Combien de femmes et d’hommes assassine-t-on quand on assassine la poésie ?

Pour nous comme pour des millions d’individus sur cette planète, toutes classes sociales confondues, la poésie est une denrée aussi essentielle, que l’air que nous respirons. Elle n’est un luxe que pour les rimailleurs de salon incapables de saisir la beauté sauvage du monde ou pour ceux qui veulent bien ignorer que tout être humain a autant besoin de sens et de beauté que de ce qui permet sa survie. A Marseille les éditions Fidel Anthelme X animées par Frédérique Guétat Liviani Maurel assurent depuis 1993 une mission de service poétique de haut niveau fortement impliquée sur le terrain des luttes sociales. La région Sud Provence (ex Alpes côte d’azur) vient de lui couper les vivres, pire les équarisseurs lui réclament même de l’argent. Que personne ne s’y trompe ,assassiner une petite maison d’édition est un premier pas, une sorte de test, avant d’élargir le champ des méfaits. Cela signifie simplement qu’il y a obligation de réagir, moins pour soutenir une belle cause que pour fermer la porte à notre propre destruction. La cause des réfugiés venant d’ailleurs et cette cause- ci à sont les mêmes. Partout où l’humanité est attaquée, il faut la défendre. Les auteurs publiés par Fidel Anthelme X le font avec rage et détermination. Pour Commencer les réactions de Julien Blaine et de Jacqueline Merville.

François Bernheim

 

 

Julien Blaine

POUR INFORMATION

 

Depuis sa création en 1993, Fidel Anthelme x a été soutenu par la Région

Provence Alpes Côte d’Azur qui s’appelle depuis peu la Région

Sud Provence etc….

 

Ah bon je savais pas !

 

Cette année, nous venons d’apprendre que nous n’aurons aucun

financement.

 

je n’arrive pas à croire une telle dégueulasserie !

 

En 2017, notre subvention a été réduite de 70%

je n’arrive pas à croire une telle dégueulasserie ! (bis)

 

et d’autre part, il nous a été demandé de reverser la somme de 2000 € car notre budget

prévisionnel de l’année 2014 avait été plus important que le budget réel.

 

je n’arrive pas à croire une telle dégueulasserie ! (ter)

 

Nous

avons contesté la décision en invoquant le fait que tous nos budgets

prévisionnels sont malheureusement supérieurs à nos budgets réels et que

malgré cela, nous avons toujours publié tous les ouvrages pour lesquels nous

avions demandé un soutien. Nous avons fait un recours gracieux auprès du

service financier de la Région qui a réduit la somme à 1000€. En 2017, sur la

subvention de 3000€ qui nous a été attribuée, nous avons donc en réalité

touché 2000€ et publié 10 ouvrages.

et quels ouvrages ! Les ont-ils vu seulement, les ont-ils lu,

je n’arrive pas à croire une telle dégueulasserie!(once more!)  mais c’est à vomir…

 

 

Jacqueline Merville

Lettre à l’adresse de la Région Sud Provence

 

Qu’espérons-nous de la politique culturelle de notre région (je vis dans les Bouches du Rhône) ? Qu’au moins les remarquables aventures éditoriales donnant respiration à des voix singulières et défendant la liberté de la langue soient soutenues et non pas balayées par ce qui semble l’ignorance ou la méconnaissance de ce travail autour du livre par nos élus. Quelle honte que les éditions Fidel Anthelme X soient privées du déjà très peu de soutien que la région lui accordait. Depuis vingt ans cette maison d’édition fait des livres admirés par celles et ceux qui aiment la poésie. J’ai été bouleversée par « La porte rouge »  publié l’été dernier, livre né des paroles des habitants des quartiers marginalisés d’Avignon.  Alors tout ça n’aurait plus le droit d’exister officiellement c’est-à-dire avec l’appui des trois petits sous que donnait auparavant la région ? Cette région est-elle si totalement sinistrée et devenue ce qui semble appartenir à ce qu’on appelait le tiers monde ? 3000 euros pour faire vivre une maison d’édition, vous ne les avez pas ????

Je ne peux que m’indigner de cette décision voulant mettre un point final aux éditions Fidel Anthelme X qui nous a donné à lire des textes importants dans des publications à la forme inventive donc irremplaçable.

Quelle est cette région où je vis depuis vingt-cinq ans qui d’un seul coup et sans justification recevable ne soutient plus ce qui nous tient à cœur, une aventure éditoriale exigeante et ouverte sur le monde ?

Je demande donc à la région de revenir sur cette décision injuste et à mon sens mortifère pour les fondements de la vie culturelle de notre région.

Jacqueline Merville, auteure et peintre.

 

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