaît le succès grâce à sa diversité et à la complé- mentarité de ses produits.
• C’est un lieu d’intégration par l’activité dans une ville plombée par le chômage.

Disperser les forains aux quatre vents, c’est tuer cette dynamique. Et avec elle, le cœur d’un quartier où tous les quartiers se croisent.

En 2005, le préfet Christian Frémont s’était réjoui que la révolte des banlieues ait si peu touché Marseille. « Ici, il n’y a pas de banlieue, nous sommes tous Marseillais », avait-il dit. Les décideurs de- vraient méditer cela avant de nous refouler vers les quar- tiers Nord.

Marseille ne peut plus se permettre de détruire ce qui fonctionne. Et le marché de La Plaine fonctionne, même s’il peut bien sûr être amélio- ré. Il est vital de le protéger.

Dans le cahier des charges de la Soleam livré en mars 2016 aux paysagistes candi- dats, un certain respect du marché forain était préco- nisé : « L’activité du marché doit fonctionner tout au long des travaux. Les équipes de- vront proposer des solutions de phasage pour conserver à minima 2/3 des forains sur la place durant les travaux. Les candidats pourront proposer des espaces de compensation à proximité, nécessitant un aménagement simple.» Divi- sés par des promesses indi-

viduelles et contradictoires, les forains ont d’abord connu l’angoisse et le fatalisme. Puis ils ont vu rouge quand l’élue Marie-Louise Lota a annoncé, le 1er août, que « la place sera totalement fermée» pendant la durée des travaux « pour des raisons de sécurité et de salubrité ». Ils ont compris que seule l’union et la détermina- tion pourraient sauver leur gagne-pain sur le plus grand marché de la ville.

Tout le monde a compris que la dispersion des 300 stands actuels sur 8 «sites

de repli» signifie la mort du marché. Que se soient les habitudes d’une clientèle fi- délisée, la diversité des pro- duits proposés, le rôle de « locomotive » des fripiers et des soldeurs, les retombées positives pour les cafés et les commerces sédentaires, toute cette dynamique-là sera cassée. C’est d’ailleurs le souhait de la mairie, qui rêve d’un « marché provençal » de carte postale.

Ont-ils oublié que Marseille est un port méditerranéen ?

LE STATIONNEMENT

Oui, tout le monde aimerait une place sans voitures.

MAIS…

On ne peut
pas supprimer 400 places dans un quartier sans proposer d’alternatives.

Mieux gérer le stationnement. Pendant le marché, il n’y a pas de voitures. Ima- ginons que le stationnement soit autorisé seulement le soir. Il suffit de remettre en fonction les bornes escamotables.

Et après les travaux, les voitures ne vont plus se garer sur La Plaine ? Rien de moins sûr, si les bornes escamotables sont toujours en panne !

JE ME GARE AU PARKING VINCI ET JE N’AI PLUS D’ARGENT POUR MANGER

AUJOURD’HUI

LE PROJET DE LA SOLEAM

LE PROJET DE LA SOLEAM

Linéaire de voirie : 685 m
Surface dédiée à la circulation : 4 300 m2 (18,3%)

* Mesures approximatives prises sur Geoportail.gouv.fr

Linéaire de voirie : 485 m
Surface dédiée à la circulation : 3 530 m2 (15%)

* Mesures approximatives prises sur Geoportail.gouv.fr

82

autour de la place

146

21 200/300

Pour piétonniser
une place, il faut y aller par étapes en mettant des alter- natives en place : municipaliser le parking Vinci, appliquer des tarifs résidents, développer les transports en commun, créer des parkings relais…

CE SOIR, JE VAIS DÎNER À LA PLAINE

CE SOIR, JE RENTRE TARD DU TRAVAIL

LE PROJET DE LA SOLEAM

JE CHERCHE UNE PLACE PEN- DANT UNE HEURE ET FINALEMENT JE ME GARE SUR UN PASSAGE PIÉTON

JE CHERCHE UNE PLACE PENDANT DEUX HEURES ET FINALEMENT JE VAIS DÎNER DANS UN AUTRE QUARTIER

ET JE NE TROUVE PLUS DE PLACE DANS MON QUARTIER, MÊME SUR LES TROTTOIRS

JE NE PEUX PLUS
ME GARER SUR LA PLAINE JUSQU’AU MATIN

JE VAIS ME GARER AU VIEUX PORT ET J’ATTENDS 2030 QUE LA FUTURE NAVETTE ME RAMÈNE À LA PLAINE

AUJOURD’HUI

Places de parking autorisées : 249

Places de parking tolérées le soir : 200

* Source : étude de circulation 2015 réalisée par la Soleam par TransMobilités

La plupart des voitures arrivent de la rue des Trois- Mages, rue Ferdinand-Rey et rue Thiers. Dans le futur plan, rien n’est fait pour réduire cette affluence. La nouvelle rue risque d’être souvent bouchée.

ICI, ÇA RISQUE D’ÊTRE COMPLIQUÉ…

Avec un important trafic automobile au coeur de la place, la perception de la voiture sera amplifiée ! Une rue avec du stationnement des deux côtés sera comme une barrière à traverser.

ICI, LE TROTTOIR
NE SERA PAS ÉLARGI

ET LÀ NON PLUS !

La circulation sera transformée sans étude d’impact à l’échelle du quartier. Le « plan en pétale » imaginé par les urbanistes va com- pliquer les connexions inter-quartiers et accentuer la traversée Sud/Nord, axe de plus grand passage.

« La Plaine ? Nulle part ailleurs ! Sinon on ne reviendra jamais ! »

Bruno Gilles,
ex-maire du 4e et du 5e,
l’a dit : « Je ne suis pas convaincu par cette nouvelle boucle circulatoire » Pardi ! Elle va transférer le chaos automobile chez ses électeurs du Camas, de Chave et Eugène-Pierre.

?

? ?

Si le but est
de réduire la cir- culation et faciliter les déplacements piétons, on pourrait garder la circulation actuelle et passer de
2 à 1 voie. Ainsi, on pourrait élargir les trottoirs en pied d’immeubles.

65

LE PROJET DE LA SOLEAM

Places de parking autorisées : 65 Places de parking tolérées le soir si les bornes escamotables ne tombent pas en panne : 0 ?

long de

le
nouvelle rue

la

« Mais c’est ma vie qu’ils touchent ! Ici, c’est plus qu’un marché, c’est ma sortie, c’est ma fête à moi. »

« Ma mère, s’il n’y a plus le marché, où est-ce qu’elle va aller ?

« Tous ces plaisirs qu’on s’offre ici, tous les cadeaux qu’on peut faire… »

«Il y a du monde,
on vend, les clients repartent contents. Où est-ce qu’ils ont un endroit pareil à Marseille ? C’est quoi qui les gêne ? Qu’on soit bien ? »

« C’est la plus grande place de Marseille, le plus grand marché. Bien sûr qu’il faut

entretenir, embellir, mais pourquoi tout casser ? Pourquoi dépenser 14 millions ? »

« C’est pas seulement les forains qu’ils touchent, mais tout le quartier. Plus de 2 ans

de travaux ! Le bruit, la poussière ! Les pauvres… Je suis content de ne pas habiter là…»

La Soleam parle
de piétonnisation, mais après les travaux, la circulation occupera encore beaucoup de place
sur La Plaine : 15 % de sa surface totale contre 18,3 % aujourd’hui.

?

N

PAS BESOIN DE 16 MILLIONS D’EUROS ET DE 3 ANS DE CHANTIER !

Celles et Ceux qui mettront, en cas de survie,

osaient émettre des craintes quant au devenir

des arbres de La Plaine ont été traités d’« Ayatollahs de l’herbe folle» par Monique Cordier 1, qui affirmait sans honte que «la Mairie n’a fait arracher aucun arbre dans la ville ! »

Bien qu’interdit par l’AVAP 2 en l’absence de maladie incurable avérée, le projet de la Soleam prévoyait l’abat- tage de 87 arbres sur la place Jean-Jaurès. Fina- lement, pour endormir les consciences, point d’abattage, dixit le chef paysagiste, mais une «transplantation». Où ça? Le monsieur l’ignore… Mais coupe ou pas coupe, il y a peu de chances que les 87 arbres survivent à la manœuvre. En effet, les spécialistes conseillent 3 de transplanter «en hiver» (pas début octobre…) et surtout de « préparer les ra- cines» deux ans en amont par un cernage…

Ces arbres vont, certes, être remplacés : sur le plan, on annonce huit arbres de plus qu’à présent. Il est question de féviers d’Amé- rique, qui, d’après Eric Ger- dil, responsable du patri- moine arboré de l’Essonne, «sont des arbres fragiles au vent.»4 Le mistral qui court les rues phocéennes épargnera-t-il les frêles arbustes? En tout cas, ils

Oui, le chantier est programmé. Mais rien n’est encore perdu.
Il est encore temps !

Selon la soleam, à La Plaine, il y a des conflits d’usages (par exemple entre les forains et les

bars qui doivent attendre leur départ pour installer leurs ter- rassses). Pour les résoudre, sa solution serait de les séparer! Pour chaque usage son aména-

LES USAGES

TERRASSES DE BAR AMOVIBLES

TERRAIN DE PÉTANQUE 520 M2

TABLES (CONSTRUITES PAR DES HABTANTS)

gement. Et alors chaque amé- nagement permet un usage et exclue les autres. C’est justement ce qui caractérise La Plaine au- jourd’hui: la diversité d’usages et de populations qui tournent tout au long de la journée et de la semaine ! C’est son côté popu- laire et méditerranéen que vend

la Soleam dans ses brochures. La volonté de la Mairie est claire: déloger certains usages et cer- taines populations de la place. Par exemple, les ados ne sont pas souhaités ! Le cahier des charges pour les architectes paysagistes le disait clairement: «Important: le projet ne prévoit pas la réalisa-

Mais tout le monde est au courant ! ?

Mais les élus s’en fichent ! ?

Y a-t-il
une pétition que je peux signer ?

Et comment peut-on
se renseigner ? Participer ?

Et pour être alerté.e ?

Et s’ils commencent à arracher les arbres, on fait quoi ?

Et s’ils continuent ?

GENS SUR LES BANCS JOUR ET NUIT

MARCHÉ 17 000 M2

TERRASSES DE BAR EN DUR

MÊME QUAND ILS SONT FERMÉS, PAS D’AUTRES USAGES POSSIBLES (VOIR LA PLACE NOTRE-DAME-DU-

MONT… IMPOSSIBLE POUR LES ENFANTS D’Y JOUER !)

MARCHÉ 10 000 M2

Fini le carnaval,
les sardinades, les vide-greniers, les matchs de foot, les concerts,
le terrain de pétanques et ceux
de la Boule Carli vont aussi disparaître, si on les laisse faire !

AUJOURD’HUI

plusieurs décennies avant de faire de l’ombre. Et leur entretien sera toujours aussi inexistant – par quel miracle cela changerait-il ?

Ce qui va vite fonction- ner, par contre, ce sont les 21 caméras de surveillance : elles pourront profiter d’une vue bien dégagée !

La butte aux magnolias, quant à elle, est actuelle- ment colonisée par des centaines de rats, qui ont creusé des tas de galeries. Lorsque les ouvriers ouvri- ront la tranchée de la pro- menade qui doit passer au milieu, la débandade des rongeurs ira se réfugier dans les rues alentour… Gérard Chenoz sera-t-il le joueur de flûte qui les em- mènera se noyer dans le port?

Déraciner les arbres comme les forains, les usages multiples et com- plémentaires de l’espace, avec leur joie et leur fo- lie, c’est bien de cela qu’il s’agit. Et à la place, plan- ter un décor lisse, capita- lisable et vidéosurveillé. Alors mauvaise herbe pour mauvaise herbe, soyons chiendent !

1/ Adjointe au Maire en charge des Espaces naturels, Parcs
et Jardins.
2/ Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine 3/ www.chtranspl.com.fr

4/ www.francebleu.fr

Ça paraît si loin, c’était en 2018 !

Pendant trois ans on s’est battus contre leur maudite requalification qu’ils vou- laient nous imposer. On en a vu des vertes et des pas mûres, mais on a fini par l’emporter.

Je sais que tu es pressé, mais viens, j’te montre quelques trucs : la Mairie avait joué le pourrissement, l’abandon de la place, c’était dégueulasse. Ce que tu aperçois là-bas, sous les arbres en fleurs, un des premiers trucs construits, ce sont les Chenozettes, sanitaires de luxe, aménagées aussi pour les en- fants, avec une annexe pour les chiens. Le grand édifice, au coin, c’est la guin- guette « Au joyeux forain ». C’est là qu’ils se retrouvent en arrivant le matin, avant de déballer, puis plus tard avant de re- partir à la fin du marché. Sacré mélange dans ce bar quand ils sont rejoints par les lève-tôt ou les couche-tard du quar- tier ! On peut y grignoter, évidemment, ils servent un Lotaboulé libanais, succu- lent. Et devant la terrasse, sous les til- leuls que ces fumiers voulaient abattre, deux terrains de pétanque, bien à l’ombre.

Ce grand espace, là-bas, c’est le ter- rain de foot avec ses cages et ses hauts filets d’enceinte amovibles. Cette es- planade est multi-fonctions, elle est utilisée lors du carnaval, c’est là qu’on y fait le procès du Caramentran et qu’il est brûlé. Vivement celui de l’année pro- chaine !

Souvent, on y amène les estrades mobiles pour y tenir les assemblées ou pour y organiser les rencontres avec des personnes d’autres quartiers de Marseille et d’ailleurs, des débats, des concerts. De l’autre côté, là-bas, c’est un

grand espace de jeux pour les enfants. Ces jeux ont tous été construits par des habitants du quartier, comme le caste- let du Grand Guignol que tu peux voir d’ici, réplique exacte de celui qui exis- tait au début du 20ème siècle. Il y a sou- vent des spectacles de marionnettes, des ateliers de peinture, de musique, de langues et de dessin. Un jeu qui a beau- coup de succès, c’est le casse-sectes, une sorte de jeu de massacre, tu lances des balles contre des empilements de boîtes de conserve. Les adultes peuvent y participer, bien sûr.

Les constructions en bois se sont multipliées d’ailleurs. Bancs, grandes tables, jardinières, un atelier d’initia- tion à la menuiserie vient juste d’être construit. Même l’abribus, de l’autre côté de la rue, il est en bois! C’est là qu’arrivent les navettes gratuites qui amènent ici des gens de tous les quar- tiers. Il fallait faire quelque chose pour les transports, les voitures. La mairie de l’époque avait laissé la place se trans- former en véritable parking, rendant impossible la circulation des piétons. Avec le système de transports gratuits qui se développe en ville, il y a de moins en moins de voitures qui atterrissent ici. Y a aussi une piste cyclable, avec vitesse limitée à 10km/h…

Regarde, c’est le camion-benne des ferrailleurs! Ils viennent récupérer les poteaux métalliques des anciennes caméras de vidéosurveillance et les vieilles grilles qui corsetaient le centre de la place. Des années que ça rouillait ici !

Tu vois qu’on peut la faire belle !

tion de terrains multi-sports, ou autres équipements destinés. »
* Source : programme de la Soleam 2016

« Pour que les gens

soient mélangés, il faut

que certains partent. »

Gérard Chenoz, président
de la soleam et adjoint au maire.

Non pas du tout ! Parles-en
à ton voisin, ton collègue, ton école, ton commerçant ; amène- leur ce journal : il est disponible dans le quartier, gratuitement.

Pas du tout ! Ils veulent être réélus la prochaine fois ; alors écris-leur, dis-leur ton opinion !

Oui, sur www.change.org/ sauvonslaplaine

Sur le Net :

leassembleedelaplaine.free.fr et laplaine.noblogs.org, et si tu veux en savoir plus sur le projet, le Journal de La Plaine est en ligne. Et tous les lundis
à 18 h, tu peux participer
à l’Assemblée de La Plaine.

C’est simple : envoie un SMS au 07 53 88 31 72. pour être prévenu e en cas d’action.

Tu peux mettre ta pancarte, tes désirs, un objet sur un arbre. Et quand viendront les tronçonneurs, tu peux t’opposer : entourer l’arbre, soutenir ceux qui s’y accrocheront, crier ta colère…

Pas possible !
C’est qu’ils ne veulent pas t’écouter, ni les habitants, ni les commerçants… Alors peut-être il faudra manifester devant le conseil municipal et métropolitain et occuper l’espace public,
tu serais prêt.e ?

FOOT

CONCERTS

21CAMÉRAS

POUR SURVEILLER QUI ?

DES BRUMISATEURS POUR EMPÊCHER
LES RASSEMBLEMENTS ?

JEUX 290 M2

2-6 ANS

JEUX 360 M2

6-12 ANS

Au total, l’aire de jeux sera de 650 m2, 25 % plus petite qu’aujourd’hui.

SPECTACLES
DE MARIONNETTES

JEUX POUR ENFANTS TOUT ÂGES 850 M2

« TERRAIN DE FOOT » POUR PETITS

ARBRES PLANTÉS AU PIF POUR EMPÊCHER LE FOOT

ARBRES PLANTÉS AU PIF POUR EMPÊCHER LE FOOT

LE PROJET DE LA SOLEAM

Alors, il n’est pas trop tard ?!

FACEBOOK ASSEMBLÉE DE LA PLAINE FACEBOOK ADCARP13 (COMMERCANTS ET RIVERAINS CONTRE LE PROJET) LAPLAINE.NOBLOGS.ORG SOUSLESOLEILLAPLAINE@RISEUP.NET

KIOSQUES KIOSQUES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Site web